La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Cécile & Patrice - (Belgique - octobre 2000)

Merci pour vos témoignages, cela fait tellement de bien t'entendre des personnes qui vivent une situation proche de la nôtre.
Nous avons tous les deux 28 ans et notre projet de mariage(1996) était intimement lié à celui d'avoir des enfants. Nous avons un peu attendu, essayé de planifier, comme si tout ce planifiait ...

MAI 1998: Mes études terminée et le travail trouvé, même si tout n'était pas idéal (on travaillait loin d'où on habitait et on n'avait pas encore le nouvel appartement plus près de du boulot) le désir d'enfant était plus grand, et pensant pouvoir trouver une solution à ces problèmes pratiques, on décide de ne plus attendre pour fonder notre famille...

22 MARS 1999, 27ème anniversaire de mon mari. Le coup de massue: Nous ne pourrons pas avoir d'enfant naturellement.
Je ne remercierai jamais assez ma gynécologue de l'époque d'avoir accepté même si il était fort tôt, en janvier 1999, de faire les premiers examens, "se sera au moins pour vous déstressée": avait-elle dit "et ce n'est pas lourd" (une prise de sang pour moi et un spermatogramme pour mon époux).
Nous allions habiter 100km plus loin alors elle nous a dirigé vers un CHU plus près de notre nouveau domicile (10km)et avec un bon service FIV.
Tout une vie, tout un projet s'écroule... pourqoui nous, si cela se limite à notre couple, quel sens donner à notre vie si elle doit se vivre sans enfant. Et puis la douleur de mon mari (pas assez de spermatozoïdes, bons mais beaucoup trop peu...), il se sentait diminuer et ne plus être vraiment un homme. Ma culpabilité lorsque en lui tout m'irritait, et en plus il ne pouvait pas me faire d'enfant... Des moments très difficiles que le dialogue et parfois les pleurs nous ont aidés à surmonter. Difficile de lui expliquer que c'est nous qui ne pouvons pas avoir d'enfant et pas lui, que je ne veux pas un enfant avec un tel ou un tel, je veux une famille avec lui même si elle doit être différente de celle dont on avait rêvée au départ. Mais même en l'aimant toujours aussi fort et en voulant le protéger et l'aider à garder confiance en lui, je ne pouvais rien y faire, mon regard avait changé, lorsqu'on faisait l'amour, j'avais mal, je pleurais, cela me rappelait que l'on ne pouvait pas avoir d'enfant. Et puis cela s'estompe et petit à petit la vie et l'amour reprennent le dessus, oui on ne peut pas avoir d'enfant naturellement mais sommes nous ensemble uniquement pour cela? Nous pouvons "féconder" autre chose, un autre projet...et puis la médecine peut nous aider.
Nous avons eu la chance d'avoir des proches qui nous ont beaucoup aidé.

DEBUT AVRIL 1999: nous avons rendez-vous chez l'andrologue, les seconds tests sanguins confirment les premiers, pas d'explication, c'est inné chez mon mari. Etude génétique, rien de ce côté... Pour moi une hystérographie pour être sur que tout est en ordre... nous voilà parti pour la douloureuse aventure qu'est l'ICSI.

MAI 1999, début du premier traitement (mise au repos, stimulation, ponction...), on se dit que dans notre malheur nous avons de la chance, cela fait à peine un an que nous essayons d'avoir un bébé et nous voilà déjà au bon endroit, nous n'avons pas perdu de temps dans les tests. Mais que c'est dur physiquement, psychologiquement et financièrement (En Belgique, ce n'est pas remboursé). Ces piqûres quotidiennes, ces douleurs durant les cycles suivant un essaie que je ne n'avais pas avant. Ces kilos dus aux traitements et aussi à la déprime qui s'installe. Ces larmes à chaque fois que des amis nous annoncent une naissance à venir, cette torture de féliciter les nouveaux parents et de leur dire combien on est heureux pour eux même si c'est vrai... pourquoi eux et pas nous. (On est un "bon" couple, on a de bonnes situations professionnelles, on avait acheté un plus grand appartement avec trois chambres pour y mettre nos deux premiers, après on aurait cherché une maison pour y mettre notre grande famille, on en voulait moins 3...). Et toujours ce sentiment d'injustice et de révolte... pourquoi pas nous?

Résultat de ce premier traitement:6 ovocytes, 5 embryons, 2 implantés "frais" au troisième jour. Tous ces traitement pour une grossesse extra-utérine (il parait que c'est "bon" signe au moins on est sur que cela peu marcher).
Dur, très dur, heureusement nous avons eu la chance d'être très bien suivi par les médecins et infirmières. Devoir subir une anesthésie totale pour enlever ce dont vous avez tant rêvé, même en sachant que c'est dangereux et que ce ne sera jamais un enfant, fut une énorme souffrance. Entre la réimplantation et la lapéro il s'est écoulé 6 semaines, deux d'espoir, une de bonheur et 3 mêlées d'espoir et d'angoisse et puis le désespoir...et enfin la vie et de nouveaux projets. Je n'ai gardé aucune séquelle de ma grossesse extra-utérine, mes deux trompes sont toujours bien en place
Les deux congelés ont été réimplanté en novembre 1999, sans résultat.

Ensuite, nous avons pris quelques mois de repos, pour que je retrouve des cycles réguliers et moins douloureux et surtout, pour penser à nous et profiter de la vie car il est vrai que finalement cela tourne à l'obsession, on pense plus qu'a cela et les relations dans le couple en prennent un mauvais coup. Je ne suis jamais plus en forme toujours fatiguée irritable et mal dans ma peau, pas facile d'assumer ces kilos en plus... Je pleure pour un rien...

