La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Flo - (France - août 2001)

Bonjour,

Je suis née le 23.02.1971 et ma mère a pris du distilbène pendant toute sa grossesse. Je viens de découvrir ce site et surtout l'ampleur des ravages occasionnés par cette hormone. Ma mère ne m'a jamais dit qu'elle avait été soignée par distilbène pour m'avoir. Elle avait hont, m'a-t-elle dit car elle en avait appris les conséquences plus tard. Ce n'est que lors de ma première consultation gynécologique qu'on s'est apperçu des malformations. J'ai un col d'utérus qui fait presque 2 centimètres de long, et un utérus très petit et déformé.

Toute mon adolescence les gynécologues m'ont dit (tous et sans exception) que je ne pourrai jamais avoir d'enfants. J'ai été bouleversée et puis, le temps aidant, je m'y suis faite. Il a fallu que je l'annonce à mon futur mari, qui l'a mal pris en premier lieu, puis qui a fin par l'accepter.

Et puis un jour, j'ai décidé d'arrêter la pilule (que je prenais tout de même par précaution). Quelle ne fut pas notre surprise d'apprendre, seulement 10 jours après cet arrêt et totalement par hasard que j'étais enceinte !! Certes la grossesse n'a pas été vraiment une partie de plaisir; je suis restée couchée 5 mois, j'ai été hospitalisée, tout l'hôpital s'est servie de moi comme cas d'exposition (plutot comme monstre de foire), mais j'ai mis au monde une petite fille de 2.6kg, née en parfaite santé à 8 mois de grossesse.

C'était le 19/03/1998. J'ai aujourd'hui 30 ans. Je suis actuellement enceinte de 5.5 mois de mon deuxième enfant, un garçon cette fois. Je suis à nouveau couchée et je sers toujours autant aux médecins de l'hôpital pour montrer ma constitution interne aux futurs médecins. Mais cette fois, c'est volontairement. On m'a dit que j'avais des chances que ma grossesse se prolonge plus que la première car mon utérus a déjà travaillé et laisse dont plus de place au bébé pour se développer.

La seule chose que j'espère, c'est que mes malformations ne sont pas héréditaires, surtout pour ma fille. J'aimerais qu'elle puisse avoir des grossesses agréables, qu'elle les vive pleinement, sans penser tout les jours à la fausse couche, sans avoir peur à la moindre douleur, à la moindre contraction.

Mon témoignage n'apportera probablement aucune aide mais j'ai enfin pu en parler. Car ma mère fait toujours la sourde oreille et refuse toujours d'aborder le sujet...


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