La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Estelle & Patrick - (France - décembre 2004)

Aller, je me lance !

Bonjour à tous,

Cela fait longtemps que je viens sur ce site : merci à ses créateurs, j’y ai souvent puisé du réconfort. Voilà, je m’appelle Estelle et en 95, j’ai rencontré Patrick, le garçon qui allait devenir mon mari et être le père de mes enfants. Pour moi, c’était une évidence !

2000
De son côté, ça a été plus long à mûrir, et nous nous sommes mariés en 2000.Arrêt de la contraception fin 2000, puis début de l’attente.

2001-2002
Fin 2001, je commence à consulter. La gynécologue, certes très sympa, nous donne de l’homéopathie, des oligoéléments… Et finalement, nous fait faire un premier spermogramme. Apparemment, pas de souci de ce côté. Pour les courbes de température, idem, pas de problème. Sur notre insistance, on lance enfin les « gros » examens en mai 2002 : hystérosalpingographie (j’en fait une crise de tétanie), bilans hormonaux, re-spermogramme, test de Hühner. Pas de problèmes apparents sauf un test de Hühner médiocre. On le recommence pour le plaisir de se mettre le réveil au milieu de la nuit ­ je crois que c’est à ce moment qu’on s’est rendu compte qu’on mettait le doigt dans un engrenage qui petit à petit a réellement violé notre intimité.

2003

Bref, on perd patience. Par chance, on habite à côté d’une ville où il y a une unité de CECOS. Rendez-vous est pris pour janvier 2003. Donc évidement, re-tests divers…. Et là le couperet tombe : asthénospermie sévère, tératospermie sévère avec augmentation des anomalies de la tête. Rendez-vous avec un docteur de l’unité : il nous laisse clairement entendre que naturellement, c’est presque impossible, que nous allons certainement être orienté en FIV, et que ceci était visible dès les premiers tests…. En fait, on est sorti de là contents de savoir ENFIN pourquoi ça ne marchait pas, et de savoir qu’on allait enfin avoir de l’aide.
2ème rendez-vous pour nous expliquer le processus, et là, notre docteur qui nous suivait est absent, c’est un autre qui nous reçoit rapidement. Il jette un coup d’œil dans le dossier, nous demande notre âge (à l’époque 27 et 29 ans). « Ah, ben ça va, vous z’êtes jeunes. On va commencer par des IAC, c’est moins lourd, et les chances sont les mêmes. ».
Puis re-rendez-vous avec le docteur du début : test de survie des spermatozoïdes et congélation de paillettes au cas où…. Il nous explique qu’au bout de 3 essais, on se reverra pour envisager autre chose.
A près coup, on se dit que ça aurait dû nous mettre la puce à l’oreille… Entre temps, tous les copains ou presque se marient ou se mettent en couple et évidement ont leur premier gamin. Une chance, on nous demande de moins en moins « alors, c’est pour quand ? ». Elle fait tellement mal, cette petite question !!! Si ils savaient !!! Nous n’en avons pas du tout parlé, personne n’est au courant de notre galère. En tous cas, si il y a bien une question que je ne pose plus JAMAIS, c’est celle-là.

On arrive enfin fin décembre 2003 : première IAC, traitement au Gonal 75, premier échec.

Il faut dire que le lendemain de l’IAC, je pose ma démission d’un boulot où je ne supportais plus la pression hiérarchique et le côté « grouille, c’est pour avant-hier ! » et que début 2004, je change complètement de boulot. Beaucoup de stress, de travail… Pas les conditions idéales…..

2004
Février 04 : 2ème IAC, 2ème échec.
Avril 04 : 3ème IAC, 3ème échec.
Moral au fond fond fond des baskets. Mais ça va mieux au boulot, mon stress a baissé de ce côté. Même si je continue à pleurer pour un rien, que je suis à fleur de peau.
Rendez-vous avec le docteur qui nous confirme que cette fois-ci on va en FIV. En fait, dès le début, on aurait dû aller en FIV, on n’a perdu QUE un an mais ça, quand on est dans ce genre de processus, il faut être patient, et c’est peu de le dire.
Le dossier de FIV étant long à monter, on prend la décision de continuer 2 IAC, avec quand même rendez-vous avec le psy, qui nous explique qu’il faut pouvoir en parler, ce n’est pas une honte, pas de culpabilité à avoir et bla bla bla.

