La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Hervé & Lilalu - (France - juin 2001)

Bonjour,

Si je souhaite témoigner aujourd'hui, c'est pour aider les femmes dans le même cas que moi. Je voulais lancer également un cri contre la non-communication dans les hôpitaux et cliniques, contre le manque d'infos - utiles et essentielles pour se battre contre ce syndrome, d'ailleurs souvent sous-estimé en France, alors qu'aux U.S.A il y a de nombreuses équipes de recherche qui travaillent sur cette maladie, de nombreux forums de femmes existent pour évoquer ce problème à lui seul.

Mon parcours est assez classique, je pense. Après deux années de mariage, nous voulions un bébé, j'arrête la pilule et puis plus de règles(pdt 6mois), je fais tests sur tests et pas de grossesse, sauf un vide étrange à l'intérieur de moi qui m'indiquait que quelque chose clochait. Je vais voir un médecin, qui me dit d'aller faire un échographie : diagnostic: ovaires polykystiques. L'intelligence du radiologue : "mais vous ne croyez tout de même pas que vous allez avoir un enfant comme cela!!" Je fonds en larmes..; Visite chez un spécialiste qui me dit de revenir deux années plus tard et de perdre 20 kg! (je suis ronde mais pas grosse). Je refuse cette réponse absurde. Je consulte une gynéco qui me fait prendre du Clomidclomid et du duphaston. Echec. Nous consultons un autre spécialiste car le spermogramme de mon mari était mauvais. Ce dernier ce focalise surtout sur moi et me dit qu'il existe une opération : la coellioscopie, qui permet de voir ce qui ne va pas et de faire des petites incisions au laser sur les ovaires (technique nouvelle) pour essayer de faire repartire les règles (50% de réussite environ). Je me fais opérer 3 jours plus tard. J'ai enfin mes règles quinze jours plus tard (je revis, je suis à nouveau une femme).

L'opération a révélé un utérus légèrement cloisonné (une sorte de mur), mais apparemment cela n'empêcherait pas une grossesse. Je souligne le fait que la coellio est très importante et que cette opération n'est pas douloureuse normalement, que je l'ai très bien vécue. Sans mon opiniâtreté à ne pas me décourager et à chercher d'autres médecins, cela n'aurait pas pu avancer aussi vite. Une bonne nouvelle, mon mari fait un spermogramme qui se révèle absolument normal. Puis, stimulation au puregon et déclenchement au hgc et insémination artificielle (c'est à dire qu'on injecte le sperme du mari dans l'utérus, c'est indolore (à ne pas confondre avec la fiv) ). 3 inséminations qui sont des échecs. Et puis toujours aucune info, aucun petit mot gentil du médecin, pas de dialogue possible malgré les demandes incessantes, pas de rendez-vous avant des mois...

Le ras-le-bol s'installe, je refuse de ne pas être informée et de ne pas comprendre le manière de procéder. J'en parle avec une personne qui a fait des fiv et a eu un enfant, qui m'indique un autre médecin, nous le voyons, il comprend tout de suite, est plus ouvert. Et nous fait même rire en nous redonnant une bonne dose d'espoir, il constate que l'opération a été géniale, mais que les stimulations n'ont pas été bien orchestrées (mauvais suivi ou doses homéopathiques ou doses trop importantes...). Il veut faire différemment, il me conseille de prendre un médicament pour diabétique utilisé dans mon cas pour palier l'insulino-résistance dans le cas des ovaires polyk. il me donne le fameux "metformine" utilisé par certains car ils sont des chercheurs et cela fait longtemps que les U.S.A utilisent ce médicament qui peut aboutir à des résultats spectaculaires de réussite pour quelques cas (chaque cas est individuel) , il rajoute le clomid pour l'ovulation et me dit de m'éclater pendant les vacances. Si cela échoue, nous reprendrons l'iac et passerons ensuite à la fiv. Cependant, il n'est pas péssimiste quant à ce traitement après l'opération réussie et les taux hormonaux revenus à pratiquement la normale.

Je croise les doigts... J'espère... Mais une chose est sûre, je n'ai pas baissé les bras, j'ai lu des articles de recherche sur internet, j'ai refusé d'être un simple numéro sans âme. Je ne sais pas si mon parcours va aboutir, mais une chose est sûre, je n'abandonnerai pas de si tôt. Le plus dur, c'est la solitude, et l'envie de parler avec d'autres dans le même cas. Mon mari est une perle, mais il ne peut pas tout comprendre, mais heureusement, il est là et je l'aime. L'amour, la sérénité sont des choses importantes pour supporter la fatigue morale et physique dûes au traitements. Il ne faut pas hésiter à chercher des infos si on ne vous les donne pas (internet est un moyen extraordinaire).

