La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Laurence & Stéphane - (France - 1999)

Pour vous situer un peu notre cas, nous avons, Stéphane et moi, 30 ans. Après avoir vécu 2 ans de très grosses galères consécutives à une recto-colite hémorragique de Stéphane, nous avons décidé de mettre en route le bébé que nous désirions depuis notre rencontre. Après un an et demi d'absence de grossesse, j'ai insisté auprès de mon gynéco afin que nous fassions des examens.
Le tout premier examen que nous avons passé était le test d'Huhner lequel a mis en évidence 100 % des spermatozoïdes de Stéph immobiles. Nous avons donc poursuivi nos examens. Les 2 spermogrammes qu'il a passé ont révélé que 80 % de ses spermatozoïdes étaient de forme atypique et de plus, n'étaient pas très véloces... Quant à moi, après une hystéro ultra-douloureuse, il s'est révélé que j'avais de l'endométriose qui a été opérée. Côté traitement, je viens de prendre, sans succès, pendant 2 mois, du Pergotime, de l'Estreva et du Duphaston. Voilà pour vous situer un peu.
Les problèmes psychologiques...
Je tairai le nom des médecins qui nous suivent ainsi que du centre PMA où nous allons car je n'en suis pas vraiment contente. Cependant, je n'ai pas envie d'en changer (pour l'instant) par crainte de devoir refaire tous ces maudits examens. On verra dans l'avenir.
Pourquoi je ne suis pas contente ? D'abord parce que j'ai la très nette impression qu'on nous prend pour des gamins. Mon ami et moi avons un physique assez jeune et on a tendance à nous tutoyer facilement pensant qu'on est des étudiants ou je ne sais quoi.
Quand on a commencé les examens, on nous disait : "Ne précipitez pas les choses, vous avez le temps, ça ne fait que 2 ans que vous essayez". Bref, le baratin qui prend la tête. Seulement, même après avoir découvert nos problèmes, on continue à nous dire ça. "Vous avez le temps". C'est la grande phrase. Mais on a le temps de quoi ??? De s'enfermer dans la déprime ? De ne plus espérer ? D'avoir l'impression qu'on se fiche sans arrêt de nous ?
Quand j'ai fait le test d'Huhner, j'ai eu l'impression qu'on violait mon âme en même temps que mon corps. Que je devenais de la viande. Et pourtant, si à ce moment-là, j'avais su ce qui m'attendait par la suite.... Pour les spermogrammes de mon ami, ça ne s'est pas trop mal passé. Bon, évidemment, ce n'est pas une partie de plaisir mais bon... avec un peu d'humour, ça finit par passer.
Ca a été beaucoup moins drôle quand il s'est agit de passer l'hystéro pour moi. D'abord, au centre, j'ai attendu plus d'une heure avant qu'on daigne m'emmener dans la salle de radio. Bien sûr, on ne m'avait absolument pas expliqué ce qui allait se passer. Le gynéco m'avait juste donné son ordonnance avec laquelle j'avais acheté le fameux liquide et c'est tout. Pour quoi faire le liquide ? Mystère... Bref, une assistante a fini par m'emmener dans la salle où j'ai encore attendu 3/4 d'heure, à moitié nue sur la table. Avec cette assistante qui passait et repassait en me disant : "Patientez, il arrive". Non seulement j'avais froid, mais il n'y avait absolument aucune chaleur humaine dans sa voix. Rien. Elle passait si vite que je n'avais même pas le temps de lui adresser la parole. Le gynéco a fini par arriver et dire : "Ca va ? Pas trop angoissée ?" Ah tiens... angoissée ? Et pourquoi donc me pose-t-il cette question ???? Hum. Là, je l'ai vu prendre cette horreur de chose (j'ai perdu le nom) par laquelle il fait passer le fameux liquide. Il a dit à l'assistante : "Vous avez vu votre "truc" il est tout tordu faudrait peut-être en changer..." Croyez-moi, ça vous met déjà très à l'aise.. Et là, le supplice est arrivé. Je dis bien le supplice. La torture. J'ai cru y rester sur cette table. J'ai cru mourir. Et pourtant, je vous assure que je ne suis pas douillette. Et le gynéco qui criait à l'assistante : "Mais putain vous la voyez vous cette trompe ? Vous la voyez ? Elle est où ?" (je n'invente pas, c'était vraiment les mots !). Et moi je me tordais et je pleurais sur cette table tout ce que je savais. Il a fini par arrêter son supplice en me marmonnant quelque chose et il est parti. L'assistante m'a dit d'attendre un peu avant de me lever puisque j'avais eu si mal, mais j'étais tellement en colère que je me suis levée, me suis habillée et suis allée rejoindre une amie (qui avait eu la gentillesse de m'accompagner) dans la salle d'attente.