Juin 04 : 4ème IAC, 4ème échec.
Septembre 04 : 5ème IAC, 5ème échec.
En parallèle, nous faisons tous les examens pour la FIV. Si je comptais le nombre de personnes différentes devant lesquelles j’ai dû me dénudée à partir de la taille… je ne préfère même pas y penser. Je suis d’une pudeur extrème et tout ceci m’est très pénible. Je me détache de mon corps à ces moments-là. En fait, toute cette pression médicale, cette dé-naturalisation du processus commence à jouer sur mon mari et moi, surtout sur moi. J’ai la libido en chute libre et j’ai du mal à faire abstraction de tout ça. Je me dis « à quoi bon ? », j’ai du mal à faire la part des choses.

Enfin, septembre 04 : on change de service, on passe la porte d’à côté. On nous annonce qu’on ne commencera qu’en février 05. Bon, soit.

Entre temps, on arrive enfin a en parler à nos parents et quelques copains très très proches. Côté moral, ça va beaucoup mieux. Au bout de 2 ans et demi de suivi médical, et 4 ans d’essais, on est enfin arrivé là où on aurait dû être orienté dès le début des consultations, et ça donne un nouvel espoir.

Novembre 04 : dernier entretien avec le responsable du service, obligatoire. Et là, il nous confirme que nous passons en protocole court, c'est-à-dire avec seulement une phase de stimulation, et qu’une place se libère pour les cycles de novembre : YESSS !!!! J’ai le début de cycle dès le lendemain !!! Et donc piqûre le lendemain. A J7, premier contrôle. Puis contrôle à J9, ça démarre enfin. Re contrôle à J10, les hormones s’envolent, on arrête le puregon, et contrôle le lendemain. A J11, on arrête tout immédiatement, hyperstimulation, piqûre + cachet pour stopper tout ça, et rendez-vous dans 4 mois……. en février !
En sortant de l’hopital ce jour-là, je croise par hasard un couple de copains (vous savez, les copains très très proches de tout à l’heure ?) qui venaient pour la 1ère échographie des 3 mois. Je peux vous dire que je ne sais pas comment j’ai fini ma journée de travail, et rentrée à la maison, j’ai pleuré toute la soirée. Mon mari est tellement plus solide, comment fait-il ? Depuis, ça va mieux car je me dis qu’on a gagné 4 mois : la prochaine fois, ils affineront le traitement. On passe en traitement dit lourd, avec phase de blocage puis stimulation. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre. Il paraît qu’il y a plus d’effets secondaires. Enfin, on verra bien, je ne veux plus y penser pendant 4 mois (comme si c’était possible !).

Entre temps, en novembre, nous avons aussi assisté à une réunion d’information sur la demande d’agrément pour l’adoption. Nous commençons la réflexion pour poser la demande d’agrément, ce n’est pas une décision anodine.

Voilà, j’ai fini pour aujourd’hui ! J’espère que vous me pardonnerez d’avoir été si longue. Cela fait longtemps que je voulais le faire, mais je me disais que ça n’intéressait personne. Même si c’est vrai, ça m’a fait du bien !! Et merci encore à Viviane et Vincent, et à tous ceux qui ont apporté les témoignages qui m’ont si souvent aidée.

Bisous à tous,

Estelle


Mai 2005

Bonjour !

Beaucoup de retard dans la mise à jour pour moi, mais ça s'est un peu accéléré ces derniers temps. Donc reprenons dans l'ordre : échec pour hyperstimulation de la 1ère tentative de FIV et rendez-vous entre le 15/02/05 et le 15/03/05 pour un protocole " long " = phase de blocage de 2 semaines puis stimulation.

