La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

André & Lydia - (France - Juin 2002)

Bonjour,

Je voudrais donner un peu de courage à toutes ses femmes qui souffrent, ne parviennent pas à être en accord avec leur corps. J'ai 38 ans, mon compagnon 41. Nous vivons ensemble depuis 16 ans. Nous essayons d'avoir un enfant depuis 4 ans. 2 ans naturellement. 2 ans par ICSI.

Dès que l'on a su la cause de notre stérilité (antécédents de cryptorchidie qui a entraînée une oligoasthénospermie sévère) nous avons commencé les examens en vue de démarrer l'I.C.S.I, les démarches pour l'agrément d'adoption, la recherche d'un appartement pour loger notre future famille (avouez que dans un F2 ce n'est pas ça !). Depuis nous en sommes à la 3ème. Nous continuons de tout mener de front : travaux dans l'appartement, mariage (toujours pour l'adoption), recherche d'emploi et ICSI. Certains copains nous surnomment " les athlètes du quotidien ". Je voudrais surtout dire que je n'ai pas à me plaindre des médecins ni du corps médical. Après 2 ans de tentatives naturelles infructueuses, il m'a été difficile d'exprimer à mon médecin qu'on ne parvenait pas à avoir d'enfant. Elle m'a fait faire quelques courbes de température, et comme tout paraissait normal, et que je connaissais les antécédents de mon compagnon, j'ai suggéré que le problème venait peut-être de lui. C'était bien ça. Elle m'a alors adressée au gynécologue spécialiste de la ville. Lui m'a mise un peu en colère à la 1ère visite en me parlant de suite d'ICSI, compte tenu de mon âge. Comme son diagnostic s'est avéré exact une fois les examens suivants effectués, j'ai décidé qu'il connaissait son boulot et que je pouvais lui faire confiance. Mes rencontres avec lui sont toujours calmes et nos coups de téléphones sont également sereins. Mes rencontres avec les médecins biologistes sont aussi tout à fait amicales, sur un pied d'égalité, comme faisant partie d'une même équipe. Après tout, si nous cherchons quelque chose, eux aussi veulent un résultat, et un bon, sont des humains et donc à même de nous comprendre dans les moments de doutes. Peut-être est-on tombé sur des personnes exceptionnelles, mais je crois que chacun aime son métier, est prêt à l'expliquer et à nous rassurer autant qu'à nous parler " vrai ". Par chance, après quelques coups de téléphone malheureux, j'ai trouvé un cabinet infirmier dans lequel 3 chics filles se relaient pour me planter leur aiguille dans les fesses à l'heure qui nous convient à chacune.

Evidemment, dès l'annonce de notre stérilité nous avons décidé de nous battre, de prendre le problème à bras le corps. J'ai cherché les sites internet et je me suis documentée. Le gynéco m'a même prêté des bouquins. Je connais maintenant les mécanismes de reproduction. Ce que j'ai apprécié réellement c'est qu'il me laisse actrice de mon traitement : c'est moi qui prend RDV avec lui ou le biologiste, qui décide quand je commence, qui rempli les documents nécessaires sur mes dosages d'oestradiol, je l'appelle sur son portable même le week end. Je comprends autant mon fonctionnement physique que le fonctionnement du service de PMA de ma ville. Bien entendu, comme c'est la 3ème fois, je suis maintenant " rodée " et je prends tout ça avec philosophie. J'en parle rarement, et je sais bien que pour des personnes qui ne sont pas passées par ce parcours, cela parait barbare. Il faut aussi un temps de digestion pour les autres, qui n'ont pas envie d'entendre ça, qui n'ont pas envie de s'imaginer sur une table gynécologique tous les jours. Cela fait appel, me semble-t-il, à des pensées un peu taboues : faire un enfant c'est à 2 et dans un lit seulement, parler de faire ça à l'extérieur du corps, aidé d'une équipe composée le plus souvent d'hommes qui vont aller m'explorer la matrice l'un après l'autre… c'est difficile à supporter pour certains. Il ne faut en parler que lorsque l'interlocuteur est prêt à entendre. Pour moi, j'en fait maintenant un récit presque comique. Parce que je peux parler avec recul des divers examens nécessaires, que j'ai senti un regard professionnel et respectueux (et non pas concupiscent ou baclé) de la part de toute l'équipe. Ils savent combien c'est lourd, compatissent… Evidemment c'est difficile à vivre un échec, c'est déprimant. Mais tout cela apprend énormément sur soi. Et si un système ne fonctionne pas, un autre marchera. Et si on ne peut pas avoir d'enfant, on fera autre chose… Avant tout il faut être à l'écoute de son corps, se connaître suffisamment pour savoir comment on va réagir, ce que l'on peut endurer. Je vis moi aussi des semaines avec passage au labo avant d'aller au boulot, coup de téléphone pour connaître les résultats en sortant du boulot, savoir si je dois faire une échographie ou non, retour chez moi pour ma piqûre quotidienne. Ensuite je dois prévenir au boulot, la veille généralement, que je serais absente. Puis entrer en clinique, subir une anesthésie générale pour la ponction, dormir, beaucoup, être fatiguée quelques jours. Mais on est dopé dans ces cas-là, par l'espoir d'une réussite. Evidemment je suis comme tout le monde, je n'aime pas trop les piqûres, ni les ovules quotidiennes. Mais ma personnalité ne s'arrête pas là : un médecin peut parler à mon sexe et aussi à ma tête ; je peux lui montrer mon sexe et parler d'autre chose aussi. Evidemment, je n'aime pas les échecs, et pourtant j'en ai subi beaucoup (le permis, le bac, les examens, les concours, les ICSI…. ). A chaque fois c'est formateur, même si, sur le moment, on le prend mal.

