La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Stéphanie & Denis - (France - Décembre 2002)

Je me décide enfin à écrire notre histoire, après avoir passer de longs mois à consulter les différents témoignages, en sélectionnant uniquement ceux avec un petit noeud, en espérant y trouver un cas proche du nôtre et ainsi y trouver une note d'espoir ! Aujourd'hui, c'est à mon tour d'apporter un note d'espoir et j'espère vivement pouvoir remonter le moral de quelques couples traversant les mêmes problèmes que nous. Je vous raconte donc notre histoire :

J'ai 28 ans et mon mari 34 ans. Nous nous sommes mariés en mai 2000 et j'avais arrêté la pillule quelques mois auparavant. Rien ne venant, j'en parle à mon gynéco qui me dit qu'il faut laisser faire la nature, qu'elle peut être capricieuse au début et qu'il n'y a pas de raison de s'inquiéter la première année. Plus facile à dire qu'à faire : nous, nous le voulons ce bébé et tout de suite !

En Janvier 2001, nous commencons les différents examens : prises de sang, spermoculture et spermogramme. résultat : mon mari a une infection du sperme et un sperme un peu faible (ce qui s'explique vraissemblablement par l'infection). Nous sommes donc tous les 2 sous antibiotiques pendant 2 mois, en espérant que l'infection n'aura pas causé de trop gros ou trop nombreux dégâts sur mon appareil génital...

Après ce traitement, l'infection est vaincue et, en Mai 2001, nous débutons le long parcours des stimulations d'ovulation. Au début, j'ai du mal à me faire les injections dans le ventre, mais on s'habitue à tout !
La gonado pour déclencher l'ovulation (en intra-musculaire) m'est souvent injectée par mon mari (en tout cas la 2ème injection), qui s'en réjouit et que je soupçonne de prendre un malin plaisir à me faire souffrir !...
Plusieurs mois sans succès et nous surmontons de plus en plus difficilement ces échecs à répétition, comme vous tous et vous toutes.

Le traitement, les prises de sang à répétition pour les contrôles hormonaux, les soirées entières chez le gynéco qui me reçoit en plus de ses RV, tout cela à gérer avec ma vie professionnelle pour laquelle je me déplace beaucoup, c'est dur : je dois rechercher un labo dans la ville où je me trouve pour faire la prise de sang, ou me faire faire l'injection de gonado au centre de la croix rouge sur un salon professionnel en Allemagne, je cours chez le gynéco à la descente de l'avion et j'ai l'impression de passer ma vie dans sa salle d'attente ! Dur, dur, mais on n'a pas le choix, on le veut ce bébé.

Le sperme de mon homme n'étant pas top, on parle insémination artificielle en octobre 2001. Je subis donc une hystéro auparavant pour vérifier la perméabilité des trompes. Résultat de l'examen :

- la trompe droite est bouchée (vraissemblablement par un polype à l'entrée)
- la trompe gauche est complètement étirée par un énorme kyste à l'ovaire gauche
- forte suspicion d'endométriose et d'adhérences pelviennes.

Il faut donc faire une coelioscopie (en décembre 2001), pendant laquelle mon gynéco retire le polype, le kyste à l'ovaire (bénin, Dieu merci), lève les adhérences qui pouvaient l'être (pas toutes...) et fait un grand nettoyage de printemps de l'endométriose. Ensuite, 3 mois de traitement sous Donatrol pour vaincre l'endométriose (mise des ovaires au repos = ménopause = pas possible d'être enceinte pendant ces 3 longs mois...).

