La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Valérie & J. - (France - Juin 2002)

Après 1 an et demi de lecture de tous ces témoignages, je prends enfin mon stylo pour vous confier précieusement le mien. Je me suis dit pendant très longtemps que nous n'étions qu'au tout début et que mon témoignage ne servirait à rien. Mais 20 mois, ça devient quand même un long début, surtout quand ça fait en réalité des années qu'on y pense.

Chacune de nos histoires est différente car nous vivons tous, jour après jour notre propre combat avec ses particularités, ses espoirs et ses échecs, mais notre but est bien le même : celui de pouvoir ENFIN donner tout cet amour à un enfant, qui sera le symbole de notre union et qu'il est difficile de se dire que peut-être, il n'aboutira jamais, mon pessimisme me rattrape. Heureusement, mon mari équilibre la balance par son positivisme à toute épreuve. Il est compréhensif, volontaire, merveilleux, parfait et plein, plein d'espoir.

Notre histoire a commencé il y a 8 ans, pendant nos études. Nous nous sommes mariés en 99, j'ai aujourd'hui 26 ans et mon mari 29. Il me semble que depuis des années nous attendons cet enfant, car nous en avons souvent parlé.

J'en voulais au moins 4 (nous sommes 5 frères et soeurs : rien de plus magique qu'une famille nombreuse) et le premier dés 24 ans, si possible. Je hais aujourd'hui les gens qui programment, pensant que tout arrivera quand ils l'auront décidé. J'étais comme ça, je me suis bien faite avoir. Mais nous avons repoussé un peu la date car nous avions des événements à fêter à l'autre bout de la France et je voulais absolument y assister. J'ai donc continué à prendre minutieusement ma pilule si j'avais su !!!

J'ai consulté ma gynéco en novembre 2000 en vue d'avoir un enfant. Après avoir raconté les antécédents de ma mère (qui a pris du Clomid pour son 2e enfant, Moi et oui, je suis une « clomidienne », et pour les suivants car elle a eu des triplés), et devant les mêmes symptômes qu'elle (cycles irréguliers), ma gynéco m'a fait prendre du Duphaston pendant 5 mois ainsi qu'une courbe de température (irréalisable, car je devais me lever certains jours à 5 heures pour aller travailler.)

Pas de résultats.

Avril 2001, elle me fait faire une hystérographie qui ne montre rien, et un spermogramme pour mon mari qui montre 86% de formes atypiques !!! (1ére claque), mais bizarrement et heureusement un nombre astronomique de spermatozoïdes (pour une quantité de sperme limite). Notre gynéco nous a alors orientés vers le CPMA de Marseille, où j'ai choisi un médecin, par hasard, celui qui me permettait d'avoir un rendez-vous le plus tôt possible (2 mois après).

Si vous saviez comme le hasard a bien fait les choses. Cette femme est un don du ciel, elle est exceptionnelle, très professionnelle, directe, compétente, elle nous motive, elle espère autant que nous, elle fait la route avec nous et nous relève. Lors de notre dernière consultation, je lui ai enfin dit à quel point nous étions heureux d'être tombés sur elle. Il faut dire aux médecins qu'on trouve bons, qu'ils le sont ; que chaque rendez-vous soit un nouveau tremplin, une bouffée d'oxygène pour repartir.

Le 1er rendez-vous avec elle a eu lieu en juin 2001 : long interrogatoire pour moi et pour mon mari, et à la sortie, un nombre colossal d'examens (qui finalement ne sont pas grand chose) à faire. La gynéco n'a pas trouvé le spermogramme de mon mari si mauvais que ça, mais il fallait en savoir bien plus pour s'orienter vers la meilleure voie, car ça ne faisait que 5 mois d'essais. Nous avions 3 mois pour faire tous ces examens car le centre fermait au mois d'août, mais en 3 semaines, tout a été fait (échographie vaginale, 2 spermogrammes pour mon mari, sérologie pour tous les deux, et test de Hühner)et il ne nous restait plus qu'à attendre le prochain rendez-vous.

