La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Barbara & Jérôme - (France - octobre 2003)

Tout d'abord, nous vous remercions toutes et tous de partager votre histoire et ainsi de redonner espoir à tous ceux qui l'auraient perdu. Je m'appelle Barbara (23 ans) et je suis mariée à Jérôme (25 ans) depuis 15 mois. Nous sommes ensemble depuis bientôt 7 ans et l'objectif bébé a vraiment pris forme il y a 13 mois quand j'ai arrêté la pilule. Le début de la galère… Au bout de 9 mois d'essais infructueux et persuadés que quelque chose clochait, nous avons commencé les examens pour comprendre et nous rassurer, avec l'accord et le soutien de mon gynécologue. J'ai passé plusieurs échographies pelviennes pour surveiller mon activité ovarienne (léger trouble de l'ovulation), des bilans hormonaux (normaux), une hystérosalpingographie (normale et non douloureuse) et j'ai fait une courbe de température pendant 2 mois (pic de température au moment de l'ovulation mais cycles longs). Donc en gros, pour moi, ça va.

Pour Jérôme, les bilans hormonaux sont légèrement perturbés et le test de Hühner ou post-coïtal (très peu romantique !) est peu satisfaisant et conduit mon gynéco a lui prescrire un spermogramme.

Le 9 mai 2003, les résultats tombent et notre vie bascule : oligoasthénozoospermie sévère (30 mille spermatozoïdes par ml dont 70 % sont immobiles).

Pleurs, injustice, colère, tristesse, déception et désespoir sont au menu de notre 1er anniversaire de mariage. Le choc passé et l'amour aidant, nous décidons d'agir au plus vite. Nous avons aussi la chance d'être très entourés même si nos proches ne pourront jamais nous comprendre.

Au vu des résultats de Jérôme, mon gynéco reste confiant et peu pressé. Alors nous avons consulté, sans son avis, un spécialiste de la PMA parce que nous, nous étions très pressés ! Et c'est reparti pour une batterie d'examens pour mon mari : un nouveau spermogramme (meilleur que le premier), un caryotype (normal) et une échographie testiculaire et prostatique (varicocèle gauche). Cette dernière donnée semblerait expliquer en partie l'infertilité. Nous consultons alors un andrologue (désagréable). Il nous propose une intervention chirurgicale du varicocèle sachant qu'il nous faudrait alors patienter de nouveau 6 mois avant une tentative de FIV. Nous en avons marre d'attendre et refusons l'opération (pour le moment) d'autant plus que l'ectopie testiculaire bilatérale de Jérôme (opérée en 1987) serait la cause majeure du problème. L'andrologue nous conseille aussi de congeler du sperme pour prévenir une éventuelle azoospermie ! gardons le moral !

Contrairement au spécialiste de la PMA, mon gynéco croit encore en l'insémination artificielle et prescrit un test de migration survie des spermatozoïdes. Résultat excellent, mais malheureusement insuffisant pour l'IA. C'est un coup dur car nous y avons cru. Alors nous voilà officiellement embarqués dans la FIV par ICSI en juillet.

Avant la stimulation ovarienne, le spécialiste veut bloquer mon cycle pour " travailler sur du net " ! Nous qui voulions faire vite, c'était gagné ! Très proches de notre gynéco, nous lui faisons enfin part de nos entretiens avec le spécialiste et il admet que la FIV par ICSI est la seule solution (il est contrarié pour nous). Voulant faire le maximum pour nous, il nous encourage à changer de centre de PMA. Nous acceptons donc d'être suivis par un nouveau spécialiste, un de ses amis. Nous nous sentons rassurés et un peu perdus à la fois car nous avons l'impression de faire du sur place. C'est pour la bonne cause, comme dirait l'autre…

Nous devons le rencontrer pour la 1ère fois le 3 septembre et nous sommes très impatients. En effet, les coups de blues reviennent depuis que ma meilleure amie a accouché et que toutes mes copines et collègues sont enceintes. A noter : je suis infirmière en maternité !

