La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Myriam & David - (France - Mai 2005)

Je m'appelle Myriam (27 ans) et mon homme, David (également 27 ans). Nous nous sommes mariés en septembre 2004 et avons directement envisagé d'avoir des enfants.

L'année précédente, en 2003 donc, mon gynécologue m'avait diagnostiqué une endométriose. Je suis donc passée par une coelioscopie qui a permis de "tout remettre à neuf", selon l'expression du gynécologue. Au moment du mariage, on s'est donc dit qu'aucun problème ne devrait venir se mettre en travers de notre désir d'enfant. Il fallait quand-même passer par la case gynécologue pour faire quelques examens pour écarter tout retour inopiné de l'endométriose. Mon chéri m'accomagne au rendez-vous. Le médecin me fait une échographie, tout est ok et me prescrit une prise de sang (au troisième jour des règles) pour vérifier que mon taux d'hormones est normal. Pour toute sécurité, il prescrit également un spermogramme à mon chéri.

Quelques jours plus tard, nous recevons dans la boîte aux lettres les résultats de l'analyse. Je n'y comprends rien, évidemment. Je me jette donc sur Internet. Pour moi, ça a l'air ok, pour ce que je peux en juger. Mais catastrophe ! Le spermogramme de David semble vraiment anormal. J'appelle le gynécologue, on prend rendez-vous... Je me doutais déjà de ce qui nous attendait mais je voulais encore espérer avoir mal interprété les résultats. Malheureusement, le gynécologue confirme nos craintes : mon Chéri n'a pas assez de spermatozoïdes. Il en même très peu (7 millions, c'est pas grand choses... Dont une grand partie qui ne sont pas en forme). J'essaie de faire bonne figure pour ne pas accabler plus que nécessaire David, qui est déjà mal en point. Le gynécologue nous rassure en disant qu'un FIV-ICSI devrait pallier au problème. Il nous explique en quoi ça consiste. C'est lui qui va nous suivre puisqu'il est spécialiste de la stérilité et exerce dans une clinique PMA. Je vous avoue que je n'écoutais qu'à moitié. Il faut quand-même un peu de temps pour réaliser que nous ne pourrions sans doute jamais avoir un bébé par "les voies naturelles". Bref, on prévoit la première fiv pour janvier 2005.

Il faut attendre le 2ème jour des règles pour commencer les injections. Sauf, que mes règles tardent. Un jour de retard, deux, trois, puis quatre... Je commence à m'inquiéter. David décide d'acheter un test de grossesse "on ne sait jamais". Je fais le test au 5ème jour de retard, et là miracle!!!! Je suis enceinte. Je cours faire une prise de sang qui confirme la grossesse, 3ème semaine. C'est magique, on en pleure de joie. On s'en presse de prévenir les deux familles qui n'en reviennent pas. C'est le miracle! J'appelle le gynécologue, sa secrétaire me dit qu'il faut attendre avant la première visite prénatale qui est fixée au 18 février. On passe un mois de rêve à s'imaginer le sexe, le prénom, à voir notre bébé, etc. Ma grande soeur m'apprend qu'elle aussi est enceinte, qu'on a une semaine de différence et qu'on accouchera ensemble. C'est génial.

Arrive la veille de l'écho. Le soir, au boulot, j'ai des crampes très douleurses au bas du ventre. Ma collègue, qui a eu des jumeaux, me rassure en me disant que ce sont les muscles de l'utérus qui sont tendus, que c'est normal. De toute façon, j'ai rendez-vous le lendemain matin chez le gynécologue.