Mars 2005 : Au premier jour du cycle, je commence sagement mes piqûres de Décapeptyl. Comme mon mari doit être absent autour du jour J, la décision est prise de prolonger la phase de blocage d'une semaine, mais ils ont bien failli refuser, heureusement que j'avais déjà commencé les doses (gros coup de stress quand même). Puis le contrôle de la phase de blocage arrive: ça a bien marché sauf pour un follicule qui se développe tranquillement (il est déjà à 20mm !) et par contre, nouveau petit hic, je ferais de l'endométriose (muqueuse de l'utérus qui se développe à l'extérieur sur l'ovaire gauche et qui pourrait gêner pour la suite, si j'ai bien compris). C'est ce que m'a dit l'échographiste, et donc à cause de ça et du follicule qui prend ses aises, je dois passer "sur le billard" pour une ponction. J'ai les pétoches à fond car mon mari est en déplacement toute la semaine, et je vais devoir y aller toute seule. Ils me disent qu'il n'y aura peut-être même pas besoin d'anesthésie locale, mais je suis très douillette et très nerveuse. Bon, le positif, c'est que le blocage a plutôt bien fonctionné. Donc ponction du follicule et de l'endométriose : j'étais dans un tel état de stress qu'ils m'ont vraiment shootée et tout s'est très bien passé. Le soir même, je commence la phase de stimulation, avec Décapeptyl et Puregon en parallèle. Des rendez-vous réguliers sont pris pour suivre l'évolution de la stimulation.

Avril 2005 : Dernier contrôle le lundi de Pâques, à 8h50 du matin …grrr…. Le déclenchement est provoqué le soir même pour une ponction le lendemain matin. Ça a l'air de se présenter plutôt bien, la gynécologue dit que c'est de bonne augure. J'ai une dizaine de follicules au-dessus de 16 mm et 5 environ entre 14 et 15mm. La ponction a lieu mardi matin, et se passe moins bien que la ponction de l'endométriose. Je pense qu'ils m'avaient moins shootée. J'ai commencé une crise de tétanie... Ils ont vite réagi et j'ai même eu droit à des massages pour me détendre ! Bref, ce mauvais souvenir de la ponction est déjà passé. Avant de quitter le centre, on nous annonce que 10 ovocytes ont été récupérés. Sur les 10, 7 étaient beaux et matures et ont donc été fécondés. Rendez vous donc jeudi matin vers 8h30 par téléphone pour nous dire si il y a transfert ou non. On s'offre donc une mini grasse matin jeudi matin et à 7 h 55, coup de fil, "est-ce que vous pouvez être là à 9 h 00 ?" "Oui oui, pas de problème !" On saute dans la douche, dans nos fringues et roule mimile jusqu'à l'hôpital, on était même en avance !! Sur les 7, 5 embryons s'étaient développés dont 3 très beaux : ils en ont transféré 2 et on a accepté la congélation pour le 3ème. J'ai passé mon jeudi au lit, même si je sais que ça ne sert à rien, à me faire chouchouter par mon mari. L'attente commence, longue, très très longue. Je leur envoie des petits messages type "allez les gars, on s'accroche", "tenez bon"… etc... D'un autre côté, je me dis que le taux de grossesse par transfert assez faible, même pas une chance sur 4. Histoire de commencer à me préparer si "ils" ne s'accrochent pas. L'attente, encore l'attente. Pendant ce temps, j'ai de très grosses douleurs au ventre qui apparaissent, qui me réveillent la nuit, me font suffoquer. Un peu comme les règles, mais en beaucoup plus fort, plus irradiant. Arrive enfin le jour de la prise de sang, pour le dosage de la béta hGC, je suis surprise de ne pas avoir mes règles, vu les douleurs. J'appelle le laboratoire, et on me répond que c'est positif, que mon taux est à 209. Oui, mais encore ? Ça veut dire quoi ? Ben, que vous êtes enceinte ! Ah bon, vous êtes sûr ? Mais rien n'y fait, je n'arrive pas à y croire ! Comme c'est vendredi tard, je ne peux pas appeler l'hôpital, je dois attendre le lundi. Ils avaient bien reçu les résultats et me confirment le verdict. Oui, mais ces douleurs, c'est quoi ? En fait, il semblerait que je fasse de l'hyperstimulation (encore !) et qu'il n'y a rien à faire, sauf prendre son mal en patience, du Paracétamol et du Spasfon… super…

Toujours est-il que j'ai rendez-vous dans 2 semaines et demi pour l'échographie de contrôle, et je sais que je vais avoir besoin de ça pour y croire. En attendant, je préfère me protéger. Je me dis que ce n'est pas possible qu'on y soit arrivé dès la 1ère vraie FIV, c'est pas possible, une chance pareille. C'est suspect, depuis le temps qu'on est dans cet enfer de la PMA. Donc autant vous dire que j'attends cette échographie avec beaucoup d'impatience, mais bon, on ne fait que ça d'attendre, depuis 4 ans et demi, alors qu'est-ce que 17 jours de plus ?
En tout cas, j'espère que j'aurai une bonne nouvelle à vous annoncer d'ici quelques temps !