Alors, j'écoute les cris de vos témoignages et je me dis que pour moi ça va. Je dois subir une ponction mercredi ou jeudi, je suis très fatiguée par mon boulot, mais en fait il me permet de ne penser au traitement qu'avant d'y aller et en sortant. Les deux 1ères tentatives se sont passées pendant des vacances, et en fait cela me les a un peu gâchées. Je préfère tout gérer de front, c'est mon caractère.

Nous espérons vous donner des nouvelles positives d'ici quelques temps.

Courage à toutes et à tous !

Lydia


Mai 2003

Bonjour à toutes et à tous,

Je viens mettre à jour mon témoignage.

Je suis Lydia, j'ai 39 ans, mon compagnon, André, en a 42. Ceci n'est pas important en soi, mais biologiquement c'est une limite. Il y a 5 ans que nous essayons de faire un enfant : on a commencé tard, pensant que nous aurions le temps, voulant être prêts, suffisamment mûrs. Cela fait 17 ans que l'on vit ensemble.

La 1ère année j'étais en stage, loin de lui pendant la semaine, ce n'était pas pratique de faire l'amour au bon moment. Après un an de plus j'en ai parlé à mon médecin généraliste : courbes, et spermogramme sur les informations que je donne (André à été opéré vers 13ans de ses testicules non descendues : cela s'appelle la cryptorchidie) puis orientation vers un spécialiste en PMA de la ville.

o 01/2001. 1er rendez-vous. Il nous informe très rapidement qu'il faut faire une ICSI, à cause de notre âge. André a une oligoasthénospermie, mon bilan est normal, mais mon âge est avancé. Je prends le problème de front : documentation, apprentissage du vocabulaire, recherches sur Internet, inscription pour un agrément d'adoption. André est un peu sonné, mais réagit bien. Et à partir de là tout s'enchaîne. Je viens de trouver du travail…. Très dur, avec des handicapés, cela oblige à se poser des questions sur son image, sur la naissance et la place dans la société.

o 04/2001 : tentative 1. Décapeptyl pour bloquer l'ovulation. Puis Puregon 150 pendant environ 12 jours ; ponction sous anesthésie générale. Réimplantation 2 jours après de 2 embryons. 3 sont congelés. Résultat négatif. J'apprends à sentir les signes qui me disent qu'un embryon m'habite, et j'apprends à sentir quand il ne s'installe pas. La prise de sang est négative mais je le sais déjà, même si mes règles ne sont pas là.

o 08/2001 : implantation des embryons congelés. Négatif. Nous achetons un appartement, commençons des travaux, déménageons dans l'appartement pas terminé, encore en chantier. Nous terminons les visites pour l'agrément d'adoption.

o 12/2001-01/2002 : tentative 2. Même traitement. Toujours 2 embryons réimplantés. Négatif. Pendant le traitement nous nous marions pour que l'agrément d'adoption soit aux 2 noms (j'ai toujours été contre le mariage : c'est un cas de force majeure !). En février André se remet à fumer. En cachette. Il va mal. Nous allons mal. Le boulot est très dur pour moi : les traitements, l'agrément, les travaux à l'appartement sont un dérivatif. André subit tout ça et encaisse mal de ne pas être fertile. On se remet doucement. On a sûrement un peu forcé en faisant tout en même temps…

o 06/2002 : tentative 3. Même traitement. On transfère les 3 embryons obtenus. Négatif. J'ai fini mon contrat. Mais je suis en vacances. Encore faibles psychologiquement, mais néanmoins capables d'en parler avec des amis, des copains, même un supérieur pour André (il faut justifier les absences les jours de ponction). La famille est au courant mais nous en parle peu. Les gens semblent gênés ou ne savent pas quoi dire. Nous sommes toujours contents de voir des enfants, mais j'ai toujours travaillé avec enfants ou adolescents. Nous sommes néanmoins très désireux de donner de l'amour que l'on sent en nous, c'est tout simple… Je trouve un travail en novembre, jusqu'en avril.