On repart en Avril 2002 gonflés à bloc avec notre 1ère insémination artificielle : 1er échec. Sur ce cycle, je fais une hyperstimulation qui fait même hésiter le gynéco à faire l'insémination vu le nombre d'ovocytes et la crainte d'une grossesse ultra multiple... Mais ça n'a pas marché et, le cycle d'après, je le passe au repos pour que mes ovaires se remettent de l'hyperstimulation. Puis 2 cycles de stim. simple toujours sans résultat, une nouvelle IAC en août, un nouvel échec. C'est dur à supporter car il n'y a pas vraiment une cause de stérilité mais plusieurs source d'infertilité, qu'il est plus ou moins difficile d'identifier et de contrôler et contre lesquelles il est plus ou moins difficile de lutter. Vu que le sperme de mon mari, "ce n'est pas Byzance" pour reprendre l'expression de mon gynéco, il nous propose une FIV. Nous partons en vacances en Septembre et planifions la FIV pour Octobre, à notre retour, frais et dispos.

Frais et dispos mais stressés ! car, jusque là, lorsque cela ne marchait pas, il y avait toujours la FIV à essayer. Là, nous y sommes à la FIV. Et si cela ne marche pas ?...

Belle stimulation, 12 ovocytes prélevés dont 8 mâtures qui donnent 4 beaux embryons et 2 moins beaux dont 1 ne va pas continuer à se développer. On transfert 2 beaux embryons, on congèle les 3 autres, et je reste tranquille, j'annule tous mes déplacements professionnels et nous croisons les doigts et tout ce que nous pouvons. Je fais la prise de sang 10 jour après le transfert et appelle, très sereine, le Labo pour connaître le résultat. Un taux de HcG de 70. Cela sembe positif. A confirmer par le dosage 2 jours plus tard. Il est de 170. Ca y est enfin !!! Je suis enceinte !!! Première écho, cette semaine : il y en a deux !!! Nous sommes impatients de savoir s'il s'agit de 2 petits garçons, de petites filles ou d'un petit gars et d'une petite fille...

Nous nageons en plein bonheur, sommes sur un petit nuage... Nous ne nous rendons pas encore bien compte... Après tous ces échecs, nous n'arrivons pas à croire que cela peut nous arriver. Nous étions tellement habitués à ces échecs... Je pense que dans les prochains mois, nous finirons pas l'admettre et nous en rendre compte. En attendant, nous faisons bien attention car il ne faut pas crier victoire trop vite, au moins avant le 2ème mois. Mais nous sommes déjà heureux de savoir que cela peut marcher. Et nous sommes confiants... Et puis, 3 petits frères et soeurs nous attendent au congélateur.

J'espère vivement que vous qui rencontrez des difficultés comme les nôtres et qui suivez actuellement un parcours semblable au nôtre aurez pu trouver un peu de réconfort et d'espoir à travers ce témoignage.

Je suis à votre disposition pour en parler.

Bon courage à tous et à toutes.
Gardez l'espoir ! Cela peut marcher pour tout le monde !

Stéphanie & Denis.


Mars 2003

Bonjour à tous !

Nous avions témoigné en décembre dernier pour vous annoncer une bonne nouvelle et, nous l'espérons, donner un peu d'espoir aux couples qui se retrouveront dans notre parcours. Je voulais vous tenir informés de la suite de ma grossesse alors que je viens de finir le 5ème mois.

Je craignais que ce ne soit une grossesse difficile (après une FIV et en plus, une grossesse gémellaire) mais tout se passe à merveille. Mon gynéco est surpris et super heureux pour nous que tout se passe si bien. Il nous dit souvent qu'après 3 ans de galère et de courage et une grossesse aussi difficile à obtenir, c'est génial qu'elle se passe si bien. C'est vrai que je n'ai aucune douleur au ventre, des résultats sanguins et urinaires normaux, je ne suis pas trop fatiguée. Bref, tout va bien. Seule ombre au tableau mais que j'ai déjà oubliée : les super nausées et vomissements, tous les jours, toute la journée pendant les 3 premiers mois et demis !... Vraiment pénible ! Mon gynéco est très fier de mois car je maîtrise ma prise de poids de main de maître. Seule déception pour mon mari : je n'ai quasiment pas pris de poitrine ! Je ne suis pas très fournie par nature et il espérait ardemment que je me transforme en Pamela Anderson pendant ma grossesse... Eh bien c'est raté ! Il reste peut-être un dernier espoir avec la montée de lait.... Il s'y accroche, en tout cas !

