La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Sandrine & Mickaël - (France - janvier 2005)

Bonjour à tous et à toutes,

10/09/2003

Je m'appelle Sandrine et mon mari Mickaël, Cela fait bientôt 4 Ans que nous vivons la stérilité au quotidien. Notre parcours est similaire à beaucoup d'entre-vous ; toutes les angoisses, les déceptions, le sentiment d'être seul, de ne pas être compris, toutes ses émotions nous les vivons tous et toutes. Beaucoup de gens, nous disent de ne pas trop y penser, de ne pas désespérer, cela viendra bien un jour, vous avez le temps, vous êtes jeunes. J'ai 25 ans et mon mari a 31 ans, mais pour nous l'âge ce n'est pas notre problème, l'envie d'avoir un bébé, de fonder une famille est notre vœux le plus cher. Quand deux êtres s'aiment, ils ont le droit au bonheur comme tout le monde.

Notre histoire a débuté en septembre 2000, notre médecin nous avait recommandé de faire les courbes de température. Je ne sais plus combien de test d'ovulation et de test de grossesse j'ai pu acheter pour rien. En mars 2001, mon médecin m'a prescrit un traitement pour l'ovulation pendant 6 mois.(Duphaston). Au bout des 6 mois toujours rien, il me l'a renouvelé pour 6 mois encore, avec les courbes de température à continuer. Et puis en mars 2002, un an après j'en ai eu marre de ce traitement qui ne donnait rien et de mon médecin qui me disait sans cesse vous avez le temps, vous êtes jeune. Je le lui ai fait comprendre et depuis, je ne le consulte plus, il m'a quand même fait une lettre destinée au gynécologue pour prendre rendez-vous, pour un bilan hormonal. Je n'ai pas attendu trop longtemps, car 3 mois après, j'avais ma première consultation. Le gynécologue m'a tout de suite réconfortée, il m'a donné des examens à faire et un traitement que beaucoup d'entre vous connaisse : Clomid. Mon premier examen fut très bon, donc j'ai continué le Clomid et les courbes de température et puis, en juin mon mari a dû lui aussi passer des examens ; le spermogramme, la conclusion était une légère asthénozoospermie, qui veut dire que la majorité des spermatozoïdes ne sont pas assez vigoureux. La déception se lisait sur son visage, mais il a toujours gardé le moral, du moins c'est ce qu'il me faisait voir, il a eu un traitement pendant 3 mois : Selenium A.C.E et après il a refait un autre spermogramme, qui était satisfaisant. Octobre 2002, toujours rien pas de ventre qui grossit, pas de bonne nouvelle a annoncer, mais on continue à croire à notre rêve de fonder une famille. Le gynécologue m'explique la prochaine étape, et c'est parti pour une radio des trompes et de l'utérus : le test de Hühner, le résultat ne nous réconforta pas, ce fut négatif, ils n'ont pas trouvé de spermatozoïdes dans le vagin, et c'est Mickaël qui doit recommencer des analyses (3ème spermogramme). Tous ces examens ont pris du temps, 5 mois se sont écoulés, le 3ème spermogramme a démontré que nous devons avoir recours aux inséminations artificielles. Le temps que tous les papiers se fassent, nous avons commencé la première IAC en mai 2003, pour nous c'était sûr que cette fois le combat était gagné, car notre problème, est que ma glaire est trop épaisse et les spermatozoïdes de Mickaël ne sont pas assez virulents, avec l'IAC plus d'obstacle, le biologiste ne prend que les meilleurs et on les installe après la glaire. Quand on sait ça, on ne peut que se dire nous aussi on va avoir droit au bonheur, et bien non les règles sont encore apparues, la déception a été tellement forte que je me suis effondrée, même au travail le lendemain je n'ai pas pu cacher mes yeux tous rouges, mais aucun de mes collègues n'a osé me poser des questions. (un respect que j'ai apprécié) Pour Mickaël, je ne sais pas trop comment il a réagit, il ne veut pas me faire voir ses sentiments, il a tendance à garder beaucoup de choses en lui. Bref, le mois d'après on recommençait la 2ème IAC, là aussi ce fut un échec ; les résultats à Mickaël n'étaient pas bon, et puis le 3ème négatif aussi. Au mois d'Août, nous n'avons pas pu tenter la 4ème à cause des vacances. Je vous tiens au courant pour la suite des événements, à très bientôt.

