La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Stéphane & Tuyet - (France - Mai 2008)

Bonjour, je n’ai découvert votre site que maintenant alors qu’il nous aurait été d’une grande aide au niveau psychologique et au vu de notre expérience, je me permets de laisser aussi un témoignage ! Tout d’abord, je nous présente, ma femme Tuyet Mai et moi-même Stéphane, respectivement 25 et 39 ans. Après notre mariage l’intention d’avoir un enfant était ancrée en moi, ma femme elle n’était pas pressée mais le temps et les événements passant, cette dernière a elle aussi eu ce désir d’enfant.

2005- Voilà un an et demi que j’attends désespérément la bonne nouvelle d’être papa. Etant un peu inquiet, je me décide à demander à passer un spermogramme. Résultat- Catastrophe, azoospermie J’en pleurerais tellement ça me bouleverse. Mon médecin me conseille alors de nous faire suivre par un centre de procréation à Marseille à 200 km de chez nous. Nous y allons et là commence une série de consultations et d’examens assez incroyable, mais ceci est obligatoire. Bilan du problême : J’ai une agénésie du canal déférent (il manque des tuyaux pour faire plus simple) Il faut faire une analyse génétique pour savoir d’où vient ce manque (autre hôpital) Finalement on découvre que cette agénésie est due au fait d’une mutation d’un gêne de la mucovisidose que j’avais en moi (tout cela du à l’incompatibilité des parents au niveau génétique). Pour info, mon frère a apparement aussi cette malformation mais lui n’a jamais voulu rien faire pour ça et donc n’aura jamais d’enfant naturel. Ma sœur par contre a deux beaux enfants. Il a donc fallu faire le test de compatibilité entre ma femme et moi et de ce côté tout va bien, il n’y a pas de risque de mucovisidose. Ma femme n’a donc aucun problême pour procréer, tout vient de moi, vous imaginez comment je me sens psychologiquement.

2006- Je dois subir une biopsie testiculaire mais auparavant on m’enlève un varicocèle (opération rapide et sans douleur). Je reste trois jours à l’hôpital pour la biopsie et là, je m’en souviendrais toujours, je ne suis pas quelqu’un de spécialement sensible niveau opération, je n’ai pas peur non plus mais là, j’ai souffert comme jamais après mon réveil et durant ces trois jours. Il m’a fallu une semaine de repos pour m’en remettre. Le troisième jour le médecin arrive et me dit que c’est bon, ils ont trouvé des spermatozoïdes, nous sommes très heureux ma femme et moi, au moins je n’ai pas souffert pour rien.

Quelques mois plus tard, nous tentons une première ICSI, nous avons 4 embryons viables mais seulement deux seront implantés (les autres sont détruits car non congelables). Nous partons très confiants de l’hôpital et attendons avec impatience le résultat de nos efforts, soit dans un mois. J-7 avant la fin du mois…ma femme m’appelle en pleurant, elle saigne ! Je lui dit ne t’inquiète pas, il est arrivé que des femmes saignent au début de grossesse bien que ce soit très rare, je crois. Fin du mois : prise de sang, c’est négatif. Nous sommes effondrés. Ma femme ne veut plus retenter l’ ICSI, elle est démoralisée et je m’en veux terriblement parce que je suis la source du problème. Je ne vais pas essayer de la convaincre de faire une nouvelle tentative, laissons le temps faire et nous verrons…

6 mois plus tard, ma femme apprend qu’une de ses amie est enceinte naturellement, cela nous secoue et nous fait mal, nous sommes heureux pour elle mais nous souffrons intérieurement. Quelques semaines passent, le moral revient et ma femme a envie de retenter une ICSI. Nous profitons de passer une semaine de vacances à Bormes les Mimosas pour faire cette tentative, c’est bien moins loin que chez nous pour faire les navettes. Une nouvelle ponction ovarienne est par contre obligatoire. Cette fois plus que l’autre, ma femme souffre et est extrêmement fatiguée et nerveuse.

20 août 2007 Le jour du transfert d’embryon est arrivé. Dans la salle d’attente, ma femme rencontre un personne qui en est à sa quatrième tentative, c’est guère encourageant, puis plus tard, nous parlons avec un couple qui a déjà eu un garçon lors de la première tentative et qui vient ici pour avoir un deuxième enfant, là ça fait plaisir. Comme la première fois et malgré le peu d’ovocytes qui ont pu être récupérés, deux embryons sur quatre vont être transférés. Le transfert s’effectue en musique classique, les médecins sont très sympas (comme la première fois). Nous rentrons sereins et confiants comme la première fois. L’attente est interminable, un mois, bon pas de saignements cette fois-ci mais ça ne veut pas spécialement dire que ça a marché. Prise de sang, résultat positif. Nous sommes fous de joie. Quelques semaines plus tard, ma femme fait un séjour de quatre jours à l’hôpital, le traitement à engendré une hyperstimulation ovarienne (ce qui n’est pas rare, elle a du liquide dans le ventre et il faut absolument surveiller ça. Les trois premiers mois sont un peu difficile à vivre car c’est là qu’il ya la plus de risque de fausses couches dit-on mais il faut essayer de passer outre tout cela. Enfin l’échographie des cinq mois arrive, tout va bien, ce sera une fille et nous sommes extrêmement heureux. Nous décidons de passer par une sage-femme libérale pour faire des cours sur l’accouchement sur la grossesse en général et l’après accouchement. Et bien nous en a pris, c’est merveilleux que les futurs papas lisent ceci : Messieurs si vous le pouvez accompagnez votre femme à ces cours, bien vous en fera, c’est très instructif et votre femme sera contente de voir que vous êtes avec elle jusqu’au bout.

24 mai 2008- Notre petite fille doit arriver autour du 20 juin, tout est prêt même les parents, merveilleux !

Voila en espérant que ce témoignage vous apportera la force nécessaire pour aller jusqu’au bout, ne baissez pas les bras après un premier échec, nous comprenons et sommes de tout cœur avec vous ! Courage !

Stéphane


05 Juin 2008 - La petite Thiphaine est née avec 2 semaines d'avance, elle fait 3kg 460 et mesure 50 cm. L'accouchement en lui-même s'est bien passé mais la maman, elle, n'a pas eu de chance et a fait ce que l'on appelle une "hémorragie de la délivrance" (Rien à voir avec le traitement subi pour concevoir le bébé). Pendant un jour et demi, Thiphaine n'a pas pu voir sa maman. Jusque là, je suis resté à la maternité pour m'occuper de notre enfant.

15 Juillet 2008 - Tuyet est encore un peu fatiguée mais va beaucoup mieux, Thiphaine est un bébé magnifique, très tonique :) et enfin pour ma part, je suis heureux d'avoir essayé jusqu'au bout cette aventure, cela en valait la peine.

Stéphane.


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