Bon courage à tous ceux qui sont embarqués dans le même bateau,
Bisous.

Estelle

Bonjour,

Je conclus ma mise à jour.

Mai 2005, le contrôle échographique est enfin arrivé. Et en fait, il n'y a plus rien. Le transfert a bien pris, mais c'est un œuf clair, l'embryon a cessé son développement. Sur le coup, la nouvelle a été dure à encaisser mais on se tient au fait que ça a marché, qu'on est dans les bonnes statistiques pour la FIV : ça peut marcher. Et on se répète que les fausses-couches font partie des statistiques des grossesses " normales ". Ça fait du bien un peu de normalité… Voilà, il faut maintenant remettre tout ça à neuf, pour se projeter dans le futur, vers le mois de septembre où on recommencera cette partie de plaisir.

A bientôt,

Estelle


Juin 2006

Décembre 2005 Je reprends le cours de cette douloureuse histoire. Je m'étais arrêtée à ce faux espoir suivi d'un avortement thérapeutique - le comble pour quelqu'un en PMA. Heureusement, les grandes vacances ont été très très occupées car nous emménageons dans notre nouvelle maison et il y a beaucoup de travaux, ça fait du bien, je n'ai pratiquement pas pensé à tout ceci des vacances. Puis, rendez-vous fin août, on va tenter le transfert de l'embryon congelé sur un cycle spontané. La décongélation se passe bien mais " Frosty " n'a pas décidé de s'accrocher... Donc on repart tout de suite sur la Fiv suivante : phase de blocage, écho de contrôle, 2 kystes toujours à gauche, donc ponction (une vraie galère, c'est de pire en pire, à 3 reprises, l'anesthésiste m'a injecté des produits mais je suis restée consciente tout le temps, tout vu et tout senti). Puis phase de stimulation qui a bien failli tourner encore à l'hyperstimulation. J'angoisse tant pour la ponction que je demande un entretien avec la sage-femme, qui me conseille d'aller voir un psychiatre ! En plus, elle n'a pas fait passer le message car la ponction a été un vrai cauchemar, je tremble tellement que l'anesthésiste finit par " m'assommer ". Les résultats de la ponction sont 10 ovocytes, 8 matures, seulement 5 embryons et le fait que soit inscrit dans mon dossier que je dois avoir une anesthésie générale en cas de ponction. Enfin !!! 2 embryons vont m'être transférés, les 3 autres ne sont pas de qualité suffisante pour être congelés. Puis attente, attente, attente... L'épreuve de la ponction a été telle que je suis arrêtée une semaine, puis je reprends 1 jour, mais je passe mon temps à pleurer, re-arrêt d'une semaine et arrivée de l'échec de la 2ème fiv... Je plonge encore. J'avais quand même suivi le conseil de la sage-femme, et j'avais rencontré le psychiatre du service qui m'a orientée vers une collègue dans " le civil ". Le premier rendez-vous a eu lieu, le contact passe bien, je vais continuer. Elle m'a prescrit un antidépresseur / anxiolytique très léger, je ne suis pas pour les médocs, mais là, je sens que sans aide, je vais avoir du mal à remonter. Alors, je me jette sur les témoignages qui ont des petits nœuds, ça réconforte tellement !! Je prends un peu de bonheur à ceux pour qui ça marche. Il faut y croire. Sauf qu'on est à la moitié de nos chances, et qu'on a eu un œuf clair et 3 embryons qui ont buggés pour des problèmes chromosomiques (je ne sais pas comment ils peuvent voir ça) à la 2ème fiv, alors, j'ai un peu peur, je commence à me demander si il n'y a pas autre chose que quelques spermatozoïdes faignants et pas très viables. Je dois faire des examens complémentaires, dont une recherche de polype dans la muqueuse utérine (ils ont eu des doutes aux dernières écho), et on rencontre le chef de service en février pour parler de tout ça. Je voudrais aussi lui demander de passer à 3 transferts d'embryons. On va voir. De toute façon, le prochain protocole sera au mois de mars, d'ici là, je ne sais pas... Je me sens si vide, si creuse, si lasse... Je me force pour tout, c'est mécanique. Heureusement au travail, j'ai des collègues super qui m'aident beaucoup, qui me motivent, qui me " portent "... Et surtout j'ai mon mari, mon lover boy. Il m'entoure, me soutient mais il accuse le coup lui aussi, et commence à me dire qu'il se sent coupable de ce qui nous arrive. J'ai beau lui affirmer que si je veux des enfants, c'est parce que je suis avec lui, que c'est lui le père de nos futurs gnomes, je sens bien qu'il a de la peine, pour cet échec et pour ce que je subis physiquement et moralement. Le plus dur, c'est que je suis quelqu'un de très très pudique et je ressens de plus en plus comme une agression de devoir me mettre à moitié nue devant des gens qui changent sans arrêt, les tables de travail (de torture oui) toujours tournées vers la porte, des gens qui entrent dans les salles d'examen sans frapper.... Je suppose qu'ils n'y font même plus attention, pour eux c'est banal, une nana à poil, mais moi, ça me blesse à chaque fois. Donc, voilà où nous en sommes. Bisous à tous, Estelle Juin 2006 Hello,

