La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Mélanie & Nicolas - (France - Novembre 2002)

Bonjour à tous,

J'ai longtemps hésité avant de me décider à vous envoyer mon témoignage car mon histoire est certainement moins tragique ou désespérée que certaines, mais je me suis dit que plus il y avait d'histoires différentes, plus chaque personne qui consulte ce site pourra se reconnaître et que chaque témoignage est important à partir du moment où ça touche quelqu'un.

Je m'appelle Mélanie et mon mari s'appelle Nicolas. Nous avons respectivement 25 et 29 ans. Ca fait maintenant plus de 4 ans que nous sommes mariés (7 ans que l'on est ensemble) et bientôt 3 ans (déjà) que nous essayons d'avoir un enfant.

Mon histoire commence en 1998, peu de temps après notre mariage. A cette période j'ai beaucoup de problème avec mon cycle alors que je suis sous pilule contraceptive et des grosses douleurs dans le ventre avec une prise de poids (environ 20 kg). J'ai très peur d'être enceinte (ironie du sort...) car je n'ai pas de travail fixe et nous venons à peine de nous installer convenablement. Mon médecin traitant m'envoie faire une échographie et le verdict tombe : OVAIRES MICROPOLYKISTIQUES. Sans réellement m'expliquer ce que c'est puisque la personne qui a effectué l'échographie m'a dit que ce n'est pas grave et assez courant et qu'avec une pilule adaptée tout ira bien, mon médecin m'envoie consulter un gynécologue. Lors du rendez-vous elle me dit qu'en fait c'est un problème d'ovulation et qu'il faut simplement prendre une pilule plus adaptée et me précise qu'il ne faut surtout pas arrêter de la prendre sans un autre traitement. Concrètement, ça veut dire qu'il me sera impossible d'avoir un enfant sans traitement. A cette époque je ne me rends pas vraiment compte de ce qui me "tombe dessus" et de toute façon, prendre une pilule ou une autre, ça m'est égal et puis un enfant n'est pas au programme dans l'immédiat et d'ici là, je serai sûrement guérie.

Et, tout naturellement, ce n'est que quelque temps plus tard (fin 1999) que mon mari et moi avons décidés d'avoir un enfant. Je prends donc un rendez-vous puisqu'il me faut un traitement pour arrêter la pilule. Coup du sort, ma mère doit se faire opérer d'urgence par un autre gynécologue suite à une énorme négligence de notre gynécologue actuelle. Je me décide donc à consulter un autre gynéco pour mettre en route cette grossesse.

En décembre, 1er rendez-vous. Le gynécologue m'explique plus en détail mon problème en me disant qu'il s'agit d'un trouble de l'ovulation du à un manque de progestérone qui fait que l'ovulation ne se fait pas normalement et donc que je ne suis pas réglée. Il me dit également que ce problème se résout facilement grâce à un traitement adapté et qu'une grossesse surviendrait rapidement, pour preuve, sa femme ayant eut le même problème avec un traitement adapté a eu des jumeaux du 1er coup. Il ajoute même que le tout est d'être une première fois enceinte et que pour les grossesses suivantes je n'aurais plus de problème. Le seul "hic", c'est que les risques de grossesse multiple sont plus élevés, mais ayant des antécédents dans la famille, mon mari et moi y étions préparés. Pleine d'espoir et sachant plus précisément ce que j'ai, je repars avec mon ordonnance : du Clomid (2/j) pour déclencher l'ovulation et ensuite du Duphaston (2/j) pour déclencher les règles et éviter des cycles de plusieurs mois.

Après plusieurs mois de traitement infructueux, je retourne chez le gynécologue il me dit de faire une courbe de température, des monitorages de l'ovulation, des contrôles du taux de progestérone à différents stades du cycle, augmente ma dose de Clomid et y ajoute des piqûres d' hCG pour déclencher l'ovulation d'après l'échographie. Le premier monitorage se passe bien mis à part qu'il y a très peu de glaire et que l'endomètre n'est "pas terrible" d'après la personne qui me fait l'échographie. Cependant, ayant un ovocyte assez gros, les injections sont effectuées (1 tous les 2 jours; 3 fois par cycle). Et là je me dis que c'est bon, j'ai des nausées, les seins douloureux et pleins d'autres symptômes pas très agréable de grossesse. Et puis, au bout de 14 jours, je suis réglée. Tout s'effondre... Je n'avais pas fait le rapprochement avec les injections; ceux sont des hormones de grossesse, et ceux sont elles qui donnent la nausée et tout ce qui s'en suit aux femmes enceintes. On se ressaisi. De toute façon, que faire d'autre ? Arrêter ? Hors de question ! Et me voilà repartie pour un nouveau cycle. Au bout du 30ème jour du cycle, toujours rien à l'échographie et le cabinet refuse de continuer le monitorage, je prends contact avec le gynécologue qui me dit d'attendre, que certains cycles durent longtemps. Je patiente.

