La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Marie & Damien - (France - Janvier 2006)

Merci à vous d'avoir créer ce site afin de pouvoir rencontrer des couples qui ont les mêmes difficultés que nous. J'espère que notre témoignage pourra m'aider et aussi aider d'autres couples dans notre situation.

- JUILLET 2003 :
Notre mariage : un des plus beaux jour de ma vie. Rapidement notre désir d'avoir un enfant est présent. J'arrête ma contraception en me disant que le bébé ne viendra pas tout de suite car mes cycles sont un peu désordonnés. Je suis moi-même sage-femme donc je sais qu'il faut être patiente (2 ans au moins). Le temps passe avec pas mal d'occupations car nous avons acheté une maison que nous avons complètement rénovée. Cette période fût difficile pour tous les deux car d'une part nous habitions chez les beaux-parents et d'autre part nous sommes très fatigués par les travaux physiquement et émotionnellement. Bien entendu notre projet d'enfant passait au second plan car nous nous disions que nous n'étions pas dans les meilleures conditions pour que cela marche.

- MARS 2005 :
C' est la joie, nous emménageons enfin dans notre maison et nous nous réjouissons enfin de nous poser et de passer à d'autres projets. Tout le monde nous disait que le fait de rentrer chez nous, le bébé arriverait par la suite. Mais le temps passe, les cycles se multiplient et toujours rien.

Je vais consulter ma gynécologue qui me conseille de faire des bilans sanguins et courbe de température et que mon mari fasse un spermogramme. Or, cela faisait déjà un an que je prenais ma température car cela m'aidait à repérer ma période d'ovulation car j'avais des cycles irréguliers. Mon mari était réticent de passer à la vitesse supérieure car il estimait que nous n'avions pas assez de recul pour aller en consultation pour la stérilité. Je respecte son choix et je me raisonne en me disant qu'il n'a pas tord.

- fin SEPTEMBRE 2005 : Nous prenons enfin rendez-vous au centre de PMA avec bien entendu de l'angoisse mélangée à de l'espoir. Les résultats de mon mari sont normaux et de mon coté rien de particulier avec peut être une dysovulation. En fait au départ, on m'annonçait des trompes pas perméables à l'hystérographie mais non confirmé par ma gynécologue. Grande frayeur !!!! Puis parachutée du jour au lendemain, nous commençons la première stimulation (GONAL F) avec test post-rapport bon. Mon retard de règle supérieur est supérieur à 20 jours donc au 21 ème jour, test de grossesse négatif. Nouvelle très dure car pendant un instant on y a cru et on s'est emballé trop vite !!!(c'était l'Utrogestan qui causait mon retard de règles). A partir de ce moment là, j' ai réalisé que nous commencions juste le circuit de la PMA. J'étais vraiment pas bien et je pleurais de cet échec et surtout de me dire de recommencer tout au début. Le plus dur est que dans mon métier, j'accouche des mamans et je n'arrive pas à me dépayser de ce monde des bébés. Ma sensibilité est à fleur de peau et je ressens une certaine fatigue que je n'avais pas avant.

- DECEMBRE 2005 :
Je prends la difficile décision de me retirer de la salle d'accouchement car les gardes sont nombreuses de nuit et il est difficile pour moi d'annoncer à mes collègues que je ne peux pas assurer telle ou telle garde du jour au lendemain. Même si mes collègues sont très gentilles et comprennent notre situation, je ne peux pas leur demander de prendre mes gardes pour me remplacer, surtout qu' elles ont une vie aussi et je sais que ce seront toujours les mêmes qui dépanneront. J'adore mon métier mais en ce moment, je serai ravie de faire autre chose car c'est dur.

Puis nous avons la nouvelle heureuse que la petite soeur de mon mari (4 ans de moins) est enceinte de 3 mois. La déprime pour tous les deux est grande car nous nous disons qu'ils n' ont pas eu de mal comme nous et nous nous attendions absolument pas à cette annonce. Il faut être fort et content pour eux car nous savons très bien qu' ils sont très tristes pour nous.

