La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Nicolas - (France - novembre 2001)

Bonjour,

Encore merci pour ce site qui permet de mesurer à quel point les difficultés que nous rencontrons sont partagées par d'autres.

Cela fait deux ans que nous sommes mariés et toujours aucune perspective de naissance à l'horizon. Mais j'avais toujours eu des doutes sur mes " capacités " à pouvoir être père " naturellement. " Il faut dire que j'ai subi de multiples opérations assez tardivement pour une ectopie. Nous en avions parlé avant mariage. Mais il était trop tôt pour prendre la moindre décision. Mais comme rien ne venait, je me suis résolu à procéder à un spermogramme au bout d'un an de mariage. Le bilan est tombé brutalement : azoospermie. Rien. Le néant. Aucun espoir.

Cette nouvelle tomba aussi à un mauvais moment où je rencontrais des difficultés professionnelles très importantes. Bref, c'était le cumul. Et il nous fallait supporter sans rien montrer les questions " alors, toujours pas d'enfants ? ", voir les naissances fleurir tout autour de nous.

Lorsque mon épouse apprit la nouvelle, elle ne me fit aucun reproche mais sa souffrance fut énorme et plusieurs fois elle fondit en larmes, une fois même au cours d'un entretien avec une "psychologue." .

Une première équipe que nous rencontrâmes nous déconseilla le recours à l' I.C.S.I : aucune chance, risques importants, etc.….. Nous décidâmes de passer outre en ayant recours à un spécialiste réputé. Notre décision était prise : il fallait en avoir le cœur net et savoir si aucun espoir ne nous était permis.

Alors ce fut le cycle infernal : examens en tout genre, et re-spermogramme, prises de sang, caryotype, etc.…. Mais la partie la plus dure du traitement concerna mon épouse qui dut subir une stimulation ovarienne poussée et très fatigante, piqûres, etc.. Et tout cela en continuant de travailler en jonglant avec les horaires. Le comble fut atteint un samedi. Elle devait avoir un traitement sous forme de piqûre par jour. Nous étions au mariage d'un de mes frères. Et il a fallu trouver en catastrophe une infirmière. Celle avec qui nous avions pris rendez-vous nous posa un lapin. Après plusieurs péripéties, nous finîmes par en trouver une. Mais je vous passe le stress, l'énervement. Et nous revînmes à la soirée comme si de rien n'était.

Enfin le grand jour de la tentative d'ICSI arriva le samedi suivant, en juin 2001. Nous fumes hospitalisés en clinique et tout sembla bien se passer. L'infirmière nous laissa quelque espoir : Si le chirurgien n'avait trouvé aucun spermatozoïde, il serait venu vous le dire dans la journée. Comme rien ne venait, nous reprîmes espoir.

Le soir même, nous rentrâmes chez nous. Le dimanche passa et l'espoir restait. Le travail reprit le lundi matin. Alors que j'étais en réunion de direction, on me prévint que mon épouse voulait me parler. Elle avait téléphone au centre comme convenu (car la nouvelle n'est pas annoncée par un rendez-vous !!!!!!!!!!!!!!) pour s'entendre dire qu'on avait rien trouvé de mon côté. Bref, c'était la douche froide après un court espoir.

Nous avons du encaisser la nouvelle sans préparation. De mon côté, je suis retourné à ma réunion comme si de rien n'était et faire mon exposé. Mais sous le coup de la fatigue, j'obtins de pouvoir rentrer chez moi l'après-midi pour sombrer dans un sommeil léthargique.

Mon épouse eut plus de courage que moi. Elle resta à a son travail, qui entraîne des contacts importants, et me rejoignit en fin d'après-midi. Dur. Et il fallut l'annoncer au cercle familial restreint. Et nous maintînmes la décision de ne rien dire à nos entourages professionnels.

Lorsque nous revîmes le gynécologue quelques jours après, il convint que la façon dont on nous avait appris la nouvelle de l'échec, ainsi que le comportement du chirurgien en salle d'opération, n'étaient pas normaux et qu'il en parlerait à la prochaine réunion de l'équipe. Il a toujours été très professionnel et d'une parfaite correction avec nous. Et au vu des témoignages, ce n'est pas donné à tout le monde.
Que faire dans notre cas ? Renoncer ? Choisir une nouvelle technique ? Adopter ?
Le choix n'était rien moins qu'évident, pour des raisons éthiques évidentes. Je penchais pour une adoption, mon épouse pour une Insémination avec donneur. Finalement, je me ralliais à son point de vue après quelques hésitations pour plusieurs raisons : Sa volonté, que je comprenais et partageais, d'être enceinte ; Notre volonté d'avoir un petit qui hérite au moins d'une de nous deux ; Les craintes pour tout ce qui concerne l'adoption.

Bref, nous entamons une demande au CECOS mais en gardant le même gynécologue pour faire les inséminations. Et c'est reparti pour les formalités administratives (demandes, reconnaissance devant le juge, etc.…) mais aussi une longue attente avant d'avoir un résultat. Patience et longueur de temps : Nous sommes tous confrontés à cette contrainte.

Voilà, nous en sommes la pour le moment mais gardons espoir. Car c'est le plus important : il ne faut jamais désespérer. Pour les croyants ; la prière aide aussi.

Nicolas


Août 2004

En rentrant dans ce cycle, j'étais loin de me douter de ce qui nous attendait. Les IAD en série et pas plus de 6 tentatives. Autant dire que pour mon épouse, tout y passa : piqûres en série et conséquences physiques lourdes, examens, attentes ...* Il nous fallut 5 tentatives pour réussir. Et finalement, l'année dernière, la bonne nouvelle tomba. Notre petite Amélie est née il y 2 mois et tout s'est bien passé. Mais que ce chemin est difficile et semé d'embûches. Surtout lorsqu'on veut rester discret et ne pas divulguer toute la vérité. Ce choix ne regarde que nous et notre fille."

Nicolas



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