La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Séverine & Fabien - (France - janvier 2005)

Bonjour,

Je m'appelle Séverine j'ai 32 ans et je suis mariée avec Fabien qui a 36 ans. Mariage en 1996, désir d'enfant en 1997 avec arrêt de la contraception.

Quelques courbes de température et médicaments pour stimuler, spermogramme, test de Hühner et de pénétration croisée. Bref ! Nous voici en août 1999 pour l'hystérographie. Diagnostic du radiologue : passage vers les trompes peu probant et utérus de petite taille mais aucune malformation. Je vois la gynécologue le jour même, son avis : il faut opérer.
- Pourquoi ?
- Vous vous en doutiez bien !
Non, justement je ne m'en doutais pas.
Elle veut prendre contact immédiatement avec l'anesthésiste. Je refuse car je veux en parler avec mon mari qui est en déplacement professionnel. Je sors de chez elle en pleurs.

Sur les conseils de ma maman et de ma soeur, je prends contact avec un autre gynécologue pour un deuxième avis. Le rendez-vous est pris 5 jours plus tard. Il m'accueille très humainement, m'a explique mes radios (non, je n'ai pas fait médecine mais je peux comprendre certaines explications !) et me conseille la coelioscopie en me disant qu'elle va permettre une meilleure vision de l'appareil génital. J'accepte l'intervention. Il me dit également que vu les résultats apportés, je pourrais être enceinte de façon naturelle mais peut-être dans quelques années. De nos jours, il existe des techniques que l'on doit utiliser. Il contactera le centre PMA proche de chez nous. 2 ans de perdus avec une gynécologue peu consciencieuse. De plus, elle m'a avait dit que l'intervention aurait lieu le lundi et que le jeudi je pourrai sortir de l'hôpital et me rendre sur mon lieu de travail. Belle menteuse car j'ai eu 10 jours d'arrêt de travail après l'intervention. 3 semaines après a lieu l'intervention. Résultat: endométriose. Traitement pendant 4 mois.

Rendez-vous pris en janvier 2000 avec le centre PMA. Après différents examens, 1ère IASC en avril 2000 : échec. Juillet 2000 : échec. Septembre 2000 : échec. Et octobre 2000 : positif avec une hyperstimulation ovarienne. Je refuse l'arrêt de travail. Malheureusement, à l'échographie, on ne voit pas d'activité cardiaque ; le médecin m'annonce un œuf clair. Curetage 3 semaines plus tard car je n'avais toujours pas expulsé l'œuf. J'ai culpabilisé par rapport à mon refus de l'arrêt de travail. Et si le repos avait permis un meilleur développement de la grossesse ?

5ème tentative en mai 2001 : échec. 6ème en septembre 2001 : trop de follicules (10), le centre refuse de pratique l'insémination. On déclenche l'ovulation et c'est tout ; échec.

6ème tentative bis et 7ème stimulation en décembre 2001 : échec. On recommence la 8ème début janvier 2002.C' est positif avec une hyperstimulation. Arrêt de travail accepté. Et puis toujours le même scénario : les hormones n 'augmentent pas comme il faudrait. L'échographie confirme la non-évolution des œufs. Il y en avait 2. Le médecin m'avait dit : " il y a bien 1 des 2 qui va donner quelque chose". Et non, rien, toujours rien ! Le 1er œuf est expulsé une semaine plus tard.2 semaines après, on fait une échographie de contrôle. Il y en a encore 1.On choisit les médicaments. Seule car Fabien était en déplacement, je vais dormir chez ma maman au cas où ça se passerait mal. Heureusement, le matin je perds l'œuf et pas besoin de curetage.

Je fais un contrôle en mai 2001 au centre PMA. La gynécologue découvre quelque chose dans mon utérus. Elle ne sait pas ce que c'est. Mon gynécologue découvre la même chose. On convient d'un curetage mi-juin. La veille de l'intervention, le centre PMA l'appelle en disant qu'il pense à de l'endométriose. Donc pas de curetage. Le matin de l'intervention, je suis prête, à jeun, chemise de l'hôpital... mon gynécologue passe me voir et m'annonce le diagnostic du centre PMA. Il faut programmer une échographie en couleur. Je sors donc de l'hôpital. Rendez-vous dans 10 jours pour l'écho à la PMA. On trouve toujours cette masse à gauche. Deux médecins pratiquent l'échographie mais ne se prononcent pas : corne utérine borgne (impossible on l'aurait vu à l'hystérographie) ou endométriose. Mon gynécologue demande une hystéroscopie.

