La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Emmanuelle & John - (France - Octobre 2006)

Mon mari a 30 ans et moi 27, je suis venue très souvent sur "la passerelle", j'y ai trouvé des histoires émouvantes, parfois je m'y suis retrouvée dans certaines, d'autres m'ont énormement touchée. J'ai souvent voulu écrire mon témoignage mais jamais, je n'ai eu le courage. Mais parce que ce site m'a aidée et m'a donné beaucoup d'espoir, j'ai decidé aujourd'hui d'en donné un peu aussi au travers de mon histoire.

2000 : Le coup de foudre, je rencontre l'homme de ma vie, je le sais tout de suite, il sera le père de mes enfants. Quand on est jeune, qu'on est amoureux on imagine la vie qui va se derouler sans penser que parfois, cela ne ce passe pas comme dans les romans. Six mois après notre rencontre, on emménage ensemble et un an après, nous envisageons de faire un enfant ensemble ; un petit bout de nous.

Depuis l'adolescence, mes cycles sont tres irréguliers, aussi je prends rendez-vous avec ma gynécologue, je lui explique mon cas et elle me prescrit du Duphaston et des courbes de temperatures à faire pendant trois mois. Là, on se rend compte que je n'ai pas ou peu d'ovulation alors je commence le Clomid. Mon gynecologue me rassure "Vous verrez avant Noël, vous serez enceinte !", j'y crois mais Noël arrive et le cadeau tant esperé n'est toujours pas là.

Je commence toute une série d'examens : hystérosalpinographie dont je garde un très mauvais souvenir, prise de sang, échographie pelvienne, tout est normal à part un utérus qui a une forme un peu particulière mais rien d'alarmant ; une grossesse est donc possible. Le médecin me pose alors une question qui chamboulera le cours de notre vie : "Votre mari a t'il subi une opération quelconque ?". Durant son enfance, John a subi une opération des testicules car comme beaucoup de petits garcons, un de ses testicules n'était pas redescendu. Ma gynécologue comprend tout de suite et sans ménagement me dit : "Il aurait fallu le dire tout suite, cela aurait été plus vite", quand John m'avait parlé de cette opération, j'avais aussi pensé à une stérilité mais il m'avait rassuré ; les médecins avaient dit à ses parents qu'il n'y aurait aucun probleme.

Les resultat du spermogramme arrive un samedi avec comme resultat "oligozoospermie sévère", on ne comprend rien et comme le cabinet de mon gynécologue est fermé, nous passons le week-end à nous poser des questions auxquelles nous ne pouvons répondre. Le lundi matin, j'appelle le gynécologue qui me dit que ce n'est pas bon du tout, qu'il est même impossible de tenter les inséminations artificielles en raison de ce diagnostic.

Nous voici sans même que nous le sachions vraiment engagés dans le parcours F.I.V. Nous devrons attendre un an d'examens, de rendez-vous avant d'avoir une date pour une première I.C.S.I. Deux mois après notre mariage, je suis allongée dans une salle d'opération pour une ponction sous anesthésie générale, contrairement aux autres, comme mes ovaires sont très haut placées, on doit me faire la ponction par voie abdominale. C'est remplie d'espoir que je me réveille deux heures plus tard, hélas lorsque le chirurgien entre dans ma chambre, je reviens très vite à la réalité, il n'y a aucun ovocyte, on n'a pas pu atteindre les ovaires, nous sommes à deux semaines de Noël et je n'y crois déja plus. Notre parcours a été beaucoup en dent de scie parfois on se sentait capables de déplacer des montagnes, on y croyait très fort, d'autres jours on voulait tout abandonner comme àa sur un coup de tête.

Trois mois plus tard nouvelle tentative, et là l'espoir devient grand ; 9 ovocytes. On sort de la clinique le coeur léger, deux jours plus tard, on apprend que deux ont été fécondés puis c'est le transfert. Même si le résultat se révèle négatif, on est heureux parce que ça avance.

