La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Nathalie - (France - mars 2002)

Tout d'abord merci aux fondateurs de ce site qui nous permet de garder l'espoir et de se sentir moins seuls.

Mon mari et moi sommes mariés depuis 4 ans, et nous tentons sans succès d'avoir un enfant depuis 3 ans et demi.

Nous avons une différence d'âge de 16 ans (32 et 48 ans) et lorsque j'ai connu mon mari, il était divorcé depuis 15 ans, il a un enfant qui a 5 ans de moins que moi. Ne voyant rien venir, mon gynécologue s'est en premier intéressé à moi. Tous les examens ont été faits sans rien déceler de particulier (au départ un taux de prolactine un peu élevé mais vite corrigé). Je totalise un nombre de courbes de températures assez impressionnant... Nous avons donc commencé par des stimulations orales, mais toujours rien... Au bout de presque 2 ans, mon mari a fait des examens et là encore, rien d'anormal. Nous souffrons donc d'une stérilité inexpliquée. "c'est dans la tête" me dit-on... Alors j'ai acheté des livres sur notamment les blocages psychologiques, et je ne trouve pas de réponse.

L'année dernière, nous avons réalisé 5 IAC. La 3ème a marché. Après 15 jours de bonheur total, mon gynéco m'apprend que l'embryon ne se développe pas et qu'il faut "l'évacuer".... je suis restée un mois en congé maladie en ayant l'impression d'être au fond du trou sans pouvoir en remonter.

Ma bouée de secours ? L'adoption. Nous avons entamé en suivant la procédure et nous venons d'obtenir l'agrément début février 2002.

Parallèlement, nous avons effectué notre 1ère FIV. Le jour où j'ai appris que c'était un échec, nous avons reçu l'agrément par la poste ! Les deux projets sont intimement liés et l'adoption fait aujourd'hui tellement partie intégrante de notre couple et de notre vie que nous avons décidé d'aller jusqu'au bout, même si je tombe enceinte demain.

Certes, il y a des difficultés d'un côté comme de l'autre... Pour l'adoption notamment nous nous heurtons au fait que nous formons mon mari et moi un couple atypique de par notre différence d'âge, et pour la PMA, je passe par des périodes de culpabilisation terrible car je me demande pourquoi nous n'y arrivons pas... Heureusement mon mari est quelqu'un de tout simplement formidable. Notre mariage est la plus belle chose qui nous soit arrivé à tous les deux et je souffre de ne pouvoir compléter ce bonheur. Comme le disait Anne-Laure, j'en suis au stade (surtout après chaque échec) où j'invente (avec la collaboration de mon mari) des excuses pour ne pas assister à des repas où se trouvent des femmes enceintes, et où, comme ce soir, lorsque nous sommes invités chez des gens qui ont un bébé, nous arrivons à l'heure où nous savons que nous ne verrons pas le bébé car il sera couché. Nous effectuerons la 2ème FIV au mois de mai ou de juin.

Y-a-t-il parmi vous des couples qui ont été confrontés à une telle situation ? Depuis 2 mois, je consulte un psy qui m'a un peu aidé à surmonter l'échec de la FIV mais en même temps, j'ai l'impression que j'en suis toujours au même stade.

Merci

Nathalie


Juin 2002

Après notre FIV de début d'année, qui s'est soldée par un échec, nous avons décidé d'arrêter. En effet, parallèlement, nous avions entamé une procédure d'adoption et nous avons eu l'agrément en février.

La grande nouveauté, c'est que nous avons été acceptés par une association pour adopter notre enfant. Nous avons décidé de nous consacrer entièrement à l'adoption. Nous avons en outre décidé d'accueillir un enfant qui présentera un handicap réversible, c'est à dire qui aura à subir une intervention en France. Aujourd'hui, nous ne pensons plus qu'à ce petit être que nous irons chercher au bout du monde, nous sommes prêts à lui apporter tout notre amour. Je me sens déjà mère à part entière !!!