Rendez-vous fin juillet. Le médecin ne trouve rien si ce n'est une légère inflammation à gauche et un utérus de petite taille. L'examen est fait vite fait bien fait vers 12 h. Le médecin a visiblement peu de temps à me consacrer. Entre l'échographie et l'hystéroscopie, nous sommes partis en vacances et j 'ai eu des règles très abondantes avec de nombreux caillots. Mon mari pensait que j'avais peut-être perdu cette masse. En août, on déménage. Mon gynécologue nous oriente vers un autre centre PMA.RDV est pris début octobre 2002.On refait les différents examens et on programme pour moi une échographie 3D.Je la passe fin octobre. Rien à signaler, si ce n'est un utérus de petite taille, mais la masse a disparu. On revoit le médecin mi-novembre. Elle nous annonce que tout est bon, 1ère FIV programmée en mars 2003:1/2 FIV 1/2 ICSI. De retour dans ma famille pour les fêtes de fin d'année, je perds un filet de sang le 24 décembre. Il faut dire que dans l'après-midi, me sentant fatiguée et pleine de courbatures, j'avais pris un Aspégic 1000.Je croyais à un début de grippe. Le 25, quelques "éclats" de sang, idem le 26 mais ce n'est pas assez pour parler de règles. Inquiète, je contacte mon ancien gynéco. Rendez-vous est pris le 28 au matin. On fait une échographie : il voit un œuf dans l'utérus. Il m'annonce qu'il ne peut pas se prononcer quant à l'évolution de l'œuf. Prise de sang le jour même. Je suis enceinte ! Mais j'ai de temps en temps des pertes brunes. Je le revois début janvier, avant de repartir chez nous. Le cœur bat, ouf ! Il m'arrête un mois et dit que je verrai pour la suite avec un gynéco de ma région.

De retour chez nous, je prends contact avec un médecin à l 'hôpital. Consultation le surlendemain. Il nous écoute raconter notre parcours. Il m'examine mais il commence par les seins, puis l'utérus et encore les seins pour finir. Je trouve cela bizarre car je me demande ce qu'il peut sentir ou voir en touchant les seins ! Je lui demande ce qu'il pense des pertes brunes : c'est le signe qui annonce une fausse-couche ! Vous allez certainement en faire une ! Mon gynécologue m'avait dit que c'était un point qui était mal accroché et qui provoquait les pertes. Il ne fallait pas que je m 'inquiète. Nous sortons de ce rendez-vous dépités !

Des collègues qui prennent de mes nouvelles me donnent les coordonnées de leur gynécologue. Rendez-vous pris le jour même. C'est une femme qui m'accueille très gentiment. On remplit un dossier ensemble. Elle fait une échographie et elle ne voit pas d'activité cardiaque. Peut-être est-ce trop tôt ? Non car il y en avait une début janvier. Elle me redonne RDV une semaine après. Diagnostic confirmé : arrêt de la grossesse. Fabien part 3 jours après en déplacement. Elle me fait alors un courrier pour le confrère de notre région natale. Je rentre chez moi le jour du départ de mon mari. Ce sera mon ancien gynéco qui traitera l'expulsion. On choisira les médicaments car le curetage abîme l'utérus. Je monte à l'hôpital prendre une partie des cachets. Très bon accueil des sages-femmes.2 jours après on me donnera les autres à l'hôpital. Or, la veille d'aller à l'hôpital dans la nuit, j'ai d'horribles contractions. J'expulse l'œuf l'embryon avec des douleurs atroces. Le matin à l'hôpital, mon gynécologue fait une échographie et m 'examine. Tout est parti. Je ne prendrai pas la seconde partie des médicaments. Je rentre chez moi après une semaine d'arrêt. Fatiguée et déçue, je reprends mon travail. Le centre décale notre FIV en mai. 1ère tentative en mai 2003 : 11 ovocytes ; 3 embryons (obtenus grâce à l' ICSI). Transfert de 2 ; 1 est congelé. 10 jours après l'échec.
TEC en septembre 2003 : échec.
2ème stimulation en janvier 2004 : hyperstimulation. On arrête tout après 15 jours de traitement.
3ème stimulation et tentative numéro 2 en juin 2004 : 11 ovocytes ; 2 embryons. Transfert des 2 puis échec.
4ème tentative en octobre 2004 : 8ovocytes ; 5 embryons. Transfert de 2 le 21 octobre dernier.3 sont congelés. Hyperstimulation début novembre. Hospitalisation de 3 jours. Etat stationnaire donc je peux rentrer chez moi mais avec un arrêt de travail.

Je revois la gynécologue le 15 novembre dernier : il y a encore des traces d 'hyperstimulation et l'on voit 2 œufs dans l'utérus. RDV le 26 novembre : on voit 2 cœurs battre ; l'hyperstimulation est un petit peu présente mais elle régresse. Je suis arrêtée jusque début janvier. Prochain contrôle fin décembre ou début janvier.