o 12/2002 : tentative 4. Même traitement, avec du Puregon 200. 4 ovocytes micro injectés et …. 0 embryons. Quelques jours avant la ponction j'ai eu un gros rhume, puis des vomissements avec fièvre (38°4 le soir), ensuite un peu de diarrhée. Le biologiste et le gynéco pensent que c'est ça qui a provoqué ce résultat. Nous avons adopté une petite chatte, compagne câline et attachante, dérivatif au stress.

o 04/2003 : tentative 5. Même traitement. Cette fois je me fais les injections de Puregon seule grâce au stylo, cela permet d'être autonome. Pour la première l'infirmière est venue me guider, me regarder, et m'a laissée le récipient où jeter les aiguilles. Mon emploi du temps est rythmé par les dosages au labo et les échographies chez le gynéco. Comme d'habitude je supporte très bien le traitement, sans effets secondaires. La ponction devrait avoir lieu mercredi 16. Après l'anesthésie je dors beaucoup, et je suis ensuite comme assommée par tout ça. L'espoir est intérieur après la réimplantation. Wait and see. J'ai fini mon travail et me sens en vacances. Je peux me reposer. Car si je pouvais penser que mon boulot précédent me fatiguait, je sens maintenant que les traitements et aussi les échecs, me fatiguent beaucoup. Je suis suivie par mon acupuncteur homéopathe qui me donne des vitamines pour me doper pendant ces périodes, et de quoi gérer mon stress. André stresse aussi, il est très anxieux et se demande si le résultat sera positif. Les symptômes actuels de son anxiété : il se gratte…. Mais va mieux s'il est occupé. Ce n'est pas bien méchant. Notre vie tourne autour de ça en ce moment. Pour le reste nous continuons d'aller à des concerts, voir des films, lire, voir des amis, mais ne faisons plus de montagne ni aucun sport. Sommes fâchés avec notre corps, le laissons à d'autres pour qu'ils s'en occupent, refusons de l'occuper nous pour lui laisser la vacuité nécessaire au remplissage ? Peut-être.

Nous savons désormais que l'adoption en France ne pourra se faire qu'en 2006. Nous n'avons pas assez de moyens financiers pour aller adopter dans un pays étranger. Il semble que ce soit la dernière tentative d'ICSI pour nous. Si elle s'avère négative cela nous laissera le temps de finir l'appartement et de nous refaire une santé avant que l'on nous confie un enfant. Et tant d'autres choses peuvent nous arriver ! On peut se réaliser à travers d'autres choses, c'est sûr !

J'espère lire des témoignages d'hommes plus nombreux : ils sont atteints aussi mais ne s'expriment pas alors qu'ils ont aussi des attentes, espoirs, doutes, cris de colères à pousser !

Courage à toutes et à tous !

Lydia


Novembre 2003

Eh bien voilà : C'est fait, je suis enceinte !

Cette 5ème ICSI a fonctionné. Je crois que c'est en partie parce que nous avions lâché prise et qu'on s'était dit qu'on aurait un enfant adopté, un jour ; et aussi parce que j'avais terminé un travail plutôt agréable, que j'étais en vacances, libre et calme. Le soir de la réimplantation nous sommes allés écouter un concert de musique indienne, très relaxant et intériorisé. Ensuite tout a été bien : je gérais le stress avant le résultat. Je ne sentais rien de particulier par rapport aux tentatives précédentes, donc je pensais et disais que ce serait sûrement négatif. Ce qui ne m'a pas empêchée d'aller 15 jours après, un vendredi matin, au labo, un peu nouée. Puis j'ai attendu qu'André rentre pour appeler devant lui. Phrase simple du laborantin : c'est positif !
Je n'ai pu contacter mon gynéco que le lundi : " bien ! retournez demain faire un BHCG et appelez-moi pour me donner le résultat ! " Le stress m'a rattrapée et j'ai eu un herpès labial dans la nuit. Mais le résultat du lendemain était en bonne évolution et labo et médecin étaient confiants. RDV 3 semaines après pour une écho endo-vaginale, voir notre petit de 6 mm. A ce stade, seuls mes parents et mon frère savent, et j'ai donné consigne de ne pas en parler avant 3 mois de grossesse. Nous savons qu'il y a des risques de fausse-couche nombreux, et nous ne voulons pas, en plus, souffrir des remarques de l'entourage si ça arrive. Mais évidemment je plane, il plane, et nous sommes à l'écoute de tous les signes possibles. Pendant les trois premiers mois j'ai beaucoup dormi, je me suis reposée, j'ai peu grossi mais je n'arrivais plus à rentrer le ventre… Peu de nausées mais pas de sensation de faim et des hypoglycémies : je sentais que j'avais froid, et c'était signe qu'il fallait que je me nourrisse.