08/12/03

Nous sommes au mois de décembre, et la dernière et 6éme IAC, a échoué aussi. Nous allons devoir avoir recours à la fécondation in vitro. A la dernière visite, nous avions beaucoup discuté avec le gynécologue de la FIV, car si on arrivait à ce stade, le temps de faire tous les papiers, de prendre rendez-vous avec les spécialistes, nous commencerions que dans 4 mois. Quand, il nous a parlé de tout ça, on a eu l'impression d'être déjà rendu à la FIV, et aujourd'hui, nous y sommes vraiment rendus, les 4 mois vont être difficiles (attendre encore attendre, va t'on voir un jour la fin de ce long parcours). A ce jour, nous avons été obligées d'aller dans un centre de biologie de la reproduction, donc nouveau gynécologue et bien entendu de nouveaux examens à faire et à refaire. Nous ne commencerons que début Août pour la toute première FIV. Sur le conseil d'une de mes belles-sœurs, nous sommes allés voir un ostéopathe. Celui-ci m'a prescrit de l'homéopathie pour le stress, l'anxiété et pour le dysfonctionnement de mon ovaire droit, ce traitement est un autre espoir. Certains jours, il est difficile de voir pleins d'enfants autour de soi et de ne pas avoir le sien. Mickaël a deux sœurs, l'une a eu des problèmes pour avoir des enfants, aujourd'hui elle a des jumeaux, elle m'a énormément aidé, je lui en suis très reconnaissante et encore aujourd'hui, elle me soutient comme elle le peut. Son autre sœur, elle aussi a deux enfants, malgré qu'elle habite loin, je sais que l'on peut compter sur elle. Et puis, il y a mes deux belles-sœurs, les femmes de mes frères, l'une vient juste de donner naissance à son premier enfant, je sais qu'elle me soutient du mieux possible. Quant à mon autre belle-sœur, que je considère aussi, comme une amie, je suis sûre de son soutient et du réconfort qu'elle nous apporte. Même si, malheureusement nous ne nous sommes pas comprises au début de ce parcours, car ma douleur était tellement forte que je ne l'ai peut-être pas assez partagé avec elle. Pourquoi ? Je ne sais pas, est-ce ma faute ou la sienne… Le principal, aujourd'hui, c'est qu'après s'être éloignées, nous nous rapprochons et j'en suis contente. De plus, elle et mon frère ont deux enfants, et il est important pour moi que je les vois souvent ; il m'apporte vraiment beaucoup. Bref, il est difficile de se faire comprendre par les personnes qui nous entourent, car nos caractères (et je parle pour moi ) sont parfois changeant sans que l'on ne s'en rende compte, et je suis sûre que pour eux aussi, ce n'est pas évident de nous réconforter, sachant qu'ils ne savent pas ce que l'on ressent vraiment. Je ne vous parle pas de mes parents, car il est évident pour moi, que c'est mon soutien le plus affectueux, quant aux parents de Mickaël nous en parlons peu avec eux, mais je sais qu'il nous soutiennent à leur manière. Mais, je suis sûre d'une chose c'est que nos deux familles sont à nos côtés et qu'ils souhaitent tous, notre bonheur de pouvoir fonder une famille. Même notre couple en a souffert, à une période ce n'était pas tout rose, je n'arrivais pas à accepter le fait que Mickaël ne me parle pas, on avait installé une barrière entres nous deux, alors qu'en fait il ne voulait pas que je le vois souffrir pour ne pas me déprimer encore plus. Depuis, la période des mauvais jours est passée, nous sommes plus unis que jamais, nous nous parlons beaucoup et nous nous confions plus l'un à l'autre. Notre combat n'est pas finit même si nous sommes au bout de notre moral et que nos nerfs sont prêt a lâcher n'importe quand, il faut se dire qu'on a peut-être pas encore tout vu du pire, mais nous espérons bientôt enfin voir le bout du tunnel. Le chemin est long mais nous verrons tous, le bonheur un jour, bon courage et nous vous souhaitons à tout pleins de beaux bébés. Merci, de m'avoir lu et désolée si mon histoire est trop longue, mais j'avais besoin de me soulager. Rien de telle que de partager ses pensées. Gros bisous et à bientôt.

Nous sommes le 30/04/2004 , et nous avons commencé les rendez-vous avec les sages-femmes, l'anesthésiste, l'infirmière, et en même tant Mickaël a eu un autre examen à faire. Notre 1ère FIV va commencer au mois de juin et non pas au mois d'Août à cause des vacances. Tant mieux pour nous, mais je dois dire que j'ai un peu peur car malgré que j'ai hâte de commencer, j'appréhende. Est-ce que cette fois ça va réussir ? Va-t-on pouvoir annoncer enfin une bonne nouvelle ? Je vous redirai tout ça la prochaine fois … Gros bisous à toutes.

