La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Ingrid & Celso - (France - octobre 1999)

Bonjour à tous,
Je souhaiterais d'abord dire que j'ai été vraiment, sincèrement très heureuse de trouver un site sur lequel je pouvais trouver des témoignages de personnes concernées par ce même douloureux combat.

Pour ma part, j'ai arrêté la pilule en mars 1997 espérant déjà par dessus tout que ce bébé tant attendu serait rapidement parmi nous. 6 mois plus tard rien ne vient, je consulte mon gynéco qui me dit: "que je ne suis pas une rapide". Ca ,je l'avais constaté par moi-même, il me propose tout de même une petite aide : Hormones, Polygyvas et Duphaston, traitement que je prends environ trois mois. Quelques temps plus tard et sachant qu'il allait falloir que je fasse des examens plus approfondis, je m'adresse à l'hôpital.
Commencent alors les examens, échos, test de Hühner, hystero, spermogrammepour mon mari.
Pour l'hystéro, j'ai eu la chance d'être accompagnée d'une amie infirmière, ce qui m'a certainement aidée.
Mais pour rejoindre les témoignages que j'ai pus lire, ça été aussi très douloureux, comme si on vous enfonçait je ne sais quoi dans le ventre mais l'on se dit, c'est pour la bonne cause, c'est pour notre enfant à venir. Le spermogramme quant à lui, s'est bien passé, nous avons essayé avec mon mari de donner à cet examen un côté original, insolite. Pour le test de hühner, ça a été plus folklorique, j'en ai subi deux, pour le premier, ça a été, pour le second, ça s'est avéré beaucoup plus difficile. Il fallait que je quitte mon lieu de travail pour rejoindre mon mari qui n'ayant pas les mêmes horaires que moi, dormait. Je devais donc le réveiller, nous devions faire l'amour et je devais filer à l'hôpital et là, il n'a a pas pu et je me suis demandais où nous en étions arrivés! Stop à l'amour tel jour pour optimiser les chances de fécondation, à tout ce stress, à tout ce que l'on s'impose sans résultat, besoin de faire le break, de se retrouver, de retrouver les désirs de son corps à j5,j9,j26, peu importe ! Facile à dire mais plus dure à faire mais étrangement, plus le temps passe et sereine je suis comme si j'étais devenue très fataliste pensant que cela arrivera , de façon "normale", par insémination ou FIV. Pour ce qui est des résultats de tous ces examens, tout s'avère normal ! Alors, on vous dit que forcément, cela va arriver, c'est une question de temps !

Cela fait plus de deux ans et demi, quand allons-nous avoir droit à notre part de bonheur? Lorsque tout est normal, on sous-entend que c'est sans doute psychologique et là, on se pose mille et une questions ; est-ce que je le veux réellement ? Quelles ont été les relations avec ma mère ? Suis-je folle ? J'ai donc consulté un psychiatre, autant mettre toutes les chances de son côté mais il m'a rapidement dit qu'il ne voyait pas de problème ou alors peut-être un désir trop profond...
Après j'ai vu un acupuncteur, l'homéopathe mais en vain, j'attends toujours, attendant peut -être trop des autres ! Ce qui me semble le plus dur, c'est ce sentiment d'être seule ! J'ai l'impression que tout le monde s'en fiche royalement, on vous pose quelques questions mais après...La famille ne sait plus trop quoi dire, les amis non plus, on se retrouve à deux. Le pire ou le meilleur, c'est que chaque mois, on y croit comme au premier mois et on espère si fort que cette fois-ci sera la bonne et puis "elles" sont là et on en a pour une journée de deuil où l'on aimerait crier sa haine en voyant que les choses sont parfois si mal faites !

Mais en lisant les témoignages de toutes, je suis heureuse de voir qu'en fait, non, on n' est pas seuls !(hommes et femmes) En ce qui me concerne, j'ai pris également quelques mois Clomid sans succès et fin novembre 1999, nous irons consulter au CECOS un spécialiste qui nous guidera vers d'autres traitements. Je souhaiterais également dire que je me suis inscrite à la sophro et je crois que cela m'aide, m'apaise et me donne espoir d'un avenir en famille. Je souhaite à toutes beaucoup de courage, d'espoir, il faut y croire car comme on le dit "l'espoir fait vivre!"