Quand elle m'a vu dans cet état, elle n'a pas compris. Puis on m'a appelé, on m'a tendu les radios sans un mot et on m'a dit : "Ca fera un chèque de 600 F puis un chèque de 350 F". J'étais ahurie ! J'ai osé un : "Est-ce que je pourrais savoir les résultats ?" On m'a sèchement répondu : "Il n'y en a pas, votre gynéco a du vous les donner". Alors tout aussi sèchement j'ai fait les chèques et les ai littéralement "balancé" sur le comptoir avant de tourner les talons.
Heureusement, mon amie était là et elle m'a dit : "On ne va pas partir comme ça, tu dois connaître tes résultats, on va chercher ton gynéco". On a donc cherché l'homme en question et fini par le trouver. Quand je lui ai posé la question, il m'a dit : "Je vous l'ai dit en salle". Pensez-vous comme j'avais entendu quelque chose dans l'état où j'étais ! Il a quand même recommencé et j'ai fini par comprendre qu'une trompe était restée invisible et que l'autre était toute tordue... Il me fallait retourner le consulter à son cabinet pour poursuivre plus loin. Ce que j'ai fait. Là, il m'a annoncé que je devais passer une fertiloscopie et selon les résultats on pourrait sur le coup de l'anesthésie faire une coelioscopie qui aurait pour but de déboucher les trompes si besoin était.
J'ai donc pris rdv avec le chirurgien-gynéco toujours dans le même centre puisque mon gynéco et le chirurgien-gynéco travaillent ensemble. Il m'a redit la même chose. Sans autre explication. Rdv fût pris. Dans cette attente, mon ami et moi ne savions absolument pas où nous allions. Personne ne nous avait rien expliqué. Chaque fois que je demandais une information au gynéco, c'était expliqué à la vitesse grand V, comme si j'étais médecin et que je comprenais tous les termes médicaux. Vraiment l'impression de bâcler.
Je rentre donc à la clinique du centre un matin à 7h30 (on m'avait dit que si je n'avais que la fertiloscopie je restais seulement la journée et si on faisait la coelio je restais environ 48h). Accueil très très froid. A peine arrivée dans la chambre, on me saute dessus. Une infirmière, rasoir à la main, arrive. Elle me rase le pubis sans prendre la peine d'aller jusque sur les lèvres intimes (oui, elle aurait perdu 1 seconde, c'est précieux, et puis c'est pas une esthéticienne non plus...), m'enfile un lavement (au cas où pour la coelio) et me dit simplement "Attendez tranquillement on viendra vous chercher". J'ai l'air de plaisanter comme ça, mais je vous assure, un vrai sac de viande. Pas plus, pas moins. C'est tout. C'est toute l'impression que j'ai eue. Bon sang, c'était une femme quand même cette infirmière. Ca lui aurait coûter quoi d'aller jusqu'au bout lorsqu'elle a rasé ? Là, j'avais vraiment l'impression d'être une chose. L'impression même qu'elle avait laissé ces poils sur les lèvres exprès pour me ridiculiser. Vraiment. Bref, on a fini par venir me chercher, l'opération a eu lieu puisque j'avais de l'endométriose. Mon réveil n'a pas été facile non plus psychologiquement. Aucun soutien, aucun mot gentil. Aucune compréhension. Un vrai numéro. Pour le coup de l'anonymat, c'était bien réussi. Chapeau ! Vers 16 h, le chirurgien-gynéco passe et me dit : "On vous a opéré d'endométriose, au revoir à demain". Endométriose ? C'est quoi ça ???? Seulement dans les choux comme je l'étais j'ai pas réagi en un dixième de seconde, j'ai même pas compris le mot sur le coup, mais bon, il était parti. J'en ai pleuré de rage... Le lendemain, j'ai pu l'arrêter et là, il m'a dit : "Je vous ai opéré d'endométriose, vous devriez tomber enceinte très vite, sinon on passe directement à la FIV, revenez me voir dans 1 mois pour ôter les points, au revoir". Et zou, il était déjà parti...
Remarquez, j'avais eu 2 phrases de plus, c'était pas mal... Du coup, en sortant du centre l'après-midi même, j'ai appelé une connaissance médecin qui m'a expliqué ce qu'était l'endométriose et pourquoi il m'avait dit que je devais vite tomber enceinte sinon FIV. J'ai eu un hématome énorme pendant 15 jours mais là non plus on ne m'avait pas dit que ça pouvait arriver... C'est la pharmacienne qui m'a rassurée.
