La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Paula - (France - mai 2002)

Bonjour à tous.

Il y a quelque chose de réconfortant dans le fait de vous voir tous avec le même problème. C'est si cruel à dire et pourtant, il est rassurant d'être plusieurs dans la même galère. Je vous admire tous pour votre courage et votre espoir insatiable.

Nous ne vivons plus que pour cela : un bébé.
Passons sur notre parcours qui est semblable au vôtre : coup de massue, déceptions, espoirs toujours remis à la prochaine fois.
Mon mari a une azoospermie sécrétoire. Je ne porterai jamais son enfant, c'est notre souffrance. Nous allons fonder une famille grâce au Cecos, grâce à un homme qui aura le coeur de nous donnez un peu de lui.
C'est si dur, c'est si humiliant d'en être réduite à dépendre de tous ces gens, ces médecins, ces chercheurs, ces gynecos, ces cliniques auxquelles on livre notre çintimité. C'est si dur.

Je voudrais bien trouver quelques amis dans le même cas pour partager nos espoirs et nous redonner du courage. Ecrivez moi si vous le voulez. Je serai à votre écoute.

Je souhaite de tout mon coeur à chacune d'entre vous de porter un jour le fruit de leur efforts : un bébé.

Grosses bises.

Paula


Octobre 2002

Je suis Paula.

Mon mari a une azoospermie définitive. Il est stérile quoi. Moi ça va bien je crois. Nous sommes sur la liste d'attente du CECOS. J'ai besoin de parler avec des femmes ou des hommes comme nous.
Ca me ferait tellement de bien de savoir que vous me comprenez. A priori, c'est une histoire banale, une histoire ordinaire. Mais voilà il nous reste 6 mois à attendre, et ça devient si concret, j'ai peur de me lancer dans cet engrenage. J'ai peur pour mon couple aussi. Je l'aime si fort. Il est si fort face à cette épreuve. Ecrivez moi, donnez moi des conseils, dites moi que vous avez réussi.
J'ai tellement envie d'un bébé, je voudrais donner la vie. Et c'est si long cette attente.

Bon courage à tous.

Paula


Janvier 2003

Bonjour à tous, ou plutôt rebonjour.

Il me semble que bien des situations ont évolué depuis 1 an, date de mon dernier témoignage je crois.

Je ne vais pas vous raconter à nouveau notre histoire, elle n'a pas changé. Mon époux souffre d'une azoospermie irréversible et voilà tout. Nous croyons en Dieu mais je n'ai pas assez la foi pour croire qu'un matin je me réveillerai avec un miracle dans le ventre. Alors nous nous tournons vers l'IAD (insémination avec donneur)

Chers amis je vous fait grace de la lenteur de cette année écoulée, à attendre la fin d'un délai d'attente. Et maintenant nous voilà devant la probabilité que peut-être nous pourrions avoir accès à un éventule don de sperme. En d'autres termes : nous avons gagné le droit d'y croire.

Je vous lance un appel car j'ai peur. Les grands jours approchent (mars) et je suis partagée entre une éternelle reconnaissance envers notre donneur; et la crainte d'être mélangée à un inconnu. La maternité, oui mais à quel prix. Existe t-il quelqun pour comprendre cela ? Si oui, apportez moi votre soutien ou votre expérience, je me sens si seule.

Je suis persuadée q'un jour nous relirons nos témoignages en souriant. Que Dieu vous bénisse tous autant que vous êtes, dans vos couples et vos futurs enfants.

Paula


Mars 2003

Bonjour à toute et à tous,

C'est Paula, je profite d'un congé maladie pour mettre à jour mon témoignage et ce ne sera sûrement pas la dernière fois !!

Aujourd'hui je suis à J2 du cycle prévu pour l'insémination avec donneur. Et le jour J c'est mercredi 26 Mars. Autant vous dire que cette date résonne dans ma tête comme un compte à rebours précieux.

En tous cas, grâce à ce site, beaucoup d'entre vous m'apportent leur soutien, et c'est une aide précieuse. Peut-être êtes-vous dans le même cas.
Toujours est-il que je suis totalement surexitée, énervée, impatiente enfin tout ce qu'on veut quoi. En plus j'ai un arrête de 4 semaines. Mon boulot ( je suis prof en LEP ) me pèse beaucoup et le médecin a souhaité me donner toutes les chances. Mais je crois que le temps me paraît encore plus long.