Après 2 mois sans être réglée, je reprends rendez-vous. Au programme, bilan hormonal complet. Les résultats ne sont vraiment pas terribles : un taux de progestérone égal à celui d'une femme ménopausée et un taux de testostérone bien trop élevé. On déclenche les règles avec du Duphaston et on change le stimulant car le Clomid stimule "tellement bien" l'ovaire qu'il stimule également la fabrication de testostérone (ceci explique cela puisque durant les jours où je prenais le médicament, j'étais d'une agressivité sans nom...). Mon gynécologue me change le traitement, prise de Pergotime à la place du Clomid et on continue le Duphaston et les courbes de température. Toujours rien...

Je commence à désespérer! Ca fait bientôt 2 ans que nous essayons d'avoir un enfant et malgré que ça n'aurait pas du être difficile, rien n'aboutit. Et puis à raison de 3 à 6 mois de traitement à la fois, le temps passe vite. J'en veux aux personnes qui m'entourent et qui n'ont qu'à "claquer des doigts" pour avoir un enfant. Mais bon, il faut prendre le dessus et j'essaye d'être forte pour moi et pour mon mari. Même avec lui, les rapports commencent à être plutôt tendus. Il fait ce qu'il peut pour me soutenir mais rien n'aboutissant, j'ai besoin de plus de soutien. Nous décidons donc d'en parler à la famille. Nous avions jusque là choisi de ne rien dire pour éviter les questions incessantes de l'entourage mais de toute façon comme ils n'arrêtent pas de nous demander "c'est pour quand?" et comme nous ne savons plus quoi leur répondre, çà ne peut pas être pire.

Et voilà que pour la nième fois je voit mon gynécologue qui, cette fois, est bien décidé à résoudre le problème. Il nous fait faire une "batterie" de tests à moi et à mon mari au cas où il y aurait un autre problème que mes ovaires polykistiques. Le spermogramme de mon mari est tout à fait normal, même plutôt bon. Le problème est le test postcoïtal un seul spermatozoïde mort. Suite à ces résultats, nous revoyons le gynécologue qui nous envoie chez un de ses confrères spécialisé dans les problèmes de stérilité. Il nous parle de F.I.V. ou d'insémination artificielle. Nous reprenons espoir, peut-être qu'avec çà, ça marchera...

A la rencontre avec le spécialiste, il m'annonce que je dois perdre 19 kilos avant qu'il ne déclenche quoi que ce soit. Vu le poids que j'ai pris depuis mes problèmes, il a peur de ne pas réussir à doser les hormones. Il me donne un traitement (du Metformine) qui aurait un effet sur les ovaires polykistiques. De plus je dois faire une hystérographie au cas où... Le rendez-vous est fixé (d'après les jours du cycle) au 24 décembre à 15h30 (Joyeux Noël!!!). Là on voit que tout va bien si ce n'est une tâche noire juste à l'entrée de l'utérus qui laisse tout de même difficilement passer le liquide. La personne qui me fait l'examen me demande si j'ai déjà fait une I.V.G. ou une fausse couche, je lui dit que non mais elle insiste au moins 4 fois pour finir par m'énerver. Je lui rétorque alors que dans ce cas, je m'inquiéterais déjà moins puisque j'aurai au moins une fois réussi à être enceinte. Je revois le spécialiste qui me dit que c'est soit un pli au niveau de l'utérus (de naissance) ou un polype. Je dois alors revoir mon ancien gynécologue qui est également chirurgien pour qu'il fasse un curetage. Je vous passe les détails pour arriver au mois de mai où je revois le spécialiste avec 21 kilos et un polype en moins. Il est satisfait et mon mari et moi sommes convaincus qu'il va nous faire avancer. Il me fait refaire un nouveau test postcoïtal sans traitement si ce n'est du Duphaston et là, soulagement, il y a plein de spermatozoïdes mais toujours pas d'ovulation. Il veut commencer une nouvelle stimulation avec 1 Pergotime par jour et je doit continuer les courbes de température au cas où la perte de poids permettrait une ovulation.