Ingrid


avril 2001

J'avais témoigné en 1999,voilà donc l'heureuse fin :

Novembre 1999, je rencontre à la PMA la plus proche une spécialiste qui me propose puisque nous attendions depuis 32 mois de faire le "programme" suivant ; une prise de sang à j2, j3 pour quantifier les hormones FSH, LH etc, l'analyse ordinaire puis 3 mois de Gonal 75, une coelio après ces 3 mois puis 3 mois de Gonal 75. Ca m'est apparu logique, je reprenais espoir, nous étions mon mari et moi-même confiants.

Bête et disciplinée, je fais ce que l'on m'a conseillé de faire, je fais ma prise de sang début janvier 2000 et commence les piqûres. Trois mois passent et je me dis que c'est le moment de revoir mon médecin traitant afin de passer la coelio.

Je la rencontre au mois d'avril afin de faire le point. Et là, oh surprise, elle examine mes résultats hormonaux et je m'entends dire qu'il semblerait que je sois à 27 ans alors pré-ménopausée. Je suis restée bouche bée, non seulement ma prise de sang avait été faite en janvier et les résultats interprétés en avril et en plus, on me dit que mes symptomes ne correspondent pas vraiment à une pré-ménopause et qu'il faut mieux attendre de refaire la prise de sang.

S'en suivent 15 jours d'angoisse où j'attends de refaire l'examen et où je me pose toutes les questions possibles pour lesquelles je n'ai pour l'instant obtenu aucune réponse.

Début mai, une fois les résultats en main ,je l'appelle mes résultats ne sont pas meilleurs mais il m'est impossible de la rencontrer avant juin car je n'ai pas 40 ans (je rappelle que je suis tout de même pré-ménopausée). Je suis sincèrement furieuse, je lui reparle de la coelio, elle me dit qu'elle n'est plus nécessaire puique l'on sait maintenant ce qui m'empêche d'être enceinte; cette préménopause et une muqueuse utérine trop fine qui ne permet pas à l'oeuf de s'implanter. Lors d'une écho sous Gonal, on m'avait même dit que c'était "le désert de Gobi"!!!! Seule solution d'après elle, une F.I.V et ce, très rapidement.

Pour qui nous prend-on? On reçoit tellement de paroles blessantes qui leur paraissent anodines mais que l'on se prend en pleine tête nous rappellant que nous sommes si malheureux. J'avais tout pour moi, un mari formidable et pourtant j'avais l'impression qu'il manquait l'essentiel à mon bonheur : un enfant !!! Bref, j'ai pris le taureau par les cornes et j'ai pris rendez-vous en clinique chez un autre spécialiste. Le soir où nous l'avons rencontré, il a un peu halluciné ; pendant trois ans ,je n'avais rien physiquement qui expliquait ma stérilité et en un mois, j'apprenais donc que il y avait cette préménopause, cette muqueuse utérine trop fine.
Ce médecin a aussi examiné les clichés d'une hystéro ce que n'avait pas fait l'autre médecin et m'annonce que lui n'était pas d'accord avec le compte-rendu et qu'une trompe lui paraîssait "douteuse". Une chose de plus venait encore se greffer !!!
Par contre,il me propose de faire au plus vite la coelio, rendez-vous est pris pour juin 2000.
Je réalise cette coelio sans aucune douleur, diagnostic, kyste à la trompe, plus écartement de cette même trompe pas très jolie et endométriose !!!! Je croyais vivre en plein cauchemar, la perspective de l'enfant à venir me paraîssait impossible !!!

Il m'encourage en me disant que le mois de coelio, il faut y aller (rapports sexuels) et me propose dans un premier temps de ménopauser pour réduire l'endométriose dès mes prochaînes règles.
Fin juin, je ne suis toujours pas indisposée, je laisse les jours passer, mon entourage attend, mon mari n'ose pas y croire comme moi, n'y espérer. 1 juillet, je décide de faire un test de grossesse et là j'apprends une heure plus tard que les test est positif.POSITIF !!!!!

Je suis folle de joie et terriblement angoissée à l'idée que cette victoire ne soit qu'éphémère mais tout va se passer merveilleusement bien. Grossesse sans aucun souci et accouchement hyper rapide, le rêve !

Nous sommes donc les heureux parents d'un petit bonhomme qui nous comble tant.

Sachez en tous les temoignages que je suis avec chacun de vous car je sais à quel point c'est dur, chaque jour, j'espère que des couples trouvent des solutions et ont droit à ce bonheur.Il faut se battre, toujours y croire, ne jamais désespérer !

Ingrid
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Tous les mots colorisés en orange ou mauve vous renvoient au dico.