La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Maud & Antoine - (France - novembre 2000)

Bonjour, Je m'appelle Maud et j'ai 29 ans. Mon mari Antoine a 28 ans. Je suis contente que ce site existe car cela nous fait beaucoup de bien. Je témoigne pour nous deux et pour vous raconter notre parcours. Nous avons eu ce désir d'enfant après 2 années de rencontre. Au début, je ne m'inquiétais pas beaucoup de ne pas être enceinte, je ne posais pas trop de questions. Antoine non plus. Et nous avons finalement commencer à consulter un gynécologue au bout d'un an, à peu près. Et de gynécologues en gynécologues, nous avancions d'examens en examens (hystérographie normale, spermogramme normal, examens de sang normaux, scanner de l'hypophyse normal, courbes de température, test après rapport normal). Le médecin ne trouvant rien d'inquiétant, me prescrit Clomid pendant 6 mois. Ne voyant toujours rien venir, un autre gynécologue nous demande de refaire une hystérographie et un spermogramme. Après des résultats toujours normaux, on me fait faire une coelioscopie ou l'on constate une petite endométriose, qui n'empêchait pas une grossesse. Le temps passe malgré tout, déjà 4 années... Nous souffrons de plus en plus. Le fait de voir nos amis, nos frères et soeurs agrandir leur famille, nous fait mal au coeur, pour nous. Nous sommes heureux pour eux, bien sûr, mais quand cela nous arrivera-t-il ? Je trouve cela si facile pour eux, et nous, nous devons nous battre sans répit. Je supporte de moins en moins de voir les femmes enceintes, les nouveau-nés des autres, je trouve cela tellement injuste... Mais finalement, nous sommes bien entouré et ces bébés nous donnent de l'espoir.

On se posent des questions car si tout va bien au niveau médical, que se passe-t-il alors ? Nous avons pensé à un blocage psychologique qui pouvait être la cause de nos problèmes. Nous nous tournons alors vers une médecine parallèle sans aucun succès...

Le père d'Antoine nous conseille d'être suivis par une équipe compétente et spécialisée. Nous avons énormément de soutien de la part de nos parents et nous en sommes très heureux. Il est tellement important de se sentir soutenu par ses proches. Nous allons donc à Rennes et commençons des inséminations intra-utérine. Nous sommes confiants et contents d'être suivit dans un milieu spécialisé. Le gynécologue me prescrit du PUREGON 100. Je me souviens que nous ne focalisions pas sur cette première tentative. "On verra bien" disions nous. Mais il se trouve qu'après n retard de quelques jours, je me décide à faire un test de grossesse qui s'avère Positif ! Quel bonheur. On n'y croyait pas. Mais quelle déception aussi, lorsque 2 mois après je fis une fausse couche. Ce moment-là terriblement angoissant. Je me sentais tellement mal et vide...

Quelques mois après, le moral était revenu, et nous réattaquions une autre IAC qui fut négative. Après ceci on décide de faire un break de quelques mois. C'est important. Il faut se donner du temps. C'est nécessaire pour le couple de se reposer la tête et le corps. Après un an, la valse des traitements recommence ! Nous retentons 2 IAC à l'hôpital de Vannes, sans succès. Ces inséminations ne se sont pas passées comme les autres. Il y a eu divers problèmes. Le traitement a été interrompu car le taux d'oestradiol ne suivait pas. Dans ce cas-là, la fécondation ne pouvait se faire. Donc le traitement s'arrêtait sans tenter l'insémination. Nous nous sommes alors trouvé face à un problème d'hormones, qui n'existait pas avant. En colère à ce moment là, nous décidons de retourner à Rennes faire la dernière IAC qui fut négative aussi. Nous exprimons le désir de passer à la fécondation in vitro et le médecin nous inscrit sur la liste d'attente. Il faut attendre 9 mois pour pouvoir commencer le traitement. Attendre encore ! Ce problème d'oestradiol nous inquiète. Je n'avais pas ce souci avant, et tout d'un coup, cela arrive brutalement. Je ne comprends pas. Et là, une envie de tout changer nous prends ! De la campagne ou nous étions, l'envie d'aller en ville nous tente. Et nous parlons d'un voyage... P Nous savons que nous avons 9 mois d'attente pour la première tentative FIV. Nous décidons alors de partir 2 mois aux Antilles ! On a envie de changer d'air ! Et pour le coup nous refaisons un break de 2 mois. Ce fut fantastique de se retrouver tout les deux Nous sommes partis à l'aventure, en sac à dos. D'île en île, on a découvert les Antilles...Et surtout avons pensé à autre chose.