Enfin, nous y arrivons, nous sommes en plein dans notre 1ère FIV. J'ai eu un traitement : Specialfoldine. 0,4mg pendant 2 mois, nous avons reçu un courrier du centre de PMA et nous allons peut-être avoir recourt à l' ICSI, car les résultats à Mickaël ne sont pas très bons (une mobilité des spermatozoïdes pas très favorable) Depuis, j'ai eu ma première piqûre : Decapeptyl. L.P. 3mg, quant à Mickaël, il a du réaliser un bilan génétique minimal par prise de sang appelé : caryotype. Puis j'ai commencé les injections de Puregon à faire tous les soirs, (si pour celles qui n'ont pas commencé je peux donner un conseil avec le stylo les piqûres sont faciles à utiliser et de plus cela permet d'être plus libre. ) Nous allons au centre de PMA, environ une fois par semaine pour les prises de sangs et les échographiess, il faut environ 1 heure 15 de route, mais je suis toujours accompagnée, le soutien est important. Aujourd'hui nous avons été au centre de PMA pour une échographie et bonne nouvelle tout est en bonne voie, il y a 13 follicules pour l'instant, mais il faut attendre encore quelques jours pour qu'ils grossissent. Normalement, si tout va bien la semaine prochaine se sera le grand jour, alors à bientôt pour la suite des événements. Le 16/06/04.

Je reprends mon histoire avec du retard, nous sommes aujourd'hui le 15/10/2004 , et pleins d'événements se sont passés. Un petit retour en arrière, donc après le 16/06, je suis retounée au centre de PMA, le lendemain pour une prise de sang et des échographies, j'ai eu la même chose le lundi 21 et là on m'a annoncé que le soir je devais faire la piqûre de stimulation appelée : Ovitrelle, l'infirmière est donc venue à 23 heures. La ponction s'est déroulé le Mercredi 23 à 8 heures 15, j'ai eu une anesthésie générale et je dois dire que ça c'est vraiment très bien passé, à mon réveil Mickaël était là dans la chambre à m'attendre. Un peu plus tard, une infirmière est venue et nous a dit que 23 Follicules ont été prélevés, elle nous a précisé que j'avais vraiment bien travaillé. Bien sûr, mon ventre lui n'a pas trop apprécié, nous sommes rentrés le soir et là, l'attente a commencé et puis deux jours après le verdict est tombé, le professeur nous a expliqué par téléphone qu'ils ont dû faire une moitié en FIV traditionnelle et l'autre moitié en ICSI car le recueil de sperme à Mick. n'était pas très bon, bref pour entendre que 1 ovocyte mûr sur 23 follicules, donc il nous a proposé de remanipuler ceux de la FIV en ICSI. Encore une déception et une attente prolongée, le lendemain nouveau coup de téléphone le professeur nous rassure enfin, car le transfert des follicules de la FIV en ICSI ont donné 3 ovocytes mûrs. Le jour suivant, le Samedi rendez-vous au centre de PMA pour réimplanter et surprise on nous félicite car nous sommes à la tête d'une famille de 7 embryons dont 2 très beaux et 5 un peu en retard. Deux ont été implanté et les 5 autres congelés, maintenant il faut patienter, mais le Mercredi 30, mon ventre est tellement gonflé et douloureux que je dois être hospitalisé, trop d'ascite (eaux dans le ventre ), on me rassure en me disant que c'est bon signe. Je ressors deux jours après, avec le ventre toujours gonflé et rien quand le voyant je m'imagine déjà ma grossesse. Quelques jours plus tard, nous recevons une lettre du centre comme quoi les 5 embryons n'ont pas pu être congelé car ils ont cessé de se développer, nouvelle déception mais nous essayons de garder espoir. Et puis c'est le grand jour, le moment de vérité où l'on doit faire cette fameuse prise de sang qui va déterminer si l'on va enfin pouvoir être heureux et comblés…. Le résultat et bien nous n'avons même pas eu besoin de l'attendre car peu de temps après notre désir de fonder une famille s'écroulait à nouveau. Voilà, pourquoi ce silence de quelques mois, besoin de recul, de craquer, de pleurer et puis de remonter la pente tout doucement. A ce jour, nous sommes prêts à recommencer, notre prochaine tentative est prévue pour Fin novembre, donc encore une fois à bientôt et j'espère avec un très beau cadeau de Noël à vous annoncer.

