La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Lili - (France - décembre 2004)

Bonjour

On va dire que je m'appelle Lili. J'ai 30 ans. Je viens de découvrir votre site et je me lance. En ce moment j'ai un sentiment de trop plein. En lisant les témoignages, on voit bien les hauts les bas.

Les grandes lignes de mes dix dernières années, c'est : La rencontre avec l'homme de ma vie en 1994 : j'avais presque 20 ans.

La découverte d'une maladie : le diabète. Mon ami est insulino-dépendant c'est arrivé sans prévenir et ça a contraint notre vie d'étudiants. L'insouciance devient difficile, il faut tout surveiller tout le temps : l'alimentation bien sûr (quoi, quand, comment) mais aussi l'activité physique, le stress, la vie sociale (que fait on quand on n'a que des boissons sucrées à un pot avec des gens ?). Grosso modo, bon an mal an, on a réussi à le gérer. Un pote, diabétique, a largement contribué à dédramatiser toutes ses contraintes en arrivant à l'hôpital dès les premiers jours de la maladie de mon mari en disant : "tiens : voilà tout ce à quoi tu as droit..."

La mort de mon père d'un cancer en deux mois en août 1995, j'avais 21 ans.

Notre mariage en 1996.

Mes "échecs professionnels" : J'ai passé quatre fois un concours pour devenir enseignante, je ne l'ai obtenu qu'en 2000, à 26 ans.

Et puis, le désir d'enfant.

Ce désir, il est là, profond naturel, partagé.

Avec mon mari, nous nous sommes rencontrés à une fête. Le lendemain, on vivait ensemble. On sentait le truc, sans se poser (trop) de questions. On était heureux, ça coulait de source. ça fait 10 ans... Pour l'un comme pour l'autre avoir un enfant et même plusieurs, ça allait de soi. Nous n'étions pas dans le fantasme de la famille idéale, nous étions conscients de ce que cela impliquait, mais on avait envie de tenter l'expérience, relativement jeunes. Je suis d'une famille nombreuse (4 frères et soeurs, tous mariés et parents, j'ai douze neveux ou nièces et j'ai été baby-sitter un certain nombre de soirées dès l'âge de douze ans!!!), j'ai toujours eu des enfants autour de moi, je ne gagatise pas spécialement, mais ça ne m'effraie pas non plus. Mon mari n'a pas ce vécu familial mais ressent également ce désir, cette envie d'être père et si possible avec moi comme mère! Bref, notre désir d'enfant est présent dès l'origine de notre couple et se concrétise au fur et à mesure. Pour des raisons "matérielles" et qu'on estime importantes (que Lili ait un boulot") nous repoussons d'un an l'arrêt de la contraception. Ete 1999, Lili n'a toujours pas dégotté concours pour devenir instit (il fallait 180 points j'en ai eu 176... ARRRGGGHHH!), mais c'est pas grave, nous arrêtons la pilule. Au bout de six mois, je veux tellement être enceinte que j'ai jusqu'à un mois de retard dans mes règles (j'ai acheté un nombre incalculable de test pipi!) a chaque règles, c'est un déchirement : Je ressens ces saignements comme une insulte, mon corps qui me taquine...

Après observations de quelques cycles, peu réguliers, je vais consulter une gynécologue conseillée par une collègue (parce que j'ai enfin eu ce fameux concours...). elle me demande si mon mari accepterait de faire en même temps que moi des examens complémentaires, histoire de comprendre ce qu'il se passe. Au vu de mes cycles, nous étions persuadés que le problème était lié à mon ovulation. Mon mari accepte de faire tous les examens afin d'avancer plus vite. Nous sommes en décembre 2000.

Un vendredi soir, vers 20 heures, nous ouvrons la lettre anodine du labo. Après plusieurs lignes de chiffres barbares, comme toujours dans les analyses, le verdict tombe : Bingo ! Absence totale de spermatozoïde dans le culot d'éjaculation, Azoospermie totale... Et ça forcément, vous qui me lisez vous l'aviez deviné. Mais pas nous!!! Nous sommes seuls, le monde s'écroule. Personne ne sait, même pas le gynécologue, il ne recevra la lettre que le lundi suivant. On a passé un super week-end. Un point positif : on vivait en maison, donc les voisins ne nous ont pas entendu crier ! Un autre point positif : Internet. grâce à Internet on est devenu des pros de l'azoospermie en quelques heures, mieux qu'une méthode assimil. Les causes les conséquences, les remèdes etc.. On était gonflé à bloc pour voir le gynéco le lundi (il nous a gentiment reçu en extra). Un rendez vous est pris avec le ponte du coin en PMA. nous sommes en janvier, le rendez-vous est en avril 2001. Y a pas à se plaindre.