Un mois plus tard, je suis allée revoir le chirurgien-gynéco. Il m'a dit que l'hématome c'était l'intestin qui s'était trop dilaté. Et il m'a aussi appris que mes trompes "avaient sale tête". Dixit. Ah... Mes trompes ont sale tête... C'est sympa, je suis contente de le savoir... Et ça veut dire quoi ??? "On verra d'ici quelques mois". C'est la réponse que j'ai eue. Entre temps, on avait su pour le sperme de mon ami. Ce que j'ai dit au chirurgien-gynéco. Là il a dit : "Raison de plus, essayez jusqu'en fin d'année d'avoir le bébé naturellement sinon on fait la FIV très vite avec micro-injection."
On était début novembre. Me voilà repartie chez le gynéco. Avec ce qu'avait dit le chirurgien. Et là, l'air de rien, le gynéco : "Comment ça va, vous avez le moral ? Tout va bien pour vous maintenant...". Je l'ai regardé hébétée... J'avais l'impression qu'il se fichait de moi ! Je lui ai dit ce que le chirurgien-gynéco m'avait dit. Il a répondu : "Pas si vite, moi je veux d'abord commencer par les médicaments, j'ai espoir avec le PERGOTIME." J'ai du faire une drôle de tête. Je ne comprenais plus rien. Qui fallait-il croire ? Pour moi, ils travaillaient ensemble alors ils devaient penser la même chose. Eh bien non, visiblement, ils pensaient différemment. Il a commencé à me faire un topo sur les naissances multiples (j'avais envie de lui dire : oui et alors ? Où est le rapport ?) dues à la FIV, bref, à me tenir un discours comme à une débile mentale. Tout ça en alternant tutoiement et vouvoiement. Je vous assure que j'étais sidérée. Puis il s'est levé et m'a dit : "De toutes façons, vous avez le temps, vous êtes jeunes !". Alors j'ai répondu : "Et mes trompes qui ont sale tête, elles sont jeunes ?". Il a répondu qu'il était au courant, que le chirurgien le lui avait dit mais qu'il n'en savait pas plus. Enfin voilà, je suis partie avec mon ordonnance. Et mon traitement au Pergotime (qui lui aussi entre nous soi dit peut éventuellement procurer des naissances multiples) pendant 2 mois sans aucune autre explication. Bien entendu, je n'ai pas été prévenue des effets secondaires du Pergotime. J'ai été malade comme un chien. Sans savoir quoi faire. De toutes façons, le traitement est fini, ça n'a évidemment pas marché. Et je vais aller le revoir d'ici une dizaine de jours.
Ouf... Si je vous ai raconté tous ces détails, c'est que j'estime que ce tous ces détails contribuent très largement à rendre l'infertilité très douloureuse psychologiquement. J'ai l'impression depuis le début d'être prise pour une gamine capricieuse qui veut un enfant à tout prix. Non. Pas à tout prix. Mon ami et moi désirons très très fort un enfant. On fera ce qu'il faut pour en avoir un. Mais est-ce pour cela qu'il faut nous considérer comme du bétail ? Est-ce pour cela qu'il ne faut jamais avoir un mot gentil et réconfortant ? Est-ce pour cela qu'il ne faut rien nous expliquer ? Est-ce pour cela qu'il faut manquer de franchise ? Est-ce pour cela qu'il faut nous faire attendre et attendre sans qu'on sache pourquoi ? Est-ce parce qu'ils savent que nous ferons justement tout ce qu'ils veulent qu'ils en profitent ? Je ne suis pas en train de faire le procès de mon gynéco et de ses collègues (encore que pour la clinique très franchement les infirmières qui se sont occupées de moi feraient mieux de se recycler ! Et croyez moi je sais ce que sont les vraies infirmières pour avoir eu bien TROP d'expériences douloureuses que nous avons eu à vivre dans le passé mon ami et moi) mais si je me plains c'est d'un manque d'attention, de psychologie, de suivi. On ne nous écoute pas (oui je sais, il n'y a pas que nous sur terre et ils ont du boulot). Il faut avancer, d'autres attendent derrière nous. Heureusement, je suis suivie par un psychiatre (depuis bien avant que nous sachions ces problèmes-là) et il m'aide énormément en m'expliquant tous les termes médicaux que je ne comprends pas, les "choses" qui risquent de se passer, etc. Franchement, il faut aller voir son psy pour qu'il vous explique ce que votre gynéco va vous faire ???
L'autre côté difficile c'est la famille et les proches qui ne comprennent rien à rien. Qui en voulant être gentils deviennent très désagréables. J'ai trouvé un énorme soutien sur Internet (ainsi que de très nombreuses explications) grâce aux témoignages des couples en difficulté et je les en remercie tous.
J'espère pouvoir ajouter une note plus optimiste dans quelques temps.