Nous venons d'apprendre à la dernière écho que nous attendons 2 petites filles et nous avons la chance qu'elles soient en grande forme ! Même en les voyant à l'écran, nous avons toujours énormément de mal à nous rendre vraiment compte... Même moi qui commence pourtant à sentir leurs coups de pied ! Après tous ces éches, ces longs mois passés à se dire que cela ne marcherait peut-être jamais, nous avons du mal à croire que cela est bien en train de nous arriver et que nous allons accueillir 2 petits bouts d'ici quelques mois !

En tout cas, je voulais vous redire à vous tous qui traversez ces moments difficiles que nous n'avons que trop bien connus, de garder espoir. Cela peut marcher pour tout le monde. La grossesse peut se passer merveilleusement bien, sans problème particulier même lorsqu'elle a été obtenue dans la galère de traitements, IAC, ICSI, FIV et autres procédés plus ou moins contraignants

Alors, bonne chance, bon courage et "M _ _ _ _" à tous.

En espérant voir plein plein de petits nœuds à côtés de vos prénoms lors des prochaines mises à jour...

Nous vous donnerons des nouvelles de nos puces lorsqu'elles seront arrivées (le terme est prévu pour le 6 juillet mais mon gynéco les annonce plutôt pour début juin).

Bises à tous.

Stéphanie et Denis.


Octobre 2003

Comme convenu, je vous redonne quelques nouvelles : nos puces Chloé et Juliette (45 cm 2,450 kg - 46 cm 2,350 kg respectivement) sont nées le 10 juin 2003 à 37 SA. Malheureusement, il a fallu pratiquer une césarienne dans l'urgence car je faisais de l'hypertension, mes reins et mon foie ne fonctionnait plus correctement, résultat : il fallait absolument sortir les bébés car il ya avait danger pour eux et pour moi. Moi qui étais venue juste pour un monitoring de contrôle de l'activité cardiaque des bébés (qui était parfaite, d'ailleurs), je ne suis ressortie qu'une semaine après avec mes 2 bouts d'choux ! Juliette a dû passer quelques jours en néonat dans un autre hôpital pour détresse respiratoire et la séparation a été très douloureuse pour tout le monde. Heureusement, j'avais Chloé auprès de moi. Mais maintenant, tout va bien : elles sont en grande forme toutes les deux.

Les débuts ont bien sûr été très durs mais elles ont maintenant 2 mois 1/2 et cela va beaucoup mieux. Vous l'imaginez, nous nageons dans le bonheur et je pense souvent à vous toutes qui êtes encore sur le long chemin difficile de la PMA. Mon gynéco me dit qu'après cette grossesse, nous pourrons peut-être avoir le 3ème naturellement et c'est vrai que j'y pense déjà, en espérant ne pas avoir à repasser par ces 3 ans de galère (que 3 ans diront certains d'entre vous ; c'est vrai que dans un sens, nous avons été extrêmement chanceux). Il m'a prescrit une pillule très faiblement dosée (car j'allaite) mais je ne l'ai pas achetée : il est hors de question pour moi de reprendre la pillule ! Difficile de parler contraception après 3 ans de lutte pour faire ces bébés. Je veux que mon corps soit le plus prêt possible pour quand (ou si) nous décidons de tenter de faire un 3ème. On verra !

En tout cas, prenez ce témoignage comme un message d'espoir : oui, c'est possible pour tout le monde. Il faut malheureusement s'armer de patience et d'optimisme, ce que je vous souhaite du fond du coeur à tous et à toutes.

En espérant voir plein de jolis noeuds en face de vos prénoms à tous et à toutes très prochainement,

Bises.

Stéphanie.


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