La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Carole & Christophe - (Guyane Française - Mai 2005)

Quel beau site vous avez crée là, Viviane et Vincent. C’est devenu un refuge, où je viens quand je n’ai plus le moral mais aussi pour y trouver de l’espoir…

Je m’appelle Carole, 32 ans, et suis mariée à Christophe mon mari, avec qui j’ai eu un premier enfant en 98 sans aucune difficulté, juste après l’arrêt de ma pilule. Je me suis même dit à l’époque, « ça alors, je suis super féconde » puisque j’étais tombé enceinte si facilement… Si j’avais su…

C’était il y a quatre ans, qu’on décide de mettre en route un 2eme bébé. A l’époque, mon amie, qui a accouché de son premier 8 heures avant moi, m’annonce qu’elle et son mari ne vont pas tarder à lancer un deuxième petit Bou et me demande si moi je l’envisage aussi. Ca serait drôle encore une fois d’accoucher en même temps.. n’est-ce pas ! Je me souviens que je venais juste d’arrêter la pilule et justement je voulais lui faire la surprise de lui annoncer une seconde grossesse…. Comme si arrêt de la pilule voulait dire bébé, quelle naïveté.

Les mois passent et je ne suis toujours pas enceinte. Delphine ne tarde pas à m’annoncer, elle qu’elle l’est. A l’époque je ne me m’inquiète toujours pas, car il est vrai que mon mari a des horaires de boulot décalés, et qu’il est difficile alors de gérer une vie intime.

Mais les mois passent et toujours rien… Et puis il y a quelque chose qui me tracasse quand même : mon médecin de l’époque, que j’avais consulté six mois après la naissance de mon fils, m’avait sorti, après un examen gynécologique, que mon col avait éclaté pendant l’accouchement !. Mais que ça n’avait aucune conséquence sur les grossesses à venir; sur le coup je ne m’étais pas formalisée et c’était même parti aux oubliettes… mais plus les jours passent et p lus je me demande si finalement cela avait eu une conséquence ?….

Effectivement, en octobre 2002, on est muté Outre Mer, et je me décide enfin à consulter. On fait toute la batterie d’examens nécessaire : verdict stérilité secondaire. Test de Hunher négatif avec en plus un spermogramme, franchement pas super. De plus, cycles longs (de 35 à 40 jours), mais j’ovule quand même correctement. Le gynécologue propose donc de passer directement aux IIU (insémination intra utérine). On est au mois de mars 2003.

Il me prescrit du Purégon 50, mon mari m’apprends donc à faire mes piqûres, que je fais à partir de J5 de mon cycle mais j’arrête, suite à une mauvaise compréhension des explications de mon gynécologue à J9. Je le revois à J11, comme prévu pour l’échographie, et malgré mon arrêt, j’ai des follicules mûrs. On déclenche le soir même l’ovulation à la Gonadrotrophine chorionique, (là par contre galère pour trouver ma première infirmière, piqûre intra musculaire, je laisse le soin aux professionnels) et insémination prévue le surlendemain, nous sommes heureux. Sans aucun doute, le mois prochain j’annonce ma grossesse à tout le monde !

J’ai guetté, ensuite les moindre signes précurseurs, et effectivement, dès les premiers jours, mes seins gonflent, dégoût du café et ongles qui durcissent. Même symptômes que ma première grossesse !!, et c’est pas tous les jours que je me retrouve dans cet état, en quelques années on commence à connaître son corps par cœur … Et puis pile poil au bout du 14 jours, je n’ai pas compris, j’ai mes règles. Là je prends une gifle phénoménale en pleine figure. C’était tellement évident que ça fonctionne…

Ensuite, 5 autres inséminations vont suivre de 2003 à 2005, attente interminable entre chaque insémination, puisque mes cycles sont longs, et qu’il faut laisser reposer son corps entre chaque tentative ; puis il y a les vacances, et le centre PMA est fermé, enfin il y a toujours quelque choses qui freine le processus. De toutes ces inséminations, seule la première avait « commencé », je n’ai plus ressenti ensuite avec les autres, aucun des signes annonciateurs…

Le gynécologue m’avait parlé de FIV ICSI (Fécondation InVitro), au 4 ème essai, mais comme notre retour sur la métropole était prévue pour octobre 2005, on s’était dit qu’on continuerait ainsi, et qu’on verrait ensuite. Mon gynécologue d’ailleurs nous conseillait d’attendre ce retour, tout serait mieux contrôlé. De plus en Guyane, on ne nous propose que le FIV, pas l’ICSI.

La dernière insémination intra utérine a été faite il y a 2 mois, c’était ma dernière. Au laboratoire, à ma dernière prise de sang, l’employée qui commence à me connaître, m’apprend qu’ils ont une patiente qui est enceinte pour la seconde fois suite à des FIV faites en Guyane et que tout s’est super bien déroulé. J’ai quand même envie de faire un essai ici. J’en parle dans la foulée à mon mari et au gynécologue qui sont d’accord pour une tentative.

On m’a proposé un rendez vous le 4 mai avec le spécialiste des FIV… Episode à suivre…

Voilà donc notre histoire. Je sais que je n’ai pas le droit de me plaindre, j’ai déjà un garçon (âgé de 7 ans bientôt et qui n’arrête pas de nous réclamer une petite sœur), mais malheureusement bien souvent je fais abstraction de ce qui m’entoure, tellement je suis focalisée par ce désir de maternité et de ce fait, je ne vis pas pleinement ma vie de maman. Notre quotidien est bouleversé par mon irritabilité et mes espoirs après chaque ovulation et rapport naturel (même si c’est impossible, j’y crois quand même !), mes crises de larmes enfin tous ces états d’âme qui accompagnent ce combat.

Je vous tiens au courant de la suite.

