La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Florence & Renaud - (Belgique - septembre 2004)

Bonjour,

J'ai souvent été tres touchée par votre site, et je voulais aujourd'hui apporter notre témoignage, qui je l'espère un jour pourra se voir orner d'un ou plusieurs petits rubans roses !

Je m'appelle Florence, je viens d'avoir 27 ans, et nous venons de fêter avec mon mari nos 5 ans de mariage. Lui a 30 ans et demi, et depuis 6 mois après notre mariage nous souhaitons un enfant.
Nous avons toujours rêvé d'une famille nombreuse, et je n'avais jamais pris la pilule. Donc, on commence à "viser" les périodes d'ovulation (naïvement, je pense au 14ème jour) et autour de moi, radieuse, je ne parle que de bébé, etc...

Mais rien pendant 6 mois. Je commence à me poser des questions. Mon gynécologue me dit de faire une courbe de température. Ce que je fais, pendant encore 6 mois, et on voit que la phase lutéale, comme on dit, ne dure jamais bien longtemps, et que je dois avoir un petit problème d'ovulation. Il me prescrit du Clomid du 2ème au 5ème jour. Quatre mois après, rien. Donc on passe à deux comprimés de Clomid, et toujours rien. Je souffre beaucoup de cet état, voilà presque deux ans d'essai d'enfant, et rien, je souffre. Toutes mes amies, issues d'un milieu assez traditionnel, font des enfants à la pelle, elles ont toutes entre 2 et 3 enfants. Je me renferme, chaque grossesse est un coup de poignard, je me sens inférieure, une demie femme, incapable d'etre mere.
Renaud, lui, est super optimiste, il y croit, il sait qu'on y arrivera, à ce moment là, il ne souffre pas encore autant que moi de la situation.

Au meme moment, j'ai des problèmes avec ma maman aussi, elle s'est remarieé, et desire elle aussi un enfant (à 46 ans!!) le medecin dit qu'elle peut. Grand trouble de me retrouver avec ma propre mère en compétition de maternité, j'ai envie de lui dire que c'est à moi maintenant de faire des enfants, plus à elle !!

Je vais voir une psychologue qui m'aide beaucoup, qui m'aide a défaire les noeuds dans mes relations a mes parents, à maman, à ma belle-mere, qui elle aussi se compare a moi ("vous n'avez pas d'enfant, vous ne pouvez pas comprendre" ) à moi, qui m'empêchent d'etre mere.

Et un peu rassénérée, je vais faire un autre examen prescrit par mon medecin, c'est une hystérosalpingographie. Et là, le choc, la barre qui tombe, j'ai une trompe complètement bouchée, à gauche. Le medecin me dit qu'on continue avec deux Clomid, mais qu'on monitore, on déclenchera l'ovulation à un moment précis, et on regarde si je n'ovule pas à gauche.

Six mois presque de traitement comme ca. Et toujours rien. Je n'en peux plus, je suis la seule sans enfant, tout le monde nous questionne (pourquoi n'avez vous pas d'enfant, il faut s'y mettre !) (vous voulez le mode d'emploi? hahaha !) Mon mari aussi commence à avoir mal. Pourquoi nous? Nous sommes croyants, mais je suis revoltée : pourquoi moi? pourquoi dois-je vivre ca ?

Le plus dur, ce sont ceux qui font des plans ("ah les bebes de mai, c'est super!") sans s'imaginer qu'il y en a qui souffrent et pour qui un bébé de n'importe quoi, ce sera bien. Ou bien ceux qui pleurent parce qu'ils ont attendu 2 mois apres la pilule ("on a eu super peur de ne jamais pouvoir en avoir !").

En Novembre 2002, mon médecin m'oriente vers une autre gynécologue spécialisée dans la fiv. Elle veut me faire faire une laparoscopie pour vérifier l'etat des trompes et de l'utérus. Au reveil, le verdict, glacial : Madame, vous avez les deux trompes bouchées, completement. Vous ne pourrez pas avoir d'enfant naturellement. La bonne nouvelle, vous n'avez pas d'endometriose...
Super... J'ai l'impression que le monde s'écroule. Que je n'arrête pas de dire: "un jour j'aurai un enfant", et ce jour ne vient jamais. Mon mari se pose des questions, il ne veut pas faire de FIV au début. Alors on prend un long moment. On décide de réflechir pendant 9 mois (hasard?). On se pose des questions sur notre désir: oui mais a quel prix, on souffle, on se recharge les batteries...

