La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Marielise & Nicolas - (France - novembre 2005)

Après avoir lu beaucoup de vos histoires avec un grand intérêt sur ce joli site, je me décide à vous faire partager la nôtre.

Pour les présentations je m'appelle Marielise, j'ai 32 ans et mon mari s'appelle Nicolas , il a 33 ans. Cela fait 8 ans que nous sommes en couple et 2 ans que nous essayons de faire un bébé.

L'aventure de la stérilité a commencé un matin où l'on s'est dit que comme bébé n'arrivait pas (cela faisait 6 mois d'essais), on allait consulter une gynécologue pour vérifier que tout va bien. Elle a prescrit un spermogramme pour monsieur et une prise de sang pour moi.

En recevant les résultats à la maison on a bien sûr essayé de les comprendre mais ce n'est pas une mince affaire!! Alors j'ai apporté tout cela à la gynécologue qui a ouvert mes résultats en premier et qui a fait une drôle de tête, elle m'a expliqué que mes résultats d'inhibine b était bien trop bas et que cela n'était pas de bonne augure mais qu'avec un spermogramme de qualité on ne devrait pas se faire trop de soucis malheureusement ceui-ci était loin d'être de qualité!! Elle m'a dit que cela allait être difficile pour nous de faire un bébé sans la pma.

Le retour à la maison où il a fallu expliquer tout cela à mon mari a été très difficile et les jours qui ont suivi également.

Nous sommes retournés la voir un mois après pour plus d'informations et là son discours a été nettement moins alarmiste, on ne comprenait plus rien, elle m'a prescrit une hystérographie pour vérifier l'état de mes trompes. L'examen n'a pas été une partie de plaisir mais la douleur est momentanée. Nous avons emmené nos résultats à une autre gynécologue qui me voyant complètement effondrée nous a secoué en disant que ce n'était pas catastrophique que maintenant beaucoup d'hommes avaient des spermogrammes pas terribles et que mes résultats n'étaient pas mauvais et que de toute façon, notre génération on voulait tout tout de suite et que l'on ne savait plus attendre.

Alors on a attendu !!, 4 mois sont passés et toujours rien. On est allé consulté une gynécologue spécialiste de la stérilité qui nous a fait refaire les examens. Pour mon mari : asthénospermie nette et quelques atypies, pour moi rien d'alarmant puisque l'inhibine b doit être lue associée avec la fsh (un peu élevé mais ça va). Test de Hühner : 0 spermatozoïdes dans la glaire. Le couperet tombait enfin et nous pouvions savoir d'où venait le problème !

La proposition était la suivante : coelioscopie et hystéroscopie pour voir si les trompes ne sont pas bouchées puis insémination !! La coelioscopie s'est bien passée, on a détecté une trompe un peu inflammatoire et 2mm d'endométriose rien d'alarmant apparemment. Nous avons décidé de nous donner toutes les chances en prenant rendez-vous dans un grand centre de pma dans une grande ville à 45 minutes de chez nous où nous avons rendez-vous avec un docteur complètement submergé mais humain et très sympa qui ne nous a pas laissé le temps de réfléchir ni trop de parler d'ailleurs. Son protocole est clair dans sa tête et il nous l'explique comme si nous étions des enfants :on refait les examens (spermogramme, prise de sang pour nous deux,test de hühner qui confirment les autres examens) et on débute par une insémination en cycle spontané. Cette insémination ponctuée de rendez-vous au centre pour des échographies et des prises de sang a échoué mais nous étions plein d'espoirs en nous disant qu'il en restait 5 autres, la seconde s'est faite en cycle spontanée également : échec. La troisième s'est faite en cycle induit (injection sous cutanée de menopur 75) nous avons connu la joie des piqûres de stimulation puis de celle de déclenchement pour un résultat toujours similaire, nous avons donc enchaîné sur la 4° qui avait le même protocole. La 5° a été annulée pour cause de kystes, mon corps demandait une petite pause dans ce tourbillon où nous n'avions plus le temps de penser à ce qui nous arrivait, elle eut lieu le cycle d'après avec une stimulation au fostimon 75 et toujours l'ovitrelle pour le déclenchement, malheureusement celle-ci a encore échoué.Les résultats des spermogrammes de mon mari étaient pourtant satisfaisants et mes stimulations également, puisque à chacune , il y avait 2 follicules, nous étions démoralisés!!

Notre médecin au centre nous a dit que les inséminations ne nous convenaient pas et qu'il fallait passer à la fiv, que j'avais une trompe inflammée, un terrain endométriosique et des taux d'hormones irréguliers, nous étions effondrés!! Pourquoi nous ? Pourquoi la fiv ? On a essayé de se raccrocher à l'espoir de la dernière insémination qui a eu lieu après un mois de repos. Malheureusement cela commençait mal car j'avais 2 kystes. Après une prise de sang et une échographie, le médecin a donné son feu vert pour la stimulation au Fostimon 150( vitesse supérieure), au bout de 6 jours j'ai fait une échographie et on s'est aperçu qu'un follicule de 20 cm était prêt, piqûre de déclenchement le soir même et insémination : le surlendemain qui était le 10è jour de mon cycle, jamais cela n'avait été aussi tôt!!! Le test de grossesse était prévu 18 jours après et je comptais les jours en ne pensant qu'à cela, 10 jours après, en cachette, j'ai fait le test de grossesse urinaire et il est apparu une fine bande rose, j'étais aux anges (pourtant je savais que le test n'était pas fiable sous hormones).