Nous sommes le :

17/11/2004 , l'attente est longue notre 2ème FIV est pour bientôt, mais je commence à stresser et j'ai bien peur que cela joue sur mes règles car je suis en retard de 2 jours, vous allez penser que 2 jours ce n'est rien, mais quand on s'est que je dois absolument les avoir avant le 22 Novembre, c'est un peu stressant. Pourquoi, faut-il que je les ai avant le 22, tout simplement parce que le centre de PMA ferme entre Noël et le 1er Janvier, et si je n'ai pas mes règles avant cette date, je serai obliger d'attendre encore après les fêtes et franchement il est hors de questions que je finisse l'année et commencer l'autre sans avoir une bonne nouvelle a annoncer. (nous voulons refaire une FIV avant la fin de l'année, c'est pour nous assurer d'avoir au moins tout essayé.) A bientôt, Courage.

Mickaël et moi vous souhaitons une Bonne et Heureuse Année, en espérant qu'elle soit meilleure que celle d'avant. Aujourd'hui, nous sommes le 05/01/2005, et malheureusement, nous n'avons pas encore gagné contre notre combat le plus douloureux, que nous menons depuis Septembre 2000. Notre 2ème FIV a échoué, 18 follicules de prélevés à la ponction, 9 de mûrs, un ventre très gonflé et une douleur intense, et au résultat le samedi 18 décembre on nous annonce par téléphone qu'il n'y a aucun embryon (pas de fécondation). Mais on nous explique, qu'il arrive de ne pas voir le 1er stade de développement donc nous attendons comme nous savons le faire, le lendemain matin. Il est 10 heures, quand le professeur nous contacte pour nous dire qu'il n'y a pas eu de fécondation et il nous demande de prendre rendez-vous avec lui pour qu'il nous explique. Le rendez-vous est fixé le 24 décembre, on ne pouvait pas avoir mieux comme date, le soir du Réveillon, quelle joie. Bref, tout ça pour nous expliquer que la piqûre de blocage est trop forte pour mon corps et à cause de cette injection, la stimulation a du mal à démarrer et lorsqu'elle commence, elle va trop vite. Alors nous allons devoir refaire tous les deux des prises de sangs, pour un nouveau bilan et si le diagnostic est comme le premier, nous devrons voir si l'on peut éviter la piqûre de Décapeptyl. Et si le résultat a changé, nous essayerons le protocole court, mais pour l'instant je n'en sais pas d'avantage. Avec le cœur bouleversé, les larmes cachées, nous avons essayé tant bien que mal à dissimuler notre peine, mais je pense que nous avons réussit à garder le sourire pour les fêtes de Noël et de fin d'année, mais tout en pensant à notre rêve écroulé…

" Encore une année de passée, sans avoir un rêve réalisé. Et voilà, une année qui commence sera t-elle, celle de notre chance ".

Mon mari et moi-même avions décidé d'envoyer notre histoire, que lorsque nous aurions une bonne nouvelle à annoncer, mais puisqu'elle n'arrive pas, je pense qu'il est temps de vous la raconter même si elle n'est pas encore terminée. Nous sommes venus à plusieurs reprises sur le site et cela nous a beaucoup aidé, j'ai commencé à écrire notre histoire le 10 septembre 2003, j'ai beaucoup pensé à vous toutes car si notre parcours n'est pas toujours le même, il y a souvent des mots, des expressions et des sentiments qui font de nous toutes " des points en commun ". Merci, d'avoir lu notre longue histoire de ce long parcours. Bon courage.

Sandrine & Mickaël.


Août 2005

01 Mars 2005 :

Nous aimerions commencé par remercier Viviane et Vincent, nous leurs souhaitons pleins de bonheurs à venir. Et puis, un grand MERCI à ceux qui nous on lu et qui nous on envoyé des mots de sympathie, en espérant que j’ai pu vous réconforter aussi.

Pratiquement 2 mois se sont écoulés, comme prévu nous avons effectué des analyses par prises de sang, que le professeur nous avait prescrit le 24 décembre 2004.

A ce jour, nous attendons encore et oui ENCORE ! Les explications des résultats. Un peu impatiente de savoir, nous avons écrit une lettre, afin d’expliquer au professeur qu’il était temps pour nous de fonder notre famille, en espérant que cela active le mouvement ! Déjà trois semaines que les analyses sont faites et deux semaines que notre lettre est partie, toujours pas de nouvelle. Nous essayons de rester patients, d’attendre comme on sait si bien le faire, mais je m’apperçois que lorsque nous ne faisons plus rien, plus d’examens, notre moral en prend un sacré coup et je ne vous parle pas de notre humeur. De plus, dans notre entourage d’amis d’autres bébés arrivent, ce qui n’est pas évident, il faut sourire, féliciter les heureux parents, faire semblant, toujours semblant, sinon cela peut vexer. (je ne veux pas dire qu’on est pas content pour eux au contraire, mais tout simplement c’est dur de voir ce bonheur, que nous aussi, on aimerait acquérir depuis longtemps). D’ailleurs, j’ai même tenu un p’tit bébé dans mes bras, car j’en avais envie, mais j’aurai tellement aimé ne jamais le redonner ! Heureusement, on nous soutiens (famille, amis…) et nous avons la chance comme je vous l’ai déjà confié auparavant, d’avoir six neveux et une nièce, que nous aimons très fort et qui nous le rende bien par des câlins, des bisous.

