La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Frédérique & Ludovic - (France - février 2003)

Je m'appelle Frédérique. J'ai rencontré mon futur mari en 1992 : j'avais 18 ans et lui 22. Nous nous sommes mariés en juin 1999. Que du bonheur !! Pour la suite, c'est moins drôle...

En juin, j'arrête donc la pilule. Je n'ai jamais eu de problème de cycle, de règles irrégulières (28, 29, 30 jours maxi) mais règles douloureuses, comme beaucoup de femmes. Donc je n'ai aucun doute, j'aurai un bb très vite, comme tout le monde autour de nous ! Nous nous attelons donc à la délicieuse tâche !

Novembre 99 : je m'inquiète. Rien ne vient ! Je consulte donc un peu honteusement, en disant que nous essayons depuis mai (le mensonge !!!). La gynéco m'ausculte un peu à regret : là, surprise, elle découvre un kyste sur l'ovaire : après écho, il s'avère qu'il parait gros. Une coelio est programmée en urgence début décembre : on m'enlève un kyste de 8 X 5 cm sur l'ovaire gauche, ainsi qu'un fibrome sur l'utérus. Une bonne chose de faite !

Février 2000 : on se remet gaiement à la tâche...

Mai : toujours rien, malgré un cycle régulier et des courbes de températures très jolies. Je consulte à nouveau, car nous apprenons que nous sommes mutés à Tahiti pour 2 ans : mon mari est militaire, il embarquera sur un bateau. Je panique un peu car celà voudra dire qu'il ne sera pas toujours là au bon moment ! La gynéco me prescrit (toujours en rechinant) Clomid pour 3 mois (sans aucune surveillance, soit dit en passant).

Août 2000 : arrivée à Tahiti. Je consulte en septembre un gynéco (beau comme un dieu, ça ne gâche rien). Il me prescrit les examens standard : Pds, Test de Hühner, Hystérographie, spermogramme... J'en oublie aucun ? Tout est ok des deux côtés. Nous recommençons donc les stimulations par Clomid, avec déclenchement de l'ovulation, quand mon mari est là.

Janvier 2002 : toujours rien, malgré 6 cycles sous Clomid. Je me plains de douleurs pdt les règles.

Mars 2002 : je consulte un généraliste pour les douleurs : elle m'envoie faire une écho. Toujours rien à déclarer. Tout juste si c'est pas psy. Je me pose des questions...

Avril 2002 : je consulte en urgence, pliée en deux. On décide d'une coelio.

Mai 2002 : coelio : endométriose stade 1 : sur la vessie, utérus et ovaire. Il fait un nettoyage de printemps et referme le tout.

Juin 2002 : mise en ménaupose pour enrayer une récidive d'endo. Vive les bouffées de chaleur, la sécheresse vaginale, l'agressivité, la libido zéro et donc le mari déprimé.

Aout 2002 : retour en France.

1er novembre 2002 : youpi, je suis une femme, mes règles reviennent ; une lettre à la poste, j'ai même pas mal ! Je consulte une gynéco, très sympa : elle me refait une Pds bien complète, et un spermo pour mon chéri (l'était super content). Spermo OK. TAux LH et FSH inversés pour moi. Prolactine élevée. C'est pas pour ça qu'elle réagit la gynéco (elle était bien sympa pourtant).

1er janvier 2003 : Bonne année : j'ai mes règles ! Mauvais signe ça ! De plus, les douleurs reviennent, tellement fortes, que je tombe dans les pommes. Mon mari panique, prêt à me faire du bouche à bouche.

Janvier 2003 : Je déménage encore une fois (un mari militaire, ça bouge) Je consulte une autre gynéco : sympa comme tout (je me méfie). Elle décide de me stimuler par injection de Purégon, en commençant gentiment, car j'ai les ovaires dystrophiques (d'ou les inversions de taux). Merci Doc ! Voilà où nous en sommes au jour d'aujourd'hui, vendredi 24 janvier 2003

Je vous ai passé certains détails comme l'acupuncture, l'ostéophatie, la psy....
Je vous ai également épargné des réflexions sordides (c'est dans la tête, tu y penses trop), les regards de travers....
J'oublie les rapports programmés, c'est moins gai qu'au début ça, y'a moins d'entrain... Un peu de piment, que diable !!!
J'oublie les annonces de grossesse des amies, au bout d'un mois ou deux d'essai, les bébes qui fleurissent partout, les ventres ronds et les femmes épanouies....
Je vous passe ma détresse et celle de mon chéri. Je me sens Coupaaaaable !

En 3 ans et demi, j'ai l'impression de ne pas avoir avancé, seulement de m'être enfoncé. J'espère maintenant que ce nouveau traitement donnera le résultat tant espéré; un beau bébé, tout rose et bien dodu... Même s'il y en a 2, je prends. J'en veux aussi à certains gynécos qui ne comprennent pas notre désespoir, qui ne nous expliquent pas grand-chose et qui nous laissent rentrer à la maison, les larmes au bord des yeux : c'est négatif, nous dit'on d'un ton neutre et sans appel.

Nous avons commencé les démarches pour l'adoption : ça me rassure. Faut pas croire, j'ai le moral, mais y'a des hauts et des descentes au enfer parfois... Tout ce que je souhaite, c'est de ne pas vieillir sans enfants, à baver sur ceux des autres. Et j'espère revenir sur ce site, et témoigner avec un bide énorme, des nausées, des varices...

Grosses bises à toutes, surtout bonne chance.