Les jours passaient et les règles n'arrivaient pas, on commençait à se dire que c'était bon, on calculait la naissance du bébé, on cherchait dans notre tête des prénoms, on se préparait doucement à cet évènement. On arrivait à la veille de ce tant attendu test de grossesse sanguin (que je n'avais pas fait une seule fois depuis) et je commençais dans la soirée à avoir des pertes, nous étions abasourdis par la douleur, par l'injustice de cette situation, par la perte de nos illusions, par cette histoire qui nous usait et nous rendait insensible à tout et à tout le monde. Nous décidions tout de même de faire ce test de grossesse sanguin, qui bien entendu s'est avéré négatif. Le soir même, nous avions rendez-vous au centre pour parler de la suite avec notre médecin (après deux heures et demie d'attente!!), nous avons abordé cette dernière insémination, il n'a pas su nous dire pourquoi j'avais eu du retard : un oeuf mal accroché, un cycle avec des kystes donc pas de bonne qualité ? Va savoir! Le médecin nous a parlé de la fécondation in vitro que nous pourrions commencé après un cycle de repos et nous voyant un peu réticents, a abordé le problème de l'endométriose qui pourrait bloquer la réussite des inséminations (il me semblait que 2 mm d'endométriose n'était rien, selon lui il s'agit d'un terrain à partir du moment où il y en a) il nous a donc proposé de me mettre sous ménopause pendant 3 mois avec 3 injections de Decapeptyl. Puis de faire une demande à la Sécurité Sociale pour 3 nouvelles inséminations. Il a bien précisé que lui, nous conseillait plutôt de passer aux fiv directement. Nous avons bien réféchi aux deux solutions qui s'offraient à nous et nous avons décidé de faire les 3 mois de ménopause, cela nous permet de prendre du recul par rapport à ce qui s'est passé en 6 mois, de traiter une cause possible de la stérilité et de retenter encore 3 insémines, ce qui nous laisse encore quelques chances supplémentaires avant de passer à la fiv (que je sais nous diabolisons et qui nous fait peur!!).

Voilà où nous en sommes aujourd'hui, la piqûre a été faite, j'espère pas pour rien (vu les effets secondaires) c' est l'avenir qui nous le dira. La stérilité est une épreuve terrible ponctuée de moments d'espoir et de déceptions, c'est une épreuve que l'on partage en couple et une épreuve solitaire. Nous nous sommes isolés et nous avons fait beaucoup le vide dans nos relations ne gardant que l'essentiel, difficile de ne pas fuir ceux qui étalent leur bonheur de femmes enceintes ou le bonheur de beaux bébés ou enfants souriants, en les voyant on ressent un goût amer dans la bouche et des sentiments pas très jolis qui nous font culpabiliser et renforce notre malaise. Nous savons qu'il faut lutter contre cela, parfois quand l'espoir est là, c'est possible mais parfois tout est trop lourd.

A très bientôt.

Marielise et Nicolas.


Février 2008

Bonjour,

Je viens mettre à jour mon témoignage de novembre 2005 et apporter je l'espère un peu d'espoir à certaines. Après ces 3 mois de ménopose artificielle, nous avions 2 choix : soit passer au F.I.V, soit retenter 3 I.A.C et comme nous n'étions pas encore prêts psychologiquement pour les F.I.V. , nous avons préféré continuer les I.A.C.

A la première nouvelle tentative, j'étais enceinte. Quelle joie ! Le début a été très surveillé, j'ai du faire une amniocenthèse car la clarté nucale était limite, mais tout s'est très bien passé, j'ai eu une super grossesse et l'arrivée de bébé en octobre 2006 nous a comblé de joie.

Puis 9 mois après en juillet 2007, je suis tombée enceinte naturellement, nous avions l'impession de prendre notre revanche mais malheureusement 3 mois après en octobre 2007, je faisais une fausse couche. Cela a été très difficile mais nous avions notre petit garçon qui nous souriait alors on ne pouvait que lui sourire en retour. Un mois après, j'attendais toujours mon retour de couche, mon médecin m'a prescrit une prise de sang et les résultats sont arrivés, j'étais à nouveau enceinte mais cette fois-ci, nous étions très réservés car après un curetage, c'est difficile pour un embyon de s'accrocher et nous attendions une nouvelle fausse couche.

Aujourd'hui, en févier 2008, cela fait plus de 3 mois et tout va bien, nous croisons les doigts pour que cela continue. je ne pensais pas tomber enceinte 2 fois naturellement comme quoi...

Amitiés,

Marielise et Nicolas.


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