La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Hugo & Jeanne - (France - Janvier 2008)

Bonjour,

Je m'appelle Hugo, j'ai 29 ans, et ma femme Jeanne, 27 ans, nous habitons en région Parisienne en France. Nous nous connaissons depuis 10 ans cette année, et nous somme mariés depuis 2 ans. Jusque là, notre vie était idylique. Notre couple a toujours été très fort, plein d'amour, et naturellement nous avons commencé à essayer d'avoir un enfant dès Octobre 2006.

Mais voila, ma femme avait des rêgles très irrégulières, et de mois en mois, ses pleurs se faisaient de plus en plus dur à cacher. Au bout de 1 ans d'essais, elle est allé voir sa gynécologue qui lui a prescrit une éccographie des ovaires. Nous prennons rapidement rendez-vous, et il s'avère que ma femme souffre de distrophie ovarienne, à priori, rien de très grave, il existe des medicaments pour forcer les ovulations pour son cas. Mais pour avoir ce medicament (du Clomid je pense), elle veut d'abord s'assurer que le problème ne vient pas de moi. On retourne chez nous heureux et soulagés. Me voila donc parti pour un spermogramme. Très dur, pour un homme de franchir le pas, mais ma femme est compréhensive, elle ne me force pas, puis naturellement après 2 mois de reflexion, après l'avoir vu fondre en larmes une nouvelle fois, je prend mon courage à deux mains, j'appelle le laboratoire et je prends rendez-vous. Tout se passe bien, les personnes s'occupant de mon prélèvement sont très professionnelles et très discrètes. Nous repartons chez nous, moi très fier d'avoir vaincu ma peur.

2 jours plus tard le 25 Janvier, tout s'écroule pour nous. Ma femme revient avec les résultats : 0 spermatozoïde pour moi, pas un seul... J'ai du mal à réaliser sur le coup, je reste les yeux fixés sur ce 0, preuve de mon incapacité à faire mon travail d'homme. Puis je fonds en larmes, ma femme ne m'avait jamais vu pleuré, mais je suis resté prostré dans mon bureau pendant une heure, impossible de m'arréter. Pourquoi nous, pourquoi moi ? Ce sont des questions qu'on se pose tout de suite. Pour nous, ce spermogramme était la fin de notre calvaire, nous nous attendions à un résultat parfait, pas de soucis, un medicament, et un joli bébé... Coup de massue pour nous, ce n'est que le commencement d'un parcours du combatant.

Le lendemain, nous prenons la décision d'annoncer à tous nos proches, nos familles et nos amis ce qu'il nous arrive. Nous sommes très bien entourés, ils sont très compréhensifs. Mes amis me proposent de m'aider dans toutes mes futures démarches. Ce soir, nous ne savons toujours pas ce qu'il nous arrive, ni quelles sont les étapes que nous devront franchir, le rendez-vous chez la gynecologue est pour ce soir.

Je vous en dirais plus d'ici quelques jours.

Hugo


Août 2009

Juillet 2009

Dans mon premier et dernier temoignage, je vous avais laissé dans un état de détresse important. C'est très dur pour un homme d'encaisser son infertilité. Aujourd'hui, tout va mieux.