Arrive le fameux jour. Je ne tiens plus en place. Nous avons rendez-vous avec notre bébé!!! Nous allons le voir, entendre son petit coeur, le voir bouger. Le gynécologue m'installe pour l'échographie . Je vois sur l'écran mon bébé apparaître avec ses petits bras, sa tête... Et puis, plus rien. Il ne bouge pas, on entend pas son coeur. J'ai tout de suite compris. Le médecin nous annonce la fausse-couche mais nous assure que c'est une demi victoire "il s'est accroché! C'est déjà une bonne nouvelle" nous dit-il. Je suis complètement sonnée, David aussi. On ne dit plus rien. On laisse le gynécologue organiser le curetage pour le lendemain. Il nous envoie à la clinique pour que je fasse une prise de sang et pour que je rencontre l'anesthésiste. J'ai voulu mourir, sur place. Heureusement que David était là. Je ne pouvais plus m'arrêter de pleurer. Même en écrivant ces lignes, les larmes coulent. Je me rappelle vaguement, qu'on s'est retrouvé dehors, qu'il fallait remonter dans la voiture pour aller à la clinique. Mais j'arrivais plus à marcher. Je crois même que je me suis effondrée. David a été super malgré le coup de massue qu'il venait lui aussi de recevoir. Bref, il m'a fallu un mois pour arrêter de pleurer et deux mois pour accepter de passer par une FIV-ICSI.

Le traitement s'est bien passé, ponction compris. J'ai fait une petite hyperstimulation après la ponction, mais rien de grave d'après le médecin. On m'a transféré deux embryons il y a une semaine et là on attend. Dans 5 jours je dois faire la prise de sang. Nous espérons de tout notre être que la FIV a marché et qu'un bout de vie a commencé en moi. Nous vous tiendrons au courant, évidemment.

En tout cas, un grand merci à La Passerelle. J'ai trouvé beaucoup de réconfort sur ce site. Et là je me suis décidée à témoigner, moi aussi. Merci encore

Myriam


Octobre 2005

Que de changements depuis mon premier témoignage en mai !

La FIV s’est bien déroulée avec transfert de deux embryons. Le coup dur, avant le résultat de la FIV, était d’apprendre qu’il n’y avait qu’un seul embryon congelable, alors qu’il en restait 7, après transfert. C’était d’autant plus difficile que la nouvelle est évidemment tombée pendant les 14 jours d’interminables attentes…

Pendant les 14 jours entre le transfert et les résultats de la prise de sang, j’avais de grosses douleurs au ventre et j’ai du arrêté le travail. Le temps parait du coup beaucoup-beaucoup plus long… Je courais sans arrêts aux toilettes, pensant que les anglaises débarquaient !

Le jour J, je me suis rendue au laboratoire avec mon homme. Je traînais des pieds. A la fois j’espérais être enceinte et en même temps je n’y croyais pas du tout ! Au laboratoire, je tombe sur une copine que je n’avais plus vue depuis un an… Elle était enceinte de 6 mois ! J’étais au bord de la crise de larmes mais David préférait voir là un bon présage. En tout cas, l’après-midi, je n’ai pas été chercher les résultats. Je n’en avais pas le courage, c’était trop dur et puis je n’y croyais plus tant j’avais des douleurs de règles. Mon mari s’est donc dévoue pour y aller (il avait pris conge pour être la pour les résultats…). Il est rentré à la maison comme un fou ! Le test était positif. Faiblement positif, mais positif quand même !

Ont suivies 2 nouvelles prises de sang à une semaine d’intervalle, le taux augmentait significativement. Je n’y croyais pas. Ca avait marche du premier coup ! Evidemment, on était content mais on s’est interdit d’être euphoriques. L’épreuve de la fausse-couche nous a appris que rien n’est acquis et que parfois, il faut se protéger. Je me rappelle surtout de la toute première échographie. J’avais une trouille bleue, suite à ma fausse-couche que j’avais découverte au moment justement de la premier échographie ! Mais elle s’est bien passée et on a appris qu’un embryon sur deux a bel et bien tenu et que son petit cœur battait normalement.

En juin, nous avons déménagé vers le sud pour le travail de mon mari. Ce changement de vie, d’ambiance, de temps (il fait quand même plus beau à Marseille qu’à Paris) m’a fait beaucoup de bien. Surtout qu’à Paris, on n’avait pas de famille (la mienne étant en Belgique, celle de mon mari à Marseille). Du coup, on est entouré d’une famille et d’amis de longue date.

