La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Jojo & Toto - (France - novembre 2002)

Bonjour tout le monde !

J'ai 34 ans et mon mari 36 ans. Nous sommes mariés depuis 7 ans et c'est depuis au moins 7 ans que nous essayons d'avoir un enfant puisqu'on a commencé bien avant de passer devant monsieur le maire.

Le problème vient plutôt de moi. Quand on parle de parcours de combattant, j'en sais quelque chose. Nous avons commencé par un bilan de stérilité complet en 1995 qui s'est soldé pour moi par des trompes pas très perméables pour cause d'adhérences, donc coelio en janvier 96 puis antibiotiques. Ensuite taux anormalement élevé de prolactine avec heureusement pas de tumeur hypophysaire, donc Parlodel et ses effets secondaires désagréables. Trois mois après douleurs pelviennes qui normalement annoncent l'arrivée de mes règles et quelques saignements intermittents me font consulter; toucher vaginal et je repars avec une ordonnance de bêta et d'une écho. Le doc me précise de faire le test assez rapidement. Donc illico presto le labo et le résultat est positif. Je suis la première surprise car si je suis à J-35 de mes dernières règles, j'ai l'habitude de les avoir entre 30 et 33 jours donc rien de nouveau. Il ne reste plus que l'écho, mais les RV sont serrés. Je ne réussis pas à la faire. Et je passe la nuit très loin de m' imaginer ce qui m'attend. Le lendemain, au lever, très vive douleur au flanc droit Je dois commencer à 9 heures les épreuves d'entrée en institut de soins infirmiers. Mon mari pense que c'est le stress et me conseille de ne pas y aller si je ne me sens pas bien, mais j'insiste et j'y vais. Toute la journée, je supporterai tant bien que mal mes douleurs. Mais en début de soirée, elles deviendront intenables. J'avais entre temps pris le soin d'appeler le gynéco qui m'a dit que si les douleurs persistaient il fallait que je me rende aux urgences. Ce que nous finissons par faire et à l'écho, l'interne de m'annoncer "vous êtes bien enceinte, le test le prouve, mais je ne vois pas d'oeuf dans l'utérus ; s'il n'est pas dans l'utérus, il est dans la trompe". Bref, billard le lendemain avec en prime une trompe en moins, la bonne nouvelle est que celle qui me reste est perméable," vous pouvez remettre ça dans quelques mois !" me dit-on. je retourne donc chezmoi confiante.

Quelques mois après toujours rien, et mon gynéco décide d'arrêter le Parlodel et de me mettre sous Clomid pour " un coup de main à la nature "puis sous Pergotime sans succès. Il me conseille alors de m'adresser en PMA et je crois de plus en plus que " les choses qui arrivent aux autres commencent aussi à m'arriver " Le RV est donné 7 mois plus tard, mais je me dis que d'ici là,...peut-être que... Hélas, nous allons bien au rendez-vous, et la première insémination a lieu deux mois plus tard (puisque j'ai une trompe perméable) Elle se solde par un échec. La deuxième finira par une GEU mal diagnostiquée, elle sera prise pour une grossesse molaire qui me donne droit à un curetage. Mais la gynéco est confiante, " ça marche ". Retour à domicile, toujours très nauséeuse et pas très bien. Trois jours après, alors que je suis dans le bus qui me ramène de mon stage d'étudiante infirmière en service de maternité à chez moi, je suis prise de violentes douleurs abdominales (des douleurs que je ne souhaite à personne ). Ma collègue appelle mon mari qui vient me chercher à l'Abribus. Je suis dans l'incapacité de mettre un pied devant l'autre. Je vomis dans la voiture, il veut m'emmener dans le grand hôpital parisien où je suis suivie, je crois que je ne tiendrai pas le coup. Donc finalement la première clinique fait l'affaire. (j'habite à 15 km de Paris, il est pratiquement 17 h .) Je suis opérée d'urgence d'une GEU rompue. C'est ainsi que je perds ma deuxième trompe, disons bêtement. Tout ça se passe en 98.

Nous voilà donc sans trop comprendre comment embarqué dans la véritable FIV depuis 99 et à ce jour rien, malgré le fait que je réponds bien aux traitements bien que j'ai dû moi aussi interrompre deux séries. J'en suis pour tout vous dire à mon huitième replacement après trois ponctions. Cet énième dont j'attends le terrible verdict après-demain. En effet je le pressens, aucun signe positif (tension mammaire, nausée...) mais que du négatif (douleurs pelviennes de plus en plus vives, sueurs nocturnes qui témoignent je pense d'une baisse d'hormones). Et le désarroi, la colère, le sentiment d'injustice me gagnent ; D'accord c'était des embryons congelés, mais j'ai essayé de me mettre dans les meilleures conditions, je me suis même arrêtée de travailler pendant plus de 15 jours pour un résultat toujours négatif, alors, je se sais plus quoi faire. En plus des traitements hormonaux habituels, je dois me farcir du Parlodel (beurk )et du Dectancyl (corticoïdes )

Pour conclure, j'ai été enceinte une fois naturellement (enfin si on veut ), une fois par insémination, une presque fois après le transfert d'embryons frais après la deuxième ponction (Bêta hcg positif, mais ne progressant pas, donc fausse couche). Et depuis mon mariage en 1995, il s'est passé SEPT ANS !!! si j'occulte les années avant mariage, je ne peux dire que BON COURAGE à tout le monde, on n'y arrivera.