Jérôme et moi sommes très impatients d'être parents. Une bonne nouvelle vient cependant nous aider en ce 1er septembre : une carence excessive en vitamines et oligo-éléments pourrait aussi expliquer son infertilité. Une simple supplémentation alimentaire lui redonnerait un sperme normal. Nous n'osons plus y croire… De plus, mon cycle est régulier depuis 2 mois sans aucun traitement ! La nature fait quand même bien les choses.

Nous espérons vous apporter de bonnes nouvelles bientôt et dans l'attente de vous lire, nous vous souhaitons plein d'amour, de courage et de petits bonheurs en attendant le plus grand.

Barbara et Jérôme


Juillet 2004

Nous venons vous donner de nos nouvelles et sommes désolés de ne pas l'avoir fait plus tôt, mais notre vie a été très chargée depuis septembre 2003. Pour faire concis, nous n'avons pas donné suite au médecin qui voulait changer le régime alimentaire de Jérôme, n'étant pas convaincus par son efficacité.

Nous avons rencontré le Dr B. comme prévu et le miracle est arrivé. Après 2 FIV par ICSI et une tentative de transfert d'embryon congelé : Je suis enceinte et un petit garçon devrait nous rejoindre pour Noël. Nous sommes fous de bonheur même si nous avons encore du mal à y croire compte tenu d'un début de grossesse difficile : hyper stimulation ovarienne post-FIV (très invalidante) et perte d'un jumeau à 5 semaines de grossesse. Maintenant, je débute mon deuxième trimestre plus sereinement et ne me sens pas du tout perturbée par les précédents traitements. En effet, nous avons la chance d'avoir encore 4 embryons congelés et je me sentirais prête à recommencer si besoin un cycle stimulation, ponction, transfert.

Il y a quelques mois nous ne pensions pas voir notre désir d'enfant satisfait aussi vite (tout est relatif) et sommes bien conscients de notre chance. Chaque jour passé est un jour gagné pour tous les futurs parents que nous sommes et que vous êtes. Enfin je ne veux donner de conseils à personne mais j'ai remarqué que « lâcher prise » et inclure la FIV dans son quotidien comme un événement ponctuel et salvateur était primordial pour supporter les traitements lourds, l'attente et pour donner une chance au bébé de s'accrocher.

Nous vous souhaitons tous les deux bonne chance. Notre histoire passée et future nous lie pour toujours à celui ou celle qui nous lit et qui vit une telle expérience.

N'hésitez pas à nous contacter si vous désirez avoir plus de détails sur notre parcours.

Gros bisous.

Barbara & Jérôme


Janvier 2005

Bonne année à tous.

Nous venons vous donner de nos nouvelles. Depuis Juillet 2004, beaucoup de choses ont encore changé pour notre plus grand bonheur. J'ai d'abord vécu une fin de grossesse extraordinnaire avec son lot d'émotions. notre bébé bougeait beaucoup dans mon ventre et, enceinte, je me sentais très épanouie. Le 28 novembre 2004, à 11h20, notre petit Théo nous a rejoint (c'était aussi le jour de mes 25 ans). Il pesait 2,390 kg et mesurait 46 cm : petit gabarit mais expliqué par une naissance prématurée de 4 semaines. Mon accouchement s'est merveilleusement bien passé, Théo nous a tout de suite regardé avec de grands yeux. Nous n'oublierons jamais. Et il continue à nous combler de bonheur à chaque seconde. En ce qui concerne notre passé d'ICSI, je peux dire aujourd'hui qu'il m'a rendu plus forte et que tous ces doutes, ces craintes et ces pleurs n'ont pas été vains. Je suis prête à recommencer demain pour donner un frère ou une soeur à Théo. Notre couple aussi sort grandi de cette galère. Nous espérons malgré tout avoir un enfant "naturellement", histoire de faire un pied de nez au destin... quoique Théo en est déjà un très joli et sa date de naissance aussi (comme s'il voulait me remercier d'avoir enduré tout ça pour lui donner la vie.

Jérôme et moi nous tenons à votre disposition pour discuter si vous voulez et vous souhaitons tout le bonheur que vous méritez... comme dirait la chanson : "on n'oublie jamais rien, on vit avec".

Gros bisous

Barbara & Jérôme


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