La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Caroline & Eric - (France - Février 2006)

Bonjour à tous,

Merci à Viviane et vincent, ainsi qu'à vous tous. J'en ai versé des larmes à le lecture de vos témoignages ! Aujourd'hui, je me décide à mon tour à me livrer.

Je m'appelle Caroline et j'ai 30 ans, mon compagnon depuis 10 ans a 31 ans. La galère a débuté réellement il y a 2 ans mais un résumé de ce qui s'est passé avant s'impose.

Fin 2001, je me décide à arrêter la pilule que je prenais depuis 10 ans, en me disant que comme ça quand on voudrait être parents, ça serait rapide. Tu parles !

Quelques mois plus tard, me voilà avec des règles à rallonge (10 à 12 jours) et des cycles de 25 jours en gros. Je laisse passer 1 mois, 2 mois et j'en ai marre, je cours voir mon gynécologue. Là, pas d'examens, pas de prise de sang, même pas d'échographie. il me prescrit du Duphaston pour 3 mois et basta. 3 mois plus tard, donc, me revoilà chez le même spécialiste. Les effets du traitement étaient quasi nuls. Et là, le medecin me dit : "vous savez les cycles des femmes, ça va, ça vient." Re Duphaston 3 mois et un frottis pour la forme.
Autant vous dire que certes j'ai repris du Duphaston mais ne suis jamais retournée voir ce médecin.

Ne voyant aucune amélioration, je vais voir une gynécologue (une femme ce coup-ci, pur hasard). Très calme, posée. Là, j'ai droit à une échographie, un bilan sanguin hormonal à J3, et je dois faire ma courbe durant 3 mois. Je suis studieuse et je fais tout ce qu'elle em demande. 3 mois plus tard, j'apprends que je fais de la dysovulation. Donc, Duphaston, rebelotte. A part ça, selon elle, rien à signaler.

Avec tout ça nous voilà en 2003, mon homme et moi devenons propriétaires et commençons à ne plus être attentifs à la contracoeption, sans vraiment formaliser le désir d'enfant. Vu le boulot qu'on a, mes "petits soucis", je les mets de côté.
Entre-temps, re-gynécologue qui dit de rester zen, je fais toujours ma courbe, toujours Duphaston. Je craque, je passe au Clomid. Là, yeurk, peut être le ras le bol, je ne sais pas, je suis malade et décide de tout stopper.

Bien sûr, en mars 2004, on formalise vraiment le désir d'enfant, bref on en parle à 2. Bon, il est vrai qe cela faisait des mois que les préservatifs, c'était 1 fois sur 4, mais ça fait du bien de mettre les points sur les i. Et sachant cela, on commence à être inquites que rien ne se soit encore passé. Mes cycles ? toujours pareil. Toujours Duphaston, suite à un enième rendez-vous où j'ai l'impression que c'est de ma faute si j'ai des soucis. Des mois passent, rien. Je déprime.

Et là, avril 2005 miracle! On me conseille un gynécologue génial que je vais voir pour tout autre chose (suspicion de mycoses). On discute, je lui dit que je suis sous Duphaston. Là, il me demande mon âge, celui du conjoint et me demande depuis combien de temps on essaye, etc et me dit qu'un enfant se fait à 2, donc mon amoureux a droit à un spermogramme et moi-même échographie, bilan hormonal et arrêt du Duphaston. Bilan à ce moment là, mai 2004 : mon homme a des spermatozoïdes agglutinants et fabrique des anticorps contre lui-même. Tout ça confirmé par 2ème spermogramme et prise de sang. Moi, mes examens sont bons. Bizarrement, mes règles retrouvent une durée normale (7à 8 jours).

Selon le gynecologue, des IAC seront necessaires, mais il est confiant. Nous voilà dans le parcours de la PMA. Nous rencontrons un biologiste extra qui nous explique tout très bien, on se sent en confiance. Et puis mon gynecologue me fera les IAC. Suivent les joies de l'hysterosalpingographie, aïe, les stimulations sous Menopur (je réagis super bien sans symptôme).

Novembre 2005, 3 IAC, 3 échecs. Pourtant, les recueils de mon doudou suite à traitement en laboratoire sont bons, je réagis à merveille aux stimulations, sans effets hormis la fatigue. Là, on commence à déprimer, à pleurer le jour des règles, à détester les femmes enceintes et j'en passe, vous voyez de quoi je parle. Le jour de la 4ème IAC, un dimanche, mais notre gynécologue est toujours là, il nous avoue qu'il ne comprend pas pourquoi cela ne marche pas, il soupçonne une endométriose à 90%. Il me conseille la coelioscopie si la 4ème IAC échoue.

4ème IAC èchec, là c'est mon homme qui déprime. On se lance et la coelioscopie a lieu le 5 janvier 2005. Verdict : endométriose. Il est fort ce gynécologue! Je suis donc sous Decapeptyl et pour l'instant ça va hormis l'insomnie et les bouffées de chaleur. Mais surtout, quel soulagement d'avoir une réponse aux échecs, même si rien n'est jamais sûr.

Je revois le gynécologue en avril. Pour l'instant, ça fait du bien de faire un break. Je sais que mon cas est loin d'être le pire, mon parcours est cours, mais il n'est pas fini. Je voulais aussi dire que nous avons la chance d'avoir un gynécologue génial, humain et disponible. Au laboratoire, c'est pareil. Nous n'avons pas le sentiment d'être des numéros du tout. Mon exemple est la preuve qu'il ne faut pas hésiter à changer de spécialiste.