Le plus difficile à gérer, je pense que c’est les questions que l’on se pose depuis si longtemps et qui n’ont toujours pas de réponse :

1- Pourquoi nous n’arrivons pas avoir d’enfants ?
2- Quand va-t’on enfin voir le bout du tunnel ?

Quand, je pense que l’on dit que la médecine avance à grand pas et c’est vrai, mais malheureusement, elle n’est pas encore assez rapide pour nous répondre.

Bref, nous allons ATTENDRE, ATTENDRE. J’en ai vraiment un grand râle bol et je crois que Mickaël en a marre aussi, mais comme d’habitude, comme chaque jour, notre quotidien est d’attendre, d’espérer et de tenir le coup moralement et physiquement. Et puis, surtout d’être ensemble main dans la main, d’être soudé et de s’aimer tellement fort que notre vœux ne pourra que se concrétiser.

22 avril 2005 :

Après quelques semaines, je me décide à reécrire, nous avons reçu une lettre vers le 15 Mars, notre prochaine F.I.V est prévue pour le mois d’Avril, avec un nouveau traitement : protocole court. Mickaël a refait un autre spermogramme et nous avons eu les résultats, qui sont normaux. (tant mieux !) Lorsque j’ai eu mes règles, deux jours après, j’ai commencé les piqûres de Gonal F, à ce jour je suis encore en plein dans le traitement. Quelques jours, on passé nous sommes le 27 Avril, et devinez quoi ? Le traitement est fini, eh oui, nous avons dû interrompre car je n’avais que quatre gros follicules, mais pas assez gros pour qu’on les ponctionnent. Troisième Fécondation et encore un échec, bien sûr nous avons rendez-vous encore une fois avec le professeur pour qu’il nous explique ce qui s’est passé. Le rendez-vous est fixé le 25 Mai à 9 heures, c’est-à-dire dans 3 semaines, vous vous rendez compte, il va falloir que l’on attende tout ce temps pour que l’on nous explique ce qui s’est passé.

9 août 2005 :

Me revoilà, après des mois sans avoir écrit un seul mot, besoin de réfléchir à ce nouvel échec que nous avions vécu au mois d’Avril. Comme, je vous le disais, nous avons eu un entretien avec notre professeur le 25 Mai et franchement, ce rendez-vous ne nous a rien apporté, aucun réconfort et aucune réponse. Pour eux, le traitement ne devait pas être adapté mais il fallait quand même l’essayer, bref ! je suis un cobaye, du moins c’est ce que j’ai ressenti en sortant de cette entrevue. Nous avons eu besoin de nous évader pendant quelques temps, histoire de nous retrouver et de penser un peu à nous, alors, nous sommes parties en Tunisie, premier grand voyage, donc vraiment la découverte, ce qui nous a vraiment fait beaucoup de bien puisque nous avons passé une semaine merveilleuse, à ne pas penser aux fécondations, à ce projets d’être parents. Nous avions l’impression de retourner en enfance car ce voyage n'était vraiment pas prévu et nous n'avions jamais parlé de partir si loin, et d’un seul coup étant tous les deux dans un état critique, presqu’au bord de la déprime, il fallait que l’on fasse quelque chose pour ne pas tomber dans ce piège infernal, qu'est la déprime. Grâce à ce voyage, nous avons pu respirer à nouveau et évacuer tout le stress, puis reprendre des forces pour continuer à nous battre devant un adversaire redoutable : la stérilitée inexpliquée. Lorsque, nous sommes revenus de notre voyage, nous étions vraiment très sereins mais cela n’a duré que deux semaines car la réalitée était de retour, dans une enveloppe nous programmant notre prochaine F.I.V-I.C.S.I pour début Septembre 2005. Nous avons quand même passé un agréable mois de Juillet, bien entendu, il y a toujours des gens qui posent les mauvaises questions mais nous arrivons mieux à les éviter, nous devenons des experts ! A ce jour, nous avons quatre couples d’amis qui attendent une naissance, de Septembre à Décembre, un bébé tous les mois, je redoute le moment où il va falloir les féliciter et essayer d’aller les voir à la maternité. Puis, nous avons ma cousine, que je considère comme une sœur, elle n’a pas encore d’enfant mais elle vient de m’annoncer qu’elle a arrêté la pillule, donc je commence à me préparer à l’éventuelle idée, qu’elle m’annonce un heureux évênement. Quand, elle me le dira ce sera assez dur mais je serais très contente pour elle et d’ailleurs, je ne souhaiterais pas qu’elle vive la même histoire que nous, je le souhaite à personne. Dix jours sont passés et je me remets à écrire, sans doute besoin de me confier, de parler. l’une des sœurs de Mickaël m’a confié, elle aussi d’une éventuelle future grossesse pour un troisième enfant, je m’y attendais il y un an, et puis ils ont eu quelques soucis avec le deuxième, alors ils n’en parlaient plus. Il va falloir s’y préparer et à vrai dire, je ne sais pas si je vais pouvoir sourire à tous ses bonheurs qui ne vont sûrement pas tarder. J’ai même imaginé le pire, que ma cousine ou ma belle-sœur, (peut-être même les deux) nous annoncent au mois de Septembre une bonne nouvelle, alors que pour nous notre 4èmes FIV-ICSI soit encore un échec. Je sais, vous allez dire qu’il ne faut pas songer à tout ça, mais il faut bien se préserver, c’est vrai on ne peut pas savoir ce qui va se passer, donc il vaut mieux pour moi, que je m’imagine dans ce cas, pour vivre sereinement, si cela arrive. Bref, nous allons bientôt, entammer notre quatrième fécondation, pour l’instant j’ai commencé les comprimés : Spéciafoldine et cette f ois-ci encore, nous avons un nouveau traitement.