Depuis, tout va bien. J'ai continué mes activités, mais arrêté de bricoler (pas de peintures, de perceuse, de scie sauteuse) et de développer mes photos (pdts chimiques toxiques). Mais j'ai écouté beaucoup de concerts de Jazz, pris des photos, et nous sommes partis à Rome en avion en pleine canicule d'août. En juillet j'avais fait une amniocentèse, voulant mettre tous les doutes de côté. Je connaissais les risques, très faibles, mais j'avais confiance : c'est le gynéco qui m'a fait les ICSI qui a pratiqué cet examen. J'ai prévenu mon bébé de se tenir loin de l'aiguille, j'ai plaisanté avec les infirmières de bloc, puis pratiqué des respirations profondes de yoga juste avant l'intervention. Tout c'est bien passé. Et nous sommes partis en vacances. Au retour le gynéco était en vacances à son tour. J'ai attendu qu'il rentre, confiante, et nous avons ainsi appris que c'était un garçon, muni de ses 46 chromosomes réglementaires. Tout continue d'aller bien : le bébé grandi bien, je grossis peu et mes analyses sont correctes. J'ai retrouvé un travail à la rentrée, encore une vacation, de 6h/semaine, mais cela me permet d'être en forme et d'aller au lycée contente. D'ailleurs mes élèves sont très sympa. Je dois accoucher mi-janvier, et nous commençons à nous documenter et à acheter le matériel dont nous allons avoir besoin. Vous voyez : cela marche, et même à 39 ans ½ on peut être enceinte et en forme !

Alors soyez confiants et pensez à vous !

Lydia


Mars 2004

Nous voilà embarqués dans la spirale parentale ! Notre petit Sernin est né le 11 janvier. Après tous ces traitements je n'ai voulu ni péridurale, ni épisiotomie : rien de médical. Ce fut sportif, intense, mais une très belle aventure. Et le bébé va très bien. Nous voulons profiter au maximum de sa présence et de son évolution, alors je me documente et nous apprenons notre métier de parents…. Donc nous n'avons pas de temps pour nous, et sommes fatigués, mais HEUREUX !

En février nous avons envoyé la lettre à l'ASE (Aide Sociale à l'Enfance) disant que nous sommes toujours candidats à l'adoption. Notre projet de famille débute donc. Il nous reste à terminer l'appartement, tout en trouvant un second souffle et une organisation avec notre petit gars. Quelle aventure à lui raconter ! Dont je lui ai déjà parlé, car nous avons été remercier le gynéco et le biologiste qui ont participé à sa naissance. Il n'empêche qu'on se dit : " il a choisi de venir au monde chez nous, il nous a choisi " cela crée une dimension plus grande à notre complicité, au-delà de la relation parents-enfants. Cela nous permet encore davantage de nous dire que nous sommes là pour le protéger et l'aider à grandir, se réaliser, mais qu'il ne nous appartient pas. Il est là aussi pour nous aider à faire de nous des adultes d'une autre dimension, nous permettre de nous améliorer, individuellement et en tant que couple.

C'est un grand souffle et une belle aventure qui continue. Nous n'avons pas encore décidé si nous irons recommencer l'aventure de l'ICSI. La décision m'appartient m'a dit André.

Je souhaite à tous ceux qui sont embarqués dans les débuts d'une aventure similaire une belle réussite : biologiquement ou par adoption.