Je vous souhaite à tous du courage, moi aussi je croyais que ça n'arrivait qu'aux autres et que faire un bébé, c'était simple. Croyez en vous.

Caroline


Mai 2008

Bonjour à tous,

Je vous avais laissé en février 2006, alors que j’étais en ménopause artificielle. Nous sommes partis au ski durant cette période, ça nous a fait du bien car bonjour l’insomnie et les bouffées de chaleur !! La ménopause devait durer 3 mois, or début mai, pas de règles. Je vais voir le gynécologue, Duphaston (tient ça ne me manquait pas !!) et ça repart !! Entre temps, nos meilleurs amis ont eu un bébé et ils sont formidables, je vois le petit bout très souvent, je m’en occupe, ça fait du bien !!! Nous faisons le 5ème IAC, échec, puis la 6ème et dernière. Echec. Nous sommes en août 2006. Notre gynécologue nous oriente vers un centre de PMA pour envisager des FIV. Nous nous y étions préparés mais c’est difficile. Nous avons rendez vous avec le gynécologue mi octobre. Là, j’ai droit à un questionnaire très détaillé, nous refaisons plein d’examens (spermogramme, bilans hormonaux. Nous assistons également à une réunion d’information, ça fait du bien de voir que nous ne sommes pas seuls, sur ce, j’arrête de fumer (ben oui, il a fallu ça !!), on reprend confiance. Nous avons à nouveau rendez vous avec le laboratoire, on envisage une FIV ICSI vu le problème de spermatozoïdes.

Nous gérons ça sereinement, tout ça prend du temps. Et puis patatras, j’apprends que mon frère est malade, il a un cancer : passé le choc, cela me redonne de la force, il faut que l’espoir renaisse. Le 20 novembre, 1er jour de règles, injection de Decapeptyl, puis Puregon ensuite. Et là, la joie des prise de sang et des échographies à l’aube, qui durent 2 minutes. C’est l’usine !!!! Mais le personnel est sympa, ça aide !! Et puis le 12 décembre (car protocole long), après plusieurs ajustements du dosage de Puregon, le coup de massue : je réponds mal aux traitements, il n’y a qu’un ovocyte mature, donc pas de ponction. Et donc pas de FIV. Le gynécologue nous propose une IAC (la 7ème) car selon lui l’ovocyte est très beau. Le déclenchement d’ovulation doit avoir lieu le soir même.

Nous sortons du rendez vous effondrés, il est 8h20, je dois aller bosser, pour la 1ère fois on se dispute, Eric ne veut pas faire l’IAC, il en a marre. Bref, la cata, je n’arrive pas à me retenir, je pleure au travail. Le soir même, nous parlons calmement, Eric accepte finalement l’IAC du bout des dents, mais il se range à mes arguments. Il me fait l’injection d’Ovitrelle. L’IAC a lieu le 14 décembre vers 11h30, nous n’y croyons pas du tout, en plus le gynécologue me fait mal. Je suis tellement à bout de nerfs que j’ai un arrêt de travail pour quelques jours. Les jours passent, je n’y pense pas, je dois faire le prise de sang du taux d’HCG le 26 décembre, je ne m’y résous pas. Entre temps, je me baffre à Noël, je me venge quoi ! Puis le 30, je quitte tôt du boulot et mes pas me mènent devant le laboratoire, j’ai l’ordonnance dans mon sac, je me dis pourquoi pas ??? La technicienne est sympa, elle me dit qu’en 2 heures j’aurai les résultats, elle est très positive !! Moi, vachement moins. D’autant plus que la santé de mon frère ne s’améliore pas. Je rentre à la maison et appelle le laboratoire 10 minutes avant la fermeture et là, BOUM !! Mon taux est à 257, je suis enceinte !!! Je tombe littéralement sur les fesses dans mon salon. Nous ne réalisons pas !

Le lendemain, contact est pris avec le centre de PMA, échographie prévue le 10 Janvier. Je passe le jour de l’an sur un nuage, l’échographie du 10 confirme la grossesse, puis je repars en suivi classique auprès de mon gynécologue adoré qui nous reçoit très ému fin janvier. Là le cœur bat, c’est magique !!! Enfin je porte la vie ! 15 millimètres de bonheur pour le moment ! Après une grossesse tout à fait normale bien qu’assombrie par le décès de mon frère, nous avons l’immense joie d’être les heureux parents d’Emilie née le 02 septembre 2007 à 10h41, comme une fleur… Elle illumine notre vie. Elle m’a permis de tenir le coup dans l’épreuve et elle est l’exemple parfait du triomphe de la vie. C’est un vrai miracle.

Je tenais vraiment à mettre à jour notre témoignage afin de redonner de l’espoir à ceux qui n’en n’ont plus. Nous aussi nous avons été au fond du gouffre et puis la vie a décidé de gagner. Croyez en vous, je sais que c’est difficile, mais on dit aussi que ce sont parfois les plus belles fleurs qui sortent des terres les plus désolées.

Sachez que je pense à vous et que je lis régulièrement vos témoignages. Force et courage.

Caroline et Eric


Pour des raisons personnelles, Caroline & Eric n'ont pas souhaité la diffusion de leur adresse e-mail

Tous les mots colorisés en orange ou mauve vous renvoient au dico.