Fabien et moi sommes très contents même si l'on sait que rien n'est gagné et que le chemin sera encore long. Malgré tout, nous voulons profiter de cette immense joie et vivre les événements les uns après les autres avec beaucoup de sérénité(qui m'a fait souvent défaut).

Lors d'une échographie, on avait vu une grossesse gémellaire. Or, j'ai eu des pertes brunes un matin et Fabien m'a emmenée à l'hôpital où l'on a vu qu'une activité cardiaque s'était arrêtée. L'interne pensait à de vrais jumeaux même si c'était une FIV. J'ai passé le week-end à pleurer sachant que j'avais le risque de perdre les deux en cas de fausse-couche. J'ai eu de temps en temps des pertes et nous ne savions pas si nous allions pouvoir passer Noël en famille. Finalement le 23 décembre, nous sommes partis et le voyage s'est bien passé (250 km avec des pauses et du Spasfon). Nous avons fait une échographie chez le gynécologue de notre région le 30 décembre (à 12 semaines) et là, nous avons vu que notre bébé allait bien.Le médecin nous a bien montré et expliqué tout ce que l'on voyait. De retour chez nous, nous avons fait l'échographie de déclaration de grossesse à l'hôpital le 6 janvier dernier.

Hier,j'ai passé la visite du 4 ème mois et nous avons entendu le coeur du bébé battre (pas d'échographie). Apparemment, tout va bien. Nous espérons que cela va durer... Qui vivra verra !

Voilà pour notre histoire. Merci de m'avoir lue et bon courage à toutes et à tous. Et merci d'avoir créé ce site exceptionnel!

Séverine


Février 2006

Je prends le temps de mettre à jour mon témoignage qui date de janvier 2005. Fin janvier 2005, je termine mon troisième mois de grossesse. Tout va bien à part une sciatique début janvier et une gynécologue qui ne trouve pas nécessaire de m'arrêter (elle dit elle-même : "mais, vous ne pouvez pas aller travailler !") et qui me renvoie chez mon médecin traitant !

Heureusement, le gynécologue de ma région natale m'avait dit que si elle était un peu trop "nunuche", il m'arrêterait sans problème; étant donné mon parcours, il ne fallait pas exagérer !

De plus, lors de l'échographie du premier trimestre à l'hôpital, la sage-femme avait annoncé qu'elle ne voyait qu'un rein ! Face à tous ces éléments peu rassurants, je préfère me faire suivre par mon gynécoloque d'origine et je prends le risque de faire le voyage 1 fois par mois. Je me sens plus rassurée car il y a une échographie tous les mois et j'ai une totale confiance en lui.

Début février, d'après l'échographie, il me dit qu'il voit deux reins ! Idem début mars. Nous pensons faire les visites suivantes chez nous et faire le voyage juste avant l'accouchement.

Fin mars, les fêtes de Pâques s'annoncent et nous partons dans notre famille. Visite en même temps chez le gynécologue. Or, à mon arrivée, je me sens très fatiguée et j'ai très mal au ventre. Cela dure depuis toute la journée. Je me rends à la clinique où exerce mon gynécologue. Je suis prise en charge par une sage-femme qui fait un monitoring. Verdict : contractions et ouverture du col (un doigt orifice externe). Résultat : le lapin de Pâques passera à l'hôpital. Je pleure car j'ai peur de perdre mon bébé. La sage-femme me rassure et me dit que ça devrait aller. En fait, cela fait au moins 15 jours que j'ai des douleurs au ventre. Le 18 mars 2005, j'ai rendez-vous à l'hôpital pour l'échographie du deuxième trimestre et je le signale au médecin qui pratique l'examen. Mais comme il ne dit rien, je mets cela sur le compte du stress. De plus, 2 jours avant notre départ, je me réveille une nuit avec des fortes douleurs au bas-ventre. Je mets 2 heures avant de prendre du "Spasfon", j'hésite à réveiller Fabien (on est à 50 km de l'hôpital) et finalement, je termine la nuit sur le canapé car je remue tellement que je crains de le réveiller. C'était déjà les fameuses contractions. Perfusion anti-contractions le soir même. La nuit de dimanche à lundi, je fais des coliques néphrétiques. Le mercredi, je passe une échographie des reins mais il n'y a pas de calcul. Fabien avait une semaine de vacances; heureusement, il peut rester à mes côtés.Il repart le dimanche 3 avril. Moi, je sors de la clinique le mercredi 6. Les médicaments par voie orale ont pris le relais de la perfusion. Comme je ne peux plus faire le voyage pour rentrer chez nous, je reste alitée (même pour les repas) chez ma maman. Heureusement qu'elle était là. C'est elle qui a été chargée de s'occuper de moi pendant tout ce temps. Service en chambre, bref je suis dans un hôtel 5 étoiles. Merci maman.