Commence alors le marathon des questions et des examens complémentaires : vous les connaissez : allez on s'fait plaisir : trois, quatre : hystérographie, cariotype, FSH, LH y tutti quanti, un vrai numéro de la série "Urgences". On parle de notre problème à quelques amis, dont un couple de notre âge avec deux enfants. Roland, le mari, nous annonce que s'il y a besoin d'un donneur de sperme pour accélerer la procédure, il est prêt à le faire pour nous. Nous pleurons et nous nous marrons parce qu'on pleure, tous les quatre. L'azoospermie est liée a un gène variant de la mucoviscidose et n'est donc pas lié aux hormones, mais à un problème mécanique. On peut donc espérer trouver des spermatozoïdes en pratiquant une biopsie testiculaire (ouille, ouille, ouille). L'espoir est là, tout frais.

4 septembre 2001 : Biopsie. Je travaille. A midi j'appelle, pour savoir comme ça va. Mon mari, shooté par l'anesthésie mais conscient me dit qu'il semblerait que le médecin n'ait rien trouvé lors de l'exploration des testicules. Le monde s'écroule à nouveau. Il est 13 h 15, il faut retourner en classe, j'en suis incapable. Je suis nouvelle enseignante, la deuxième semaine après la rentrée, avec des collègues que je connais à peine, et comble de malchance, mon directeur d'école est ailleurs. En larmes, dévastée, j'annonce du bout des lèvres à une collègue que je connais depuis 10 jours : on veut un enfant, mon mari est opéré aujourd'hui, et il n'a pas de spermatozoïdes Ma collègue, très intelligente, arrive à comprendre qu'il y a un gros clash, me rassure, me couvre auprès de mes supérieurs et me laisse partir. L'après midi la plus longue du monde. L'horreur. C'est exagéré, évidemment, mais c'est ça quand même. C'est ça qui est bien avec le désespoir, c'est qu'il n'est pas graduable. Mon mari est shooté et effondré, moi aussi. A 18 heures, arrive notre médecin, tout sourire, qui nous annonce que l'on a des millions de petits spermatozoïdes dans les testicules et que tout va bien. J'ai envie de l'embrasser. On sort digérer la nouvelle avec mon mari. Nous faisons des allers-retours sur le parking le plus beau du monde. Ca y est, on va pouvoir faire une FIV ICSI.

On démarre les traitements en février 2002, tout feu, tout flamme. Je réponds parfaitement au traitement (protocole long, Décapeptyl et Purégon), les ovocytes sont beaux et nombreux.

En Mars On a 5 embryons. Le pied. Le gynéco de garde nous dit qu'ils sont superbes. On choisit d'en transférer deux. Roland, notre pote, fête ses trente ans, je lui annonce, radieuse que j'ai deux embryons dans le ventre, il m'embrasse, ému. Les 15 jours passent, prise de sang. La cata, c'est négatif. On téléphone au centre en disant qu''il nous reste 3 embryons congelés et on apprend que non, ils n'ont pas été congelés, ils ne tenaient pas la route. Alors on raccroche le téléphone...

Le monde s'écroule: j'ai mes règles, elles font mal... On part en Irlande sur un coup de tête à Pâques dans le vieux combi qu'on s'est acheté à la Toussaint. On fait le bilan avec notre médecin. Il s'avère que le gynécologue de garde qui a fait le transfert des embryons s'est un peu emballé lorsqu'il a dit que nos embryons étaient superbes parce qu'en réalité; ils correspondaient à l'avant dernière catégorie sur l'affiche, vous savez, les embryons tout moches où on sait pas si c'est un embryon ou une tâche de confiture. Allez, c'est pas grave, on va recommencer. Comme j'ai bien répondu au traitement, on va en essayer un autre, des fois qu'il marcherait aussi. Mais on ne le fera qu'en septembre, pour laisser passer l'été, hein, d'accord? Ah ba tiens, finalement, celui-là, il ne marche pas bien. C'est dommage hein. Bon, ben on va laisser le corps se reposer un peu et puis on remet ça en janvier (2003!)