Et en septembre 2003 on part pour notre premiere FIV. Je réagis bien aux traitements (150 de Menopur), même trop bien, en menace d'hyperstimulation, je dois arrêter les traitements trois jours avant le déclenchement. J'ai 29 follicules, et très mal au ventre. Je prends une semaine de vacances pour me donner toutes les chances. Nous n'en parlons à personne dans notre entourage, apres tout, un couple qui fait l'amour n'en parle pas comme ca. Nous c'est pareil.
A la ponction, evidemment dû a l'hyperstimulation, je n'ai que 9 ovocytes. Et là le plus stressant, attendre de savoir si nous allons avoir des embryons.
Le lendemain on téléphone "madame il y en a cinq" ! Explosion de joie ! Comme je n'ai que 26 ans, on en remettra un seul trois jours après la ponction.
A ma grande deception, il n'y en aura pas de congeles. Mais d'un autre côté, je suis rassurée, avoir 20 embryons congelés ne m'aurait pas avance plus !

Et puis l'attente commence. Je couve mon petit, je lui parle, je lui dit que je l'attends, que je veux qu'il vive avec nous. Quelques jours après, des douleurs de règles, on pleure comme deux gamins, c'est fichu... Je vais à la prise de sang en pleurant. Je pense dejà à la tentative suivante. "Madame vous etes enceinte". Je n'y crois pas. Moi moi??? Enceinte? Est-ce possible que ca m'arrive à moi ? Je suis sur un nuage, je l'ai appris le jour des trente ans de Renaud. On est comme des gosses, on saute de joie, on rit ! Que du bonheur...

Et puis l'échographie où on voit un petit coeur qui bat, je n'oublierai jamais ce moment....Quelques semaines après, j'ai des saignements la nuit. Je me dis "c'est une fausse couche", je pleure, on va aux urgences. Oui c'est un début de decollement. Je reste allongée 4 semaines sans bouger, à me demander chaque heure s'il vit encore. Encore ce sentiment d'injustice. Pourquoi moi? Avec toutes ces galères. Mais visiblement, mon petit costaud comme je l'appelle veut vivre. Il tient bon, je l'apprend à l'échographie des trois mois. Et on n'a pas le temps de se réjouir.
"Madame, votre bebe a peut-être une trisomie 21, à l'échographie, il a la nuque epaisse, et un problème au coeur. Patientez 4 semaines et on fait une amniocentese".
Je m'effondre, c'en est trop, le sort s'acharne sur moi. Je sombre un peu. Au boulot, encore le sort qui s'acharne, trois femmes enceintes juste à côté de moi... Et qui annoncent leurs grossesses à 4 semaines, qui achètent la chambre à deux mois. Et pour elles tout va bien. Toutes les trois, elles sont tombées enceintes dans le mois qui suit l'arrêt de la pilule, et ca les fait rire ensemble... Je souffre le martyre.

Le jour de l'echographie précédant l'amniocentèse, j'ai vu la tête du médecin, et j'ai compris. 48 h après, la trisomie 21 est confirmée. Nous nous effondrons complètement. Je ne vais pas raconter en detail les 5 semaines de peine et de souffrance. Juste pour dire que pendant 5 semaines nous avons hésité, hésité, pesé chaque pour et contre, sans savoir comment nous décider. J'aimais tellement dejà mon tout petit, et en même temps j'avais une trouille bleue de le garder.

Ma famille, ma maman surtout me disait: "tu n'y arriveras jamais, jamais, c'est un handicapé, tu te rends compte, tu ne vas pas garder ca !". Je souffrais qu'on parle de mon petit costaud, lui qui voulait tant vivre. La veille de devoir donner notre réponse, à 5 mois de grossesse, on ne savais toujours pas, quelle horreur ! On a décidé de ne pas le garder, sans trop savoir pourquoi, honnetement, vidés psychologiquement.

Et à la seconde où je l'ai vu apres avoir accouché dans la douleur de notre petit garcon, mort, j'ai su, j'ai su que ce n'était pas le choix pour moi. J'ai su, instantanément, comme si j'avais désaoulé en une seconde, que j'aurais préféré qu'il reste. Il était si beau, si merveilleux, mon petit Théophile, il est sur notre livret de famille, il est notre premier enfant. Je pense tous les jours à lui, parfois gaie, parfois triste, il me manque.

