La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Isabelle - (France - janvier 2004)

Bonjour à tous,

Bien que j'ai lu que vous ne preniez plus de témoignages, je prends le risque de tenter ma chance car je n'ai pas trouvé sur votre site de cas exactement semblable au nôtre. Nous nous sommes mariés en août 2002.

Fin octobre, spermatogramme : 0 spermatozoïdes. Choc, pleurs ...
Janvier : Résultats du cariotype. Micro-délétions du chromosome Y sur toutes les cellules. Le généticien nous dit que nous pouvons tenter la biopsie testiculaire mais qu'il n'y a pratiquement aucune chance de trouver des spermatos. Et puis ce serait pour transmettre la stérilité à un garçon... Nouvelle grande claque ! Cependant, nous voulons être sûrs. De plus, avec un peu de chance (on peut rêver !), une fille ne serait pas touchée. Le 31 mai (la veille de mon anniversaire !), la biopsie est faite. L'urologue, au réveil de mon mari, passe 5 minutes dans la chambre, nous dit : " On n'a rien trouvé. A part ça, tout va bien ? " et part en nous laissant sonnés et désespérés. Quinze jours plus tard, il nous envoie un courrier tout aussi laconique, nous suggérant soit l'adoption soit le don de sperme.

Pour l'adoption, le dossier est déposé depuis le 15 mars, nous attendons que l'assistante sociale nous contacte. En ce qui concerne le don de sperme, mon mari m'y pousse depuis le début (mais oui !) mais moi, j'espérais encore ! C'est lui que j'ai choisi pour être le père de mes enfants, pas un autre. Et puis nous sommes catholiques pratiquants et savons la position de l'Eglise. Je prends rendez-vous avec ma gynécologue et nous parlons très librement pendant 45 minutes.

Je consulte également une psychologue pour essayer d'y voir plus clair car personne, en dehors des parents de mon mari n'est au courant et j'ai besoin de parler.

En juillet, je prends rendez-vous au C.E.C.O.S. Après tout, cela n'engage à rien. Nous irons donc au C.E.C.O.S le 24 septembre à 300 km de chez nous. Parallèlement, les entretiens avec l'assistante sociale commencent : dès la première fois, elle nous laisse entendre qu'il n'y aura pas de problème. Pour des raisons professionnelles, nous sommes obligés de reporter le rendez-vous au C.E.C.O.S d'un mois. Huit jours avant, ils nous appellent pour nous demander de reporter à nouveau ce rendez-vous car la psychologue est en vacances et avait oublié de le signaler ! Ce sera donc désormais le 22 décembre.

Entretemps, côté adoption, nous rencontrons une psychologue très froide (et c'est un euphémisme). Le passage en commission aurait lieu le 19 décembre. Nous avons la perspective de passer un bon Noël ! C'est peut-être prétentieux de notre part mais nous pensons être un couple solide et bien dans sa tête et l'agrément est pour très bientôt, cela ne fait aucun doute ! Eh bien, non : le 16 décembre, la psychologue nous annonce son verdict : avis défavorable ne reposant sur rien à notre sens. Nous n'aurions pas fait le deuil d'un enfant biologique mais qu'est-ce que cela signifie exactement ? D'autre part, elle reproche à mon mari... son caractère ! Qui ne plaît pas à mademoiselle... alors que tout le monde l'adore. Bref, nous demandons une contre-expertise (ce qui prendra encore combien de mois ? J'ai 36,5 ans et mon mari 39 ) et nous repartons encore une fois démolis, mon mari totalement culpabilisé (à tel point que j'ai eu peur qu'il fasse une bêtise !). Au C.E.C.O.S, nous venons d'avoir plutôt une bonne nouvelle puisque, étant donné nos âges, le délai d'attente pour une première insémination sera raccourci de moitié : nous commencerons en juin. En principe, de mon côté, il n'y a pas de problème hormis une ovulation capricieuse mais mes ovaires MPK répondent bien à la stimulation. Ce qui nous cause des soucis, c'est le fait de dire ou pas : faut-il le dire à mes parents ? faudra-t-il le dire à l'enfant ? quand ? comment ?

Vos avis et expériences seront les bienvenus.


Août 2005

Que de nouvelles depuis mon premier témoignage !

Suite à l'avis défavorable de la psy, j'ai écris une lettre bien salée au président du Conseil Général qui m'a répondu en m'indiquant que nous aurions une contre-investigation avec une autre personne. La deuxième était super sympa et tout s'est très bien passé. Nous avons obtenu notre agrément le 14 mai 2004. Nous avons écris à plusieurs organisations agréées pour l'adoption en envoyant notre dossier y compris le rapport de la première psychologue : que des refus ! Trop de dossiers à traiter selon eux mais en même temps, je savais que d'autres couples avaient été acceptés sûrement avec un meilleur dossier ! Alors que faire ?