Fred


Juin 2003

Bonjour,

Nous sommes le 12 juin. J'ai suivi le traitement Purégon 50 en février, puis 75 en mars et avril, avec déclenchement avec une injection de gonado. Ces trois mois, 1 ou 2 follicules à chaque fois, une ovulation parfaite avec tes taux mémorables... des galipettes à tour de bras... et rien au bout ! C'est à n'y rien comprendre.

Fin avril, si, je comprends ma douleur : je me réveille pendant la nuit avec des douleurs atroces dans le bas ventre ; mon pauvre chéri panique, on appelle le doc d'urgence, qui arrive heureusement très vite, sinon je crois que j'aurais eu le temps de l'égorger avant de tomber dans les pommes... Il m'ausculte...ne voit rien...me fait une piqûre qui me plonge dans un état de décontraction...faudrait me piquer à ça tous les jours, c'est génial !

Le lendemain, mon homme m'envoie aux Urgences car la douleur est revenue... A l'écho, mes ovaires ressemblent à des grappes de raisin...dont 1 kyste gros à faire peur. Apparemment, des kystes se sont rompus, d'ou les douleurs. Rien à faire. On me donne de quoi me shooter...

En mai, repos du guerrier. Je pars en vacances dans le sud, je me repose la tête et le corps, en espérant que les kystes se résorbent, pour recommencer Purégon en juin.

Juin : J'arrive à l'écho, la bouche en coeur, le sourire aux lèvres, parée à recommencer les piqûres, écho et prise de sang...mais que ne ferait-on pas pour un petit bout ??? Donc écho : patatra, le monde s'écroule. Le gros kyste est toujours là, le parasite s'est installé, bien au chaud, comme une sangsue.

Je repasse une écho en juillet. Si le kyste est toujours là, il va falloir l'enlever par coelioscopie car c'est sans doute un kyste endométriosique, sur l'ovaire droit en plus, celui qui fonctionnait bien. Ils ne vont plus savoir ou me les faire les trous dans le bide ??? Et la suite me fait peur, ménaupose...et c'est le cercle vicieux. Je suis actuellement sous anxiolytiques, c'est pas bon pour la fertilité, je sais. Mais bon, ça fait 4 ans que j'en prend pas, c'est pas pour ça que je suis tombée enceinte. Alors, là, ça m'aide à ne pas tomber plus bas...

Il n'y a qu'une chose qui avance : notre dossier pour l'adoption passe en commission le 26 juin prochain. Ca a été vite de ce côté là, les rendez-vous se sont bien passés. Donc maitenant, on croise les doigts. Merci de faire de même les filles !

A bientôt pour de meilleures nouvelles j'espère. Bon courage à toutes.

Fred.


Décembre 2004

Bonjour,

J'ai déménagé une nouvelle fois et atterri à Brest. Changement donc également de gynécologue. Mon kyste sur l'ovaire étant toujours présent en octobre (après un mois sous pilule pour voir s'il disparaissait), j'ai du subir une 3ème coelioscopie pour le retirer et refaire un nettoyage car l'endométriose avait repris du terrain. Puis j'ai été mise en ménaupose 3 mois, mais mes règles ne sont revenues qu'en juin 2004 (mes ovaires commencent à fatiguer). Puis, au retour des règles, on démarre sur les chapeaux de roues ma première fiv avec du Purégon 300. 2 semaines de piqûres (je me les faisais moi-même, j'étais fière) et une ponction de 8 ovocytes de moyenne qualité. Résultat 2 jours plus tard. la cata, pas d'embryons. Le monde s'est écroulé. Avec mon chéri, on a décidé de se faire un petit voyage, pour nous changer les idées. L'été est passé. Je me suis remise à fumer (j'avais arrêté 5 ans). J'ai été mise sous Luthényl pour éviter une récidive d'endométriose (re-ménaupose donc avec tout les effets secondaires que ça implique). Au retour de mes règles, début novembre, nous avons recommencé la fiv avec un autre protocole : Ménopur 300, Orgalutran. A la ponction, 7 ovocytes dont 3 de bonnes qualités. 2 jours plus tard, youpi, il y a 5 embryons. Le biologiste nous convoque et nous propose d'attendre encore 3 jours pour qu'une sélection naturelle se fasse et que les embryons les plus forts restent et soient transférés. Le lundi, il reste un costaud (blastocyste) qu'on me transfère sans perdre de temps.

Le 03/12/04, j'apprends que je suis enceinte. Je fonds en larmes, j'y crois pas, 5 ans 1/2 que nous attendons ça, 66 mois d'échecs, jamais un seul positif !!! Je suis depuis sur un petit nuage, inquiète bien sûr que cela ne dure pas, mais je reste positive malgré tout, les taux sont bons et à la première échographie à 3 sg + 3 jours, on aperçoit un petit tétard noir, le plus joli tétard que j'ai jamais vu !!! J'ai bien sur arrêté de fumer, je mange que des bonnes chose, je le couve précieusement.

On ne l'appellera pas Désiré(e) ou Victoire (le pauvre bébé) mais c'est notre Victoire à nous, et nous l'avons bien mérité comme chaque couple qui s'aime la mérite !

Ne perdez jamais espoir, battez vous, que ce soit pour une fiv, un don (de sperme ou d'ovules) ou pour l'adoption mais ne baissez jamais les bras, se battre c'est aller vers la réussite. Quelle qu'elle soit !

Frédérique


Septembre 2005

Je viens mettre à jour mon témoignage par la meilleure nouvelle qui soit : je suis maman depuis le 8 août 2005 d'une petite Albane !

C'est notre victoire après un parcours tumultueux et je vous souhaite le même dénouement.

Amitiés.

Frédérique, Ludovic et Albane


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