La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Pauline & JP - (France - mai 2002)

Bonjour à tous

Merci pour ce site très intéressant et qui permet de voir qu'on est pas seul à vivre ce calvaire de la stérilité

Je vais vous raconter notre parcours : arrêt de la pilule après le mariage (juin 97) ; des règles normales pendant 2 mois puis 5 mois sans rien puis encore 3 mois ; du coup je consulte une gynéco soi-disant spécialiste de la stérilité ; se basant seulement sur un bilan hormonal datant de 1 an , elle me met directement sous Parlodel et Clomid avec rapports programmés car j'avais, d'après elle, un taux de prolactine trop élevé; puis Clomid + Gonal (donc les piqûres commencent ) et ce pendant 10 cycles avec une pause entre 2 pour passer une hystérographie (très douloureuse) et un test de migration et de survie même pas complet car elle ne m'avait pas donner d'hormones et donc je n'avais pas assez de glaire ; mais résultats normaux

Finalement, elle nous oriente vers des inséminations, car donc je n'avais jamais assez de glaire et le col reste trop fermé.

Mais juste à ce moment mon mari obtient enfin sa mutation qu'on attendait aussi depuis un moment (octobre 99)

Donc on arrive dans le Limousin ; et on consulte au service PMA de Limoges (très bien mais à 85 km) et simultanément dans notre ville un gynéco super qui travaille en collaboration avec eux.

Ils suivent les indications de ma gynéco précédente et on fait donc une insémination qui ne marchera pas (nov. 99) ; on en tente une 2 ème qqs mois + tard (février 2000) ; la stimulation ne marche pas et là mon gynéco pense que j'aurais de l'endométriose et que c'est ça qui gênerait ;je précise que j'avais des crises atroces de douleurs au bas-ventre; donc il me fait une coellioscopie et là referme aussitôt sans rien pouvoir faire car j'en avais partout. Conclusion : 6 mois sous Décapeptyl qui me met en ménopause pour que ça se résorbe et se soigne (jusque fin 2000)

Après je passe une IRM pour qu'ils regardent si c'est guéri et rebelote, je refais une coellioscopie pour renettoyer car il en reste.

Puis encore 3 mois de ménopause.

Finalement je fais une FIV qui ne marche pas (juillet 2001); on attend 3 mois comme c'est la pratique pour en tenter une 2 ème (nov. 2001); et là la stimulation ne marche pas encore car j'ai un kyste balaise sur une ovaire ; re-coellioscopie fin janvier de cette année ; et là c'est l'apothéose : on me retire une trompe !! car abîmée par l'endométriose.

En ce mois d'avril , je suis encore sous Décapeptyl et ma prochaine FIV est prévu pour mi-mai , en plus elle est repoussée de quelques semaines car mon mari est sous antibiotique ,car sa spermoculture dans le cadre du bilan infectieux qui précède une FIV , a révélé un germe

Enfin voilà où on en est ; je vous passe la description de mon état psychologique qui accompagne tout ce parcours et la pression psychologique qui en découle ; sans compter la FAMILLE qui même au courant ne sait pas aider

Je vous tiendrai au courant pour cette prochaine FIV qui recèle plein d'espoir

Je viens de trouver un travail et nous nous engageons dans une procédure d'adoption : nous voulons avancer dans notre vie qui reste en suspend et ne tourne plus qu'autour des traitements

Bon courage à tous et surtout bonne chance de tout coeur

Pauline et JP


Juillet 2002

Bonjour à tous

Je mets aujourd'hui mon témoignage à jour.

Je vous ai quitté la dernière fois juste avant notre 3 ème FIV : la stimulation a été longue, 19 jours, et beaucoup beaucoup de piqûres avec des fortes doses ; j'en avais jamais eu autant ; j'ai essayé un nouveau produit qui s'appelle Luvéris pour améliorer encore cette stim (en plus du Gonal 175). La ponction s'est bien passée en anesthésie générale et ils ont prélevé 14 follicules ; sur ces 14 , 9 étaient mûrs et ont été mis en fécondation ; et on a eu 5 embryons.

Donc transfert de 2 embryons encore sous anesthésie générale le 06 juin. Mais malheureusement ça n'a pas marché et avant la prise de sang de contrôle (14 jours après le transfert), je savais que ce n'était pas bon car j'avais mal au ventre et des saignements ont commencé. Je suis évidemment très déçue et très triste, voir désespérée . Mais on va continuer et persévérer ; on va attendre 3 / 4 mois pour tenter une autre FIV et ça finira bien par marcher ; il faut continuer à y croire.

Heureusement, maintenant avec mon boulot, ça me permet de m'accrocher car j'ai moins l'impression d'être inutile et je suis fière de tenir le coup dans ce boulot qui est difficile, très stressant et puis bien sûr un salaire, ce n'est pas négligeable Ca servira pour ce bébé qu'on espère tant ! Et puis, on poursuit notre demande d'agrément pour l'adoption ; et c'est bien parti après la visite de l'assistante sociale ; il nous reste à voir le psychologue ; on devrait obtenir l'agrément en octobre.