Première F.I.V-I.C.S.I : protocole B – protocole long
Deuxième F.I.V-I.C.S.I : idem
Troisième F.I.V-I.C.S.I : protocole D – protocole Cétrotide
Quatrième F.I.V-I.C.S.I : protocole C – protocole long demi-dose. (prévu bientôt).

Ecrire me fait beaucoup de bien, c’est une bonne thérapie en ce qui me conserne et j’ai besoin de m’exprimer et ma façon à moi de parler, c’est l’écriture, même si personne ne me lis, cela m’a beaucoup aidé, alors à très bientôt car Mickaël et moi n’avons pas fini de raconter notre histoire, le mot FIN sera : BEBE.

Sandrine


Avril 2007

11 octobre 2005 :

Je reviens parmis vous, pour vous annoncer encore une fois une mauvaise nouvelle, la quatrième fécondation a échouée. 12 Follicules à l'échographie, 10 de ponctionnés, sur les 10 que 6 seront retenus bon pour être fécondés, ce qui nous donnera 2 embryons que nous avons réimplantés. Aujourd'hui, première prise de sang et notre rêve s'écroule. Que dire ? Rien, il n'y a rien à rajouter. A bientôt.

janvier 2006 :

Très bonne année à tous et à toutes, nous vous souhaitons du fond du coeur pleins de bonheurs et bien entendu, de beaux bébés.

Après 3 mois d'absence, je me remets à réécrire en commençant par m'excuser d'avoir été froide dans mes paroles du mois d'Octobre, j'avais besoin d'écrire mais le moral était tellement bas que rien ne voulait sortir. Bref, la fin d'année ne s'est pas passée comme on l'aurait souhaité, étant donné que la 4èmes FIV-ICSI a échoué mais nous avons beaucoup parlé, réfléchi à notre avenir. La nature et la médecine pour l'instant ne peuvent pas nous aider à fonder notre famille mais notre désir le plus sincère est de devenir parent. De l'amour, nous en avons plein à donner, alors rien de tel que de le partager avec un enfant. C'est pourquoi, nous commençons à parler de l'adoption, bien sûr ce n'est pas la première fois que nous en discutions mais le sujet ne se prolongeait pas trop car nous avions espoir que les fécondations nous apporteraient le bonheur tant attendu. Pour l'instant, nous ne commençons aucune démarche car nous voulons tenter nos 3 dernières fécondations mais nous nous posons de plus en plus de questions. Et puis, si nous en parlons, c?est parce que nous sommes tous les deux conscients que notre avenir ne peut pas être sans enfants, c?est inconcevable. Alors, si notre futur enfant n'était pas de notre sang, est-ce que se serait si grave ? Je ne pense pas car il n'a pas besoin de venir de mon ventre pour que je l'aime. Le principal, c'est qu'il soit dans notre coeur à tous les deux ! En tout cas, depuis que nous avons entamé le sujet de l'adoption, nous nous sentons plus apaisé et soulagé, comme si notre décision était déjà prise, peut-être que c'est le cas. Je crois qu'il faut que l'on se pose encore des questions, avant dêtre bien sûrs. Personnellement, je me sens plus sereine et prête à entamer la prochaine FIV-ICSI prévue pour le mois de Février avec la conviction que malgré les résultats je serais un jour maman. Je suis tellement bien dans ma tête, que les grossesses des autres me font moins souffrir, j'ai pu aller voir mes amies à la maternité, puis mon frère et ma belle-soeur nous ont annoncé en Novembre dernier un futur bébé prévu pour Juillet de cette année. Malgré toutes ses merveilleuses nouvelles, je ne me suis pas effondrée comme j?aurais pu le faire, il y a quelques temps.