Nous commençons notre deuxième tentative avec insémination cette fois-ci. Lors de l'insémination, la gynécologue a eu beaucoup de mal à attraper mon col et m'annonce que j'ai des pertes douteuses. En gros, elle ne pense pas que cela marche cette fois-ci. Moral à zéro, je me dis que je n' y arriverai jamais et je ne sais pas si je serai capable de supporter de multiples échecs. En plus le top est que le résultat tombe pile le jour de Noël. Moi je suis sure que c'est négatif ce qui explique ma déprime. Mon mari tellement avide de savoir le résultat, m'achète un test de grossesse. Je le prends très mal car je ne voulais pas le savoir avant les fêtes. Je le fait dès le premier jour de retard des règles et sans aucune surprise, c'est négatif. Encore un échec et je ne supporte plus d'aller dans ce centre, j'ai peur de l'avenir. Je me sens seule avec mon mari. J'ai l'impression que personne n'imagine dans quelle détresse nous sommes. Je trouve que dans ce parcours de la stérilité, les médecins ne nous ménagent pas et que nous sommes simplement des numéros. J'ai quand même fait un prélèvement vaginal suite à l'allusion que j'avais probablement une infection bactérienne. Mais le résultat est normal.

Voila les fêtes arrivent et la joie n'y est pas. Par contre j'ai une volonté de changer, je ne veux plus déprimer ou ne penser qu'au bébé. Je veux m'en sortir et changer pour mon mari car le pauvre ne vit pas des choses faciles avec mon moral bas. Nous allons essayer de partir au ski en Mars avec ma soeur et mon beau-frère.

Merci de m'avoir lue et je souhaite beaucoup de courage à tous et à toutes. Prochaine tentative, c'est génial ça tombera pile pour le Nouvel An !!!! Pas de répit pour les fêtes.

Marie


Décembre 2006

- JANVIER 2006 :
Deuxième insémination qui se solde par un échec . Celui-ci est moins terrible à surmonter car curieusement on part un peu plus défaitistes que les premières.

- FEVRIER 2006 :
Troisième insémination avec bien entendu un résultat négatif. Là, je commence à me poser sérieusement des questions pour savoir si un jour j'aurais la joie d'être maman. Le doute est difficile à gérer et lorsque j'essaie de me raisonner, je ne trouve aucun réconfort. Notre couple est soudé mais pour mon mari ce n'est pas évident de me voir triste. Je me culpabilise car à chaque fois les résultats de mon mari sont bons, donc forcément je me dis que c'est de ma faute. En parallèle, ma belle-soeur prend du ventre et c'est pas toujours évident de ne pas l'envier. Elle aussi a eu des soucis car elle a dû passer une amniocenthèse car elle avait un risque d'avoir une trisomie 21. J'ai dû en quelque sorte en tant que sage-femme et belle-soeur la rassurait et j'avoue que ce n'était pas évident pour moi. J'étais persuadée qu'il n' y avait pas de risque car ce double test est souvent positif avec un caryotype normal. Au fond de moi, j'avais envie de lui dire de profiter de sa grossesse au maximum et de ne pas oublier qu'elle a la chance d'être bientôt maman.

A ce moment là, je prends un rendez-vous avec la gynécologue pour faire le point et voir s'il ne faut pas envisager d'autres bilans. Elle nous prescrit à tous les deux une recherche d'anticorps anti-spermatozoides car lors des prélèvements de mon mari, ils ont trouvé quelques agglutinats. Tout est revenu négatif et bien soulagés. J'ai passé aussi une hystéroscopie avec biopsie d'endomètre pour voir la qualité de la muqueuse utérine et voir s'il n'y a pas obstacle sur le col utérin car mes inséminations sont douloureuses. J'ai été hospitalisée une journée avec anesthésie générale. Ca s'est bien passé plus de peur que de mal. Nous avons retrouvé une discrète endométrite chronique donc j'ai été traité sous antibiotique pendant 1 mois. J'ai enfin pu me dire que c'était pour cela que ça marchait pas.