Laurence

Après plusieurs mois d'échecs avec le traitement oral, nous avons pris la décision de passer aux inséminations. Là, ce fut très difficile pour moi. Peut-être est-ce dû à mon petit gabarit puisque je suis mince et petite (manquais-je de résistance ?), mais ce fut très pénible. Les injections d'hormones me rendaient malade. J'étais nauséeuse, j'avais très mal au ventre et surtout, une fatigue immense. J'ai arrêté de travailler. Je ne pouvais pas tout cumuler, c'était impossible. Je n'avais plus de forces. Je me rendais quand même compte que je faisais partie des " chanceuses ".

Après plusieurs jours d'injections, je devais me rendre tous les jours au centre de stérilité afin de passer une échographie pour voir où en étaient les follicules, combien il y en avait, et pour recevoir une nouvelle dose d'hormones et faire une prise de sang. Cela durait entre 5 et 7 jours environ. J'étais chanceuse car il me suffisait d'un quart d'heure de trajet en métro pour m'y rendre. Certaines personnes faisaient plus de 100 km tous les jours pour venir… La première insémination a été un semi-échec. Semi-échec car le première dosage de Béta Hcg était positif. J'étais donc enceinte. Là, même si on veut se retenir de trop y croire, on n'y arrive pas. On y croit très fort. ENORME déception quand 3 jours après, on vous apprend que le taux est retombé. La grossesse n'a pas voulu démarrer… Catastrophe, pleurs… On se dit pourtant que si ça a pu commencer une fois, ça pourra commencer une autre fois mais bon… 2è insémination, échec total. 3è insémination, échec total également. De plus en plus fatiguée, je craquais au fil du temps. Pour la 3è insémination, le sperme de Stéphane était même insuffisant. Je l'ai su après… Après avoir longuement parlé avec Stéphane, on a décidé de faire un gros break. J'étais au bout du rouleau. La 3è insémination a eu lieu le 1er juin. Nous avions décidé de " prendre des vacances " par rapport au traitement et de ne reprendre qu'au mois de septembre. J'en ai parlé au gynécologue qui m'a dit que c'était une bonne solution. Ca permettrait à mon corps de se reposer et à mon esprit de retrouver ses forces et son espoir. On avait tout prévu pour faire une FIV avec ICSI. Tous les papiers étaient prêts, les RDV au laboratoire pris.