En France, on sous-estime les OPK, c'est dommage, on vous dit que ce n'est rien, moi, les miens étaient très importants et on disait que j'allais tomber enceinte sans problème, l'ignorance de certains médecins désinforme (ce syndrome est méconnu, assez mystérieux encore).J'ai refusé cette fatalité désespérante puisque rien n'arrivait. Je me bats encore.J'ai appris une chose dans les articles médicaux : la pilule que je prenais a amplifié la maladie, il faut savoir que les ovaires polyk. ont des taux hormonaux déjà trop élevés et nécessitent une pilule particulière. Avec les années ma maladie est allée jusqu'à son paroxysme : l'arrêt total des règle (donc pas d'ovulation possible), insidueusement, tout doucement. J'ai presque 30 ans, et je regrette que les médecins n'aient pas évoqué plus tôt le problème, alors que ma gynéco d'avant avait remarqué des "kystes", mais ce n'était rien du tout. La preuve de leur ignorance. Si j'avais su la possibilité de ne pouvoir enfanter facilement, j'aurais pris à coeur plus tôt ce pb et aurai essayé d'avoir un bébé plus tôt....

Ceci étant dit, je voulais encourager toutes les femmes , leur dire qu'il ne faut pas baisser les bras, et surtout, surtout, il ne faut pas hésiter à changer de médecin si l'on n'est pas satisfait. Je me ferai un plaisir d'aider les femmes dans mon cas, si elles en ont besoin, si elles ont des questions (si je peux y répondre).

Bon courage ! Gardez l'espoir !
A bientôt

Lilalu


septembre 2001

Bonjour à vous tous et particulièrement à Viviane et Vincent, sans qui j'aurais été bien seule sans ce site riche en infos et superbement orchestré,

Je voulais vous annoncer une bonne nouvelle suite à mon message d'il y a quelque temps. JE SUIS ENCEINTE!!!! Je n'osais pas y croire jusque là. Je vous raconte : 10 jours après la 3ème insémination artificielle, j'ai mal au ventre et perds des trucs noirs bizarres aux toilettes. Je me dis que c'est foutu, que j'ai dû perdre des embryons et qu'il n'y a plus qu'à recommencer. Finalement, je décide de faire un break de traitements de puregon pour les vacances, car saturée. Je souffle et puis... j'ai une infection urinaire qui m'amène chez le médecin, ce dernier me donne des antibiotiques (je vous rassure, c'est sans conséquences pour les bébés) et me dit de faire une écho pour voir si tout est OK (j'ai eu l'an passé une pyélonéphrite : pb aux reins), donc j'y vais. L'échographe regarde et me dis : "les reins sont OK, la rate OK, le foie OK, mais votre utérus est bizarre... Vraiment bizarre..." [Il engueule presque ma mère - (qui était venue avec moi car se trouvant chez moi pour 2 jours et nous sommes toujours très complices, et avions décidé d'aller faire ensuite des magasins...) - car elle regardait sur son écran, il lui dit que cela le dérange et lui demande de sortir, ma mère s'exécute inquiète

Puis il continue : "Madame, vous voyez, ici il y deux poches, et là vous avez deux embryons, vous êtes enceinte de faux jumeaux de 6 semaines et 3jours" Vous n'imaginez pas ma surprise, interloquée, je lui dis :" mais, c'est pas possible, vous êtes sûr?!!" Alors là, il me dit : "je vais vous faire écouter les coeurs pour vous persuadez!!"

Ce fut un moment magique, il fit rentrer ma mère et je lui ai annoncé illico presto la nouvelle. Je ne vous dis pas son large sourire!! Au jour d'aujourd'hui j'ai eu mon écho du troisième mois, tout va bien, ils poussent bien... Si certaines se découragent aujourd'hui, je veux leur dire de tenir bon, d'être volontaire et de sourire à la vie même si c'est dur, je pense très fort à vous toutes et espère qu'il vous arrivera à vous et à votre compagnon (il ne faut pas les oublier), la même chose qu'à moi.

Je vous embrasse tous et toutes affectueusement et vous donnerai de mes nouvelles,

P.S : si certaines ont besoin d'écrire leur angoisse, elles peuvent m'écrire, je me ferai un plaisir de leur répondre!

Lilalu


Mai 2002


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