On refait une tentative quatre mois plus tard mais seulement deux ovocytes seront prélévés, là, je n'y crois pas du tout. Pourtant, le jour de nos un an de mariage, on apprend que les deux ovocytes ont été fecondés et qu'en plus, ils sont tres beaux. Incroyable ! Les chances de réusssite étaient minimes. Deux semaines plus tard, le test est positif, je suis enceinte, nous pleurons tous les deux comme des enfants, notre rêve est devenu réalité. Notre joie retombe très vite puisque je fais une fausse-couche précoce, on ne comprend pas pourquoi, on touche le fond, on commence à parler adoption. La fiv programmée pour janvier nous laisse indifférents.

En janvier, je commence le Duphaston comme à chaque F.I.V pour régulariser le cycle, je commence aussi le Provames et j'attends Au bout d'un mois, je me rend compte que quelque chose cloche, jusqu'à ce lundi où prise de nausées, je rentre de mon travail en passant pas la pharmarcie, j'achete un test de grossesse, je sais qu'il sera négatif, que si mon cycle n'a pas debuté c'est psychologique comme à chaque fois. Je me dis qu'en faisant ce test, tout rentrera dans l'ordre, je rentre chez moi, je ne préviens pas mon mari et je fais le test sans y prêter attention. Quelle surprise lorsque avant de sortir des toilettes, je daigne regarder le fameux bâtonnet blanc et là, ma main commence a trembler, deux petite barres bien visibles sont affichées et alors que je connais la notice par coeur, je la relis plusieurs fois. Je n'y crois pas. Mon mari est dans le salon, je lui tends le test les larmes aux yeux, il ne comprend pas tout de suite, puis comme moi tombe des nues, je suis enceinte, naturellement, alors qu'on nous avait dit "Une chance sur mille". Comment reprendre ses esprits après un pareil choc ? Nous courons acheter un autre test qui virera tout de suite positif. La prise de sang le lendemain confirme mon état, je suis enceinte d'un mois, je n'en reviens pas. Nous attendrons trois mois pour prévenir la famille, un mois de plus pour les amis, j'ai vécu une grossesse dans l'angoisse, peur de la fausse-couche, d'une malformation, j'attendais les échographies avec tellement d'angoisse, j'ai même acheté un doppler pour écouter les battements de coeur de mon petit bout pour me rassurer à chaque fois que j'en avais besoin.

Notre miracle est né fin août et je n'arrive pas encore à réalisé que je suis maman, que ce petit être est de nous, que nous avons parcouru tout ce chemin et que Joshua est là pour notre plus grand bonheur. Nous lui raconterons son histoire quand il sera plus grand et peut-être un jour, pourrons nous lui donnerons un petit frère ou une petite soeur par F.I.V ou par "miracle".

Il faut garder espoir même si parfois, ce n'est pas facile, notre fils est la preuve vivante que tout peut arriver.

Bon courage à tous.

Emmanuelle


Mars 2009

Je souhaite aujourd'hui remettre a jour mon temoignage de 2006 où j'expliquais mon chemin avant de devenir maman. Apres la naissance de Joshua je n'ai pas repris la pillule, nous en avions parlé avec mon mari et nous étions d'accord que le chemin avait été tellement difficile que nous voulions croire en notre bonne étoile et faire de Joshua un grand frêre très vite.

8 mois apres sa naissance, mon gynecologue me conseille de me reinscrire en pma pour "prevoir" comme i l disait "au cas ou" j'ai hésité tres peu alors que pourtant je ne voulais pas repasser par là, mais la naissance de mon fils a effacé immediatement toutes les années de souffrance et je me sentais prête pour recommencer. Mais avant cela il a fallu refaire tous les examens, les prises de sang, et lorsqu'il a fallu faire l'hystrographie l'examen a dû etre annulé car le medecin n'arrivait à atteindre l'utérus. Nous, nous sommes rendus compte qu'en fait mon utérus avait fait une adhérence avec la cicatrice de ma césarienne, j'ai donc du etre opérée, suite a cela notre dossier etait fin prêt pour la fiv.