Jojo & Toto


Décembre 2002

Bonjour à tous !

Comme je le préssentais, le test a effectivement été négatif et j'ai une fois de plus versé de grosses larmes. Pourtant j'avais essayé de mettre tous les atouts de mon côté. Mais tant pis. A présent je ne sais plus où donner de la tête. Peut-être faudrait il que j'aille consulter un marabout ou un voyant...

Trêve de plaisanteries, alors qu'il ne me reste plus qu'une tentative, je me demande si j'ai encore suffisamment de force pour continuer, j'avoue que je ne sais plus réfléchir.
S'il y en a comme moi qui vont bientôt griller leur forfait ( 4 tentatives remboursées ), merci de m'envoyer un petit encouragement.

Bonnes vacances aux webmasters et aux autres.

A bientôt

Jojo


Mai 2003

Bonjour tout le monde !

Me revoilà à nouveau et j'aurais bien aimé revenir avec de jolies nouvelles, hélas le sort en a décidé autrement. Mais je survis néanmoins... Déjà toutes mes sincères félicitations à celles qui ont atteint notre but à toutes et qui nous encouragent à ne pas baisser les bras. C'est très sympa de continuer à penser aux autres quand on ne partage plus exactement la même douleur.

Quoi de neuf pour moi ? Pas grand chose en fait à part que j'ai refais une ponction au mois de mars avec transfert de 3 beaux embryons ( dixit eux )qui n'a une fois de plus pas abouti. Moi, j'y ai tellemment cru, j'y ai mis je crois tout ce que j'avais d'espoir. J'étais vraiment sûre que cette fois était la bonne. Il faut dire que pour moi les symptômes habituels, douleurs pelviennes notammant n'étaient pas localisées tout à fait aux mêmes endroits et je me disais que si ça fait mal c'est parce que les bb s'accrochent... Bref j'étais à l'affut du moindre changement et je refusais de croire que ce sera fini pour cette fois aussi quand je me suis mise à transpirer abondamment la nuit à partir de J 10 après le transfert, signe qui témoigne de la chute d'hormones je crois et qui souvent m'annonce l'arrivée imminente des règles. Alors pour m'accrocher au moindre petit espoir, je me disais que j'en ai perdu un ou deux et que l'un ou les autres continuent de vivre. Et jusqu'au test, je suis restée sceptique essayant de me convaincre que je suis bien enceinte et que mes règles n'arriveront pas. Hélas elles étaient bien là toujours aussi cruelles, toujours aussi douloureuses au sens propre et au sens figuré. Il me reste des embryons congelés, mais je n'ai pas très confiance. J'ai toujours l'impression que le frais c'est mieux. Mais comme il faut aller au bout de sa 4é tentative, j'y vais sans beaucoup de conviction je l'avoue. Mais que ne ferait-on pour espérer être enceinte un jour ! En fait je commence à sérieusement penser que celles qui arrivent à tomber enceintes quelque soit le moyen ou la méthode ne sont pas simplement de mon monde. Elles sont des extra-terrestres. Parce que franchement je ne sais plus quel dieu ou quel sorcier invoquer.

Mais ne dit-on pas souvent que tant qu'il ya de la vie, il ya de l'espoir, alors je continue de croire que tout peut arriver...

Bon courage à toutes et à bientôt !

Jojo


Juin 2003

Salut J'espérais effectivement que quelque chose allait arriver et qu'un miracle allait se produire. Mais non, j'ai su cette après midi que mon 10è transfert s'était soldé par un échec...

Alors, je viens m'épancher auprès de vous, vous seules qui êtes vraiment aptes à me comprendre et je vous demande de continuer à vous battre.

Je vous embrasse toutes.

Jojo


Novembre 2003

Salut à toutes !