Il était temps que je mette à jour ce témoignage, c'est que le "l'histoire" file si vite. Alors, petit résumé : 5 IAC, 2 Fiv-ICSI, 1TEG, et toujours rien. Côté stress et moral, ça va mieux, car pour des raisons de santé, je suis arrêtée quasi en continu depuis mi février. Je suis donc tranquille à la maison, à prendre du repos, à m'occuper de la maison et du jardin. Je suis toujours très lente à faire quoi que ce soit, la motivation n'étant pas extrême, la moindre chose qui demande un tout petit peu d'organisation me semble déjà source de soucis et je n'en peux plus qu'il y ait toujours un hic. Alors, je fais le plus simple, ce qui ne rate pas, des recettes super faciles, je lis. Je me fais du bien et j'en profite. J'ai aussi diminué les anti-dépresseurs, et je continue de voir la psy.

Pour les Fiv, nous avons finalement recommencé un protocole pour avril car je me suis faite opérer en mars. Le rendez-vous avec le chef de service n'a servi à rien, n'a pas apporté plus d'information. Les examens complémentaires demandés n'ont rien révélé de nouveau et c'était des examens que j'avais déjà faits ! Je suis sûre que si on pistait tous les examens inutiles ou redondants qu'on nous fait subir, on pourrait allègrement passer à 5 fiv remboursées (surtout quand on sait que le taux de réussite est aux alentours de 20%, je ne comprends pas pourquoi on n'en fait pas 5, statistiquement, on a plus de chance que les protocoles aboutissent mais c'est une autre histoire). Donc, phase de blocage, qui s'éternise, l'endomètre n'étant pas suffisant. D'où 9 jours de plus de piqûres. La décision est prise de ne pas ponctionner l'endométriose qui est toujours là. Evidement, pas d'explication, cela serait trop nous faire la grâce de penser que nous avons un cerveau pour penser. Puis, phase de stimulation qui se passe doucement mais sûrement. Cette fois, le développement des follicules est assez homogène et ça se présente plutôt bien. Puis la ponction arrive, mon stress monte d'un cran. Et explose dans la salle de ponction car l'anesthésiste ne savait pas qu'il fallait une anesthésie générale et en plus c'est la gynécologue que je ne supporte plus qui ponctionne. J'ai failli partir. Bref, encore un délicieux moment. Rien que d'y penser, j'ai encore des bouffées de rage qui me montent à la gorge en pensant à cette doctoresse qui ne prend jamais la peine de dire bonjour, de sourire, d'humidifier le spéculum avant de le mettre en place et qui a le toupet de vous engueuler (c'est bien le terme qui convient) parce que vous bouger quand elle vous fait mal.
Bilan : 8 ovocytes dont 4 matures, 4 embryons et 2 transférés.

Par contre, ce qui me questionne, c'est que la biologiste nous explique que les 4 ovocytes " perdus en cours de route " étaient atrétiques. Elle nous explique que ça veut dire qu'ils étaient abîmés, et la seule piste, c'est la ponction !!! Mais je ne comprends pas exactement ce que veut dire atrétiques et pourquoi des ovocytes sont ou deviennent atrétiques. Là, si quelqu'un a des informations là-dessus, je suis preneuse, je ne trouve rien. Et j'ai bien peur de comprendre que cette gynécologue débile a divisé par deux nos chances d'obtenir des embryons.