Reprenons là où je vous avais abandonnés. Comme je disais, j'ai été très bien entouré. Mon meilleur ami, m'a aidé à me relever un peu et à affronter la réalité en face. Ma femme et moi avons eu un rendez-vous chez sa gynécologue, 2 semaines après avoir reçu mes résultats. Avec le recul aujourd'hui, je me dit qu'ils sont inconscients de ne pas acompagner les couples dès l'anonce du résultat. Ceci dit, sa gynécologue nous a aiguillés vers un centre de PMA en région parisienne. Nous avons pris rendez-vous, et après 3 semaines d'attente (ce qui est court), nous avons eu notre premier rendez-vous avec un gynécologue spécialisé dans l'infertilité. Notre premier sentiment ça a été un grand soulagement de pouvoir enfin parler à quelqu'un d'humain, doux et attentif à nos attentes. Dès lors, tout c'est très vite enchainé. Les rendez-vous avec differents laboratoire et autre endrologue nous ont emmené à la conclusion suivante : Azoospermie excretoire pour moi. On était déja un peu plus optimistes sur notre avenir, la medecine avait une solution pour nous. Une biopsie testiculaire et si elle est positive, une FIV ICSI après protocole de stimulation court pour ma femme. La biopsie a eu lieu de 26 juin 2008, soit 6 mois après la découverte de mon azoospermie. Ce jour là, j'ai tenu à ce que mon meilleur ami nous accompagnent, moi et ma femme. Nous sommes arrivés à 08h00 à la clinique. Je suis passé sur le billard à 10h00. A midi, le chirurgien passe rapidement et nous dit mot pout mot (je m'en rappelle comme si c'était hier) : "Tout c'est bien passé, il y a largement de quoi faire !" et il est parti aussi vite qu'il était arrivé. Cet instant là a duré une eternité pour nous trois. Par pudeur, mon ami nous a laissés seuls, et nous avons éclatés en sanglots. Une joie immense. Mon ami est revenu 10 minutes plus tard et on a bien rigolé, il était en larmes lui aussi. Les suites de la biopsie se sont plutôt bien passé, même si je soupçonne le chirurgien d'avoir cherché plus loin que prévu. J'ai eu mal pendant 2 semaines mais c'était très supportable.

Nous avons ensuite, laissé filer le moi de juillet et le moi d'aout pour prendre des vacances et se ressourcer un peu. Jeanne a commencé sa stimulation sur le mois de septembre le temps de démarrer un nouveau cycle. Ils ont prélevés 8 ovocytes le 5 Octobre, et ils ont donnés 4 embryons de categorie 1 (4 cellules de même tailles, sans impuretés dans les cellules et dans le cytoplasme), les 4 autres ne se sont pas multipliés. Le 8 octobre, notre gynécologue a inséminé 2 embryons. C'était un moment un peu magique. Il a retiré la canule, et il nous a regardé en disant : "Comment appelle-t'on une femme avec 2 embryons dans son utérus?" Nous en coeur: " une femme enceinte?" Lui: "voila !" S'en sont suivi les 15 jours les plus long de notre vie. Un embryon a-t'il tenu ? les deux ? aucun ?

Le 15eme jour, Jeanne est partie faire sa prise de sang. Je rappelle à 16h00 et on me dit, à non, patientez encore 2 heures, ce n'est pas fini, on a du retard. Je rappelle à 18h00 : "Oui, on a vos résultats, c'est un petit positif" Un petit positif ? Qu'est ce que ça veut dire ? On appelle notre gynécologue qui nous dit que c'est un très bon résultat compte tenu du fait que nous sommes au 15eme jour. Ma femme a craqué à ce moment là. Prêt d'un an de tension qui se sont évaporé d'un seul coup. Elle a pleuré sans pouvoir controler pendant au moins une heure. Nous sommes allé faire une échographie de contrôle 3 semaines plus tard, et on a vu ce petit point blanc qui clignotait. "A priori, un seul a tenu, le point blanc c'est son coeur. A coté, c'est une poche vide, le deuxieme ne s'est pas developpé."

Deux échographies plus tard, pour la premiere échographie morphologique, celle du 3eme mois : l'échographe: - " Alors, le premier va bien, passons au deuxième !" Nous: - "le deuxième ?" Et oui, le deuxieme, nous attendions des jumeaux. J'étais le plus heureux des hommes.

Je ne raconterais pas la grossesse, qui s'est déroulé relativement bien hormis deux petites hospitalisations pour faire stopper des contractions à la 25 eme et à la 30eme semaine.

Ma femme a accouché le 9 juin 2009 de deux petits gars, Arthur et Gabriel, 2 kg 700 et 2k g 500, en pleine forme. Voila notre parcours. Je voulais juste dire à tout ceux qui sont encore dans l'épreuve, de ne jamais abandonner, le jeu en vaut vraiment le prix.

Hugo.


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Tous les mots colorisés en orange ou mauve vous renvoient au dico.