J'ai fais mon 11è transfert le 4 octobre et le sort s'est à nouveau acharné sur moi, 14 jours plus tard quand le test a été une fois de plus négatif. Je me suis retrouvée dans un tel état de délabrement psychologique que je n'ai pas eu la force de témoigner dans l'immédiat. Je me suis dis que personne, personne, même pas Dieu le père n'a le droit d'empêcher une femme qui veut être mère de le devenir. Je m'en remets petit à petit et m'occuper des patients au travail m'aide sérieusement à oublier. Je me suis sentie si mal que j'ai vraiment crû faire un problème. Mon mari m'a beaucoup soutenue, j'aurai bien voulu lui épargner toute cette misère, mais ma douleur était si forte, mes pleurs si violents qu'il s'en est rendu compte. Mes collègues au travail se sont également montrés compréhensifs.

Bref au terme de toutes ces souffrances, j'avais décidé de tout arrêter une fois les derniers embryons congelés transférés, ce que j'ai l'intention de faire avant la fin de l'année si possible. De cette façon justement, je pourrais commencer la nouvelle année avec de nouveaux projets, de nouvelles pistes pour essayer de me réaliser autrement, la maternité n'étant pas je pense inscrite dans mon karma.

Mais depuis quelques jours, ma conscience me parle, je me dis que je n'ai certainement pas le droit de baisser les bras si les possibilités me sont encore offertes et du coup, j'ai peur de me culpabiliser toute ma vie. Alors je ne sais plus quoi faire, le plus simple serait bien sûr que ça marche la prochaine fois pour m'éviter toutes ces questions existentielles.

Je souhaite à toutes les filles qui se battent pour avoir un petit bb de pas connaître le même dilemme que moi et que leurs rêves soient réalisés bien avant.

Bon courage à toutes.

Jojo


Février 2006

Chers amis,

Il y a très longtemps que je ne suis venue parmi vous. Je voulais effectivement ne venir qu’avec de bonnes nouvelles. Mais je me rends à l’évidence, ce ne sera pas le cas. Je me suis abstenue de lire mes précédents écrits pour ne pas influencer ce que je ressens aujourd’hui. Je voudrais le plus possible rester vraie.

Il s’est, vous vous en doutez passé beaucoup de choses depuis. Quand j’ai témoigné la dernière fois, je ne sais plus à combien de tentatives j’étais déjà, mais toujours est il qu’aujourd’hui, je comptabilise 6 fiv soit 16 transferts d’embryons ! C’est beaucoup et c’est fatiguant. Aujourd’hui, j’aspire à vivre une vie normale, à vivre tout court. La recherche d’un enfant m’aura coûté plus de 10 ans de ma vie, c’est long dans une vie de 37 ans. J’aurai tellement voulu vous dire que la persévérance payait, qu’il s’agissait uniquement de patienter et pas se décourager pour obtenir les résultats escomptés, Mais je suis au regret de vous dire que parfois insister ne sert à rien et qu’on n’a pas tout par l’usure.

Si j’ai épuisé mes chances en France, l’étranger ne sera pas une solution dans mon cas. Mon seul « problème » est d’avoir perdu mes trompes et donc qu’à priori, j’aurai eu toutes mes chances pour concevoir avec une assistance médicale. Et c’est bien pour cette raison que les médecins m’ont accordé autant de possibilités je crois, le dossier ne semblant pas trop désespéré. Mais en fait, il l’était. Alors ici ou ailleurs, le résultat sera le même. Alors pourquoi s’acharner ? Ce n’est pas fait pour moi ! Et il faut de tout pour faire un monde, il yen a qui en ont, d’autres pas. C’est ainsi.

Si j’arrive à accepter l’inacceptable un jour, mon grand regret, mon plus grand désespoir aura quand même été de n’avoir pas pu faire de mon mari un père, pourtant je sais qu’il aurait été merveilleux dans ce rôle. Beaucoup me diront, et l’adoption ? Mais pensez vous qu’il vous reste beaucoup de force après tout ce calvaire ?

Chers amis, ce dernier témoignage n’a nullement pour but de décourager ceux et celles qui sont dans l’aventure ou qui vont s’y lancer, non, je tenais simplement à dire mon amertume, à dire que l’on est parfois une girouette entre les mains du destin et que si le vent tourne dans le mauvais sens… En fait, j’aurai aimé être positive et encourager tout le monde, mais pour cela, il aurait fallu que j’ai de la matière. Ce qui me fait cruellement défaut aujourd’hui.

A l’aube de la St Valentin, cette dernière tentative n’aura été ni un cadeau scellant notre amour, ni un cadeau d’anniversaire pour les 40 ans de mon mari et mes 38 au mois de mai prochain.

J’encourage celles qui sont toujours dans la course et leur souhaite beaucoup plus de bonheur qu’à moi.

Jojo et Toto


Mai 2008

Bonjour,

Ca fait plus de 2 ans que je ne suis pas venue parmi vous. J’ai essayé d’oublier mais je n’arrive toujours pas à me faire une raison.