2ème FIV, confiante. Tout baigne, mais 3 embryons seulement, option confiture. Bon ben on met les trois, mais on sait qu'il n'y a que 10 pour cent. Raté : c'est pas grave on part en Espagne à Pâques avec notre combi, et puis on s'achète un DVD. On y gagne, c'est cool. Le médecin nous incite à changer d'équipe. il ne semble pas satisfait du labo qui s'occupe de notre FIV. Mais nous on veut rester avec ce médecin là, on lui fait confiance. Alors on reste dans notre laboratoire.

3 ème FIV Septembre 2003 Cette fois ci on prévoit notre voyage en grand : si on a rien, on part chez des amis à ... Madagascar pour NoëL: ba quoi, on n'a pas d'enfant, autant en profiter non? Je suis stressée par ma rentrée, (je suis instit en C.P. dans une nouvelle école) j'oublie d'aller faire une injection de Décapeptyl : grosse panique. Ce sera sans conséquences. La ponction donne très peu d'ovocytes. Le même gynéco de garde s'est en effet planté dans les dosages de Purégon. Et en plus il m'a charcutée comme un boucher. 2 embryons confitures : On transfert : ils me disent tous : "il en suffit d'un vous savez." Et puis : Madagascar. C'est bizarre, il reste un goût amer...

Décembre 2003 on fait le point. On est découragé. Notre médecin revient à la charge : "Mais si changez de laboratoire, vous verrez."

Nos amis, Roland et sa femme ont eu un troisième. Un exemple parmi d'autres... Alors on change de laboratoire, nouvelle équipe, nouvelles méthodes et une série d'examens complémentaires. "L'hystéroscopie révèle une endométrisose légère qui pourrait expliquer la difficulté de nidation". -OK, je prends le traitement antibiotique.

"Et puis on a une technique au laser qui facilite l'éclosion de l'embryon": - Va pour le laser. "Visiblement, vous démarrez trop vite, si bien que vous pondez énormément d'ovocytes mais qu'ils ne sont pas mâtures, il faut donc faire durer votre stimulation dans le temps en diminuant les doses" - OK ... OK ... OK ...

"N'hésitez pas à consulter notre psychologue spécialisée dans ce type de problème. - Bonne idée Après avoir présenté notre situation particulière pendant une heure, la psychologue n'a rien dit d'autre que : " Je vous entends" suivi d'un long silence l'air contrit, les mains jointes et les yeux baissés. Je me suis dis : " Tant mieux, sinon j'aurai dû augmenter le volume de son sonotone."

Professionnellement, je me sens débordée dans mon C.P. En échec (plusieurs de mes élèves ne savent pas lire en avril) Depuis plusieurs mois je fais des cauchemars précis longs et de plus en plus violents. Et je suis insomniaque. Cet état d'anxiété était latent depuis plusieurs années mais ne s'exprimait que de temps en temps. Là ça devient régulier voire préoccupant. Je ne dors plus, je suis tendue, je fais la goule à longueur de temps, je n'ai envie de rien. Seule la lecture me procure un réel plaisir. Même mon mari ne peut pas me sortir de là. chaque jour je suis de plus en plus maussade. Je suis arrêtée en février, 10 jours. Mais le malaise persiste. Je rencontre un psy en avril, on commence ensemble. Je lui demande en priorité de régler mon malaise professionnel; je ne finirai pas l'année, je suis arrêtée à la mi-mai.

4 è FIV (Juin 2004) A mi traitement, mes doses sont toujours équivalentes. c'est bizarre, je suis en train d'aller trop vite. Je le signale!!! On me dit de ne pas m'inquiéter. Finalement je suis déclenchée. Cette fois-ci j'ai un peu plus d'appréhension: la dernière ponction m'a fait mal. Et puis on n'y croit plus... Mon mari ne dit plus rien. Il essaie de faire au mieux pour me soutenir. Nous sommes tous deux clairement fragiles. Résultat de la ponction: 4 embryons: dont deux beaux (et deux confitures...) Le biologiste du labo me fait quand même remarquer que si on avait baissé les doses en cours de traitement on aurait probablement reccueuilli davantage d'ovocytes mâtures. Il me dit: " C'est normal, c'est la première fois!..." Je le fusille du regard et bous intérieurement. Suivent alors les quinze jours interminables qui durent trois mois entre le transfert d'embryons et le résultat de la prise de sang pour savoir si oui ou non, il y a des BHCG qui indiquent une grossesse.