Et voilà que début septembre, mon rendez-vous arrive. Le spécialise me dit qu'on va essayer de passer à 2 Pergotime par jour. Et là révélation, nous lui disons que ça ne va pas assez vite, qu'on en a marre et qu'on veut avancer plutôt que piétiner avec les mêmes traitements qui de toute façon ne marchent pas. J'ai déjà pris 3 Pergotime et fait des piqûres d'hCG sans résultat. On ne veut pas encore stagner pendant 2 ans pour que de toute façon ça n'aboutisse toujours pas. Il nous dit que si c'est notre décision, il est d'accord puisque je fais tout comme il l'a demandé et que j'ai tenu le marché des 19 kilos.

Donc ce mois-ci, j'ai commencé les piqûres de GonalF (75UI) d'abord avec une infirmière puis toute seule. A ma 1ère échographie il y avait un follicule de 8 mm à l'ovaire droit et 2 de 10 mm au gauche. Encore 4 jours de traitement et nouvelle échographie, ovaire droit au repos (1 follicule de 6mm) et 2 follicules à l'ovaire gauche (un de 19 mm et un de 18mm), je dois rappeler le soir pour savoir quand faire la piqûre d'hCG. Et là surprise, on me dit que d'après ma prise de sang, je suis en train d'ovuler et que je dois tout de suite faire l'injection pour être sûr d'avoir une bonne ovulation.

Aujourd'hui, mon mari et moi sommes pleins d'espoir. Nous ne pouvons pas nous empêcher de penser que cette fois sera peut-être la bonne et que si c'est le cas, ce sera des jumeaux. Mais personnellement, j'ai peur de tomber encore une fois de haut si ce n'est pas encore bon. Je me demande combien de temps il va encore falloir attendre pour passer à autre chose si besoin est. Et je redoute la période d'angoisse à se demander si je vais être réglée ou pas.

Je voulais en conclusion vous remercier pour ce site vraiment génial qui nous permet de se dire qu'on n'est pas seul et nous apporte du réconfort.

Mélanie.


Janvier 2004

Bonjour,

Voici la mise à jour de notre témoignage.

Je me rends compte que ça fait un moment que je devais vous donner des nouvelles et que je ne l'ai pas fait... Je l'avoue, un peu par superstition.

Je me suis arrétée à mon premier cycle sous GonalF ou rien n'a abouti. J'en ai fait 2 autres sur le même protocole avec 2 ovulation de l'ovaire gauche qui n'ont rien donné.

Au 4ème cycle, l'échographie ne donne rien, pas de follicule après une quinzaine de jours de traitement si ce n'est un petit follicule à l'ovaire droit qui ne se décide pas à grandir. Le spécialiste me dit de monter les dose à 125 au lieu de 75. On se revoit le 26 décembre 2002 et il m'annonce que l'ovulation a déjà eu lieu mais qu'il faut tout de même faire l'injection d'HCG pour favoriser la nidation en cas d'ovulation.

Mon mari et moi n'y croyons pas du tout, déjà en temps normal, ça ne marche pas alors là, c'est l'ovaire le plus atteint, avec une ovulation tardive, avec une piqûre d'HCG faite trop tard et sans avoir programmé de rapport à la bonne date (puisqu'on ne sait pas quand l'ovulation a eu lieu).

Mes règles devant arriver le 9 janvier, nous nous étonnons de ne rien voir venir. Sans trop d'espoir, nous n'en parlons à personne, je n'ai aucun symptôme de grossesse et nous devons attendre le 13 janvier pour faire la prise de sang. Chaque passage aux toilettes devenait une angoisse.

Puis le 13 janvier 2003 à 17 h nous appelons le spécialiste pour avoir les résultats. La secrétaire nous annonce alors : "Félicitation! Grossesse débutante!" Nous sommes fous de joie.

Commence alors l'angoisse des attentes d'échographies mêlée à un bonheur sans nom. En effet, nous voyons beaucoup de gens (notamment dans les témoignages de ce site) qui doivent endurer une fausse couche.
Cependant, tout se passe bien, le cœur du bébé bat, il bouge et grandit bien, et la grossesse se passe très bien.

Puis, le 25 septembre 2003, notre petit François est né.
Il remplit notre vie de bonheur et, il est sûr qu'on n'oublis pas, mais toute cette galère, ces attentes et ces traitements, ça vaut vraiment le coup.

Nous vous souhaitons à toutes et à tous le même aboutissement pour cette année 2004.

Mélanie et Nicolas


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