- JUIN 2006 :
Quatrième insémination avec un moral bon et confiante du résultat. Le fait de prendre un peu de recul (forcé avec le traitement antibiotique) m'a laissé un peu souffler et surtout reprendre confiance en moi. Malheureusement, j'ai été hospitalisé au moment du résultat pour des névralgies cervicales atroces paralysant mon bras gauche. J'ai eu des douleurs et j'ai dû prendre des médicaments antalgiques malgré la possibilité de grossesse. Aux urgences, le médecin m'a d' abord dit que c'était de la folie d'avoir pris tous ces médicaments et que si j'étais enceinte, je ferai un enfant malformé. Ça été très dur d'entendre tout ça d'autant plus que je le savais car je suis sage-femme mais la douleur était insurmontable. J'ai du passer un IRM en urgence avec B.H.C.G. et c'est shootée par la Morphine que j'ai appris que j'avais une grosse hernie cervicale et que je n'étais pas enceinte. Un autre médecin m'a dit qu'il comprenait pourquoi j'avais aussi mal. J'ai le moral à zéro entre douleur, Cortisone, Morphine, opération et toutes les monstruosités dites par le médecin par rapport à la grossesse éventuelle. J'ai été hospitalisée 15 jours et je suis toujours arrêtée et cela fait 4 mois. La bonne nouvelle, c'est que tout rentre dans l'ordre et sans intervention. J'ai eu la possibilité de partir en vacances dans le sud avec mon mari ce qui nous a fait le plus grand bien. Juste avant notre départ nous avons notre chat qui s'est fait écrasé et ça été terrible pour tous les deux. A cette même période, ma belle soeur a accouché d'une jolie petite fille. Nous sommes heureux d'être tonton et tata mais en même temps de la souffrance car ils sont plus jeunes que nous. Enfin vous voyez ce que je veux dire. Il fallait que nous partions pour nous changer les idées et ça a fait le plus grand bien. Avec mes soucis de santé j'ai eu l'accord du neurologue pour reprendre les traitements que depuis peu.

- OCTOBRE 2006 :
Cinquième insémination pleine d'espoir en me disant que je ne serai pas stressée par le boulot. Echec ! Grand coup de masse sur la tête, j'en ai marre, je perds espoir et je pleure tellement c'est dur. On en peut plus et c'est dur d'y croire encore. Heureusement avec tous ces événements, j'ai pris la décision de me faire suivre par une psychologue.(Cela fait 4 mois) J' y vais une fois par semaine pour m'aider.

Curieusement pendant la phase de pause des traitements pour la fertilité, le moral était meilleur et je me sentais mieux dans ma peau. Mais dès la reprise des traitements, cette fragilité a ressurgie. Il est indispensable de se faire aider dans ce parcours car toutes nos souffrances sont là et il faut nous faire aider. Dans nos familles proches, nos amis, nos collègues, c'est très difficile de parler de notre problème et on ne se sent pas aider. Il ne faut pas se renfermer et la solitude est insurmontable dans ces moments là. Mon mari est génial et heureusement qu'il est là et que notre amour nous aide à surmonter toutes ces peines. J'ai vraiment de la chance de l'avoir et je l'aime très fort.

- NOVEMBRE 2006 :
Sixième et dernière insémination avec sans grande ambition sur le résultat. J'ai décidé de la faire malgré la hantise de voir un résultat négatif mais en même temps je m'en serai voulu de ne pas l'avoir tenté comme je l'avais décidé avec ma gynécologue. Mon mari m'a accompagnée ce matin et nous avons pris rendez-vous pour la F.I.V. d'ici la fin du mois. J'ai très peur de la F.I.V. mais je sais qu'il faut passer à autre chose comme protocole.

Voila ce qu' il en est pour nous mais en conclusion ce qui est admirable, c'est que nous gardons toujours l'espoir en relisant vos témoignages. Merci de vos nouvelles, ça aide toujours de rencontrer des personnes qui vivent les mêmes problèmes que nous. Vos témoignages sur le vécu de la F.I.V. m'aideront aussi à surmonter toutes mes craintes, mes angoisses. Je souhaite bon courage à tout le monde et merci encore une fois à Viviane et Vincent pour votre site.

Marie


Décembre 2007

Nous tenions à vous informer de la naissance de nos deux petites merveilles Martin et Lilou nés le 14 octobre 2007. Elle pesait 1985 g et son frère 2820 g.

J'ai été hospitalisée sur la fin de grossesse car elle ne grossissait plus. Ils sont nés à terme après un accouchement naturel merveilleux. Maintenant, ils ont 2 mois et demi et je les allaite en même temps et ils commencent à faire leur nuit. Chaque jour, ils changent et leur sourire nous comble de joie. Nous en profitons au maximum et tous les moments difficiles d'avant s'effacent.

Nous pensons à vous et à tous ceux qui vivent ces moments difficiles dans le parcours de la stérilité. Nous ne vous oublions pas et si vous avez besoin de quoi que ce soit n'hésitez pas à m'écrire.

Nous vous souhaitons à tous et à toutes une bonne année en espérant que vos souhaits se réalisent.

Marie


Leur écrire

Tous les mots colorisés en orange ou mauve vous renvoient au dico.