La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Laetitia & Laurent - (France - novembre 2005)

Bonjour!

Je m'apelle laetitia et j'ai 25 ans. Je suis en couple avec mon mari depuis 8 ans et mariée depuis 5 ans. Depuis très longtemps je sens mon désir d'enfant : déja adolescente je m'imaginais enceinte, m'occupant de mon petit bout à moi. Mais la raison fût la plus forte et aprés mon bac je m'engageais pour 3 ans d'études, relégant mon envie de bébé tout au fond de moi.

En juillet 2002, ma soeur m'annonce sa grossesse. Je suis trés heureuse pour elle et décide de ne pas attendre l'obtention de mon diplome (3 mois plus tard) pour arréter la pilulle, ne sachant pas combien de temps je mettrai à tomber enceinte.

Un an passe. Prise par mon travail passionnant et le projet de construction de notre maison, je ne m'inquiète pas trop, me disant que nous ne sommes pas si pressés que ça. Pourtant, fin 2005, voyant que mes cycles sont trés irréguliers je parle à mon gynécologue de notre projet de bébé et lui demande de l'aide afin d'augmenter mes chances de tomber enceinte. A ce moment là aucune idée de quelconque stérilité ne me frôle. Je pense juste qu'il suffit de régulariser mes cycles pour tomber enceinte. C'est le début d'une spirale infernale, qui met à mal notre intimité sexuelle, notre vie de couple, notre fierté. De courbe de température en échographie, nous passons 2 ans à nous poser des questions, je suis persuadée que mes troubles de l'ovulation sont le fond du problème. J'essaie plusieurs traitements inducteurs d'ovulation par voie orale, efficaces selon les résultats des courbes et des échographies. Pourtant, toujours pas de bébé en vue... Notre moral baisse. Quoi de plus naturel que de vouloir transmettre la vie ? J'accepte de moins en moins de devoir demander à quelqu'un de nous aider, d'exposer ma vie en détail, de ne pas savoir ce qui se passera pour nous et si nous aurons enfin notre enfant. Mon homme ne dit pas grand chose mais je sais qu'il souffre de la situation et son désir d'être père se renforce.

Décembre 2004 : Nouveau contrôle échographique qui décèle une masse sur un des ovaires. Inquiètude sur la nature de cette chose qui grossit et qui est peut-être la raison de mon infertilité. Mon médecin se veut rassurant, il pense plutôt à un kyste ou à une lésion qui endommagerait la trompe. En janvier 2005, on m'enlève par coelioscopie ce qui s'avère être un kyste dermoïde bénin. Je suis rassurée, J'avais peur de me réveiller avec une trompe en moins ou que ce soit une tumeur. La gynécologue me précise que les trompes sont perméables et qu'il n'y a plus d'obstacle à une grossesse. Elle me dit même que j'ai toutes les chances d'être enceinte dans les 6 mois. De nouveau, l'espoir! Je vais avoir un bébé, c'est sûr puisque le médecin l'a dit !

Le mois dernier, desespérée de sentir encore mon ventre vide d'enfant, et aprés quelques faux espoirs lourds à accepter, je demande au spécialiste un spermogramme pour mon mari. Nous en avons discutté et malgré son manque de motivation évidente, nous savons qu'aprés 3 ans d'essais infructueux il faut d'autres examens. Je ne fais ça que pour me rassurer, certaine que les résultats seront normaux. Quand la lettre du laboratoire arrive, j'y pense à peine. Pourtant, à la lecture des résultats je ne sens plus mes jambes devant l'accumulation de zéros on ne veut pas y croire : azoospermie ! Le ciel me tombe sur la tête. J'ai trop de mal à accepter que je n'aurais certainement pas d'enfant de mon mari que j'aime plus que tout et que je ne serais peut-être jamais enceinte. Nous avons rendez-vous prochainement. Je ne sais pas vers quoi nous nous tournerons dans l'avenir, mais nous nous battrons pour bâtir notre famille, quelle qu'elle soit, mais je sais maintenant que nous ne sommes qu'au début du parcours. Ma soeur vient d'accoucher de son deuxième enfant.

Merci à votre site qui apporte soutien et réconfort et courage à toutes et à tous

Laetitia


Octobre 2006

Bonjour !