Une deuxième FIV était prévue ce mois-ci. Je suis allée voir mon gynécologue et je lui annoncé la bonne nouvelle. Nous avons tissé lui et moi une relation particulière à savoir, j'avais la sensation après chaque échec, qu'il essayait de prendre une partie de ma douleur. Il n'était pas nécessaire que nous nous parlions pour nous comprendre. Il a été ravi pour nous. Il m'a simplement rappelé que, étant donné que nous présentions mon mari et moi, une stérilité inexpliquée, rien ne laissait prédire que je ne tomberai jamais enceinte. D'autant plus qu'il est vrai que depuis quelques temps, j'y pense beaucoup moins... Mais franchement, aujourd'hui, je ne sais pas si un jour je recommencerai... Dans notre cas de stérilité inexpliquée, j'ai envie de laisser faire et on verra. Si un jour je suis enceinte, évidemment que ce sera un bonheur, mais si ça ne devait jamais arriver... au moins nous aurons connu le bonheur d'être parents et la joie de rendre notre enfant heureux.

Nathalie


Février 2004

Cela fait bien longtemps que je ne me suis pas tournée vers vous. Je lisais de temps en temps les témoignages mais je ne sais pas pourquoi, je n'avais pas le courage de vous raconter tout ce qui était en train de nous arriver. Aujourd'hui ce sera chose faite. Vous avez peut-être entendu notre histoire dans les médias, en octobre 2002... Mon témoignage sur ce site remonte au mois de juin 2002. Je l'ai retrouvé, je suis Nathalie (2).

A cette époque, je vous apprenais que nous laissions tomber le projet de deuxième FIV car nous avions été acceptés par une association pour adopter un enfant.

Ce que je ne savais pas, c'est que :

- quelques jours plus tard, l'association nous appelait pour nous annoncer qu'un enfant nous était attribué,

- et que je suis tombée quasiment au même moment enceinte tout à fait naturellement !!!

Mi-juin, nous recevons le dossier de l'enfant à adopter avec sa photo et la courte histoire de sa vie (il avait 1 an à l'époque). Nous avions déclaré accepter un enfant ayant à subir une intervention chirurgicale en France et plus exactement nous nous éions énormément renseignés sur les enfants présentant une fente labiale et palatine. L'enfant que l'on nous propose présente une fente labiale opérée et une fente palatine à opérer ; ce qui nous convient tout à fait puisque nous y étions préparés.

Sa photo, je l'ai scannée des dizaines de fois, je l'ai accrochée partout dans la maison et j'en ai donnée un exemplaire à tout le monde, famille et amis en disant à chaque fois "voilà, notre fils". Bref, c'était le bonheur presque total car il n'était pas encore là. Le départ en Chine pour aller le chercher était prévu pour les mois d'octobre ou de novembre. Entre-temps, il fallait faire tous les papiers nécessaires. Au mois de juillet, je me suis rendue à Paris au consulat de Chine et nous avons constitué le dossier nécessaire à l'adoption de l'enfant.
Le dossier devait être déposé le 21 juillet auprès des services de l'association qui s'occupait de nous. 2 jours avant, j'apprends que je suis enceinte. A aucun moment, dans nos têtes à mon mari et moi-même nous n'avons remis en question l'adoption de notre fils que nous avions appellé Nathan. Nous allions seulement être parents de deux enfants au lieu d'un seul. C'était l'extase !!! Nous en avons beaucoup ri.

Et ça n'a malheureusement pas duré. A l'annonce de ma grossesse, l'association nous apprend qu'ils annulent notre procédure d'adoption et nous retirent l'attribution de l'enfant que nous avions accepté. Nous tombons des nues, c'est l'horreur, c'est un langage de sourds. Le président de l'association que nous sommes retournés voir en suivant à Paris- nous disait : « soyez heureux, vous allez avoir votre enfant » et nous on répondait, mais nous avons déjà  notre enfant, celui que je porte est le second». D'autant plus que dans le cadre de l'adoption d'un enfant à handicap réversible â comme c'était le cas- la présence d'autres enfants dans le couple est acceptée.
Nous nous sommes battus de fin juillet à la mi-octobre. Malheureusement cela est arrivé durant l'été, beaucoup de monde était en congés. Nous nous sommes tournés vers la presse et seulement à la rentrée, nous avons pu avoir des contacts. Nous avons eu le soutien de la presse écrite locale puis régionale et enfin nationale par le biais d'une journaliste de Libération qui est venue me rencontrer et également d'une équipe de journalistes de France 2. Un reportage a été diffusé dans le journal de 20 h ; mais malheureusement, ce que nous ne savions pas, c'est que l'association avait demand' dans le mois d'Août à ce que l'enfant soit confié à une autre famille mais pas en France. Les responsables de l'association ne désiraient plus nous parler en raison du remue-ménage médiatique ; nous avons du passer par le Ministère des Affaires Etrangères qui nous a permis d'apprendre que l'enfant avait été adopté en Belgique. Tout était fini depuis août et on nous a laissé continuer, espérer. Le responsable de l'association m'a même conseillé d'accoucher d'abord et ensuite, il nous proposerait un autre enfant si on était toujours intéressé !!! De quoi parle-t-on !!! Après coup, les responsables de l'association ont reconnu avoir "mal jugé" la situation. Ils pensaient que "ça allait nous passer" ; ils n'avaient jamais été confronté au cas d'un couple en cours d'doption et dont la femme tombe enceinte, veut quand même garder l'enfant adopté !