Nous nous sommes relevés, toutefois, relevés de cette terrible épreuve, ou pour finir, nous avions fait un choix qui ne nous correspondait pas. Relevés grâce à notre amour, et j'ose le dire grâce à Dieu. Nous avons vraiment rencontré Dieu dans notre détresse immense, et Il nous a rendu la joie.

Puis l'espoir est revenu, l'espoir d'avoir d'autres enfants. En Juin, nous sommes repartis pour une nouvelle FIV, nous etions prêts, le désir de la vie à nouveau. La stimulation s'est très bien passée, avec des doses moins fortes, et donc un meilleur contrôle. J'ai eu 12 ovocytes de ponctionnés, et 8 embryons. Un embryon de super qualité m'a été transferé, et 3 petits ont été congelés (tres tôt). Malheureusement, j'ai eu mes règles avant la prise de sang. Cet échec a été très dur à avaler, nous croyions tellement que comme ça avait marche du premier coup, ca allait remarcher....
Nous repartons maintenant pour peut-être un transfert d'embryon congelé en Août et sinon on refera une tentative en Octobre.

Voila notre histoire, douloureuse, mais aussi pleine de surprises : nous avons vraiment pu renforcer notre couple, et aujourd'hui, je peux le dire, mon amour pour mon mari est immense, nous sommes proches l'un de l'autre, nous nous aimons très fort.

Je vous tiendrai au courant de tout, et j'espère surtout pouvoir avoir comme vous tous un joli ruban tres bientot. Et un petit frère ou une petite soeur pour Théophile.

Je vous embrasse

Florence & Renaud


Décembre 2004

Bonjour à tous, (6 Decembre 2004)

Je vous avais laissés la dernière fois en Juillet, où nous venions d'apprendre que notre fiv n'avait pas marche, premiere tentative depuis la perte de notre petit bébé. Nous avons en effet tenté un transfert d'embryon congelé en Août. Le traitement étant moins lourd, ce fut presque de manière légère que j'allais à l'hôpital pour les replacer. On m'indiqua qu'il en restait deux, un très moyen et un bien. Mais malheureusement, le résultat fut négatif. C'était un coup sur la tête quand même. Mais nous partions en Espagne deux semaines plus tard, pour un grand voyage en amoureux en Andalousie. Je partais avec mon spray pour commencer le traitement sous le bras et en avant vers le soleil. La-bas, avec mon mari, ce fut vraiment genial, le projet de l'adoption murissait de plus en plus dans nos têtes et nos coeurs, nous étions de plus en plus convaincus que meme si la fiv ne marchait pas, nous serions parents.

Au retour d'Espagne, le moral était vraiment au beau fixe, tout me paraissait moins difficile, et plus rose ! Mais problème : toujours pas de règles pour commencer le traitement. Je vais donc voir le médecin qui me dit: "bon on va faire une prise de sang pour voir si vous n'êtes pas enceinte", et moi de penser: "bien sûr, j'ai les trompes bouchées, mais elle veut quand même verifier...". Elle me dit qu'elle nous rappelle le soir pour nous dire les résultats, et nous on s'endort sur nos deux oreilles avec le portable coupé.

Le lendemain, il y avait un message d'elle : je m'habillais, et mon mari écoute le message. Je le vois changer de couleur, je pense que quelque chose de mauvais est arrivé, et là il me dit, tout doucement, incrédule : "ben tu es enceinte, ma chérie".

Je suis croyante, eh bien je suis tombée à genoux... Je ne pouvais y croire, c'était un miracle. Sous laparoscopie, les trompes bouchées, totalement. Pas d'enfant pendant 5 ans et là, le miracle. Libre à chacun de croire ou pas, mais si ce n'est pas un miracle (quand même), c'est une vraie merveille. Je remercie le bon Dieu chaque jour depuis de m'avoir fait ce cadeau merveilleux et inespéré.
Ensuite échographie, prises de sang, re-échographie, quelques inquiétudes liées à de très légères pertes de sang, mais aujourd'hui, tout juste après l'échographie à 11, 6 SA : tout va bien ! Ma petite merveille, mon petit bébé d'amour va bien, et nous sommes aux anges.
Bien sûr, je suis inquiète, bien sûr j'ai peur qu'il arrive quelque chose, lui si precieux pour moi, pour mon coeur, pour nous... Nous avons eu une chance extraordinaire, et je vais vous dire une chose. Malgre les épreuves, malgré les douleurs, cette petite vie si volontaire qui s'est fait son chemin en moi est si merveilleuse, que je n'échangerai pas mon parcours pour un autre, même un plus facile. Mais bon, c'est quand meme bien que ca soit arrivé et que les épreuves se soient arrêtées : - ))