Et maintenant, on attend, sans beaucoup d'illusion. En tout cas, si jamais cela échouait, une chose est certaine, je vais tout faire pour que la dernière tentative se fasse ailleurs que dans ce service. Ce n'est pas possible à l'heure actuelle d'avoir une gestion de la douleur physique et morale aussi déplorable.

Sinon, la vie est belle, oui, oui !!! Bon courage à tous, bisous,

Estelle


Octobre 2006

Bonjour,

Enfin une super bonne petite nouvelle (enfin plus si petite que ça) : la 3ème FIV a marché. Prise de sang +++ mi juin, on se refuse à y croire vue notre expérience de l'année dernière. On attend donc l'échographie de contrôle. Et là, tout de suite, il y a une petite crotte, avec un petit petit petit "cœur" qui bat à fond les ballons. Quelle émotion ! Et depuis, à chaque échographie, on voit grandir cette petite crotte qui ressemble de plus en plus à un petitou, avec des petites mains et des gambettes, qui gesticule sans arrêt. J'entame mon 4ème mois, tout va bien et on flotte sur un petit nuage. On continue de croiser les doigts, pour écarter le mauvais sort, la peur est quand même là : c'est trop beau, ça cache quelque chose !

Alors, à tous ceux qui sont dans ce long et douloureux parcours, gardez l'espérance, des fois, ça marche.

Bisous,

Estelle


Mai 2008

Bonjour à tous,

Je viens enfin mettre à jour mon témoignage car cela va rajouter un petit nœud, et Dieu sait si ces fameux petits m’ont aidés à tenir le coup. Alors si je peux rendre un peu du réconfort que j’ai puisé dans les autres témoignages !

Février 2007
Comme je vous le disais, après de longues années de traitements et de souffrance, une petite fille est venue combler notre famille de ses sourires et de sa joie de vivre, le 3 février 2007. Et je peux vous assurer que tout ce que nous avons enduré, les doutes, les larmes, les piqûres, les examens « publics », la douleur, cela passe au second plan, et on se dit qu’on a bien fait de tenir le coup, que ça en valait la chandelle. Après l’accouchement, mon gynécologue nous parle de contraception... De quoi il parle, là ? Non mais il plaisante j’espère ?....

septembre 2007
J’allaite mon bout de chou pendant presque 6 mois, puis mon corps recommence à fonctionner normalement, retour de couches.. etc... Au bout d’un mois et demi, je suis malade, je vomis tous les soirs. Je vais consulter pensant à une gastro. Le docteur me demande si je ne suis pas enceinte, je lui réponds que ce n’est pas possible. Une semaine après, contrôle de routine chez le gynécologue qui me fait une écho et trouve un petit fœtus, bien vivant, qui bouge et a son petit cœur qui bat !!!! Imaginez un peu notre surprise, notre euphorie sur le coup. C’était pas possible, on a traversé 6 années de galère pour la première, et voilà que ce petit numéro deux bouscule tout en s’invitant chez nous, sans crier gare !!! Certes, on est très très content, on stresse un peu car ils seront très proches. Mais surtout, on se pose beaucoup de questions. Comment se fait-il que l’on ait pu concevoir un bébé « bio » alors que pour la première, ça n’a pas été possible ? Qu’est-ce qui pouvait bien générer ce blocage ? C’est vrai, on entend toujours des témoignages de femmes qui tombent enceintes quand elles obtiennent l’agrément d’adoption ou ce genre d’expériences, mais ça paraît loin. Comme quoi, le psychologique a toute sa part dans cette histoire, et c’est ce qui fait aussi un peu peur, car on maîtrise difficilement ce côté des choses.

Avril 2008
Je suis maintenant enceinte naturellement de 7 mois, je vous tiendrais au courant. Je souhaite autant de bonheur à tous les couples qui sont engagés dans ce processus de la PMA. Ce que je retiens, c’est qu’il ne faut pas hésiter à se faire aider en cas de besoin, il faut parler autour de nous de ce que l’on vit (pas sur tous les toits quand même !), pour ne pas vivre cela comme une honte, un tabou à cacher. Cela fait partie de notre vie.

Je vous embrasse, merci encore une fois Viviane et Vincent pour ce site, et bon courage à ceux qui sont dans la spirale de la PMA,

Estelle


Leur écrire

Tous les mots colorisés en orange ou mauve vous renvoient au dico.