J'y crois à fond. C'est vraiment horrible car je sais bien je risque d'être énormément déçue. Mais j'y crois, je n'y peux rien. Je m'imagines déjà avec un ventre énorme et de varices et tout le tralala. C'est peut-être les hormones. Je suis sous ménopur pendant 5 jours, c'est la 1ère fois. Avec le Clomid, j'avais eu 5 follicules mais les médecins ont dit que la glaire était mauvaise. Enfin, on verra. En tous cas je tiens tout le monde au courant quelque soit la situation !

Bon courage à vous toutes et mille bisous.

Paula


Octobre 2003

Bonjour à tous.

Voici un petit message qui, je le souhaite, va redonner espoir à quelques-uns d'entre vous. Notre parcours vous le connaissez car il est raconté les mois précédents. En résumé mon mari a une azoospermie. Je ne veux pas dire une azoospermie avec espoir pour l'ICSI. Je veux dire, une azoospermie totale et irréversible : zéro spermato. Nous avons choisi le CECOS et l'insémination avec le sperme congelé d'un donneur. En mars nous avons fait une 1ère tentative qui a échoué. Je ne peux mettre des mots sur ma souffrance ce fameux jour du verdict. Par pudeur, je dirai simplement que j'aurais voulu mourir. Le mois suivant nous n'avons rien fait. Nous avons voulu croire aux miracle. Ca parait idiot. A force d'entendre toutes ces femmes qui tombent enceintes après l'arrêt des traitements... Mais j'ai eu mes règles à la date convenue. C'est comme si on avait eu besoin d'y croire une dernière fois.

Et puis en juin, le 3, nous avons fait une 2ème tentative. Me voilà enceinte de 4 mois presque. Si c'est votre combat, sachez que porter enfin l'enfant désiré ôte les souffrances de l'attente. Et que ça peut aussi marcher dès la 1ère fois, ça existe !

Bon courage et au plaisir de vos contacts. Paula


Mai 2004

Bonjour à tous.

Paula c'est mon pseudo bien sûr. Quand on traverse des aventures aussi intimes on essaie de conserver un peu l'anonymat. Notre grande aventure a commencé en 2002 quand après un an et demi d'essais infructueux nous avons appris que mon époux était atteint d'azoospermie irréversible. Pas de moyens d'avoir un bébé de lui. Jamais. J'aurais voulu revenir sur ces moments avec vous, vous évoquer à nouveau nos souffrances, nos déceptions et nos découragements, vous montrer que non vous n'êtes pas seuls dans votre galère. Mais je me souviens : qu'est-ce que ça change qu'on soit plusieurs dans le même cas ? Pas de bébé c'est pas de bébé. Alors je vais vous apporter un petit rayon de soleil, vous faire partager le mien en tous cas.

En juin 2003 après ma dernière insémination avec donneur (c'est devenu notre projet), j'ai comme des milliers d'entre vous guetté pendant 15 jours interminables les moindres signes de la grossesse. J'ai fait un test pipi et il était négatif. Le lendemain j'ai eu mal au ventre comme pour mes règles et j'ai repris nos rendez-vous à l'hôpital pour le prochain protocole. 3 jours plus tard, j'ai refait le test pipi car toujours pas de règles. Je voulais un test pipi car c'est plus personnel, juste moi et la petite ligne bleue. Pas d'intrus. Je crois que ce mercredi matin restera le plus beau jour de ma vie, plus mémorable encore que le jour où notre fils est né, 9 mois plus tard le 19 février 2004. Elle est apparue la petite ligne bleue, si fine si légère, comme mon bébé qui commencait à pousser, si transparente que je me demandais si je n'hallucinais pas et si je ne m'inventais pas une ligne.

Aujourd'hui notre petit Adam fait notre bonheur. Croyez moi ça valait vraiment le coup.

Je vous souhaite à toutes de trouver la force et la patience de continuer jusqu'à ce que votre bébé prenne vie ! C'est avec grand plaisir que je me prête à toutes vos questions, ou à vos paroles tout simplement.

Paula


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