La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Céline & Olivier - (France - Juin 2005)

Bonjour à toutes et tous,

Pour commencer, merci de vos témoignages et merci à Viviane et Vincent de leur persévérance à faire vivre un tel site.

Mon ami et moi avons 31 ans passés et un désir d'enfant quasiment depuis le début. Notre relation n'a que 2 ans mais notre amour est à la hauteur de notre envie d'enfant.

Mon histoire commence il y a de nombreuses années. Tout d'abord, j'ai pris la pillule très jeune puisque j'ai été mise sous Stédiril à l'âge de 9 ans et demi pour des problèmes de croissance beaucoup trop rapide. J'ai cessé le Stédiril à 16 ans, le professeur qui me suivait ayant estimé que ma croissance était suffisamment stabilisée pour pouvoir tout arrêter.

De là s'est écoulé une année avant que je ne consulte un gynécologue parce que je n'avais pas de règles, ne les ayant jamais eues de manière naturelle, tout le monde pensait qu'il était normal que mon corps prenne un peu de temps pour se mettre en route.

A 17 ans, beaucoup d'acné, mon gynécologue me remet sous pillule (Diane 35), en me disant que ça ferait d'une pierre deux coups : régulariser mes règles et résoudre mon problème d'acné. Il avait raison.

A 20 ans, j'en ai assez de ne pas connaître le fonctionnement de mon corps et en plus, j'oublie ma pillule régulièrement, je décide d'arrêter. Toujours pas de règles. Au bout de 6 mois je consulte, je suis mise sous Duphaston. J'ai des règles, certes, mais n'importe comment, je suis sensée prendre Duphaston en seconde partie de cycle et voir venir mes règles après l'arrêt de Duphaston, elles arrivent n'importe quand, toutes les 2 semaines ou pendant la prise de Duphaston ou bien 3 semaines après. Bref ! l'anarchie. Ca dure bien un an et j'arrête le Duphaston et laisse venir.

A 23 ans, mariés nous avons envie d'un enfant, je ne prenais déjà pas de contraception mais là nous décidons de " viser " un peu. 3 mois plus tard, mauvaise surprise, je fais une bartholinite, douloureuse expérience, qu'il a fallu opérer deux fois en moins de deux semaines.

Six mois plus tard, de violentes douleurs au ventre, mon généraliste m'oriente vers un centre d'échographie et là, on voit toute une chaîne de kystes sur la parois externe de l'utérus. Traitement puis opération, des cicatrices. A l'époque, je n'étais guère renseignée, je prenais donc toute parole pour argent comptant, surtout venant du corps médical alors vous pensez bien que j'ai pris en pleine figure la réflexion de ma gynécologue de l'époque : "Je voudrais vous signaler deux problèmes pour votre avenir : vos ovaires ressemblent à ceux d'une jeune fille "pré-pubère", cela signifie que vous n'avez pas d'ovulation, de plus la dernière opération des kystes a laissé des cicatrices utérines, comme pour des césariennes multiples, ça représente beaucoup de risques en cas de grossesse".
Je reste un peu secouée et j'en parle à mon mari, qui veut tellement un enfant. Ma gynécologue me propose alors des traitement de stimulation ovarienne, je suis désolée, je ne me souviens pas de tous les noms, certains me reviennent en lisant des témoignages, d'autres non. Rien ne vient, le couple souffre, mon mari s'enlise dans d'autres choses et fini par demander le divorce.

Après deux ans d'errance à réparer les bleus de mon âme, je pose mes valise auprès de mon amour d'aujourd'hui, son amour et sa grandeur d'âme ont eu raison de mes angoisses. Je lui ai parlé de mes "problèmes", il les accepte. Lui, de son côté a vécu deux expériences malheureuses par le passé, u ne qui s'est terminée par une I.V.G, l'autre par une fausse-couche, il a donc relativement confiance en lui.

Nos essais bébé durent depuis Août 2004. J'ai arrêté toute contraception en juillet 2004. J'ai fais mes courbes de température depuis Août. A ma grande surprise, seul mon premier cycle a été un peu long, mais depuis l'arrivée de mes premières règles "post-contraception", mes cycles reviennent de façon plus ou moins régulière (de 30 à 34 jours), mes courbes de températures présentent bien un plateau haut qui dure de 13 à 15 jours en moyenne. J'ai consulté la première fois en décembre ma gynécologue actuelle qui a bien compris mes angoisses et aussi qu'à 31 ans, on a un peu moins de temps devant soi. Premières analyses de sang et divers dosages pour moi : tout va bien, hystéro-salpingographie : tout va bien, spermogramme : largement assez bon, test de Hühner : moyen mais dans la bonne fourchette, à l'occasion du test elle m'a fait une échographie où elle a vu un beau follicule de 18 mm ! Bref, ça ne marche pas mais pour le moment on ne sait pas pourquoi.

Me voilà donc aujourd'hui avec un léger traitement pour fluidifier la glaire, des tests d'ovulation pour essayer de mieux situer la chose et Duphaston en seconde partie de cycle. Ma gynécologue m'a proposé d'essayer ça sur quatre cycles jusqu'à la fin de l'été, et en cas d'échec de nous orienter vers des inséminations.

Je vous tiendrai au courant de la suite.

Céline


Février 2006

Commençons par le commencement : pas de bonne nouvelle à annoncer, rien, le désert.

Je vous avais laissés la dernière fois, j'étais sous traitement léger, ce traitement n'a rien donné malgré les encouragements de ma gynéologue qui m'avait dit "Vous verrez, le mois d'août, c'est formidable, les couples sont détendus, c'est fou ce que j'ai comme grossesses liées aux mois d'août", et bien même le mois d'août n'a rien pu pour nous. J'ai eu ensuite des traiements plus complets en stimulation, avec Clomid et Gonal, toujours rien.