Septembre 2001 : consultation au CPMA. L'échographie montre des ovaires polykystiques ,surtout le droit, les sérologie ne posaient pas de problème, les spermogrammes étaient identiques aux autres et le test d'Hühner très légèrement positif. Il fallait faire quand même une coelioscopie + hystéroscopie pour voir si les trompes allaient bien et éviter une grossesse extra-utérine. Prévue fin octobre, elle est finalement repoussée car même sous Duphaston, mes règles ne sont pas toujours à l'heure. Résultat : un petit nodule d'endométriose mais rien de

Bilan des recherches : absence d'ovulation pour moi avec ovaires polykystiques, et tératospermie importante pour mon mari.

Janvier 2002 : début du traitement par une stimulation ovarienne (Clomid) , surveillance échographique (2 follicules à gauche) et prise de sang. Déclenchement par injection de gonadotrophine puis rapports programmés&.1er échec !

Mars 2002 : 2ème stimulation par le même traitement (1 follicule à droite), test 15 jours après : POSITIF !!! On plane, on se met à rêver. Quoi ? Ca serait aussi facile ? On le garde pour nous, je suis sur la réserve, mon mari s'emballe. Test une semaine plus tard : toujours positif ! (en fait, j'en avais fait 4 en une semaine) .J'appelle ma gynéco qui me dit en voyant les taux que c'est encore un peu juste, qu'il faut en refaire un et faire une écho : rendez-vous 10 jours après !!! Et là, je ressens un peu la difficulté de cette attente dans certains témoignages. Pour ma part, ces 3 semaines ont été les plus longues de toute ma vie, interminables, insupportables, balançant entre les périodes de joie et d'espoir, et les périodes où l'on se force à ne pas trop y croire pour ne pas être déçue. Chaque heure a duré trois jours, surtout quand on ne peut en parler à personne, et garder ça que pour tous les deux. Je ne trouve pas les mots pour qualifier notre état d'esprit. Le pire est de ne pas savoir, j'en étais venue à me dire que je voulais une réponse, même si c'était NON, mais savoir !

Mais avant l'écho, je voyais que mes taux n'augmentaient pas assez (il faut qu'ils doublent tous les deux jours) .

Le jour des 30 ans de mon frère, l'écho nous a confirmée ce que je craignais au fond de moi : la grossesse s'était arrêtée à peu prés à 6 semaines !!! Il paraît que 50% des grossesses s'arrêtent spontanément avant le 3e mois, c'est une sélection naturelle du corps lui-même face un défaut du caryotype, qui pourrait donner un bébé mal formé. Mais pourquoi ça tombe sur nous ? Bien sûr, on pleurs un coup (plus qu'un en réalité), et on croise une femme enceinte en sortant de chez la gynéco. Trop injuste.

Malgré ce résultat, notre gynéco a continué à nous suivre assidûment avec des prises de sang et des écho toutes les semaines ; elle a préféré que je fasse une fausse- couche naturellement sans curetage, pour ne pas abîmer l'utérus étant donner que le sac embryonnaire était encore très petit.

J'ai fait ma fausse-couche il y a une semaine, avec surtout un jour où les contractions ont été très importantes ainsi que les saignements. Mais aujourd'hui, je peux tourner la page et faire une pause de trois mois pour laisser le corps se remettre. Ca paraît long quand on nous l'annonce mais nous sommes bien content de penser un peu à autre chose. Car même si l'on en est qu'au début, ces deux derniers mois ont été très durs psychologiquement.