Jour J, le 5 juillet 2004. Notre laboratoire d'analyse ne peut vraiment pas faire plus vite que de délivrer les résultats à 15 heures. Et encore, nous devons attendre derrière le guichet, 20 minutes supplémentaires parce que la secrétaire a oublié de faire signer le papier par le médecin. Je la trucide sur place ou j'attends encore un peu ? Mon mari me conseille d'attendre encore un peu. On croyait qu'on avait été raisonnables dans nos espoirs. On s'était même renseigné sur l'adoption et puis finalement non, on y croyait malgré nous. Le monde s'est écroulé encore une fois. On n'a même plus envie de partir en voyage... Pourtant on avait prévu l'Ecosse dans notre combi. Mon mari m'a pleuré dans les bras deux heures durant, dans la rue. Nous avons enchaîné sur les vacances. Il nous a fallu un bon mois pour ne plus penser qu'à ça. Pourtant on croyait être fort, être capable de se soutenir l'un l'autre, réussir à faire ce deuil inévitable. Et puis relativiser. Mais, quand t'as mal, tu t'en fous que les autres aient plus de raisons d'avoir mal que toi.

Avec mon mari, on a évoqué à nouveau l'insémination avec donneur (Roland, notre donneur providentiel est papa d'un quatrième depuis cet été). Je me pose beaucoup de questions et je suis bien consciente que ce choix ne va pas de soi, même s'il me semble le plus efficace a priori, pour avoir rapidement et sans trop de casse un enfant. J'ai accepté l'idée désormais mais je reste sceptique par rapport à la réussite, puisque nous avons toujours eu de embryons à transférer mais qu'ils ne se sont jamais accrochés. En surfant sur différents sites, il m'a semblé que le inséminations ne donnaient pas non plus des résultats spectaculaires. Je me pose la question du faut il le dire ou pas et si oui à qui? J'aimerai avoir vos avis sur cette question du tabou et de l'identité.

Quant à l'adoption, j'admire ceux qui ont le courage d'aller au bout de leur démarche. Pour l'instant je ne m'en sens pas capable. J'ai la frousse du temps qui passe sans donner ce qu'on attend et de revenir à la case départ, ce fameux vendredi soir en janvier 2001.

Dernière info pour la route: il est 3 h 36 du matin, j'ai commencé ce mail il y a pas mal de temps; Aujourd'hui 16 novembre 2004 j'ai été déclenchée pour une ponction jeudi. Ce sera la 5 è FIV. Je ne sais pas si j'y crois. Mon mari non plus.

A un de ces quatre pour d'autres témoignages J'essaierai de faire plus court la prochaine fois. Merci à tous ceux qui m'ont lue.

Bon courage

Lili.

PS : Professionnellement, j'ai changé d'école, j'ai des grands (CM), je travaille à mi-temps et j'ai l'impression que ça va beaucoup mieux. Mais je me sens extrêmement fragile et lâchons le mot, dépressive. Mon mari fait tout ce qu'il peut, mais il ne parvient pus à me réconforter. J'ai peur que quelque choses soit cassé dans notre vie, quand bien même nous nous aimons. C'est ce qui est le plus dur je crois...


Septembre 2005

Bonjour,

J'ose enfin vous écrire pour mettre à jour mon témoignage. Avant toute chose, je voudrai dire merci.
Merci à Viviane et Vincent, qui par leur site, m'ont permis d'exprimer toutes ces choses qui traînaient au fond de moi et qui malgré tout, ne parvenaient pas à sortir de manière satisfaisante. La lecture des témoignages aussi divers et pourtant si proches, l'espoir et le courage, le sentiment d'appartenir à une sorte de communauté de la galère pour avoir un môme, tout ça m'a profondément émue, bouleversée et réconfortée en même temps. Le clavier de mon ordinateur est bien propre désormais, tant j'ai pu pleurer dessus...
Merci à tous ceux qui m'ont envoyé des messages de soutien ou leur propre témoignage et avec qui les échanges furent riches et réconfortants. Salut à Danny, dont j'ai perdu le mail, et que j'aimerai recontacter si possible...

Maintenant les bonnes nouvelles.

Lorsque je vous ai écrit, la première fois, nous en étions à la 5 ème FIV ICSI. J'étais désespérée. Ecrire ce témoignage en novembre m'a réconciliée avec moi-même. Je suis devenue sereine.