Le gros souci aujourd'hui c'est mon moral, ça ne vole pas haut. Je vous lis, et je vais vous avouer quelque-chose : je "sélectionne" les témoignages qui ont des petits noeuds ! Pourquoi me direz-vous ? Parce que j'ai besoin de voir que je ne suis pas seule face à ce désir d'enfant non abouti mais surtout parce que j'ai besoin de me rassurer sur l'utilité de ces traitements. J'en suis à un stade où je remets tout en question, ai-je vraiment envie d'un enfant ? Pourquoi tout le monde y parvient et pas moi ? Pourquoi nous n'avons pas droit à ce bonheur ? Quelles seront les conséquences physiques de ces traitements sur moi à long terme ?

Face à un collègue qui m'a dit un jour (en parlant d'un tout autre sujet que du mien puisqu'il n'est pas au courant) "Le corps est le reflet de l'âme", je me suis dit que tout finissait donc toujours par nous rattraper, que si je ne parvenais pas à être enceinte, c'est que je n'étais pas assez bonne pour être maman ou que mon couple n'était pas assez bon pour mériter d'être parents, que peut-être on ne s'aimait pas assez ou mal.

Mes 32 ans sont passés sans grand plaisir et avec l'angoisse de voir avancer les années. Des amis à nous ont décidé d'avoir un petit 3ème, j'ai très mal pris cette nouvelle et encore plus mal pris le fait qu'elle soit enceinte immédiatement après l'arrêt de la pillule, j'en ai voulu au monde entier de leur donner si facilement ce que je considère comme un "caprice" de 3ème enfant quand, à moi, on m'interdit d'en avoir ne serait-ce qu'un seul. Mon frère parle aussi de devenir papa et j'appréhende le jour de la nouvelle au lieu de me réjouir pour eux. Je n'arrive même plus à être heureuse pour les autres, je me vois devenir jalouse, envieuse de leur facilité à être parents. J'ai bien conscience que pour nous le combat est tout frais, tout juste 1 an comparé à certains couples qui en sont à plusieurs années de lutte. Mais comment dire, justement ce c'est pas d'un combat dont j'ai envie, c'est d'un enfant tout simplement, avec beaucoup d'amour autour. Je n'ai pas envie de partager une lutte acharnée avec mon compagnon, j'ai juste envie que nous partagions le bonheur d'être parents, je voulais partager une belle aventure avec lui, pas une grosse galère, surtout sur le sujet des enfants. Aujourd'hui mon désir d'être maman est presque mis en veilleuse devant les difficultés qu'il soulève, ma vie sexuelle est moins épanouie, chaque rapport me rappelle que mon corps ne veut pas, je me dis que tout le monde y arrive, que les animaux y arrivent, mais pas moi. Le couple en souffre, mon compagnon intériorise beaucoup et les tentatives de communication sur le sujet me laissent le goût amer de l'incompréhension, entre moi qui suis certainement trop dans le doute et lui l'éternel optimiste, le dialogue de sourds est là, il me reproche de trop " négativer " et me dit sans cesse que le mental compte beaucoup et qu'à m'angoisser comme ça, ça ne résoud pas le problème. Moi je lui en veux de son détachement, de son éternel optimisme que je vois comme une façon de fuir la réalité. Aujourd'hui je me dis : vouloir un enfant ? oui mais jusqu'à quel prix ? Je me dis aussi que reprendre une contraception serait un bon moyen d'assainir ces tensions, oublier le désir d'enfant et profiter de mon couple et de ces si beaux sentiments qui nous unissent. Si j'étais plus jeune je le ferais certainement mais quand je lis la durée de certains de vos parcours je me dis qu'il vaut peut-être mieux éviter de jouer à ça, 32 ans ce n'est certes pas si vieux, mais ce n'est plus 25 non plus.

Voilà pourquoi j'ai besoin aujourd'hui de lire ces témoignage aux petits nœuds, pour lire votre bonheur quand le combat abouti, pour me dire que le combat et l'acharnement valent la peine. Je vais déménager prochainement, j'hésite à changer de gynécologue, je n'en connais pas dans mon nouveau secteur, j'apprécie plutôt la mienne, et j'ai peur de devoir tout recommencer.

Merci à tous d'être là, j'ai essayé quelques forums mais je ne me reconnais pas dans leurs dialogues (gygy, zoids, reds…..), cela convient peut-être à certaines mais pas à moi.

Céline


Juillet 2008

Tout d’abord mille excuses de n’avoir pas fait la mise à jour plus tôt, quelle négligence de ma part. Je vous ai laissés en 2006 assez désemparée. J’ai été élevée avec l’idée qu’en travaillant et en luttant on arrive toujours où on veut, et là ça ne se passait pas comme ça, malgré tout mes efforts il m’était impossible de maitriser ce qui nous arrivait, enfin surtout ce qui n’arrivait pas !

Fin 2006 nous avons changé de médecin, notre grand professeur manquait cruellement d’humanité, nous nous sommes tournés vers le privé et vers un médecin exceptionnel de gentillesse et de qualités humaines, déjà que la conception était médicalisée nous avions besoin de chaleur humaine. 3 inséminations n’ont rien donné et la 4ème, malgré des circonstances cahotiques, fut gage de réussite. Une grossesse pas toujours facile mais pas dramatique non plus, un accouchement de rêve : tout en douceur, et aujourd’hui un bébé de rêve, gentil, facile et beau comme un ange.

Aurélien est né le 9 décembre 2007

Bon courage à toutes et tous, je vous souhaite le meilleur

Céline


Leur écrire

Tous les mots colorisés en orange ou mauve vous renvoient au dico.