Comme vous toutes, je ne supporte plus de croiser ces femmes enceintes qui sortent encore plus leur ventre avec l'été ; j'ai eu aussi des discours que je ne veux plus entendre de la part de gens qui ne comprennent rien : une copine, après lui avoir raconté mes 15 premiers jours d'attente et la difficulté que c'était, m'a clairement dit que je n'adoptais pas le comportement adéquat, qu'à force de stresser, je ne LE laissais pas grandir normalement...elle fait partie de tous ces gens qui jugent sans connaître. Une autre qui a fait un bébé après une seule ICSI, m'avait dit qu'une fois au CPMA, les examens étaient faits en 1 mois, et qu'on nous faisait tout de suite commencer les traitements, que c'était très simple. Elle ne saura sans doute jamais la chance exceptionnelle qu'elle a eue d'avoir cet enfant du 1er coup, et toute la force physique et psychologique qu'il faut.

Mais la plus grande difficulté pour moi réside, non pas dans les enfants que font si facilement les frères et soeurs (mon grand frère ne s'y est pas encore mis) et qui doit être, je l'avoue, très difficile à gérer ; mais dans mon travail, car pour mon plus grand bonheur et mon plus grand malheur, je travaille dans un service de prématurés, et tous jours, je côtoie et je soigne ces petits bouts qui ne demandent qu'à vivre. Toute la journée, je suis entourée de bébés et de femmes qui viennent d'accoucher. Certaines ont même fait des FIV, suivies par la même gynéco que moi, et viennent aider leur petite crevette de 500 ou 600 grammes à tenir le coup. Ca fait plus de deux ans que j'y travaille et j'adore mon boulot, mais le personnel qui y travaille est très jeune, et j'ai vu plus de 15 grossesses depuis que j'y suis, dont une seule s'est faite avec difficultés. Et ces filles n'ont pas le moindre tact, ni la réflexion face à celles qui ont des difficultés alors que le milieu dans lequel elles travaillent le leur rappelle tous les jours.

C'est ainsi mais ça devient extrêmement pesant. Comment retourner travailler là-bas après avoir vécu une fausse-couche et voir les filles tombées enceintes en même temps que vous continuer tranquillement leur grossesse ? J'ai attendu des années avant de pouvoir travailler dans un service comme celui-ci, et j'en viens à me demander si je ne dois pas changer d'endroit. Car je n'ai droit à aucun répit, même sur le lieu de travail où l'on pourrait penser à autre chose, je suis obligée d'y faire face et de supporter pendant 8 heures. Mais je n'envie pas du tout ces gens qui n'ont pas eu une seule fois à réfléchir sur la difficulté à accéder à certaines choses, et qui disent tout haut : »Et bien moi, je voulais me marier et avoir deux enfants et c'est ce que j'ai fait », comme s'il fallait juste le vouloir.

Je suis sûre que toutes ici, voudrions éviter de vivre tout ça, mais quelque part, je sais que cette réflexion que l'on mène nous fait bien plus grandir et mûrir que tous ces gens. Et que par cette patience infinie que nous avons et qu'on nous oblige à avoir, nous finirons par atteindre notre but ; et ces enfants seront les plus aimés.

Merci d'avoir lu ce long témoignage, nous ne nous sentons plus seuls dorénavant, et j'unis votre courage au mien, mes espoirs aux vôtres.

Valérie et J.


Novembre 2003

Bonjour à tous,

Voilà bien longtemps que j’ai témoigné pour la 1ère fois. Après plus d’un an, je me décide à mettre à jour mon histoire.

Après ma fausse-couche en mai 2002, nous avons fait une pause de trois mois pour laisser le corps et la tête se remettre de l’échec. On a passé un été tranquille, sans contraintes, plutôt bien vécu.