Ce combat a été mené alors que jétais enceinte, cet état dont j'avais rêvé pendant des années !!! Je ne pouvais même pas en profiter ; je n'en étais même pas heureuse !!! Du début de ma grossesse jusqu'au mois d'Octobre, plus exactement jusqu'au jour où j'ai appris que notre combat pour avoir notre fils était perdu, je n'ai connu aucun souci avec ma grossesse et je n'ai été malade à aucun moment. Par contre, dès l'annonce de la perte définitive de notre fils, j'ai commencé à avoir des contractions, et j'ai été placée en arrêt maladie dès le mois de novembre (à 5 mois de grossesse). Et là, j'ai attendu. Nous avons fait refaire la chambre que nous avions préparée pour Nathan et j'ai vécu une fin de grossesse angoissée. Nous avions perdu un enfant que nous devions avoir, alors allions nous vraiment avoir celui que je portais ?
La fin de ma grossesse a été tout aussi angoissante. J'avais dépassé le terme et rien ne se passait. J'allais à la clinique tous les jours, sans changement. Finalement 4 jours après le terme, ils m'ont gardé, fait une injection pour me déclencher les contractions et toujours rien. Mon gynécologue connaissant notre parcours et devant l'impatience et l'angoisse qui nous gagnait tous, il m'a proposé une césarienne. Ce que j'ai accepté et que je ne regrette absolument pas. J'ai vu ma fille sortir, je n'ai pas souffert, tout s'est très bien passé. Prête à recommencer sans problème.

Voilà, mon mari et moi sommes parents d'une petite Lou-Anne depuis 10 mois. Elle est un ravissement quotidien. Elle nous a fait totalement oublié toutes les années de traitement en PMA. Un jour, je lui raconterai qu'elle a un grand frère de coeur auquel nous pensons souvent. Nous avons eu des messages de sympathie de la France entière et notamment des gens que nous ne connaissons pas, que nous n'avons jamais vu, mais qui nous ont adressé tous leurs voeux de bonheur à la naissance de Lou-Anne. Quant à l'association, ils ne se sont plus jamais manifesté même pas pour nous proposer le remboursement des quelques 1 000 que nous leur avions versé en accompte et dont aurait pu bénéficier notre fille. [....]

Nathalie


Mars 2004

J'ai une triste et à la fois réconfortante nouvelle (essayons de trouver le positif à la situation) à apporter à nouveau dans la mise à jour : le 12 février dernier j'ai appris que j'étais enceinte. Tout à fait naturellement puisque nous avons décidé après la naissance de notre fille et vu nos antécédents, de ne pas prendre de contraception. J'ai fait malheureusement une fausse couche le week-end dernier. Ca a été dur car nous avons eu le sentiment de replonger quelques années en arrière. Heureusement, la différence est de taille, elle est blonde aux grands yeux bleus, elle va faire un an dans une semaine et me permet de remonter la pente. Un souci cependant, le taux de Beta HCG ne descend pas beaucoup. Une semaine après ma fausse couche, il est toujours élevé (328), je dois à nouveau le contrôler mardi. Quelqu'un a-t-il vécu la même chose ?

Je pense à toutes celles qui sont dans mon cas et qui n'ont pas encore d'enfant alors je me raisonne et je vous souhaite à toutes d'accéder à votre bonheur très bientôt.

Et en même temps, je croyais que nous avions mangé notre pain noir. Pourquoi la vie est si injuste parfois ?

Nathalie


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