La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Katell & Olivier - (France - septembre 2003)

A mon tour, je viens apporter mon témoignage et aussi, il faut bien l'avouer chercher des témoignages de couples qui auraient malheureusement le même parcours que le nôtre.

Je viens d'avoir 30 ans et mon mari, Olivier, 32.

Nous nous connaissons depuis 13 ans, sommes mariés depuis 2 ans et avons un petit garçon, Pôl, qui a 4 ans et 1/2. Vous devez alors vous demander ce que je peux bien rechercher sur ce site.

En 1998, lorsque nous avons décidé avec mon chéri de fonder une famille, j'ai arrêté la pilule.

J'avais dans la tête depuis des années une phrase d'une gynécologue maladroite qui, suite à des mycoses à répétition, n'avait rien trouvé de mieux à me dire que « dans bien des cas de stérilité féminine on a découvert des mycoses à répétition ». J'étais donc persuadée que je n'aurais jamais d'enfant (sans avoir réalisé ce que cela voulait dire). Au bout de 10 mois « d'essais » infructueux, je décide donc de parler à mon médecin généraliste de notre désir d'enfant qui n'arrive pas et de la possibilité de ma stérilité au vu des nombreuses mycoses développées. Mon médecin me remet les idées au clair et m'explique que seules certaines mycoses très rares sont concernées mais pas celles que j'ai développé. Je repars donc le coeur un peu moins lourd et 2 mois plus tard je suis enceinte de notre 1er enfant. Pôl naîtra 9 mois plus tard pour notre plus grand bonheur.

Comme quoi, le côté psy, me dis-je.

En 2000, notre fils allait avoir un an et nous décidons de lui donner un petit frère ou une petite soeur, et puis aussi, de nous marier. Le mariage est fixé 18 mois plus tard. Cela nous donne donc un peu de temps pour pouvoir avoir notre 2ème enfant.

Entre parenthèse, notre projet de couple était : « un enfant seul, il va s'ennuyer ; deux enfants, ils vont se disputer ; trois enfants, il y en aura toujours un de côté ; le bon nombre doit donc être quatre ! »

Après à nouveau quelques mois de tentatives infructueuses, je me dis que ce doit encore être psy et donc nous décidons d'avancer le mariage pour avoir l'esprit plus libre. En mai 2001 nous nous marions. Nous sommes heureux dans notre couple, notre fils nous comble et nous allons enfin pouvoir agrandir la famille. 6 mois après notre mariage, (je ne suis pas enceinte, je viens d'être mise sous Clomid, je subi une hystérosalpingographie : pas de problèmes), nous constatons que mon mari à un testicule très dur. Nous en plaisantons avec nos amis, mais mon mari consulte quand même très rapidement notre généraliste (2 jours plus tard) et 4 jours après avoir découvert ce symptôme, le diagnostic tombe : tumeur du testicule, probablement cancéreuse, à opérer rapidement. Et là, le ciel nous tombe sur la tête, nous n'avons jamais entendu parler de cela, nous pensons, évidemment, à la mort de mon mari. Mon mari, lui, ne voit que le fait que nous n'aurons plus d'enfant, mais c'est clair pour moi, je préfère que notre fils ait un père plutôt qu'un frère ou une soeur. L'ablation du testicule a donc été programmée 1 semaine plus tard. Entre temps nous avions pu voir des spécialistes qui nous ont rassuré : « c'est un cancer connu, qui se soigne bien s'il est pris à temps, même si d'autres organes sont touchés et, oui bien sûr, vous pourrez avoir d'autres enfants messieurs-dames puisqu'un seul testicule suffit pour cela (bien sûr, s'il n'y a pas de chimiothérapie qui risquerait d'atteindre le testicule sain, mais c'est tout à fait possible dans le cas de ce cancer) ». Mais nous n'en sommes pas là, il faut soigner mon mari, éradiquer cette tumeur cancéreuse. Avant l'opération de mon mari, un prélèvement de sperme a été congelé au CECOS, par mesure de précaution. Les résultats du spermogramme fait au même moment sont mauvais, mais le testicule atteint est encore en place. L.opération se passe bien, mon mari souffre, mais très vite il reprend le travail, il ne souhaite pas que cela se sache. Une fois les résultats d'analyses de la tumeur arrivés chez l'oncologue (spécialiste du cancer), vient le temps du protocole. L'oncologue est serein par rapport aux résultats, il propose à mon mari un suivi très strict (scanners, échographies, prises de sang pendant 5 ans) mais estime qu'il n'y a pas besoin de chimiothérapie. Si quelque chose réapparaît, il sera toujours temps de commencer la chimiothérapie. Mon mari est aux anges, mois je suis hyper angoissée par cette épée de Damoclès sur sa tête. Les mois passent et la santé de mon mari est bonne, mais toujours pas d'enfant à l'horizon.. Ma gynécologue demande à nouveau un spermogramme (c'est le 3ème depuis l'opération), mais les résultats sont toujours aussi mauvais (7 millions de spermatozoïdes mobiles) malgré une petite amélioration. Elle nous parle de l'ICSI et nous dirige donc vers le CECOS le plus proche (celui où mon mari est déjà allé). Quelques mois plus tard nous avons donc RDV au CECOS de notre région. Et là, stupeur, après 2 heures d'attente avec plusieurs autres couples (c'est d'ailleurs dans cette salle d'attente que nous avons réalisé que nous ne sommes pas seuls en souffrance), le médecin nous annonce que oui, vraiment, les résultats d'analyse de monsieur ne sont pas bons, mais que non, vraiment, il ne peut pas nous aider pour le moment car « il y a des cas plus difficiles que le vôtre » (c'est vrai, mais c'est notre projet à nous), que « monsieur n'est d.ailleurs opéré que depuis 6 mois, ces résultats peuvent évoluer » (« puisqu'il y a une petite amélioration »), et puis, messieurs-dames, vous avez quand même déjà un enfant. C'est la cerise sur le gâteau. Parce que nous avons déjà un enfant, notre demande n'est pas recevable, malgré des résultats d'analyses assez mauvais.

