La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Frédérique & Jean-Marc - (France - février 2002)

Bonjour,

Je m’appelle Frédérique, j’ai 30 ans et mon mari Jean Marc à 33 ans.

Nous sommes rencontrés il y a maintenant 12 ans et nous nous sommes mariés en juin 1998.

Jean Marc travaillait et je voulais finir mes études d’infirmière, commencée tardivement, avant de réaliser un rêve lointain, avoir un bébé à nous.

En mars 1999, nous décidons que j’allais arrêter ma pilule pour permettre à mon corps de retrouver un fonctionnement normal avant de concevoir un bébé. Je finis mes études d’infirmière en décembre 99, et nous décidons de ne plus faire attention, pour que nous puissions avoir ce bébé tant désiré.

Seulement les mois passent, et je ne suis toujours pas enceinte…

En avril 99, ma belle sœur, qui a le même âge que moi, m’apprend qu’elle est enceinte seulement 3 mois après avoir arrêter sa pilule. Je n’en crois pas mes oreilles. De plus, les spécialistes qui l’avaient suivi pendant des années pour des antécédents d’endométriose lui avaient dit qu’elle aurait des soucis pour avoir un bébé. Comble de la malchance c’est moi qui ai des problèmes alors que rien ne le laisser penser et elle qui est enceinte alors qu‘elle savait qu’elle aurait des difficultés.

En septembre 2000, mon mari et moi allons voir mon gynéco à ce sujet. Là commence les examens sanguins, les courbes de température, les spermogrammes…Il en résulte pour moi, une légère dysovulation et rien d’inquiétant quant au spermogramme de mon mari. Malgré tout, il a une varicocèle à gauche qui peut altérer la qualité des spermatozoïdes mais les urologues ne sont pas convaincus qu’une opération pourrait améliorer les choses, surtout que ce n’est pas catastrophique.

A ce moment, commence pour moi les traitements, d’abord médicamenteux par du CLOMID et PROVAMES.

Pendant 6 mois je test ce traitement, sans résultat, car mes ovaires ne répondent pas, les quelques follicules ne sont pas de tailles suffisantes.

En février 2001, nous changeons de traitement. Je dois me faire des injections de MENOGON de J2 à J11 du cycle. Puis après surveillance échographique de la stimulation nous déclenchons l’ovulation avec une injection de GNRH si les follicules présents sont de tailles suffisantes. Je réponds bien au traitement mais uniquement sur l’ovaire gauche. Cependant, il n’y a toujours pas de grossesse en vue, pas le moindre retard de règles.

En juin 2001, nous envisageons mon gynéco et moi, une coelioscopie diagnostic afin de voir de plus prêt ce qui ce passe.

Les bonnes nouvelles : mes trompes sont perméables des 2 côtés

Mais, la mauvaise nouvelle est que j’ai des coques très dures sur les 2 ovaires, cela empêcherait les follicules de passer lors de l’ovulation.

Mon gynéco fait une biopsie de ces coques et l’envoie à analyser, le retour de cette analyse dit que c’est du tissus ovarien normal.

Nous décidons de continuer le traitement précèdent, malgré les résultats positifs à l’échographie, le taux sanguin estradiol diminue. Je commence à ne plus supporter tout cela, les piqûres, les symptômes divers et variés d’une grossesse. Je décide de faire une pose de trois mois. Pendant cette pose, nous préparons la phase suivante. Nous prenons RDV dans un centre de PMA. De nouveau, nous recommençons les examens le spermogramme…Puis aux vues des résultats l’équipe médicale de la PMA nous propose de faire 4 inséminations artificielles avec conjoint (IAC). La première tentative se profile pour la fin de l’année 2001 mais le centre de PMA est fermé pendant les vacances de Noël, nous devons attendre encore un mois.

Nous parvenons à notre 1 tentative tant attendue le 1 février 2002. Elle se conclue par un échec. Le mois suivant, je suis mise au repos forcé car mes ovaires ont trop répondu au traitement précedent (clomid de J2 à J6 inclus puis PUREGON 75 de J7 à J11 puis déclenchement avec GNRH selon résultat sanguin et échographique).De plus nous sommes partis au ski et cela nous a fait beaucoup de bien. Nous attendons le cycle suivant pour recommencer à nouveau.

Je suis un peu rassurer car l’insémination n’est pas douloureuse, j’ai juste eu mal lors de la stimulation, mais cela vient sûrement du fait que j’ai un peu trop bien répondu au traitement. Nous verrons bien la prochaine fois.

Dans tout ça, le plus dur à vivre ce n’est pas forcément les traitements, mais c’est plus la difficulté de faire abstraction des réflexions de notre environnement. Je pense que tout le monde va reconnaître les réflexions que je vais vous citer :

" Il ne faut pas y penser, je connais quelqu’un qui à arrêter tous les traitements et qui est tombée enceinte comme ça " ou bien "maintenant avec tout ce que fait la médecine il n’y a pas de raison que ça ne marche pas " ou bien "il ne faut pas vous exclure ". Alors qu’en fait nous ne nous excluons pas, ce sont les autres qui le font tout seul, personne ne nous téléphone pour avoir de nos nouvelles, les réunions de famille se font sans me demander si je travaille et comme par hasard, je travaille le jour ou tout le monde se réuni pour faire la fête. Je pense qu’en fait nous dérangeons les autres, ceux qui n’ont pas eu de problème pour avoir un bébé.