Mais l’envie d’un bébé est toujours là, bien ancrée quelque part et finalement, j’avais hâte de reprendre le chemin des traitements.
Nous avons refait deus stimulations sous CLOMID qui ont été des échecs (09/02 et 11/02), toujours très durs à vivre, peut-être encore plus car nous savions que je pouvais être enceinte mais ça ne voulait pas venir.
Ma gynéco a décidé de passer aux injections de PUREGON 50 à partir de J3.
J’ai commencé ma 1ère stimulation en janvier 2003, en plein voyage en Finlande pour les 30 ans de mon mari. J’ai pu connaître les joies des injections dans les aéroports, où 10 personnes attendent pour aller aux toilettes que vous sortiez pour laisser la place. Test mi-février : négatif

Une nouvelle stimulation est programmée en Mars qui débouche sur un nouvel échec en Avril. (il faut dire qu’au bout de 6 stimulations, j’avais toujours très bien réagi, les follicules présents au nombre d’un ou deux, à droite ou à gauche, avec piqûre de déclenchement et rapports programmés).
Après ces 2 derniers échecs sous PUREGON, nous décidons avec notre gynéco de passer aux IAC. Nous avons rendez-vous avec le biologiste mi-mai qui nous explique le fonctionnement des IAC et le soi-disant mois de réflexion obligatoire. Notre réflexion, ça fait 3 ans qu’on l’a et nous savons très bien ce que nous voulons. Mais il faut se presser car nos vacances sont prévues le 27 juin en Corse et le centre ferme en Août, ce qui nous laisse fin mai et juin pour faire la 1ère IAC ; sinon, il faudra attendre septembre.
J’ai eu la bonne idée après l’échec d’Avril de ne pas reprendre de DUPHASTON, juste pour le plaisir de dire que pendant un cycle, je ne vais prendre aucun comprimé, depuis 3 ans. Du coup, mes règles sont en retard et tout est possible. En sortant du centre, j’appelle ma gynéco qui comprend notre empressement et nous reçoit à son cabinet pour nous faire toutes les prescriptions. On a plus qu’à attendre ces fameuses règles, qui doivent arriver avant le 8 juin, sinon le délai jusqu’au 27 juin sera trop court pour voir mûrir les follicules. Elles débarquent le 1er juin…trop heureuse.

Je commence alors mes injections de PUREGON 50 le 3 juin avec une 1ère échographie le 16 juin. Sur le coup, je la trouve un peu tardive mais il est vrai que les déclenchements n’ont jamais eu lieu avant J17. Ce jour-là, la prise de sang semble pas mal mais à l’échographie, aucun follicule n’a commencé à grossir ; Je suis très déçue car c’est bien la 1ère fois. La gynécologue croit voir des traces de corps jaune, ce qui voudrait dire que l’ovulation a déjà eu lieu mais ne pense pas cela possible. On décide de continuer les injections avec des échographies le 20, 23, et 25 juin et surtout cette date du 27 juin qui pèse sur nos épaules où on part en vacances, et où on aura peut-être fait tout ça pour rien, si les follicules ne sont pas mûrs avant. Finalement, il y en a un qui grossit peu à peu et arrive à 17 mm le 25 Juin. La gynéco décide de faire l’IAC le 27 juin au matin…….soulagement !!!!…..juste à temps !
Je fais la piqûre de déclenchement le 25 juin à 21h30, en plein concert de JOHNNY. Trop de monde pour rejoindre les toilettes, je fais mon injection à ma place, tremblante, avec un garçon qui se retourne juste devant moi et m’observe, étonné, la seringue à la main. Souvenir inoubliable ! L’IAC a eu lieu avec quand même cette impression bizarre de concevoir peut-être un enfant avec une injection de spermatozoïdes dans l’utérus. Très abstrait et frustrant….