Je vous souhaite à tous plein de courage.

Carole et Christophe


Octobre 2006

Je reviens enfin donner quelques nouvelles. Pleins de choses se sont passées depuis…

Nous allons donc au rendez-vous du 04 mai avec le gynécologue qui pratique les Fécondations In Vitro. On lui raconte notre parcours depuis le début, puis il nous refait faire toute la série d’examens pour mon mari et moi… Il me dit que s’ils sont fait rapidement une Fécondation peut être faite courant juillet - en août, le laboratoire est fermé - et je commence à stresser en pensant que le «timing » est limite, car tout doit être fait en temps et en heure.

Le 09 juin, je retourne le voir avec tous les examens faits et on peut donc mettre en marche le protocole. Je dois prendre 1' ampoule de Decapeptyl en intramusculaire le 11 juin pour bloquer mon cycle. Prise de sang pour contrôle en fin de mois et début juillet. Je commence les injections en sous cutanée de puregon 150 à partir du 06 juillet. Contrôle du LH et Estradiol à partir du 11 juillet quotidiennement (140 km aller retour tous les jours, car le gynécologue veut que je fasse mes prises de sang uniquement dans le laboratoire de PMA avec qui il travaille!). Echographie le 13 juillet, on trouve 17 follicules. Déclenchement de l’ovulation à la Gonadrophine, le 16 juillet pour une ponction le 18 juillet. Le grand jour arrive ! Le jour J, je pars au bloc. Au réveil, je suis un peu nauséeuse, normal mais suis heureuse, et pourtant, rien n’est fait encore. Je récupère ensuite toutes les ordonnances pour la suite et on me demande d’appeler le lendemain au laboratoire pour connaître les résultats. 17 follicules ont donc été ponctionnés, 8 ovocytes recueillis et mis en culture. Avec mon mari, on discute et je me dis que ça me fait un drôle d’effet de savoir que les embryons recueillis et non réimplantés seront congelés. Nos bébés congelés, pour moi et on rêve.

Le lendemain, je suis devant le téléphone, et je n’ose pas appeler le laboratoire, je suis toute tremblante, un grand moment d’émotion, combien a t-on d’embryons ? Je prends mon courage à deux mains et je joints le technicien ; et là je ramasse en pleine figure : « nous n’avons obtenu aucuns embryons, désolé » !!! Il me demande de rappeler le lendemain au cas où mais je suis partie dans ma souffrance et je sais très bien que plus tard, le résultat sera le même. Je crois que j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Que c’était injuste. On y croyait tellement. Je me dis qu’il faut peut-être que je commence à faire le deuil de cette grossesse tant désirée.

Les mois passent, et nous rentrons mi-octobre en France, ne sachant pas encore vraiment l’endroit exact de la mutation de mon mari. On sait juste que c’est en Basse-Normandie. Entretemps, je me suis ressaisie et mise maintenant tous mes espoirs vers une F.I.V I.C.S.I. Je prends rendez-vous sur Caen où ils les réalisent pour fin décembre. Le seul plus, c’est que mes examens sont encore récents et normalement je ne devrais pas à avoir à les refaire.

Finalement, nous récupérons notre appartement début novembre. Un peu de camping en attendant notre caisse maritime et pas le temps de penser, avec toutes les démarches administratives, inscription à l’école pour mon fils. Je sais que mon rendez-vous important c’est pour fin décembre. Arrive mi-décembre, et je commence à me dire que mes règles sont toujours aussi longues. Entretemps je suis malade, j’ai un rhume et des nausées. En fin de traitement, celles ci ne passent pas et je trouve ça anormal car je ne prends plus de médicaments (je suis nauséeuse lorsque j’en prends). Mes dernières règles remontent au 18 octobre, ça fait un peu long et je décide de faire un test de grossesse au cas où. Et là, test positif ! Je conserve mon rendez-vous avec le professeur à la fin du mois, car malgré tout, je n’y crois pas. A mon rendez-vous, on lui explique, et il me dit qu’il va me confirmer avec une échographie ; effectivement je suis enceinte depuis environ le 08 novembre. Et c’est seulement là que je réalise réellement que je le suis. Pas d’explication, souvent nous confirme t-il après un essai fécondation, ça arrive.

Aujourd’hui je suis sur mon 9ème mois de grossesse mais avec quand même des soucis puisqu’il a fallu que je reste alitée quelques mois, à cause d’un placenta trop bas et pertes de sang au 5ème mois. J’ai tellement peur qu’il arrive quelque chose au bébé que je ne vis pas cette grossesse pleinement. O n attend son arrivée bien sûr avec impatience, et c’est à ce moment là je pense que je réaliserais enfin.

J’espère que notre témoignage redonnera un peu d’espoir car je ne sais toujours pas comment on a réussi. C’est un miracle après toutes ces années de galère.

Je pense très sincèrement à vous et en écrivant j’ai une grosse boule dans la gorge en pensant à l’état d’esprit dans lequel on est face à un tel combat.

Je vous embrasse tous bien fort.

Carole


Janvier 2007

Voilà, d'abord, je vous souhaite à tous, tous mes meilleurs voeux de bonheur, et qu'enfin votre rêve de devenir parents puisse se réaliser.

Dans ma dernière mise à jour, je vous annonçais ma grossesse que j'ai vécue avec beaucoup d'anxiété. Et enfin ca y est, notre merveille a pointé le bout de son nez, le 20 juillet 2006 à 07h25, avec 3 semaines d'avances. Elle s'appelle Charline et fait notre bonheur tous les jours.

Je vous souhaite que ce même bonheur vous arrive bientôt.

Grosses grosses bises à vous.

Carole


Leur écrire

Tous les mots colorisés en orange ou mauve vous renvoient au dico.