La grossesse ne se passe pas trop mal. Les trois premiers mois, j’ai du rester allongée le plus souvent possible à cause de mon hyperstimulation et donc d’un risque de contorsion de l’ovaire. Après ces trois mois, je pensais reprendre une vie normale. Sauf que là ont commencé les contractions. Je dois donc rester, si pas allongée tout le temps, du mois au repos. Pas de ménage, pas de courses, pas de marche, etc. J’ai passe ces deux derniers mois entre mon gynécologue et les urgences, à cause de grosses crises de contractions. Heureusement, mon col de l’utérus n’a pas été modifié mais les risques, d’abord d’une fausse-couche tardive, ensuite d’un accouchement prématuré, sont toujours présents.

C’est un peu galère comme situation mais je relativise en me disant que je suis au sixième mois de grossesse, que j’attends un petit garçon pour le mois de janvier et que j’ai eu beaucoup de chance que la FIV ait marché dès la première tentative ! En plus, j’ai un mari fabuleux qui m’aide et me soutient a chaque instant !

Je reviendrais vers vous des la naissance du bébé. D’ici la j’essaie de préserver ce petit miracle, quitte à rester allongée encore trois mois !

A bientôt et courage à tous et à toutes,

Myriam et David


Février 2006

Comme promis, je reviens vers vous pour vous annoncer la naissance de notre petit garçon ! Shai est né le 26 janvier 2006, après plus de 24h de travail et une césarienne en urgence.

La fin de grossesse a été plutôt difficile avec une menace d’accouchement prématuré et donc une hospitalisation de 8 jours pour arrêter les contractions. Ensuite j’ai du rester au repos total jusqu’au début du 9 ème mois, début janvier. J’étais sous un traitement lourd pour atténuer les contractions et une sage-femme venait deux fois par semaine à la maison pour me faire un monitoring pour contrôler le cœur du bébé et vérifier qu’il n’y a pas trop de contractions. Finalement, début janvier j’ai pu me relever et reprendre une vie plus ou moins normale. Tout le monde pensait que j’allais accoucher très rapidement, mais le petit a décidé de rester presque à terme (il était prévu le 30 janvier et est arrivé 4 jours avant). Pour l’accouchement, je vous passe les détails : un travail trop long, des contractions fortes mais pas assez régulières, le cœur du bébé n’a pas supporté la longueur (plus de 24 heures) donc le gynécologue de garde a décidé de césariser. Mais au bout du compte, je ne regrette rien ! Les souffrances ne comptent plus depuis que notre merveille est là.

Evidemment, d’ici quelques mois il faudra repenser à une nouvelle FIV-ICSI pour donner un frère ou une sœur à Shai. Dès que nous reprendrons le parcours du combattant, je reviendrais puiser du courage dans vos témoignages. D’ici là je compte profiter avec mon mari de notre miracle.

Encore merci a Viviane et Vincent pour ce site… J’envoie a tous les couples une tonne de courage et vous souhaite beaucoup de chance.

Myriam


Juillet 2008

Bonjour à tous et à toutes !

Je reviens vers vous pour vous donner des nouvelles. Comme je l'ai écrit dans la dernière mise à jour, mon mari et moi voulions un deuxième enfant et pour cela, on était obligé de repasser par une FIV-ICSI. Cette tentative a bien fonctionné puisque nous sommes les heureux parents d'un deuxième petit garçon. Lior est né le 1er juin 2008. Il nous reste 4 embryons congelés, ce qui nous évitera, peut-être, de repasser par un protocole complet, quand nous déciderons d'avoir un troisième enfant... Mais pour le moment, nous profitons de nos deux trésors, véritables miracles de la science.

Encore un grand merci à Viviane et Vincent pour ce site et beaucoup de courage à tous les couples qui traversent cette épreuve. Gardez toujours espoir !

Myriam et David


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