La 1ère semaine en Corse, je m’autorise un peu de voiture vu que l’œuf éventuel voyage jusque dans l’utérus (enfin, certains jours à 8 heures de voiture, quand même !). Le 4 juillet s’installe un barbouillement léger, qui me provoque une baisse d’appétit. Mais je ne veux en aucun cas identifier ça à des nausées car j’ai déjà eu ces symptômes pour une gastro, et j’ai toujours eu plus ou moins mal au ventre tout au long de ma jeune vie.
Pourtant, ce barbouillement dure, nous sommes le 11 juillet, jour du test et notre retour est prévu le lendemain. Je me dis que si c’est négatif, ça m’aura en plus gâcher les vacances et c’est la totale. On revit cette attente de plusieurs heures, après l’attente des 15 jours, pour enfin sortir de cette incertitude qui pèse si lourd. Mais à force, on la connaît bien et on finit par vivre avec au bout de toutes ces années.
C’est mon mari qui va chercher le résultat, longues minutes à attendre dans la voiture….il ouvre l’enveloppe et ne dis rien…..le taux est à 64200 !!!!!! Incroyable, impensable hallucinant ! Les larmes coulent toutes seules, on a déjà vécu une fois ces émotions en Avril 2002 mais là, il y a ce taux si délirant qui est vraiment énorme pour une IAC faite le 27 juin ! C’était bien des nausées alors et d’un coup, je les vis beaucoup mieux. On appelle tout le monde cette fois, quelque chose nous dit que c’est bon, qu’il n’y aura pas de déception. Et puis, on s’interroge sur l’éventualité de plusieurs embryons qui expliqueraient ce taux.
On a la chance au retour de faire une échographie le 15 juillet pour confirmer la grossesse. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises,, car sur l’écran, moment magique, il y a un embryon avec un cœur qui bat…chose impossible pour une IAC réalisée le 27 juin !L’échographe nous annonce alors que l’embryon a un âge de 6,5 SA, il a été fait autour du 14 juin !!! On hallucine, impossible de réaliser et pourtant tout s’explique :

- la 1ère échographie le 16 juin avec des traces de corps jaune… l’ovulation avait bien eu lieu.
- La lenteur des follicules à RE-mûrir après cette ovulation
- Les nausées débutant la 3ème semaine après la conception (une semaine semblait un peu tôt)
- Le taux si élevé le 11 juillet

Pour nous, c’est vraiment un miracle, car :

- pour la 1ère fois, j’ai ovulé seule (certes, les injections ont permis la maturation des follicules) et des rapports naturels non programmés sont tombés au bon moment.
- Cet œuf a « subi » 10 injections de PUREGON et une piqûre de déclenchement alors qu’il existait déjà
- Et surtout, l’embryon a survécu à l’IAC, alors qu’il était déjà implanté dans l’utérus et aurait du se décrocher.
- Sans oublier les 8 heures de voiture qu’il a passé avec succès

Je vous passe l’étonnement de notre gynéco devant ce parcours, alors qu’elle travaille depuis longtemps dans ce centre de procréation ; elle n’a apparemment jamais rencontré d’histoire semblable…..ce qui me fait lancer un appel afin de connaître toutes celles qui auraient vécu des choses similaires ou connaîtraient des parcours ressemblant à celui-là.
La conception de cet embryon est vraiment exceptionnelle et nous a persuadé que cette histoire allait forcément bien continuer vu les conditions dans lesquelles elle avait commencé.

J’ai pu faire des échographies facilement pendant l’été, suivant de prés son développement. Des saignements ont eu lieu le 4 août mais sans rapport avec l’embryon. Je ne vous dit pas l’angoisse qui a suivi pendant quelques heures. J’appréhendais terriblement la fausse-couche avant la fin du 3ème mois, tout en étant persuadée de ma bonne étoile. Mais les nausées terribles, 24h sur 24 du 4 juillet à début septembre me confirmaient le bon déroulement de la grossesse. Associées à une température de 40° extérieure, l’été a été un vrai bonheur ! J’ai repris le travail 3 jours du 16 au 19 juillet, mais j’ai voulu m’arrêter tout de suite, ne voulant pas après 3 ans de galère risquer quoique ce soit, surtout dans mon service, 8 heures debout, avec des radios à gogo et des gaz anesthésiants pour les enfants. La coïncidence a voulu aussi que je fasse ma demande de mutation le 16 juin après 3 ans et demi de bons et loyaux services dans ce service de réanimation pédiatrique où je m’occupais de ces petits prématurés de 400 grammes parfois, nés de FIV ou d’IAC. Est-ce que cette décision a été une libération, que le travail me bloquait psychologiquement ? En tout cas, la coïncidence des dates donne à réfléchir.

