La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Florence & Christopher - (Allemagne - Décembre 2002)

Bonjour,

Je m'appelle Florence, j'ai 32 ans, et ca fait déjà quelques temps que je viens sur ce site. Aujourd'hui, je viens d'apprendre que ma première insémination n'a pas marchée. J'ai décidé de joindre mon témoignage.

Quand je lis tous ces témoignages, je les comprends!!... Je comprends cette douleur, ce désespoir, cette immense déception.

Je suis partie pour l'Allemagne en 1998 avec l'intention d'y rester 3 mois, juste histoire de voir autre chose du monde. J'ai connu mon merveilleux mari 3 semaines après mon arrivée. Depuis, j'y vis. Nous nous sommes mariés 2 ans après notre rencontre, et depuis maintenant 2 ans, nous essayons vainement d'avoir un bébé. En fait, mon mari n'était pas si pressé que ca. De mon côte, je sentais une pression augmenter avec le temps, et j'étais chaque fois de plus en plus décue et triste quand mes règles arrivaient. Mon mari me disait: "laisse faire, ne stresse pas, laisse le temps au temps". Et les amis au courant de nos projets nous donnaient toujours des exemples du genre: "Ceux-là ont mis 2 ans à avoir un bébé, les autres 2 ans et demi. C'est tout à fait normal"...

Tout de même, après 1 an et demi d'essais infructueux, j'en ai parlé à ma gynéco qui m'a conseillée de faire une laparoscopie, et début septembre 2002, je devais me faire examiner.

Avant de me faire opérer, je me suis dit que c'était peut-être plus logique que mon mari aille d'abord se faire examiner, un spermogramme étant quand-même moins couteux pour le corps qu'une opération, même bénigne.

A partir de là, notre vie a pris un autre tournant: il s'est avéré que mon mari a un syndrome OAT (oligo-asthéno-tératospermie). Un monde s'est écroulé. Tout est devenu cruel, injuste, insupportable.

Je me suis alors torturée avec une question terrible: " Si tu veux un jour un enfant, dois-tu quitter ton mari??"...en fait, choix impossible: entre une personne qu'on aime par dessus tout et un enfant qui n'existe pas... mais la pulsion d'être mère, de porter un enfant est toujours là, présente, torturante. Au fond, une partie de moi est sans aucune pitié pour mon mari, en colère et extrêmement décue, et l'autre moitié aimant mon mari à la folie, voulant le consoler et le déculpabiliser. Que de sentiments contradictoires et tellement durs.

Zut que la vie est dure parfois!

L'idée qu'on ne pouvait pas avoir d'enfant comme tout le monde, personnellement, je ne sais pas si je l'ai bien encore intériorisée. Je ne crois pas; pas encore... après cette immense gilfle, on essaye de se relever et on cherche les solutions qui pourraient y avoir.

Il y a 15 jours, lors de notre première insémination, le medecin nous a dit qu'il y avait très peu de chance que ca marche. Il nous a conseillé de passer directement aux F.I.V ou I.C.S.I.

J'ai tellement peur : peur des échecs, peur des traitements et de leurs conséquences... mais j'espère...

Florence


Mai 2003

Bonjour à tous et merci encore à Vivane et Vincent, qui nous permettent par ce site de voir et savoir que l'on est pas seuls à mener ce combat.

23 Janvier 2003 : Depuis Novembre 2002 et l'échec de l'insémination, nous nous sommes remis au travail.

Nous avons commencé notre première FIV. Cet échec a vraiment porté le coup de grace, je crois que c'est là où j'ai vraiment réalisé que le parcours serait vraiment plus long et plus difficile que celui les gens "normaux".

Déjà, le matin avant l'insémination, le gynéco nous dit que l'insémination ne marchera sûrement pas, parce que le spermogramme est trop mauvais... et là, j'étais si triste, si triste... ca remettait en question tout espoir. J'étais vraiment triste... er lors de l'insémination, ca a vraiment été douloureux: je crois que j'étais très tendus et déjà décue...

Bien-sûr, ca n'a pas marché, et nous avons fait une pause de 2 mois, qui nous a beaucoup fait de bien. Nous avons évité de penser au bébé, et nous avons pu avoir une relation de couple équilibrée, sans calcul de milieu de cycle, et sans calcul d'abstention pour tel ou tel examen. Bref, on en avait vraiment besoin.

Le 19 Janvier, j'ai eu la première piqure pour la première FIV.

J´étais très excitée et très heureuse de commencer et en même temps j'avais vraiment peur d'un autre échec, et de m'abimer la santé avec ces hormones, juste pour quelques échecs de plus.

03 Février 2003 : la ponction s'est bien passée. On m'a prélevé 13 ovocytes, 9 étaient mûrs et 6 se sont laissés fécondés par ICSI. Nous avons donc 6 embryons au total.

On m'en a réimplanté 2.

J'ai repris le travail dès le lendemain, parce que je ne voulais pas rester toute la journée à tourner en rond, et à trop penser... j'ai eu des effets secondaires assez désagréables, puisque j'ai frolé l'hyperstimulation... mais peu importe... si ca pouvait marcher!!!

Notre vie de couple n'a pas été facilitée par cette FIV: entre les piqures, les fluctuations hormonales, et la peur de perdre les embryons... ben c'est pas très sexy tout ca!!! Heureusement, il y a eu beaucoup de tendresse, et ce projet merveilleux en commun.

14 Février : l'attente, toujours l'attente... pas de saignement, mais peut-être est-ce trop tôt?

J‘ai tergiversé dès le matin sans arrêt: "test de grossesse ou pas?... Il vaut mieux attendre encore quelques jours"... c'est dur!!!

Le même jour, en rentrant du travail, dans la voiture, j‘ai repensé au test (évidement!!). J‘ai passé un coup de fil à Christopher: il m‘a dit qu'il ne rentrera à la maison que dans une heure. Alors là, j‘ai décidé d'acheter le test et en rentrant, je me suis précipitée aux toilettes, j'ai ouvert fébrilement l'emballage du test, et j‘ai fait le test!!!...

Et.... les 2 lignes s'affichent!!! je relis encore la notice: ca veut dire POSITIF!

Aujourd’hui, je suis dans ma 14ième semaine de grossesse, et le bébé se porte bien.

J‘avais très peur de la FIV et des traitements hormonaux, et pourtant ce fut la méthode qui nous mena à la réussite!

Je remercie encore une fois ceux qui nous ont écrit et soutenus, et je sais maintenant que ca ne marche pas que chez les autres, et qu‘il faut tenter sa chance, même plusieurs fois!

Florence


Jules est arrivé le 05 Novembre 2003 à Nuremberg. On est bien sûr très heureux de sa venue.

Merci encore à Vivane et Vincent pour ce site qui nous a beaucoup aidé.

Bonne chance à tous!

Florence et Christopher


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Tous les mots colorisés en orange ou mauve vous renvoient au dico.