Comme d'habitude, j'ai enchaîné les traitements, le Décapeptyl, puis le Puregon, les contrôles, les échographies. Je suis entrée pour une ponction à l'hôpital, l'interne a été très douce, je n'ai pas du tout souffert, ni pendant, ni après. Faut dire que l'équipe du bloc opératoire m'a shootée au gaz hilarant et que je planais un peu... Les ovocytes étaient satisfaisants, 9 étaient mâtures pour être fécondés.

Deux jours après, on téléphone, on a 4 embryons. Sur les 4, 2 sont beaux (enfin ils ont des cellules identifiables...) et 2 sont tout moches. Le médecin me fait le transfert, (deux embryons), c'est le professeur qui s'occupe de notre dossier (il faut dire que dans ce centre c'est un peu artisanal...) On blague, il me dit que du moment qu'il participe au transfert, ça ne peut que marcher...

Ensuite, faut attendre...

Vu la claque que l'on s'était pris en juillet 2004, on ne veut pas être trop plein d'espoirs. Cette FIV a un avant goût de dernière chance et nous sommes déjà résignés. De toute façon, on démarre le projet d'adoption juste après. On n'a même plus de projet de voyage.

La veille de la prise de sang pour savoir si les embryons se sont accrochés, je vais acheter un test de grossesse. J'y crois pas trop, mais l'infirmière qui me faisait mes piqûres me dit que ça peut me donner une indication. Mon mari est tout près de moi. Je fais le test, j'en mets partout ! Et on attend en relisant quatre fois la notice pour être sûrs de bien interpréter le résultat. Y a rien à faire, la petite fenêtre qui doit virer au bleu, reste blanche, même au bout d'une heure. Bon, ben, au moins comme ça on est fixé.

Je vais faire ma prise de sang le lendemain. Contrairement aux autres fois, j'y vais tranquillement à dix heures du matin, les résultats ne seront disponibles qu'à 17 heures, qu'à cela ne tienne, de toute façon c'est négatif alors... Je fais ma journée, normal. Le soir vers 18 h 30, je vais nonchalamment chercher mes résultats. J'attends d'être chez moi, avec mon mari pour ouvrir cette fichue enveloppe qui ne me brûle même plus les doigts.

On est ensemble, j'ouvre... Le test est positif, le taux de BHCG est de 52, habituellement il est inférieur à 2.

Nous regardons encore et encore, on scrute l'enveloppe, c'est bien notre nom dessus, on regarde le résultat, il n'y a pas de virgule, non, non, c'est bien positif. Nous éclatons tous deux en sanglots. Nous ne sommes pas heureux, nous sommes justes abasourdis, sonnés. On n'y croyait plus. Il fallait refaire une prise de sang 48 heures après puis suivre régulièrement pour voir si effectivement la grossesse prenait. Chaque nouveau résultat nous rapprochait un peu plus de notre espoir, mais il a bien fallut trois mois pour être vraiment sereins.

Aujourd'hui, à 6 mois et demi de grossesse, le bonheur est complet, même si nous ne sommes pas franchement insouciants. Tout peut encore arriver malheureusement. Mais nous ne boudons pas notre bonheur.

Pour ceux qui ont lu mon premier témoignage sur ce site, ils savent à quel point nous étions minés. Aujourd'hui je peux presque dire, aussi gros que cela puisse paraître, que toutes les galères comptent pour du beurre. Elles nous ont marqué, profondément, c'est notre histoire, celle de l'enfant à venir, mais aujourd'hui, elles pèsent pas lourd devant cette joie immense.

Je vous envoie à tous beaucoup de courage, de force, d'espoir surtout j'espère. Encore merci pour la chaleur de vos témoignages.
Je continuerai à vous lire...
Avec tout mon soutien...

Je vous embrasse

Lili


Octobre 2005

Bonjour à tous et à toutes.

Un dernier petit message pour vous dire simplement notre bonheur depuis le 7 août 2005, date de la naissance de notre enfant, Jonas, un petit garçon en pleine forme. Inutile de vous dire à quel point nous sommes heureux.

Bon courage à vous tous, quelque soit votre histoire...

Je vous lirai souvent...

Je vous embrasse.

Lili


Leur écrire

Tous les mots colorisés en orange ou mauve vous renvoient au dico.