Une de mes collègues m'a aiguillée vers sa belle-sœur qui venait d'adopter deux petits ukrainiens en démarche individuelle. Après avoir longuement hésité du fait du coût et de la crainte de mon mari de partir à l'aventure, nous nous lançons, préparons toutes les paperasses nécessaires à notre dossier.

En même temps, au mois de juillet, nous faisons la première insémination avec sperme de donneur : échec ! Elle sera suivie de quatre autres, toujours négatives ! Je n'y crois plus et à chaque échec, j'ai de moins en moins mal. Mon mari, lui, y croit toujours autant et c'est de plus en plus dur pour lui. Moi, j'attends avec impatience de passer en F.I.V : c'est plus lourd, certes, mais au moins on est sûr de la fécondation. Nous changeons de centre car ils ne veulent pas parler de F.I.V et je suis toujours reçue comme un chien : on m'engueule parce que j'ai la vessie vide alors que je dois parcourir 80 km ! Si j'avais un accident avec la vessie pleine, imaginez les dégâts !

En février 2005, je rencontre mon nouveau gynécologue pour programmer une F.I.V fin avril. Je lui parle de mon âge : 38 ans le 1er juin. Il me dit : " Mais vous serez enceinte avant ! "

Notre dossier d'adoption en Ukraine est enfin complet fin avril et nous pensons partir à Noël au plus tard chercher notre petit bonhomme que nous découvrirons sur place. En même temps, je commence les piqûres. La ponction a lieu le 2 mai : 19 ovocytes. Le transfert se fait le 4 : 2 embryons très beaux. Les quatre autres ne sont pas congelables. Toujours cette attente interminable de 15 jours. Le dimanche, je fais un test urinaire : la barre bleue est là, très très pâle mais c'est la première fois ! Nous pleurons de joie et passons la journée à contempler le test. Le lendemain, c'est la prise de sang : 74 bhcg. 48 h après : 246. Une semaine après : 9000. Bref, je suis bel et bien enceinte. Je prends rendez-vous chez mon gynécologue qui me fait une échographie : à 5 semaines, il y a un embryon avec une activité cardiaque parfaite. Que c'est émouvant d'entendre son petit cœur battre !

Aujourd'hui, je termine mon quatrième mois de grossesse, tout va très bien et j'ai même appris hier à la visite du 4° mois qu'il s'agit d'une petite fille. Nous sommes fous de bonheur. En ce qui concerne l'adoption, nous mettons le dossier en attente : hors de question d'aller accoucher en Ukraine ! Et puis, il ne serait pas de tout raisonnable d'accueillir les deux en même temps : un enfant adopté demande une attention toute particulière peu compatible avec l'arrivée d'un nourrisson.

J'espère que mon témoignage vous redonnera espoir. Dans quelques mois, je viendrais vous raconter la suite.

Isabelle

Isabelle


Février 2006

Comme promis, je vous retrouve avec plaisir pour vous annoncer la naissance de notre fille Angélique le 26 janvier 2006 (3,290 kg pour 50,5 cm). Je vous avais quitté au 4è mois de grossesse. Au début du 6è mois, des contractions m'ont obligée au repos complet et à la fin du même mois, le test de Sullivan a révélé un diabète gestationnel. J'ai donc dû suivre un régime extrèmement strict jusqu'à l'accouchement (j' ai évité de justesse les 3 piqûres d'insuline/jour). Pas le top pendant les fêtes mais c'était pour la bonne cause ! L'accouchement a été un peu long : 30 heures de contractions dans les reins toutes les 5 minutes et après, enfin, la péridurale ! Quelle merveilleuse invention ! les 6 dernières heures, que du bonheur et sans aucune douleur !

Désormais, Angélique a presque un mois. Elle est adorable, belle, calme et je ne dis pas cela parce que je suis sa maman !!!! Sauf 2 exceptions, elle a toujours fait ses nuits. Le matin, elle se réveille vers 9h ou 9h30. Je l'allaite et c'est formidable. Après mon congé maternité, je prendrai quelques mois de congé parental pour retrouver mes élèves en septembre. Je ne pouvais pas imaginer de laisser mon bébé de 2 mois à une "étrangère" !

Comme j'aurai 39 ans en juin, nous pensons déjà au petit frère ou à la petite soeur. Je pense faire un bilan hormonal en fin d'année. En espérant que la chance nous sourira une 2è fois.

A tous, je vous souhaite le même bonheur.

Isabelle


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