Moi, je ne sais par quelle force, j'ai réussi à repousser toute cette souffrance. Je crois que j'étais tellement soulagée de ne plus avoir mal lors de chaque injection, de ne plus avoir à faire ces trajets quotidiens au centre, de ne plus avoir à attendre ces fameux résultats, que j'ai réussi à vider ma tête. J'ai dit : profite de l'été. Fin juin, j'ai reçu une amie lointaine avec qui j'ai couru les boutiques pendant 5 jours puis je suis partie seule dans ma région natale quelques jours. Puis, mi-juillet, je me suis rendue compte que je n'avais toujours pas mes règles. J'avais tellement oublié tout ça que… Mais pour moi, si mes règles n'étaient pas là c'était parce que les traitements avaient tout bouleversé. Stéphane, un jour, me dit : attendons mercredi prochain mais si tu n'as toujours pas tes règles, faudrait faire un test. Bof lui dis-je. Faut pas rêver. On nous laissait trop peu de chances… Le mercredi suivant, toujours rien. Je vais voir mon pharmacien, qui me connaît bien, lui explique et il me conseille le test car 10 jours de retard de règles lui paraissaient quand même beaucoup. Je fais le test, réponse positive immédiate ! Je suis restée éberluée ! Même pas eu besoin d'attendre, ça avait viré de suite ! Je relis la notice et je vois " ne pas utiliser si traitement en cours contre la stérilité ". Ah ! La joie retombe. Si les hormones avaient encore eu une influence ? J'appelle mon gynéco qui me dit : faites une prise de sang et venez me voir demain. Je cours au labo (là bas aussi, ils me connaissaient par cœur). La biologiste me dit : moi avec votre cas particulier, je vous fais un dosage très précis. Ca peut servir. Revenez ce soir à 17 h. A 16h15, j'étais déjà au laboratoire. Les résultats étaient là, la biologiste le sourire jusqu'aux oreilles : 8820, me dit-elle ! ! ! Vous vous rendez compte ? ? Euh… non… Enfin un peu puisque lorsqu'à ma première insémination cela avait été positif, j'étais à 20 ! Elle me dit c'est hallucinant ! Vous êtes enceinte d'un mois au moins ! J'étais bouche bée ! Malgré le verdict de la prise de sang, impossible d'y croire. Ca tenait du miracle ! J'ai foncé à la maison. Stéphane n'y croyait pas non plus malgré tout ça. On est restés comme 2 imbéciles. Le lendemain, visite express chez le gynéco. Il confirme et n'est pas franchement étonné. Cela arrive me dit-il. Il y a 10% de femmes qui tombent enceinte le mois suivant la dernière insémination. Elles se sentent tellement libérées que… RDV fut pris, 10 jours après pour une échographie. Stéphane était là. Et là… le choc ! Terrible ! Poum poum poum poum poum… le cœur du… bébé, fœtus, embryon, enfin, ce que vous voulez mais ça battait à 10000 à l'heure dans mon ventre. Ca a été une vague de bonheur, les larmes dans les yeux. On y était ! On y était vraiment ! Le bébé a été conçu le 25 juin… Il naîtra donc aux environs du 25 mars 2000.

Je viens d'avoir très peur car lors du contrôle sanguin pour vérifier si l'on est dans un groupe à risques pour la trisomie ou non, on m'a classé avec une chance sur 220 d'avoir un bébé trisomique. J'ai accepté de faire une amniocentèse. J'ai été ponctionnée par une femme médecin adorable. Rassurante au possible. D'une gentillesse inouïe. J'avais très peur de cet examen. Je n'ai eu aucune douleur. La piqûre m'a fait moins mal qu'une prise de sang. Le verdict est tombé hier. Le caryotype du bébé est tout à fait normal.

Je vais enfin pouvoir dormir sur mes 2 oreilles. Stéphane, lui, ne doutait de rien… Je l'inquiétais plus que le bébé ne l'inquiétait… Maintenant, vivement fin mars… que nous puissions enfin voir notre bout de chou tant attendu.

Voilà. Je vous ai écrit tout cela pour vous dire qu'il ne faut jamais perdre espoir. Je sais que quand on est en plein traitement, on peut nous dire ça sur tous les tons, dans toutes les langues, on finit par ne plus y croire. Mais pourtant il faut… Le bonheur finit par arriver. La preuve… Lorsqu'on a arrêté les inséminations, le gynécologue m'avait dit : je ne peux pas vous dire que vous tomberez enceinte cet été… J'en ai tellement été persuadée que je n'ai plus pensé à rien. Ce n'est pas facile de faire le vide dans sa tête, je sais. Mais quand on y arrive… ça marche…

Bon courage à vous toutes,
Bien affectueusement, Laurence
octobre 1999


Mars 2004

Quelques nouvelles :

Idalie a eu une petite sœur. Lorsque j'ai accouché d'Idalie, mon gynécologue qui m'avait toujours suivie (c'est lui qui nous avait fait faire tous les examens et tout et tout) est venu me voir à la maternité et m'a dit : "vous, je ne vous donne pas de pilule car de toutes façons, vous avez une chance sur mille de tomber enceinte..." Et tout compte fait, il avait à peu près raison je suppose.

Je n'ai donc repris aucun contraceptif et début août 2001, je suis à nouveau enceinte. Tout à fait naturellement. 18 mois après le premier accouchement. Le 3 mai 2002, Aliénor a vu le jour. Un bon gros bébé qui m'a énormément fatigué pendant la grossesse et qui se porte à merveille.

Voilà. Pour l'heure, nous n'envisageons pas de 3è enfant. Ce n'est pas par manque de désir mais plutôt par soucis économiques et parce que je ne suis pas en assez grande forme pour envisager une nouvelle grossesse.

Nous vous souhaitons bon courage à tous.

Bien amicalement, Laurence


Leur écrire

Tous les mots colorisés en orange ou mauve vous renvoient au dico.