Mars : Nous partons en vacances à la neige en famille, repos, et bonheur avant la grande aventure mon cycle debute là-bas, le dernier avant le traitement. Avril, je commence les injections, et les échographies de contrôle, j'avoue que ça a été difficile, ce fut une période où j'ai beaucoup pleuré en raison de la fatigue accumulée du traitement et de mon travail, mais j'ai tenu à aller jusqu'au bout, et les sourires de mon fils me donnait encore plus envie de me battre.

Mai : ponction, 7 ovocytes, deux jours plus tard, on m'annonce que 3 sont prêts à être transferés, arrivée a la clinique on m'explique qu'ils ne sont pas beaux. Chez nous il y a un barème A veut dire que l'embryon est très bon, B moyenne qualité C assez mediocre sur nos 3 embryons 1 etait C et 2 C - moi qui etait heureuse une avant au coup de fil je suis vite redcendu sur terre. J'ai exigé qu'on me reimplante les 3, le medecin présent n'était pas d'accord avec moi, il a donc demandé conseil au gynécologue qui me suivait dans mon traitement, et au vu de mes antécédents (ponctions d'ovocytes faite par la peau, sous annesthesie générale, utérus bicorne et oligozoospermie sévère de mon mari) a tout de suite accepté, pour lui c'é tait même mieux. J'avoue je suis sortie sans y croire, pour moi c'était déjà fini avant même de commencer, pourtant, deux jours avant la prise de sang n'y tenant plus, je fais un test de grossesse qui s'avère positif mais très faiblement, je pleure de joie et je n'en reviens pas. La prise de sang confirme et la seconde indique que c'est une grossesse évolutive, on est aux anges.

Première échographie de contrôle : on voit bien un sac embryonnaire, mais pas d'activité cardiaque et une semaine plus tard, ce sont deux sacs embryonnaire visibled avec une seule activitée cardiaque. il nous faudra attendre encore deux semaines et un rendez-vous chez mon gynécologue pour apprendre que nous allons être parents de jumeaux, le gynécologue n'en revient pas, deux embryons ont tenu mieux, ayant un utérus bicorne chaque embryon s'est developpé dans une corne ce qui fait qu'il auront chacun la place pour évoluer ce qui n'aurait pas été le cas si ils s'etaient tous les deux logés dans la même trompe.

J'ai été de suite en arrêt de travail; j'ai été très suivie tout au long de ma grossesse (deux echographies par mois) et finalement, Eléa et Toam nous ont rejoints en janvier faisant chacun plus de 2kg500 nés a terme et en pleine forme.

Aujourd'hui, j'ai atteint la sérénité, je berce ma fille et mon fils chaque jour en savourant mon bonheur et Joshua se montre un grand frêre très attentif et protecteur. Nous avons la famille que nous avons souhaité non sans mal mais nous savons aussi que tous le monde n'a pas cette chance, il m'arrive parfois de ne pas regarder les gens qui nous regarde de peur de croiser un regard d'une femme ayant des problemes pour avoir un enfant. Je sais le mal que cela fait de "voir" les autres enceintes, de tourner le dos lorsque l'on arrive au rayon des vetements bébé, je sais la douleur et la peine je l'ai vecue et je ne l'oublie pas.

Notre parcour PMA s'arrête là, nous nous estimons chanceux avec notre belle famille, on en demandait pas tant, plus tard nos enfant connaitront leurs histoires. Si certaines d'entre vous veulent correspondre, parler de leur parcours ou échanger avec moi, je suis prête à le faire sans probleme, je sais aussi que dans ce chemin, le dialogue avec des gens qui ont vecu la stérilité c'est aussi tres important. J'ai tenu et je tiens encore un blog qui m'a énormement aidé durant tout mon parcours.

En esperant à chacune et chacun d'entre vous d'avoir la chance un jour de serrer son enfant dans ses bras.

Cordialement.

Emmanuelle


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