La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Isabelle & Luc - (France - novembre 2001)

Bonjour à Viviane et Vincent et à tous ceux qui ont eu la gentillesse de lire les premiers mots publiés sur ce site magnifique en mai dernier.

Aprés avoir appris l' azoospermie de mon mari (début mai), nous sommes passés par des moments de désespoir total pour moi et d'abattement pour Luc. Mais trés vite, nous avons essayé de raisonner sainement et objectivement, si tant est qu'on le puisse dans ces circonstances. RDV est pris avec un spécialiste PMA (mon ex gynéco a poussé pour un RDV trés rapidement auprés de son confrère). Mi juin, nous étions déjà inscrit sur les listes CECOS. Nous avons donc adopté une attitude, ce n'est pas du détachement, mais on relativise les choses. Sachant que l'attente est longue, on a lancé toutes les actions qui prennent du temps (attente paillettes), et on gère le reste (exams pour moi, RDV chez andrologue pour avoir un avis définitif sur l'impossibilité de trouver des spermatozoïdes chez Luc en ponctionnant, psy, TGI...). Je ne vois plus arriver le 28ième jour avec tristesse, et en fait , l'espoir étant présent, cela a vraiment changé notre vie. N'allez pas croire tout de même que nous sommes heureux de ce qui nous arrive !! Mais nous avons pleinement conscience que : maintenant, on sait pourquoi, donc on ne se prend plus la tête la technique médicale nous offre la possibilité de mettre notre enfant au monde, aprés quelques péripéties et incidents de parcours se lamenter sur notre sort ne fera pas avancer les choses (j'ai jamais eu autant la pêche de cet été !!)

D'autant plus que l'attente initiale (14 mois pour obtenir des paillettes du CECOS) va vraisemblablement être réduite de moitiè (nous amenons 2 donneurs, dont un qui a déjà entamé les démarches). On refuse de se mettre des dates et des délais en tête (pour moi qui suis impatiente, c'est une vraie leçon de vie!!).

Bref, je veux faire passer le message comme quoi, une fois appris ce genre de nouvelles, il faut aller de l'avant et se prendre en main ! Nous ne savons pas encore ce que nous réservera l'avenir, si nous pourrons mettre au monde un BB, si nous aurons également la joie d'en adopter (on est en traind de monter un dossier d'agrément). Nos enfants seront issus d'une IAD et/ou de l'adoption, eh pis c'est tout !! cela ne change rien à notre amour et notre vision de la vie familiale. Le désir et l'amour pour l'élever seront là : c'est le principal !! En fait, je rêve de faire de Luc le papa le plus heureux du monde Alors, tous les espoirs sont permis, et nous jouerons toutes nos cartes, jusqu'à ce qu'on nous dise que c'est fini ; et croyez-moi c'est pas pour demain !!! Courage donc à tous ceux et celles qui vivent les mêmes choses, si vous y croyez, la vie vous le rendra. Accrochez-vous !!

A trés bientôt pour, nous l'espèrons des bonnes nouvelles à vous apprendre !!

Isabelle


Septembre 2002

Bonjour à tous,

J'avais témoigné en mai et en novembre 2001, mais je vous redonne les grandes lignes :

Après 2 ans et ½ d'attente, la gyneco accepte de faire un spermogramme qui révèle en avril 2001 une stérilité qui s 'avérera définitive ; en juin 2001, nous étions déjà inscrits sur les listes d'attente du Cecos. Ainsi, nous avons pu attendre plus sereinement le délai de 7 mois (14 mois réduits de moitié, car nous amenions un donneur), et nous avons commencé le 1er protocole IIU-D en février 2002.

Qui dit premier protocole dit on tâtonne sur les doses d'hormones pour la stimulation. Je ne développe qu'un seul follicule, pas super mûr (20 mm) et on fait l'insémination à J16. Ce jour là, la paillette révèle un résultat désastreux (80 000 bebettes rapides, alors qu'il en faut au mini entre 500 000 et 1 million, selon le médecin).

Bref, on se fait aucune illusion su l'issue du protocole, qui sera négatif, mais on contacte le Cecos au sujet des résultats après décongélation : le Cecos nous apprend que ces résultats ne sont pas conformes au leur et que ce donneur a déjà permis à des couples de devenir parents. Ils précisent également que le gyne pma n'aurait pas dû hésiter à les appeler, pour obtenir une autre paillette dans la journée.