Je vous tiendrai au courant, tout n'est pas encore gagné, mais si tout va bien le 21 Juin prochain, nous tiendrons ce petit bout venu tout seul comme un grand dans nos bras !

Je vous dirai une chose : quoi qu'il arrive, ne desèpérez jamais ! Devenir maman et papa peut arriver de bien des façons et de bien des façons inattendues !!

Je vous embrasse tous et à très bientôt,

Florence et Renaud


Juillet 2005

Alleluia ! Après une grossesse un peu cahotique, notre petit Augustin est né le 11 Juin 2005 à 14 h 37! Nous sommes si heureux !

Pour raconter en quelques mots, j'ai dû rester allongée du 8 Mars jusque quelques jours avant l'accouchement pour un risque d'accouchement prématuré. Heureusement, le repos et les médicaments ont permis à mon bébé de ne venir que 10 jours avant terme. Mais j'ai beaucoup angoissé à cause de cela. En plus, avec toutes les épreuves qui nous étaient arrivées, j'avais beaucoup de mal à y croire, je sais que ça peut paraître stupide, mais j'avais toujours l'impression qu'une tuile allait nous tomber sur la tête. Je regrette, car j'ai été très angoissée, et parfois j'avais vraiment des peurs irrépressibles et complètement fantasques. En particulier quand le bébé ne bougeait pas ou moins. Peut-être qu'aujourd'hui, c'est pour ça que mon bébé est assez agité ! Je pense que toutes ces peurs étaient aussi dues à l'infertilité, je n'arrivais pas à me dire que ça pouvait enfin m'arriver à moi et que tout aille bien.

Et pourtant, tout allait bien. L'accouchement s'est très bien passé, le bébé allait très bien et comme nous ne savions pas le sexe, la surprise a été magnifique, d'autant que tout le monde était persuadé que j'attendais une fille !

Depuis, je ne me lasse pas de le regarder, même si je suis très fatiguée. Nous avons fêté avec mon mari nos 6 ans de mariage le 14 Juillet (eh oui, le jour de la fete nationale !) et j'étais très émue, de me dire que enfin cette année, nous pouvions le célébrer à 3. Notre bonheur est immense, et je le souhaite à vous toutes, du fond du coeur. Les épreuves que nous avons vécues nous rendent cette joie encore plus savoureuse et grande et à chaque fois que quelqu'un se penche l'air emu sur son berceau, je dis (eh oui, il nous a fallu presque 6 ans pour le faire), pour que les gens se rendent compte.

Pourtant, déjà le fait d'avoir donné la vie me donne envie encore plus de la redonner et j'aimerais plus que tout retomber enceinte rapidement (je me permets de vous confier ces pensées, car vous comprenez l'infertilité et ses souffrances). Et en même temps, j'aimerais qu'un autre petit miracle pointe le bout de son nez, car les traitements sont difficiles, longs, et parfois remplis d'amertume, d'espoir, de déception, de joie. Je crois que le fait d'avoir un enfant ne guérit pas totalement des blessures d'infertilité, par exemple, je ressens toujours un pincement au coeur quand une fille m'annonce qu'elle est enceinte, ou qu'ils n'ont pas trop attendu, etc. Je crois qu'il faut apprendre à guérir doucement, et après tout heureusement que ce n'est pas un bébé qui aide à guérir, ce ne sont pas des médicaments !

Mais aujourd'hui, je veux avant tout vivre au présent et regarder avec mon Renaud grandir notre petit bébé ! Car il m'a fait Maman, et je suis si heureuse de l'être. Je vous souhaite et nous souhaite à tous pleins de bébés et de joie.

Florence, Renaud et Augustin.