Je vous embrasse

Lydia, André, Sernin


avril 2005

Merveilleuse et inespérée nouvelle : je suis enceinte ! Je m'en suis aperçue il y a 15 jours et j'en suis à la moitié de ma grossesse ! La vie avec notre petit garçon est très fatigante et prenante, je n'ai pas repris de boulot et je m'en occupe à plein temps. C'est un petit bonhomme très actif qui n'arrête pas une seconde : 14 mois, il marche depuis ses 11 mois et refuse de dormir l'après midi, il dort la nuit sans se réveiller depuis 2 mois seulement…. Mais il est super : très intéressé par tout, très observateur, il se fait bien comprendre même s'il ne parle pas. Je l'ai allaité jusqu'à la semaine dernière…

C'est d'ailleurs pour cette raison que je ne me suis pas inquiétée quand mes règles ne sont plus revenues : j'allaitais encore 4 à 6 fois par jour en novembre et décembre. Aucun autre signe : pas de nausées (pas davantage qu'à la première grossesse), mes seins avaient plutôt fondus et n'étaient pas sensibles, pas d'odorat très développé. Fatiguée bien sûr, mais cela fait longtemps que ça dure ! Et en janvier on a eu une gastro, puis la grippe. En février je commence à prendre du poids (j'en avais perdu et je suis même descendue 2 kg en dessous de mon poids de départ de la 1ère grossesse) et il se loge sur le ventre, ce qui n'est pas dans ma morphologie. Cela m'embête, je me demande ce qui se passe, mais je n'ai aucun symptôme. Ma belle-sœur est enceinte et m'envoie une photo d'elle : je me dis en rigolant que mon ventre à la même forme que le sien. J'angoisse un peu. Pour nous il est exclu que je sois enceinte puisque c'est impossible ! Je continue mes activités, je vais skier 1 journée et demi avec des jeunes de 23 ans, je me régale ! J'achète un porte-bébé de vélo pour aller me promener avec Sernin. Je fais un courrier à l'Aide Sociale à l'Enfance pour confirmer notre maintien sur les listes pour l'adoption. Et je continue de prendre du ventre….

Et il y a 15 jours je fais quand même un bête test de grossesse pour en avoir le cœur net : très positif ! Je comprends maintenant pourquoi j'étais très fatiguée en revenant du marché seule, quand j'avais porté mon petit gars dans l'écharpe sur mon ventre et le gros panier très lourd ! Soulagement car je sais maintenant ce que j'ai ! Pas une maladie : un BEBE SURPRISE ! Depuis j'ai vu mon gynéco : qui a confirmé la date de conception, j'ai vu mon bébé et ce sera un 2ème gars, j'ai fait l'amniocentèse et j'espère que tout ira bien…. J'ai cherché un endroit sympa pour accoucher dans l'eau et j'ai rendez-vous bientôt. Mon ventre prend maintenant toute sa place et j'ai cessé de le comprimer dans mes pantalons d'hiver…. Il prend aussi toute une part de mes pensées, celle qui n'est pas prise par Sernin… L'accouchement doit avoir lieu début août. Nous sommes très heureux : c'est le fond de notre pensée ! Nous avertissons la famille et les amis et tout le monde rit tellement la nouvelle est plaisante !

Mais nous allons avoir 2 petits gars de 19 mois de différence à gérer dans un appart pas terminé : il faut aller vite pour faire la chambre, le couloir, aménager le bureau …. Je me dis aussi que ce sera difficile à vivre pour l'aîné, encore très attaché à moi. Nous nous préparons quelques années très difficiles, avant qu'ils soient complices et davantage autonomes…. Quelquefois cela me met à plat d'y penser ! D'un côté c'est super de les avoir si rapprochés, d'autant plus que nous avons maintenant 41 et 44 ans ; d'un autre : j'aurais attendu un peu avant de m'y remettre, tellement mon petit gars est en demande et prend du temps ! Mais on ne va pas se plaindre : pour un couple infertile de cet âge, nous avons eu beaucoup de chance !

Voilà nos nouvelles fraîches de cette année !

Bonne chance.

Lydia


Septembre 2005

Voilà : Je vous annonçais en avril que j'étais enceinte d'un bébé surprise conçu 9 mois après la naissance du premier, lui-même arrivé grâce à la 5ème ICSI.

La fin de la grossesse s'est bien déroulée. L'accouchement aussi : naturellement, dans l'eau, sans produit chimique. J'ai pu récupérer très vite de cette fatigue.

Hélios est né le 27 juillet.

Nous avons donc 2 gars : Sernin a 20 mois maintenant, a besoin de bouger, crier, explorer et le petit a besoin de calme et de sommeil. Pas facile à gérer et cela nous laisse très peu de temps pour nous. Mais nous sommes des parents stériles comblés de 41 et 44 ans ! Et les médecins nous parlent maintenant de contraception ! C'est le monde à l'envers !

Courage et bises à tous !

Lydia & André


Leur écrire

Tous les mots colorisés en orange ou mauve vous renvoient au dico.