Heureusement, nous avons des amis dans notre entourage, qui imagine ce que nous pouvons ressentir, ils ne nous harcèlent tous les mois pour savoir ou nous en sommes dans notre parcours. Tous ces amis sincères qui nous soutiennent qui nous comprennent, c’est ce qui nous fait du bien.

Je suis très heureuse d’avoir trouvé se cite car vraiment c’est une bouffée d’air pur. Car tout le monde dans mon entourage connait quelqu’un dans notre situation, mais nous, nous n’en connaissons pas tant que ça. Alors le fait de voire que d’autres personnes vivent les mêmes choses et ressentent les mais impressions c’est très rassurant.

Frédérique & Jean-Marc


Juin 2003

L'année 2002 a été l'année des inséminations, au total 4 étalées sur 10 mois. A chaque fois, il y avait un beau follicule à maturité et après l'IAC et les 2 semaines d'attentes, mes règles arrivaient, sans un jour de retard. Apres tout ces échecs, ma gynéco du centre de PMA me propose de faire 2 autres IAC, proposition que je refuse car après 2 ans de traitement de stimulation de tous ordres, nous souhaitons mon mari et moi passer à autre chose. La gynéco du centre de PMA nous parle alors de la FIV. Il faut refaire tout un bilan sanguin pour moi un spermogramme pour mon mari, la routine quoi… Ensuite elle nous explique le déroulement des choses et les divers phases du traitement (ttt). Ca a l'air un peu compliqué, mais nous verrons bien au fur et à mesure. La première phase de blocage est satisfaisante très rapidement, nous commençons donc la phase de stimulation. Là, la stimulation traîne un peu la réponse n'est pas satisfaisante, les dose de Gonal F75 sont augmentées, puis écho et prise de sang tous les deux jours. Au bout de 15 jours de stimulation, il y a 6 follicules à gauche uniquement, donc 1 trop petit pour le moment, rien à droite. La ponction est programmée pour 72 heures après.

Je rentre à l'hôpital le 13 février pour y être opérée le 14, jour de la Saint Valentin . Le 14/2 j'ai une anesthésie générale qui dure en tout 10 minutes pour ponctionner dls follicules, je me réveille à 8h40 en salle de réveil. Tout va bien, je n'ai pas mal, et je ne me sens pas comme lors des précédentes anesthésies, je suis en forme. A 9h30, je reviens dans ma chambre où mon mari m'attend. Nous attendons la visite de la sage femme pour nous dire combien de follicules ont été inséminés.

En fait pour la première FIV, nous avons une double chance, s'il y avait plus de 8 follicules de bonnes qualités nous avions les deux techniques qui s'offraient à nous en même temps. LA FIV TRADITIONNELLE ET L' ICSI. Comme ça , si rien ne se passait à la FIV traditionnelle nous espérions bien que des cellules ce seraient développer avec L'ICSI. Du fait de la faible quantité de follicules ponctionnés, nous avons bénéficier de L'ICSI uniquement, les 6 follicules ont été injecté avec un spermatozoïde de mon mari. Nous rentrons chez nous le soir, heureux et soucieux, car nous devons attendre le lendemain pour téléphoner au centre pour savoir si les " œufs " fécondés se développent. Le samedi matin, à 10h, mon mari appelle le centre de PMA, pour savoir. Le verdict tombe, tous les œufs fécondés se développent, le replacement aura lieu le lundi 17/2 à midi.

Lundi matin arrivé au labo, tout le personnel qui vient me voir à un sourire radieux, leur visage est illuminé. Lors des inséminations personnes n'avait un telle tête. La dame du labo, m'informe que deux embryons de bonne qualité ont été congelés et que 2 autres vont m'être replacés. Le Dr qui me replace les embryons s'appelle Mme M., et tout le temps du rituel du replacement je me dis que cette femme va nous faire des merveilles. Le protocole du replacement est assez extraordinaire, avec chronomètre en main, microscope afin de voir si tous les embryons ont été replacés. Tout est OK, les deux embryons de 3 jours sont dans mon utérus pour la première fois, je peux dire que je suis enceinte…

Mais , il faut attendre 2 semaines, sans faire le moindre effort alors qu'on se sent en pleine forme, juste un peu fatiguée par le ttt, mais rien de bien grave, alors il faut être ZEN, attendre et attendre encore. 2 semaines plus tard, je fais ma prise de sang, (je n'ai pas fait de test urinaire car je me suis injectée de L'HCG et j'ai peur que les résultats du test soit faussés par ces injections). Je me couche ( je travaille la nuit)et je me lève vers 13h30 pour appeler la sage-femme. Son téléphone est sans arrêt occupé, le stress monte…