8 juillet 2006 :

Bonjour à toutes et à tous.

Beaucoup de choses se sont passées depuis Janvier 2006. Pour commencer, notre ICSI du mois de Février a été très difficile à vivre, surtout physiquement que moralement, j'ai énormément souffert à cause du traitement pour obtenir à la fin qu'un échec de plus. Encore une fois, c'était un nouveau protocole qui se nomme Rosenwacks, je crois que ce nom va rester gravé dans ma tête, ou plutôt dans mes ovaires car ils s'en souviennent encore. Bref, je vous passe les détails, mieux vaut ne pas revenir sur ce sujet.

A la suite de ce nouvel échec, nous avons donc écrit au professeur qui s'occupe de nous, sur le fait que nous voulions arrêter tout traitement, quelques-jours plus tard, il nous répondait en nous proposant de nous reposer et de réfléchir à l'éventuelle idée de stopper ou continuer les deux dernières FIV-ICSI qui nous restaient. Notre décision avait déjà bien mûri dans nos têtes et il n'était pas question de retenter de fécondation car me concernant je n'avaiq pas envie que mon corp souffre comme la dernière fois, de plus encore aujourd'hui, je ressens des douleurs dans le ventre et aux niveaux des ovaires. Quant à Mickaël, il ne veut surtout pas me revoir me tordre dans tous les sens à cause de la douleur, surtout qu?il n?y a rien à faire à part attendre que cela se passe. Désormais, je pense que le chapitre fécondation in vitro est clos.

A ce jour, deux changements dans notre vie sont en cours, nous avons prévu d'agrandir notre maison, ce qui va vite nous occuper l'esprit en attendant notre p'tit bout. Et notre second projet, qui est notre priorité bien-évidemment ! C'est notre démarche pour l'adoption. Pour l'instant ce n'est que les premiers pas, le dossier pour l'agrément est en notre possession, nous le complètons et le remplissons avec le plus grand soin. Il nous a fallu du temps pour penser à cette démarche là, nous avons réfléchi, nous nous sommes posés pas mal de questions et puis comme on dit, il a fallu faire le «deuil» de l'enfant biologique. Je pense pour ma part que ce deuil s'est fait tout simplement à la 4 ème FIV-ICSI au mois d'Octobre 2005, j'en ai pris conscience par mon changement de comportement, je n'étais plus rongée par la douleur lorsqu'on m'annonçait une grossesse, et le fait que je pouvais parler des heures entières de l'adoption lorsqu'on me parlait de bébé ou d'enfant. Pour Mickaël, ça été plus long, de se dire qu?il ne me verra jamais avec le gros ventre, de ne pas pouvoir assister à la naissance de notre enfant, et puis la virilité en prend un coup quand même, il a vécu des moments difficiles mais nous avons la chance de connaître dans notre entourage famillial un couple qui a adopté. Rien qu'en les voyant, on s'aperçoit que quoiqu'il arrive, que ce soit un enfant biologique ou venu d'ailleurs, c'est un enfant qui a besoin d'amour, d'affection et de tendresse. Mickaël et moi sommes prêts à l'apporter.