Mais, nous sommes optimistes, et nous refusons de nous lamenter sur ce premier essai. On laisse passer un cycle pour cause de vacances au ski et on remet cela en avril 2002. Là, 2 follicules (23 et 21 mm, du même côté) et 450 000 bebettes (d'un autre donneur, car le Cecos a eu la gentillesse de le changer, sur notre demande). C'est déjà mieux, mais je ne sais pas dire pourquoi, j'étais certaine que cela ne marcherait pas et c'est ce qui est arrivé. La nana du labo était plus triste de me dire que c'était négatif que moi de l'entendre. Là, je me glisse dans un RdV trou de souris chez le gyneco pma pour avoir les ordonnances sur le cyles suivant. Il me précise qu'avec des résultats de paillettes pas au top, il ne compte pas poursuivre en IIU D trop longtemps, et souhaite passer en Fiv ICSI. Je suis pas très chaude, alors je négocie encore un ou 2 essais en IIUD avant de sortir l'artillerie lourde. Il est OK et on repart comme en 40. Le protocole démarre et pour les prises de sang et échos, je ne suis plus en région parisienne, mais à Marseille en vacances. Alors, je convaincs le centre de l'hopital St Joseph de me prendre en suivi chez eux pour une prise de sang et une écho. Je les en remercie d'ailleurs fortement. Lorsque j'ai les résultats, je les communique à la clinique des Yvelines. La gynéco de Marseille visualise un follicule qu'elle qualifie " de rêve ! " (24 mm) et 2 autres corrects (21 et 18 mm). Cette fois-ci, il y en a des 2 côtés ! ! ! L'IIU-D a lieu 3 jours plus tard (500 000 spermatos). Et l'attente infernale, que beaucoup connaissent, recommence, avec cette fois qq signes différents des autres protocoles. Des sortes de piqûres à l'intérieur du bide, par 2 fois, les seins qui grossissent pas aussi vite que les autres fois, des douleurs de règles à J19, bien trop tôt (J26 au mini d'habitude …) On dit toujours que les signes ne veulent rien dire, alors, j'ai essayé de ne pas me mettre martel en tête ! La prise de sang doit avoir lieu le lundi : le samedi, je suis odieuse avec mon homme, car je me suis mise en tête que les signes étaient bien là, mais qu'en fait, il y avait eu démarrage, mais que rien n'avait tenu et que les rouges allaient arriver ! Le soir, il est allée chercher un test pipi pour le lendemain matin.

Me voilà donc à 5h du mat, assise sur les toilettes, sous une lumière blafarde, en train de voir apparaître un 2ième trait bleu, que j'attends depuis 3 ans ½ ! ! je n'y crois pas encre vraiment. Mais cela dit je reste d'un calme olympien, ce qui m'étonne beaucoup. Je réveille mon homme, qui râle de la lumière dans les yeux et qui apprend la bonne nouvelle stoïquement et qui demande à se rendormir, on verra cela plus tard ! !

Les prises de sang à J15 et J17 après l'IIUD confirme l'évolution de la grossesse, avec des taux que je commence à trouver assez hauts ; l'échographie effectuée à 4 SG confirmera cette super surprise : ce sont des jumeaux ! ! ! j'ai toujours voulu avoir des jumeaux, même avant de savoir que Luc était stérile.

Alors pour l'instant, on réalise pas trop. On est super heureux, mais vraiment très sereins. Je ne veux pas griller les étapes. Nous avons déjà vu 2 fois battre leurs petits cœurs, ils se développent bien. Le 22 juillet, c'est la grosse écho des 10 SG/12SA qui permet de vérifier la morphologie et les risques de T21.

A mi Août, je serai à 3 mois de grossesse et il sera temps d'être pleinement rassuré, le premier trimestre est quand même à risque, et pas que pour les grossesse géméllaires.

Toute cette mise à jour est assez longue, mais je voulais que tous, vous sachiez qu'il faut y croire ABSOLUEMENT ! ! Ne vous découragez pas : nous n'avons jamais baissé les bras, nous sommes restés acteurs de notre vie avant comme pendant les protocoles, pour toutes les étapes médicales et administratives qui nous ont conduit au don de sperme et à cette grossesse, ainsi que l'attente. Les médecins étaient nos partenaires, mais ils ne nous dirigeaient pas. La visite obligatoire chez le psy (ce qui n'est pas notre truc !) a été l'occasion d'approfondir notre comportement positif face à la situation.

Pendant l'attente, veillez à vivre les côtés heureux de votre vie, ne vous lamentez pas sur votre sort en refusant de sortir ; dehors, le temps passe beaucoup plus vite. Et surtout, faîtes en sorte que ce soit vous qui dirigiez la PMA et pas la PMA qui dirige votre vie. Pour cela, la logistique et le côté pratique doivent y être pour beaucoup dans le choix de votre centre. Si vous êtes stressés, vous ne serez pas dans de bonnes conditions pour réussir.

A ceux qui vivent le cas d'une stérilité masculine définitive et incurable (je nie pas les souffrances dans tous les autres cas d'infertilité), je voulais dire ceci : aujourd'hui, j'attends les enfants de mon mari, qui les voit vivre et grandir en moi à chaque écho, qui se voit déjà en train de faire ceci ou cela avec eux ! La manière dont ils ont été conçus, c'est un aléa du parcours. Aujourd'hui, je ne pense même plus à la manière dont je suis tombée enceinte, et je n'en suis qu'à 2 mois de grossesse. Alors quand ils (elles) seront là, quelle différence cela fera-t-il ? Je sais que pour certains, la transmission génétique est primordiale. Je vous incite simplement à en discuter avec des médecins et psys du Cecos. Ils sont surtout là pour répondre à toutes vos questions, à vos doutes les plus profonds. Ils n'ont aucun intérêt à vous pousser à choisir cette solution plutôt qu'une autre, car ils savent plus que tout que l'enfant à venir en paiera le prix s'il s'agit d'une erreur.

Enfin, je vous promets à toutes et tous de vous tenir au courant, et je vous souhaite de tout cœur de parvenir au but ultime que nous nous sommes tous fixés quelque soit le moyen (IA, FIV, don de gamètes ou d'embryon, adoption…) à cause de ce destin qui nous a joué un sale tour, mais qui n'aura pas le dernier mot ! !

Isabelle et Luc


Février 2003


Leur écrire

Tous les mots colorisés en orange ou mauve vous renvoient au dico.