Nous repartons abasourdis, sans avoir posé de questions étant persuadés que la médecine allait nous aider à avoir ce 2ème enfant tant attendu. A l'inverse, on nous refuse un traitement de procréation assistée, on nous demande d'attendre, d'être patients, sans pouvoir nous dire si la qualité du sperme de mon mari redeviendra normale et si cela va prendre 6 mois, 2 ans, 10 ans. Une fois la déception passée, nous comprenons effectivement qu'il faut laisser le temps au temps. 6 mois après, toujours pas d'enfant, je me rends compte que nous sommes repartis du CECOS sans savoir quelles démarches entreprendre si ça ne fonctionne pas. Je cherche une nouvelle gynécologue (je suis déçue par la précédente, même si je me rends compte que si elle avait pu répondre à notre désir d'enfant mon opinion sur elle aurait été différente). Je relate notre histoire et lui fait comprendre que j'aimerais savoir à quoi nous attendre pour les années à venir et au bout de combien de temps nous pouvons espérer une aide de la médecine. Attendons encore 6 mois me dit-elle, nous ferons un nouveau spermogramme puis je vous renverrai vers le CECOS pour que le médecin puisse expliquer les résultats et nous donner la démarche à suivre.

Cela fait 3 ans et ½ que nous tentons d'avoir un 2ème enfant, et nous venons d'avoir les résultats de ce dernier spermogramme. Je ne sais pas quoi espérer : une nouvelle petite amélioration ou pas d'amélioration du tout nous fermerait les portes du CECOS car « Monsieur n'est opéré que depuis 1 an et ½, il faut laisser le temps au temps », une belle amélioration pourra nous laisser penser que nous aurons un enfant, naturellement, dans les 5 années à venir.

En tout cas nous n'avions pas pensé que les résultats puissent être moins bons. Et malheureusement, c'est le cas (plus nombreux mais de moins bonne qualité, donc au final 4,5 millions mobiles normaux). Du coup je me demande si c'est bien la tumeur enlevée 1 an et ½ auparavant qui donne encore d'aussi mauvais résultats ou bien si ce n'est pas autre chose.

Dans quelques jours nous aurons rendez-vous au C.E.C.O.S.

Merci d'avoir pu me permettre de soulager ma peine en apportant mon témoignage et en lisant les vôtres : tous si différents, si personnels et pourtant tous avec un seul but commun, le bonheur d'être parents.

Katell

PS : Je suis désolée pour ce témoignage un peu long mais il me paraissait important de pouvoir vous expliquer comment nous en sommes arrivés là.


Mai 2005

Notre 1er témoignage date de juin 2003.

J’étais soucieuse à ce moment de savoir si le CECOS de notre région accepterait notre demande d’aide à la procréation (nous avions eu un premier refus 6 mois après l’opération d’une tumeur cancéreuse dont souffrait mon mari). Nous revenions donc 1 an ½ après cette opération avec des résultats de spermogramme toujours aussi mauvais et sans 2ème enfant (cela faisait 3 ans et demi que l’on essayait).

A notre grande joie, après avoir à nouveau étudié notre dossier et effectué un nouveau spermogramme qui confirmait les précédents, le médecin du CECOS nous a donné son accord pour une aide à la PMA. Nous passions directement à la FIV ICSI (puisque peu d’espoir par les autres méthodes) mais nous étions heureux de voir enfin notre projet avancer.

J’ai pu commencer les traitements médicaux dés le mois d’octobre 2003.

Après une ponction fin octobre 2003, une hyperstimulation ovarienne qui a empêché l’implantation de l’un des 3 embryons obtenus, la congélation des 2 autres, une première implantation échouée en janvier 2004, et une 2ème implantation (et la dernière sur ce cycle) le 26 mars 2004, j’étais enfin, déjà, enceinte. Que de joie de ce dire que peut être, vers le 24 décembre 2004, nous serions à nouveau parents après 5 ans d’espoir.

Et en effet, malgré un décollement de placenta à 4 sem. de grossesse qui m’a valu beaucoup de stress, Noé, notre 2ème enfant à montrer le bout de son nez le 13 décembre dernier, pour notre plus grand bonheur et celui de son grand frère. Aujourd’hui il a 5 mois, le miracle de la vie s’est produit pour la 2ème fois dans notre couple. Nous sommes tout simplement heureux.

Bonne chance à tous et beaucoup de courage sur ce long chemin qui vous mènera à vos enfants.

Katell


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