Janvier 2007

Bonjour à tous,

Je viens mettre à jour notre témoignage, et tout d'abord je tiens encore à remercier Viviane et Vincent pour leur site merveilleux, qui permet de pouvoir trouver soutien et espoir dans des situations difficiles. Et aussi tous ceux qui ayant lu notre témoignage nous ont envoyés de si gentils petits mots qui nous touchent chacun beaucoup.

Je vous laissais après la naissance de notre petit Augustin. Très très vite, nous avons souhaité avoir un autre enfant. Nous avons donc repris contact avec notre médecin pour reprendre les traitements. J'avoue que le médecin nous a bien fait réfléchir avant de recommencer, il trouvait celà trop tôt, mais bon, c'etait notre choix. Quand Augustin a eu 10 mois et demi, j'etais prête a reprendre le traitement pour une FIV mais je devais pour mon boulot partir une semaine à New York. Je vous laisse deviner comme il est facile d'obtenir de la part des Etats-Unis d'emmener des seringues dans l'avion pour pouvoir me faire les injections. Il fallait 12 papiers signés quasi par le Président lui-même pour avoir le droit de le faire. Devant les difficultés, j'ai renoncé, en me disant qu'on commencerait le mois suivant mais bien à regret. Je dois ajouter quelque chose. Je sais que ce site est bien sûr non confessionnel mais je ne pourrais pas ne pas parler de notre foi et de ce que Dieu a fait pour nous sans mentir. Nous avons fait une neuvaine (priere de 9 jours traditionnelle de l'Eglise catholique) à Jean-Paul II car des amis nous avaient dit qu'il intercédait beaucoup pour les couples qui avaient du mal a avoir des enfants. Nous avons donc prié avec beaucoup de ferveur pour demander a Dieu un enfant. Je vivais mal le fait de "retomber" dans l'infertilité si vous voyez ce que je veux dire. Et en même temps, je savais que nous avions déjà de la chance par rapport à d'autres couples. Ceci dit, je crois que le desir d'un enfant, que ce soit un 2 ème, 3 ème ou 4 ème s'il n'est pas comblé est une souffrance.

Je reviens à mon histoire. Je pars pour New-York, semaine de travail et au retour toujours pas de règles, or je les "attendais" (façon de parler) pour pouvoir commencer le traitement. J'ai toujours eu des cycles longs et irréguliers mais là, c'etait inhabituellement long. Au bout de encore 3 jours d'attente, je me dis "non, n'y crois pas Florence, c'est pas possible que tu sois enceinte, tu rêves éveillée, là, c'est juste que tes cycles sont encore plus déréglés". Et puis, je me décide à acheter un test de grossesse, mais plus convaincue qu'il allait encore me faire souffrir. Et là, incroyable, positif ! Je ne pouvais y croire, je vous assure, c'est la vérité, je tremblais comme une feuille et j'avais le souffle coupé, j'ai dû m'asseoir tellement je tremblais. Après une grossesse où j'ai dû rester 3 mois allongée, notre petit Eloi est arrivé le 2 Janvier (au lieu du 28 prévu). C'est un petit bébé tout mignon et il fait notre bonheur. Aujourd'hui, je rends grâce à Dieu pour ce présent et le deuxième prénom de notre Eloi est Karol (en honneur au Pape Jean-Paul II)

Je viens lire à chaque mise a jour les témoignages de chacun et nous prions pour tous. De tout coeur je souhaite le même bonheur à chacun et j'espère aussi au fond de mon coeur pouvoir un jour vous annoncer une troisième naissance, fruit de la bonté du Seigneur.

Bonne année 2007 à tous.

Florence et Renaud


Février 2008

Bonjour à toutes et à tous,

Je voudrais continuer à témoigner sur ce site magnifique, merci à vous Viviane et Vincent pour cette initiative qui dure...

Je reprends où je vous avais laissés. Si vous avez eu le courage de lire tout notre témoignage, après la naissance de notre deuxième fils, nous étions vraiment rassurés. Je me disais que j'étais guérie, que nous aurions tous les enfants que nous souhaitions et moi qui suis anxieuse par nature, j'étais presque sereine. Il était clair pour nous que nous voulions un autre enfant tout de suite.