Je souhaite bon courage et surtout bonne chance à vous tous qui visitez ce site et qui partagez ce combat difficile

A bientôt pour la suite

Pauline


Août 2004

Je viens mettre mon témoignage à jour et de ce fait annoncer une très bonne nouvelle qui j'espère pourra donner de l'espoir : après 6 ans de galère et l'avoir quasiment perdu, je souhaiterais témoigner qu'il ne faut jamais désespérer et abandonner quelque soit la difficulté morale et physique : mon dernier témoignage remonte à juillet 2002 ; je rappelle brièvement que ma stérilité repose sur l'absence d'ovulation et au fil des stimulations, un gros problème d'endométriose qui m'avait déjà occasionné 3 opérations. Bilan en juillet 2002 : une FIV qui n'a pas marché en juin 2002 ; attente de 3 mois pour en retenter une, mais fin août, des terribles douleurs abdominales m'apprennent que j'ai un kyste de 7.5 cm à l'ovaire gauche, donc de nouveau : opération sous coellioscopie, en octobre puis 3 mois de ménopause.

En janvier 2003, nouvelle FIV qui se solde de nouveau par un échec avec le transfert de 2 blastocystes (embryons de 5 jours). Un blastocyste est congelé suite à cette FIV. Une stimulation pour transférer l'embryon congelé échoue en juin 2003: réponse insuffisante + douleurs aux ventres . Suite à une IRM qui confirme que l'endométriose a repoussé : Ménopause à nouveau pendant 3 mois jusque fin 2003. En juillet, je craque et ma dépression sous-jacente explose : je prends des anti-dépresseurs et consulte une psychologue dans un centre médico-psychologique (donc gratuit) ; jusque-là j'étais persuadé que nous finirions par y arriver et que je serai un jour enceinte ; mais en perdant cette certitude, cette foi en la réussite, ça m'a fait coulé complètement ; il fallait essayer d'apprendre à vivre en faisant le deuil de la grossesse et de l'enfantement. Je conseille vivement de ne pas hésiter à aller voir un psychologue quand on est à bout. Nouvelle tentative de transfert d'embryon congelé en janvier 2004 : échec de la stimulation car encore réponse insuffisante. A ce stade, j'ai quasiment fait le deuil d'une grossesse et commence à envisager ma vie sans ça (tout en conservant l'espoir de l'adoption, notre dossier avancant de façon favorable et il nous reste quasiment 3 ans sur les 5 de l'agrément). Nous décidons avec mon mari de tenter de transférer cet embryon congelé qui empêche une nouvelle FIV tant qu'il est là, et à la rigueur une autre FIV après, mais de tout arrêter car moralement et physiquement, c'est plus possible.

Et voilà que le miracle arrive enfin : cet embryon qui a été conçu plus d'un an avant et qui finalement commençait à causer plus de problèmes que de solutions, s'accroche et me voilà enfin enceinte !!!! Bien sûr au début on reste circonspect car rien n'est sûr encore, c'est tellement fragile un début de grossesse. Mais en ce milieu du mois d'aout, ma visite du 4 ème mois s'est bien passée et le bébé va très bien. L'accouchement est prévu pour début janvier. Bien sûr l'entourage est fou de joie et nous, on arrive pas encore à réaliser qu'on a réussi et que dans quelques mois, notre bébé sera là. Beaucoup me disent que c'est parce que je n'y croyais plus que ça a marché, je ne saurai jamais pourquoi j'ai du subir tout ça et pourquoi ça a marché à ce moment-là, mais nous le ressentons comme un vrai miracle de la science et on est fier d'avoir réussi malgré tous les obstacles.

Bilan : après 6 ans, une douzaine de stimulations, une insémination artificielle (+ 1 tentative stoppée), 3 FIV (+ 1 tentative stoppée), 4 opérations, 2 tentatives de transfert d'embryon congelé stoppées aussi, je suis enceinte et ça se passe bien. Je crois que mon parcours parle de lui-même et vraiment, il faut persévérer et croire en la science.

J'espère que ce témoignage réconfortera ou redonnera espoir à des couples qui souffrent. Je vous tiendrais au courant en janvier de la naissance.

Bon courage à tous et merci pour ce site.

A bientôt.

Pauline


Février 2006

Chers tous,

Je viens mettre mon témoignage à jour, mon 1 er date de mai 2002 puis juillet 2002 puis août 2004.

La dernière fois, je vous annonçais que j'étais enfin enceinte : tout s'est très bien passé et j'ai accouché en janvier 2005 d'une adorable fille, encore aujourd'hui j'en reviens pas d'avoir réussi et d'avoir ce merveilleux bout de chou, il m'arrive encore régulièrement de la regarder et de pleurer de joie, c'est formidable.

J'en ai bavé pendant la grossesse car j'ai été malade pendant les 4 premiers mois : vomissements intensifs, j'ai perdu 5.5 kilos donc j'étais très fatiguée puis j'ai eu dès le 5 ème mois mal au ventre car le bébé était bas et je ne pouvais rien faire. L'accouchement a été folklorique aussi : contractions un jour et demi avant et sans péridurale car embouteillage en salle d'accouchement, bébé en souffrance foetale car coincé, j'ai évité les forceps à la dernière poussée près, bref jusqu'au bout ça a été dur.

Avec mon mari nous sommes incroyablement heureux comme on peut aisément l'imaginer vu notre parcours. C'est notre petit miracle et on est gaga et fou d'elle. Tout mon mal être et ma dépression se sont envolés et je ne regrette pas tout ce que j'ai du subir même si je ne suis pas prête à recommencer, j'ai l'impression d'avoir été gravement malade et d'être maintenant guérie, d'avoir été en enfer et d'être passé au paradis et je n'ai pas envie d'y retourner, en tout cas pas pour l'instant.

Voilà l'épilogue heureux de mon histoire. J'espère transmettre de l'espoir et du courage à ceux qui continuent de galérer et qui souffrent.
Bon courage à tous.

Pauline


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