J'ai attendu avec impatience le 18 avril car je terminais le 6 ème mois de grossesse(28 semaines). Je savais que chaque semaine passée augmentait les chances de survie du bébé. Fabien faisait les voyages chaque fin de semaine et tous les 15 jours, nous allions en visite chez le gynécologue. Maman avait peur que j'accouche avant le terme et qu'elle soit obligée de m'emmener d'urgence à la clinique. Finalement, le 28 mai, lors d'une visite, le gynécologue voit que le bébé n'a pris que 100 grammes en 2 semaines et que les échanges au niveau du cordon ne sont plus très bons. Il préfère m'hospitaliser. On me fait une piqûre de corticoïdes (pour la maturation pulmonaire) à 10h puis à 22h et 3 monitorings par jour. Le dimanche de la fête des mères (le 29), je sens des contractions depuis un moment mais je ne sonne pas car j'entends la sage-femme dans le couloir. Comme je suis installée dans la dernière chambre au fond du couloir, elle mettra plus de temps à venir que je ne pensais. Elle me fait un monitoring et s'aperçoit que je contracte bien et qu'à chaque contraction, le coeur du bébé faiblit. Elle me laisse à jeun, appelle le médecin de garde et on me transfère d'urgence dans un hôpital ayant un service de néonatalogie. Je préviens Fabien qui me rejoint à la clinique et suit l'ambulance lors du transfert. A mon arrivée, on me refait un monitoring, une prise de sang, un prélèvement vaginal et une échographie. Finalement à midi, je regagne une chambre car tout va mieux. On préfère faire grossir le bébé qui ne fait que 1kg6. On me met sous antibiotiques car on soupçonne une infection. Fabien repart le lundi 30 pour donner les consignes au travail, il fait l'aller retour dans la journée et me dit de l'appeler en cas d'urgence. Il vient me voir à son retour, ça va.

Dans la nuit du 30 au 31 mai, je me sens mal. Le matin, je ne fais que dormir, incapable de me concentrer sur un livre. La main qui est perfusée a enflé. Je pense à de la rétention d'eau. Dans l'après-midi, je le signale, c'est la perfusion qui a diffusé. On enlève tout car on a décidé de ne plus traiter les contractions. Mais j'ai de plus en plus mal dans la poitrine. En soirée, on appelle un cardiologue. L'électrocardiogramme ne présente rien d'alarmant mais il préfère faire une échographie. Là, il voit que je fais une péricardite (grippe du coeur), il me rassure en disant que ce n'est dangereux ni pour moi, ni pour le bébé mais que c'est très douloureux. Je redescends avec mon dossier. On informe les sages-femmes. Or, il y a un changement de poste et elles oublient d'en parler aux suivantes lors des transmissions. Je pleure de douleur dans ma chambre, j'ai mal et j'ai peur. Fabien part les voir, elles ne savaient pas. Une sage-femme arrive avec 2 antalgiques et un calmant. On discute et elle tente de me rassurer, elle revient plus tard pour un monitoring. Dernier monitoring : c'est la catastrophe, contractions importantes et le bébé ne bouge guère malgré mes changements de position. Elle appelle le médecin de garde.

A 22h30, on décide de me faire une césarienne en urgence. Je suis à 34 semaines de grossesse et j'ai bénéficié d'une piqûre de corticoïdes 72 h auparavant. Je suis confiante même si j'ai très peur. Fabien est à mes côtés jusqu'à l'entrée du bloc opératoire, là il fera les 100 pas devant les ascenseurs. J'ai le droit à une rachianesthésie. J'entends pleurer mon bébé quand il sort du ventre et en salle à côté. La soeur de Fabien (infirmière-puéricultrice) me le ramène enveloppé dans une couverture et avec un bonnet sur la tête. Je l'embrasse 10 secondes et il rejoint sa couveuse. Il est 23h32 ce 31 mai 2005 et notre petit Etienne vient de naître. Il pèse 1kg8 pour 43 cm. On restera à l'hôpital jusqu'au 24 juin. A sa sortie, il pèse 2kg100 et il est entièrement allaité. Nous restons du 24 juin au 3 juillet chez ma maman avec un retour en néonatalogie pour une pesée. Enfin, le 3 juillet, nous rentrons chez nous. Rien n'est fait. Fabien avait cherché sa chambre le 28 mai (jour de l'hospitalisation). Tout est dans les cartons. Il faut tapisser, monter les meubles, ranger les petits habits... Bref, c'est le camping pendant quelques jours mais quel bonheur.

Chaque histoire est différente mais avec le recul je crois qu'il ne faut jamais cesser d'y croire. Un enfant biologique ou un enfant adopté, peu importe, l'essentiel est d'avoir un enfant à aimer. Ne jamais dire jamais.

Bon courage à toutes et à tous.

Séverine


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