Et puis, rien ne vient... En Septembre 2007, je ne peux m'empêcher de noter que mes cycles sont devenus de plus en plus chaotiques, et que j'ai des saignements un peu au milieu du cycle, etc... Je prends peur, et ma gynécologue me fait faire une prise de sang pour me rassurer, et me montrer que j'ovule bien. Il s'avère que je n'ovule pas, ou alors tellement peu (taux de progestérone à 7) qu'il est impossible que je tombe enceinte. Elle me dit que c'est dû au fait que j'ai accouché seulement 9 mois auparavant, donc on recommence le mois suivant (j'ai des cycles qui vont de 30 à 40 jours!!). Idem, et idem encore les deux mois suivants. Heureusement, la seule bonne nouvelle c'est que ma FSH est basse (3,7) donc je peux encore espérer avoir une bonne réserve ovarienne. Mais, la chute est rude je vous assure. Vraiment psychologiquement, avec mon mari c'est difficile de retomber plus bas que avant d'avoir eu nos enfants, car avant j'ovulais naturellement quand même! Ma gynécologue me renvoie vers le médecin PMA.

C'est vrai que nous avons déjà deux beaux enfants, mais je vous assure que l'envie d'en avoir d'autres est si forte que parfois ils ne me consolent pas vraiment. Je ne veux pas choquer et je réalise l'immense chance que nous avons, mais il n'y a rien à faire, une fois que je me suis dis ça, je souffre quand même... C'est très dur de devoir à nouveau se dire qu'on a des problèmes, que ça ne va pas être facile, repasser par les traitements après deux miracles. Dans ma vie spirituelle aussi, celà m'atteint. J'ai l'impression que le Seigneur m'a abandonnée, que les grâces sont finies, c'est dur, car je sais bien que ce n'est pas le cas. Mais... Nous sommes donc retourné voir le médecin PMA qui m'a trouvée trop pressée, qui me dit qu'on ne peut pas faire de FIV sans être sûre que je n'ovule pas (c'est rigolo, les tests faits par les autres médecins leur semblent toujours un peu "louches"). Donc elle propose Clomid à 2cp par jour pendant 4 jours et suivi écho au centre FIV. Et ensuite on voit. Je n'y crois pas trop, mais bon, je me dis qu'il faut essayer et je repars un peu plus positive car l'impression de FAIRE quelque chose, j'imagine que vous connaissez ça. Et là, je repars très à l'aise me disant que ça va marcher. Bing sur la tête: avec Clomid, pas même l'ombre d'une ovulation et même ils découvrent que j'ai des ovaires à tendance micropolykystiques. Aujourd'hui, alors que je devrais ovuler mon taux d'oestradiol est à 38 (alors qu'il devrait être à 350 ou 400!!!) Vous imaginez? Et franchement, c'est très difficile. Je ne sais pas comment bien décrire et m'exprimer, mais vraiment c'est comme si on devait refaire le deuil d'une grossesse facile ou naturelle après l'avoir fait puis y avoir recru. Vous comprenez? Comment imaginer celà après deux grossesses miracles? Je me dégoûte un peu en ce moment: j'ai l'impression que mon corps me lâche, qu'il ne fonctionne plus bien. Je vais avoir 31 ans... Et mine de rien le temps passe, et visiblement ma fertilité ne grandit pas. Je ne sais plus trop ou j'en suis. Le médecin qui m'a fait l'écho avait l'air de dire que la FIV n'était pas la panacée pour les tendances OPK (ovaires polykystiques). Alors, maintenant j'ai peur de me dire que si la FIV ne marche pas bien sur moi alors qu'au moins dans le passé je répondais très bien, que faire ?

Est ce quelqu'un peut me donner des infos sur les FIV sur les filles OPK ou à tendance OPK ? Est ce qu'on risque une surstimulation et du coup aucune ovocyte correct (mûr?) ? Si quelqu'un pouvait témoigner et me contacter, celà me ferait plaisir ! En plus, l'IAC est exclue pour moi à cause de mes problèmes tubaires. Aujourd'hui je pense qu'on peut dire qu'il y a un trou dans une et que l'autre est foutue. Est-ce que la FIV va marcher pour nous ? Je l'espère car notre désir d'enfant est, j'ose le dire, aussi fort que pour notre premier, et encore plus réfléchi!

Je vous souhaite à toutes et tous de nombreux enfants et qu'ils viennent rapidement!

A bientôt !

Florence


Leur écrire

Tous les mots colorisés en orange ou mauve vous renvoient au dico.