Puis elle me répond, et m'annonce que je suis enceinte, mon taux de bHCG est à 400, et tant qu'il ne sera pas > à 1000 il faut continuer les prises de sang. 2 jours plus tard de nouveau prise de sang, et là, soulagement mon taux est > à 1000. Je suis heureuse, rassurer, mais je n'exalte pas, je pensais que j'aurais appelé tout le monde pour le dire, mais non, nous décidons d'attendre la fin du 1e trimestre pour annoncer la nouvelle. La sage-femme du centre de PMA me donne un RDV pour la 1e écho qui aura lieu fin Mars, suspense…

Apres 4 semaines de grossesse, je n'ai aucun vrai symptôme, seul mes seins sont très légèrement sensibles mais rien d'insupportable pour le moment. Il est très dur de réaliser ce qui se passe dans mon corps et que depuis ces 4 années d'attente, de désespoirs, je suis enceinte pour la première fois de ma vie. Je ne réalise pas encore, mon mari non plus d'ailleurs. Je pense que l'écho de la fin du mois va peut être nous y aider.

L'écho du 28 mars nous montre 2 petits embryons de 16mm. Leurs petits cœurs battent déjà, c'est étonnant et tellement merveilleux. Mais nous ne réalisons toujours pas, je ne sais pas pourquoi, mais à force d'attendre et d'espérer tout cela est très abstrait. En tout cas le premier trimestre s'est passé, avec merveille, pas de nausée, pas de fatigue intense, juste de nombreuses hypoglycémies. Depuis le 1e mai nous avons déménagés dans la maison que nous avons fait construire, c'est génial tout arrive en même temps. La seule chose est que vu que nous n'arrivions pas à avoir d'enfant nous avions prévus d'aménager le 1e étage de notre maison doucement, et qu'en fait il nous reste 4 mois. On sait jamais il faut mieux être prêt avant le 17 novembre (date prévue de l'accouchement). Depuis que nous sommes dans notre maison, mon ventre s'est vraiment arrondi, et je prends conscience qu'ils sont 2 à partager mon utérus, de plus ils mesurent maintenant environ 10 cm chacun, alors je ne les sens pas encore bouger mais ça ne serait tarder.

Je voulais souhaiter bon courage à tout le monde, et tout le monde me disait que c'est quand on n'y pense plus que l'incroyable se produit, je ne dirai pas cela, mais je commençais à me dire que nous n'aurions peut être jamais d'enfant, que je ne serais jamais enceinte, la vie est inexplicable. Alors, prenez le temps de vivre à coté de tout ces ttt pénibles. Car une fois que la grossesse survient, tout les désagréments des ttt sont vites occultés.

Merci à Viviane et Vincent pour ce site merveilleux, qui donne espoir, et c'est déjà énorme surtout dans les moments de cafards.

Bonne chance à tous et toutes. A bientôt pour d'autres nouvelles.

Merci à Hélène de Tahiti, pour son soutien.

Frédérique


Décembre 2003

Toute ma grossesse s'est bien passée, la fin a était un peu difficile mais comme pour tout le monde.

Depuis le mois de juin, j'avais des contractions qui heureusement n'ont jamais eu de répercutions sur mon col. J' ai été hospitalisée 1 semaine suite à quelques contractions + douloureuses à 33 semaines d'aménorrhée, avec une surveillance sous monitoring 2 à 3 fois par jour, sous perfusion... Tout compte fait pour mon gynéco qui craignait que j'accouche prématurément, j'ai accouché à 38 SA & 2 jours le 29 octobre. L' accouchement a était difficile, pas le travail car grâce à la péridurale c'est un "plaisir", (j'ai pu faire des siestes pendant les 15h qui ont servi à la maturation du col), mais en fait à la fin le deuxième jumeau est remonté dans mes côtes pour laisser la place à son frère, et je ne pouvais pas pousser, me moucher, lever les bras, j'avais l' impression d'avoir les côtes cassées. De plus, j'ai fait une hémorragie importante, et je n'avais plus que 7 de tension lors de la naissance des petits. Bref tout cela n'est plus qu'un mauvais souvenir maintenant, car je ne les ai pas vu naitre, je n'étais presque pas consciente, je n'ai pas pu les allaiter à leur naissance, j'étais trop faible.

Passons aux choses plus rejouissantes, Matthieu est né le 29/10 à 22h39, il pesait 3,020kg pour 47.5 cm et Clément à 22h55 il pesait 3,270kg pour 48.5cm. Nous étions surpris de leur poids. Nous sommes très heureux , très fier d'eux et de nous. Ils ont eu 5 semaines hier, le temps passe très vite. Matthieu fait 3,7 kg pour 52 cm et Clément 4 kg pour 53,5cm. Nous allons tous les 4 très bien, eux mieux que nous car nos journées passent très vite et nos nuits sont très courtes. Leur venue a changé notre vie et c'est loin d'être fini. Je pense souvent à tout ce que nous avons traversé pour en arrivé là, même si avec le temps tous ces problèmes deviennent légers une fois que les bébés sont là.

Bon courage à tous & toutes. Nous vous embrassons.

Frédérique


Leur écrire

Tous les mots colorisés en orange ou mauve vous renvoient au dico.