Je suis à ce jour dans la 22ème SA, je viens d’apprendre que notre bébé était une petite fille ; nouvelles larmes de joies car je pensais vraiment à un garçon depuis le début (mais avec une préférence pour une fille). Mon mari parle déjà de ses 2 femmes et quand il pose sa main sur mon ventre et dit « pom…pom »parce qu’il vient de sentir un coup, c’est du pur bonheur ! Mais parallèlement, je ne réalise pas du tout être enceinte.. Je ne pensais jamais avoir un jour ce petit nœud à coté de notre nom sur ce site, et je réalise que nous sommes vraiment très chanceux de vivre ça seulement au bout de 3 ans. Car il n’y a pas un jour où je ne pense à toutes celles qui sont encore dans l’attente depuis de trop nombreuses années. C’est vrai, je pourrais vous confirmer à quel point cette attente et ces souffrances disparaissent quand vous atteignez votre but mais je sais que ça ne vous console pas car beaucoup d’entres vous sont encore dans cette attente et cette incertitude. Alors quelque part, je suis un peu gênée de vous exposer mon bonheur à la figure.

Je souhaite vraiment au fond de moi que vous toutes puissiez vivre ces moments-là. Ne perdez pas espoir, c’est lui qui nous fait vivre, avec l’Amour que vous portez à l’autre. Le bonheur n’est peut-être plus si loin…..je pense à vous…courage……

Valérie


Mai 2004

Bonjour à tous,

Je prends enfin le temps de vous donner des nouvelles de notre merveilleuse histoire.

Suite au dernier témoignage, j’ai poursuivi ma grossesse dans de bonnes conditions, malgré des contractions très présentes depuis le 4ème mois, mais qui ne semblaient inquiéter personne ; jusqu’à la visite du 7ème mois où on a découvert que le col avait bougé. On m’a recommandé du repos +++ et des suppositoires de Salbumol mais ça n’a pas suffi et le 23 décembre, j’ai été hospitalisée pour une menace d’accouchement prématuré. Ca a été terrible car je ne répondais pas du tout aux traitements malgré l’alitement total. Et j’angoissais à l’idée de voir ma petite fille transférée en réanimation, dans mon propre service, 2 étages en dessous de l’endroit où j’étais moi-même hospitalisée. J’étais très bien placée pour savoir tout ce qu’elle allait endurer en allant là-bas étant donné que d’habitude, c’était moi qui m’occupais de ces prématurés. Finalement, avec beaucoup de patience, je suis sortie de l’hôpital le 23 janvier, à 34 semaines avec ma fille toujours dans mon ventre…. Un vrai bonheur.

La suite a été parfaite, j’ai accouché de ma petite fille Emma à 39 semaines le 27 février à 5h20, en 2 heures, et ce moment a été magique, grandiose, incroyable. C’est vrai qu’une fois qu’on a vécu ça, toute cette attente insupportable, ces mois, ces années de déception s’évaporent. On oublie jamais, enfin, pour ma part, c’est gardé dans un recoin de ma tête, et très souvent, je repense à cette période en me disant que je suis favorisée et très chanceuse, je pense beaucoup à toute celles qui sont encore dans cette galère. J’aurais pu vous écrire des lignes et des lignes sur le bonheur que l’on vit avec l’arrivée de notre petite fille, mais je me mets à la place de vous toutes qui affrontez ces épreuves et je me dis que ça doit être difficile à lire ; alors je voudrais vous dire simplement de ne pas baisser les bras, de tout tenter si vous vous en sentez le courage, car ces efforts valent vraiment le coup et la récompense est bien plus belle que tout ce que vous pouvez espérer.

Je pense très fort à vous.

Valérie


Leur écrire

Tous les mots colorisés en orange ou mauve vous renvoient au dico.