FEVRIER 2000: finalement l'envie est trop grande et le temps passe, on recommence un nouvel essaie, au 5ème jours il reste encore 7 embryons on réimplante les deux plus "beaux", résultat: rien.
Pourtant le biologiste avait dit qu'ils étaient magnifiques, on se pose mille questions, on était en forme et calme, les embryons étaient bons alors qu'est-ce qui n'a pas marché... on ne comprends pas et on replonge (t'es sur que tu veux rester avec moi, je ne peux quand même pas t'imposer de ne pas avoir d'enfant...OUI, je suis sure).
Nouvelle déception, sur les 5 embryons restant seule 1 à pu être congelé au jour 6.

Alors j'ai décidé de me reprendre en main, régime vacance avec mon mari et puis boulot, sorties...C'est plus long que pour les autres alors "profitons-en" pour dormir plus tard allez au resto si on a envie et voyager...dommage qu'il faut économiser pour payer les traitements.
Dans une semaine on essayera de réimplanter le congelé et puis on verra... On est prêt à recommencer un traitement en décembre. Patience...

Je ne sais pas comment sera notre famille; nombreuse ou pas, avec des enfants biologiques ou adoptés ... mais que c'est difficile. Et tout semble si dur; pour l'adoption d'enfant belge, on est trop jeune et surtout il estime qu'il faut attendre 5 ans après l'annonce de la stérilité pour être sur que nous ne pourrons pas avoir d'enfant (ce serait différent si je n'avais plus d'utérus, véridique...), il parait qu'il choisisse une famille en pensant uniquement au bien de l'enfant (enfant unique avec des parents de 34-36 ans)... difficile à encaisser. Pour d'autres organismes travaillant avec l'étranger, beaucoup de pays demandent que les parents adoptants aient moins 30 ans (plus que deux ans à attendre...) et puis l'ICSI est déjà cher mais que dire de l'adoption... Tout ce côté financier nous met mal à l'aise, nous devons nous priver de certaines choses pour payer les traitements mais rien de fondamental (ski, resto...) comment font les gens qui n'ont pas une certaine aisance financière? Qui les aide? Dans notre pays on parle de rembourser l'avortement mais la fécondation médicalement assistée est à la charge du couple...nous trouvons cela injuste.

La route sera peut-être encore longue, avec des joies, de l'espoir, des pleurs ...

Bonne chance à tous, je vous tiens au courant de mes moments de blues et d'espoir et qui sait peut-être que la troisième tentative sera la bonne (Je n'ai aucun espoir pour la décongélation ...).

Merci de votre écoute.

Cécile


Octobre 2001

Heureuse de voir que le moral remonte.

Je pense que cela a été l'atout majeur lors de notre dernier traitement. Nous avions pris le temps, j'avais perdu mes 17kg de trop et nous avions beaucoup discuté avec mon mari.

Nous sommes arrivés en forme et très serein au mois de janvier dernier à l'hosto pour le troisième traitement ... si ce n'était pas la bonne, ce serait la suivante. Il y avait peu d'ovocytes, il y a eu peu d'embryons, transfert à J3 de trois embryons le 27 janvier 2001.

Le 19 octobre naissait notre petite Elise. Un vrai bonheur après 3.5 années d'attente dont 2.5 avec traitement.

Maintenant, je dois perdre mes kilos de trop, on va profiter de notre petit trésor et on espère reprendre les traitements dés septembre 2002, notre projet de famille avec trois enfants tient toujours, on prendra le temps qu'il faudra, on sait que cela ne sera pas simple.

J'espere que vous connaitrez bientot ce grand bonheur. A+

Cécile


Mars 2003

Il y a quatre ans, on a cru que notre projet de famille s'écroulait et puis Elise est arrivee, que du bonheur...

Comme prévu, nous avons recommencé les traitements fin octobre 2002 dans l'espoir d'avoir le numéro deux avant les 3-4 ans Elise. Et là surprise, le premier traitement est le bon, je suis enceinte... Elise aura 20 mois 1/2 quand son frère et sa soeur arriveront en aout (pourvu que tout ce passe bien!).

Finalement après avoir été révolté par nos problèmes de fertilité, nous nous sentons privilégié car pour nous cela n'a pas été, après coup, si difficile...on pense même au petit numero 4 puisqu'il nous reste 6 EC et mère nature!

Nous vous souhaitons à tous beaucoup de courage et de bonheur.

A bientot (Aout pour la naissance...)

Cécile


Novembre 2003

Je serai tres breve car fort occupée depuis la naissance de nos jumeaux. Nés à 37SA apres une grossesse que l'on peu qualifier de presque ideale.

Laurence : 2kg900, 48 cm et François : 2kg930, 48.5cm
Elise est ravie et tout se passe bien.

A+

Cecile


Avril 2004

En mars 1999, on nous a annoncé que pour nous avoir des enfants ce serait galère...
Octobre 2001, Elise (troisième FIV-ICSI).
Aout 2003, Laurence et François (Première FIV-ICSI).

Bien entendu pas de contraception puisque on a autant de chance de concevoir que de gagner au loto... Bingo, on a gagné!

Mini-puce prévue pour mi-Octobre 2004 après l'angoisse, le bonheur... notre famille sera au complet.

Je vous souhaite à tous d'aussi réaliser vos rêves de famille.

Bon courage,

Cécile


Janvier 2004

Notre bébé surprise est née le 10/10/2004 et elle se prénome Louise. Ses soeurs et son frère sont ravis, les parents comblés.

Cécile & Patrice


Leur écrire

Tous les mots colorisés en orange ou mauve vous renvoient au dico.