Bien-entendu, nous sommes conscients que cela ne va pas être facile, il va falloir encore attendre, prendre patience, des larmes vont sûrement coulées et notre moral ne sera pas tout le temps au plus haut de sa forme mais sachant ce que l'on a vécu, je me dis que si nous avons réussi à tenir, nous tiendrons encore. Au bout de ce chemin, notre plus beau cadeau sera là : un enfant qui nous appelera "Papa et Maman". Peut-être que je m'avance un peu trop vite lorsque je dis que nous serons parents car c'est vrai que les démarches sont difficiles, nous savons que l'on peut nous refuser l'agrément mais pour le moment nous voulons rester confiants, c'est ce qui fait notre force. Autre nouvelle, je suis à nouveau tata, ma belle-soeur a accouché fin Juin, nous avons une nouvelle petite nièce toute jolie. Ma cousine dont je vous avais parlé est enceinte et c'est prévu pour Décembre, je suis très heureuse pour elle. Sa grossesse ne m'est pas du tout difficile, au contraire je la vis très bien, elle sera une merveilleuse maman, j'en suis sûre. C'est marrant car je vous avais écris que si elle m'annonçait une grossesse, je le prendrais sûrement mal. Finalement, ça été le contraire. Je lui ai annoncé que nous commençions l'adoption. Depuis nous vivons nos deux parcours différents ensembles, nous partageons nos angoisses, nos joies.

A très bientôt,

Février 2007 :

Depuis la dernière fois que j'ai écris, sept mois se sont écoulés, comme quoi le temps passe vite puisque je n'ai même pas pris un seul instant pour reprendre mon récit.

Donc, c'est reparti, je me remets à taper sur mon ordinateur pour vous raconter ce qui s'est passé ces derniers mois. Comme je vous l'avais dit au mois de Juillet dernier, nous nous sommes occupés de notre dossier pour l'agrément, nous l'avons envoyé le 17 Juillet et un mois après, nous avons reçu un courrier confirmant son enregistrement. Depuis, nous attendons que l'assistante sociale et le psychologue prennent contact avec nous. Les mois passent et toujours aucune nouvelle mais nous sommes conscient que l'agrément dont le délai est de neuf mois d'après les lois, est à ce jour prolongé jusqu'à quinze mois. Il n'y a plus qu?à patienter. Quelques fois, nous sommes démoralisés par cette longue attente et puis nous reprenons courage en nous disant que pendant cette période, notre projet ne peut que mûrir et se renforcer dans notre conviction de devenir parent, d'un enfant qui nous attend.

Au mois de Décembre, nous avons assisté à une réunion d'information sur l'adoption, c'est une association de bénévoles qui s'en occupe, cela nous a permis d'entendre des témoignages sur des couples ayant adoptés ou en instance d?adoption tout comme nous. C'était vraiment très intéressant, très instructif, nous avons eu beaucoup de renseignements sur toutes les démarches, les étapes que nous allons devoir franchir pas à pas. En tout cas, plus on avance dans les mois, plus mon désir d'adopter devient fort, j'ai vraiment hâte de pouvoir serrer dans mes bras ce p'tit bout de chou qui nous attend quelque part dans ce monde. Je n'aurai jamais cru que l'adoption pouvait me faire ressentir des émotions, des sentiments aussi forts. Je pourrai parler des heures entières de notre projet d'adoption et je comprends mieux, les femmes enceintes qui parlent toujours de leurs grossesses.

A bientôt.

21 mars 2007 :

Juste un mois s'est écoulé. Je profite d'un petit moment libre pour revenir à nouveau vous exprimer combien nous sommes heureux de notre magnifique projet d?adoption. Rien à signaler pour le moment, le temps avance et nous attendons toujours les rendez-vous avec l'assistante sociale et le psychologue. Quelque fois, nous appréhendons de ne pas réussir ces entretiens qui nous sont chers, peur d'en dire trop ou pas assez. Comment peuvent-ils arriver à nous connaître en l'espace de quelques-heures et à savoir si nous sommes aptes à être parents, c'est dur. Bref, sur les conseils de couples ayant adoptés, nous allons téléphoner au mois d'Avril au centre d'adoption pour savoir où en est notre dossier, cela nous remontera le moral.

Avant de vous quitter, je voudrais remercier toutes les personnes qui m'ont envoyé des mails de sympathie, d?encouragements, suite à la lecture de notre parcours, cela me touche énormément de recevoir tous ces courriers, alors merci encore.

A très bientôt, bon courage à tous.

Sandrine.


Novembre 2008

Bonjour. Merci à vous et votre site, il m'a beaucoup aidé lorsque ça n'allait pas, aujourd'hui je suis une femme heureuse, non seulement j'ai la chance d'avoir un mari formidable mais je suis Maman d'une petite fille de 8 mois que nous avons adopté il y a maintenant 3 mois. Notre vie a complètement changé, nous sommes plus épanouis que jamais et nous sommes complètements gagas de notre princesse, bref c'est le bonheur total...

Je vous souhaite de vivre ce que je vis.

Amicalement,

Sandrine, Mickaël se joint à moi.


Leur écrire

Tous les mots colorisés en orange ou mauve vous renvoient au dico.