Mon témoignage date de novembre 2005 et en le relisant, je me rends compte de tout ce que nous avons fait durant ces quelques mois. Je m'appelle Laetitia et j'ai maintenant 26 ans. Aprés la découverte de l'azoospermie de mon mari, j'ai vraiment eu du mal a remonter la pente. Et puis, l'espoir est revenu aprés les examens urologiques fait sur Laurent. En effet, il s'est avéré que cette azoospermie n'était qu'excrétoire, c'est à dire que les spermatozoïdes était fabriqués mais qu'un obstacle les empêchaient d'être excréter. Quelle joie ! Il nous a fallu encore faire des examens génétiques car la cause de ce problème était que mon mari a un gène porteur d'une mutation de la mucoviscidose. Heureusement la seule manifestation est la stérilité (pas de problème respiratoire) et de mon côté, toutes les recherches se sont révélées negatives. Donc, aucun risque de transmission à nos eventuels enfants. Nous voilà donc nous aussi partis pour une F.I.V avec I.C.S.I, et ponction epidydimaire pour mon mari car c'est le seul moyen de prélever les spermatozoides. Je démarre le protocole dans 15 jours et malgré l'espoir revenu, je sais que les chances de réussite sont quand même minces. Mais on y croit quand même.

De plus on a lancé une demande d'agrément a l'adoption, autre démarche qui nous tient à coeur et que nous comptons continuer quelques soient les résultats de la F.I.V. On a vraiment l'impression d'avancer dans notre parcours et j'espère pouvoir former une belle famille, quelque soit l'origine de mes enfants.

Bises et merci pour votre soutien.

Laetitia


Juillet 2008

Bonjour,

Depuis presque deux ans, j'avais presque oublié ce site qui m'avait pourtant tellement aidé, et c'est donc avec bonheur que je le retrouve pour mettre à jour mon témoignage.

J'ai donc effectué une FIV avec ICSI en octobre 2006 aprés le prélèvement par ponction epidydimaire des spermatozoïdes de mon mari. Le résultat fût catastrophique : un seul embryon malformé et donc même pas réimplanté ! De plus, aucun ovocyte conservé car pas assez mûrs, et du côté de mon mari aucune possibilité de congeler les spermatozoïdes.

Nous étions effondrés et n'avons reçu aucune aide psychologique aprés cet échec, que ce soit du personnel de la clinique où nous avons fait les prélevements (à 150 km de chez nous) ou de mon gynécologue. J'ai vraiment trés mal vécu cet échec et pourtant, je m'y étais préparée car je savais que les chances étaient minces. J'aurais voulu qu'il y ait au moins la réimplantation d'un embryon pour me donner un peu d'espoir.

Nous avons rapidement pris la décision de ne pas retenter une nouvelle FIV-ICSI. Nous avions l'impression d'avoir suffisamment souffert moralement et physiquement, et pour nous l'espoir venait d'une autre porte : l'adoption.

En effet, nous avons commencé les démarches d'adoption peu avant de faire cette FIV mais nous ne pensions pas alors que le bonheur viendrait de là... Aprés l'échec medical, il m'a semblé evident que ce que je souhaitais le plus au monde, c'était fonder une famille et rendre mes enfants heureux. Alors, qu'importe qu'ils ne soient pas "de moi" et que je ne les porte pas dans mon ventre puisque je les porte dans mon coeur et mon âme ! Aprés à peine 13 mois d'attente suite à l'agrément et un parcours où nous avons été particulièrement aidés et soutenus, nous avons appris que nous étions les parents d'un petit garçon éthiopien de 3 mois que nous appellerons Raphaël. Nous sommes les plus heureux parents du monde et nous attendons avec impatience de serrer notre bébé dans nos bras au mois d'octobre prochain quand nous ferons le grand voyage en Ethiopie. C'est bien sûr le plus beau bébé du monde et je ne sais pas si je pourrais être plus heureuse,même si je l'avais porté.

C'est bien sûr trés personnel mais je voulais donner ce témoignage afin d'apporter du courage et de l'espoir à tous. Il y a plusieurs alternatives pour être parents et l'adoption est un moyen merveilleux pour le devenir. Nous ne regrettons à aucun moment d'avoir abandonné le parcours médical aprés une seule tentative car nous avons trouvé le bonheur avec notre petit bout chocolat.

Je souhaite à tous de vite atteindre le bonheur d'être parents, que ce soit de manière naturelle, médicale ou encore par l'adoption. Merci de tout coeur bonne chance à tous.

Laetitia, Laurent, et Raphaël (4 mois maintenant, et bientôt avec nous)


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