Je reviens en refusant de relire mon dernier témoignage, histoire de voir si dans mes réflexions, j’ai évolué. En fait, pour ne pas devenir folle, je me suis pas mal occupée. J’ai repris deux cursus d’études par correspondance, changé de service et d’hôpital où je travaillais, comme si je voulais me prouver quelque chose à moi-même, comme si j’avais besoin de savoir que je pouvais réussir ailleurs que dans la maternité. Mon mari également a entrepris de faire construire une maison. Je crois que tous les deux, on avait besoin de faire la parenthèse. Bref, on a fait semblant de paraître « normaux » simplement en voulant oublier.

Entre temps, on obtenu l’agrément pour adopter et on attend, on attend aussi depuis presque 2 ans d’être contacté pour un don d’ovocyte. Mon mari pense que qu’une adoption serait plus juste dans notre cas, car les gènes de l’enfant ne seraient ni de moi, ni de lui. Le problème venant uniquement de moi, je ne me résous pas à ne pas faire de lui un papa même si j’essaie de faire une croix sur mes propres gènes. Vous comprendrez donc ma détermination pour le don qui reste mon dernier recours. Je pense qu’il faut que je répare ma faute et je me dis qu’à partir du moment où j’aurai porté en mon sein et mis au monde un bébé, rien ni personne ne pourra me faire croire qu’il n’est pas le mien, à part mon enfant lui-même au cas où il rechercherait sa mère génétique.

On avait donc trouvé un semblant de sérénité. Mais la vie nous a rattrapé. J’ai bientôt 40 ans. L’effervescence est à nouveau là maintenant que le traitement pour la Fiv a commencé et que je n’attends plus que le transfert, que je suis en attente de reprendre une nouvelle année scolaire et en attente d’entamer les démarches pour une nouvelle mutation professionnelle et un déménagement.

Voilà où j’en suis 2 ans après.

Jojo et Toto


Juillet 2008

Bonjour,

Me revoilà une fois de plus bredouille. Le don d’ovocyte pour lequel j’avais de l’espoir m’a lâchée également. Les deux embryons ne se sont pas accrochés et j’ai une fois de plus pleuré, oui pleuré à me faire mal au ventre. Je ne voudrais pas renoncer mais mon mari est si découragé. Il ne croit plus désormais qu’en l’adoption pour lequel on a obtenu l’agrément.

Donc j’attends, je réfléchis… Mais j’ai déjà si attendu…

A bientôt !

Jojo


Décembre 2009

Bonjour à tous,

Pour une fois, j’arrive avec un autre état d’esprit, j’ai même relu mes témoignages depuis 2002 et j’ai eu de la peine pour moi-même. C’est pourtant mon histoire…

Oui, je viens sereine vous annoncer que je suis maman depuis le mois d’avril d’une petite Asïmba adoptée en France à 5 mois. « Asïmba », veut dire « miracle » dans ma langue d’origine, et ma fille, je ne pouvais l’appeler autrement. Je l’ai vue la première fois le « 1ér avril »… Elle était si belle dans son berceau que je ne pensais pas qu’elle puisse être à moi, que je puisse la mériter. La psychologue m’a dit : « allez y madame, vous pouvez la prendre ! » et j’ai éclaté en sanglots en la serrant tout contre moi dans mes bras. Mon mari était là, essuyant mes larmes, nous embrassant toutes les deux, puis ils nous ont laissé seuls faire connaissance tous les trois. J’en suis à me demander pourquoi nous ne l’avons pas fait p lus tôt tellement nous avons notre fille dans la peau.

C’est peut-être qu’une adoption, mais nous l’aimons tellement fort que je crèverai les yeux au premier qui me dira que ce n’est pas ma fille. Ce sera son choix à elle plus tard. Elle seule aura le droit de nous dire que nous ne sommes pas ses parents.

Oui, aujourd’hui, je marche droite, droite et fière de compter parmi les mères. Nous étions si heureux de recevoir tous ces petits présents pour elle. Oui, j’ai tellement offert aux autres que j’étais touchée de recevoir aussi pour moi, pour elle. J’ai même eu un « Laurence Pernoud » inespéré et j’en ai vu aussi qui avaient des larmes d’émotion pour nous. Nous avons déménagé dans notre nouvelle maison et je me dis que j’aurais été bien malheureuse sans ma choupette. Désormais, j’attendrai peut-être un nouveau don d’ovocyte avec philosophie et quiétude, me disant, si ça ne marche pas, tant pis et dans le cas contraire ,on agrandira la famille. Voilà mon petit miracle, je félicite toutes celles qui on et eu des beaux bébés et encourage ceux qui sont en attente, couette, FIV, don, adoption ou autres, toutes les maternités se valent, je pensent qu’il faut surtout beaucoup d’amour. A bientôt, Jojo


Leur écrire

Tous les mots colorisés en orange ou mauve vous renvoient au dico.