Lorsque nous sommes revenu de notre périple, en pleine forme, nous emménageons dans notre petit nid d'amour.... Entre temps, le courrier de la Clinique de Rennes arriva, nous signalant le début du traitement FIV qui commence en septembre. Nous sommes contents. Les infirmières qui viennent pour me faire les piqûres sont d'une extrême gentillesse, et je tiens à le dire, car c'est rare de trouver des gens si sympathique lors d'un traitement si lourd ! Nous avons tellement d'espoir en cette tentative et nous avons hâte de savoir combien d'embryons il y aura après la ponction... Lorsqu'Antoine appelle le labo, la personne lui annonce qu'il n'y pas d'embryons, que sur 8 ovocytes, plus de la moitié sont de mauvaise qualité. Quelle souffrance il a ressenti. Il me regarde et me fait un signe de la tête pour me faire comprendre ce que lui disait le biologiste. J'ai de suite compris. Je me suis effondrée. Quelle injustice ! Le traitement a été stoppé net. Après cet échec, j'appelle le secrétariat qui me donne un rendez-vous un mois après, le 20 novembre ! Je suis en colère car on nous laisse sans explication aucune. Je trouve cela lamentable. De plus, à chaque fois que nous sommes rendu à Rennes, pendant la FIV, nous avons été mal reçu. Gynécologue désagréable parce que c'est dimanche, gynécologues muet pendant une échographie, gynécologue trop pressé ! Je trouve inadmissible que l'on puisse se comporter de cette manière. Il est clair que j'ai souffert de ce manque de communication et d'information. On a l'impression d'être là seulement pour payer !

Nous mettons beaucoup d'espoir dans ces traitements longs et difficiles, comme vous tous d'ailleurs. Nous nous encourageons mutuellement, Antoine et moi, et n'attendons pas, ou plus, le réconfort du médecin. Mais ne pas se rendre compte que la patiente a besoin de quelques phrases pour comprendre ce qu'il se passe dans son propre corps est inacceptable ! Le fait d'être informé rend un échec plus facile à vivre et à accepter. Nous sommes sorties de cette première tentative de FIV, dans un état regrettable car nous avons été mal informé. Je sors de cette épreuve, un peu cassée à l'intérieur...
Le père d'Antoine qui est médecin à St Brieuc, a essayé de nous expliquer un peu, comment analyser les choses. Cela nous a fait du bien. Je rappelle que nous sommes entouré chaleureusement par nos parents respectifs, et cela nous aide beaucoup... Il a donc envoyé un fax au cabinet en insistant pour avoir un rendez-vous plus tôt. Tout à coup, il y avait de la place pour le 2 novembre. Nous sommes resté 1 heure dans le bureau du médecin, a déballer toutes nos angoisses et nos incompréhension face à une équipe incompétente en matière de communication. Quel soulagement ! On s'est senti plus léger. Il a quand même été très sympa et a reconnu que l'équipe n'avait pas été à la hauteur.

Vous qui nous lisez, n'hésitez pas à dire ce que vous pensez aux praticiens. Ne gardez pas toutes ces angoisses pour vous. Ne vous laissez pas impressionner et haussez le ton pour comprendre mieux ! Faites quelques breaks pour éviter de vous écraser sous les traitements ! Mais il est évident que les pauses n'enlèvent pas la douleur, mais elles nous aident.

Nous sommes en Novembre 2000, et nous finissons de compléter le dossier d'adoption que nous allons envoyer. Nous sommes toujours suivis à Rennes, et retentons une FIV en Janvier 2001.

On garde espoir...et vous aussi j'espère ! Il faut garder courage.


mars - avril 2001

Nous avons déjà témoigné en septembre 2001. Beaucoup de choses ont changé pour nous.
En fait nous avons décidé d'arréter les traitements de fécondation in vitro. Nous n'avons pas souhaité continuer car nous voulons préserver notre couple et garder intact notre relation. Nous ne supportons plus les douches froides !
En Octobre 2000, nous avons écrit à la DDASS pour un dossier d'adoption. Aujourd'hui, nous avons passé tous les entretiens avec les travailleurs sociaux qui nous ont dit qu'il n'y aurait pas de problème pour obtenir l'agrément. En juin, nous aurons notre passeport pour la parentalité !

Nous sommes heureux de ce choix d'adopter un bout'chou. On dit que c'est le parcours du combattant, mais certainement pas autant que les traitements médicaux. En tout cas nous en sommes qu'au début...on verra !

Si quelqu'un pouvait nous renseigner sur la procédure d'adoption à l'étranger sans passer par association, merci beaucoup.

A très bientôt.


Avril 2002

Bonjour,

On souhaitait vous annoncer notre arrivée du Cambodge où nous avons adopté notre fils Célestin, qui avait 4 mois lorsque nous l'avons rencontré. Nous sommes en mars 2002, et avons enfin réalisé notre rève le plus cher !

Nous vous souhaitons à tous l'aboutissement de vos démarches...

Ne perdez pas espoir... et suivez votre instinct !

Maud et Antoine

Maud et Antoine
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Tous les mots colorisés en orange ou mauve vous renvoient au dico.