La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Amélie - (France - mars 2003)

Bonjour,

Merci pour ce site que j'ai découvert en cherchant des renseignements sur l'infertilité sur internet. C'est un grand réconfort de voir que nous ne sommes pas seuls dans cette difficulté.

Je souhaite témoigner enfin sur votre site car nous avons appris courant janvier que nos problèmes d'infertilité étaient plus graves que prévu, et il fallu le temps d'"encaisser" .

Nous avons 29 et 32 ans, mariés depuis juillet 1999, mais nous avons un peu attendu avant d'essayer d'avoir des enfants. Cela fait maintenant plus de deux ans que nous essayons, en étant suivis médicalement (courbes de température, spermogrammes, test de Hühner mauvais, échographie des trompes, radios et autres examens pénibles pour mon mari qui doit voir bientôt un urologue).
J'ai découvert le sujet de la fécondation assistée médicalement en septembre véritablement (je ne me sentais pas concernée avant), quand notre médecin nous a donné de la documentation. ça a été un choc très dur, car je suis d'une famille très nombreuse : ma mère et mon père ont de nombreux frères et soeurs, et mes frères et soeur sont nés, comme moi, facilement et entrecoupés de contraception. Adieu les rêves de famille nombreuse !

Trois mois après la remise de documentation et la préparation (psychologique en tout cas, pour nous deux) à l'annonce d'une éventuelle insémination artificielle, nous avons revu en janvier le médecin qui nous a d'emblée parlé d'une FIV, sans espoir de traitement de mon mari qui a un traumatisme de naissance.

Du coup, c'est moi qui vais devoir me préparer à tous les traitement hormonaux divers et variés, en plus d'une hystérosalpingographie (excusez-moi si le terme n'est pas très juste, je découvre!). Or, jusqu'à preuve du contraire, je n'ai pour l'instant aucun problème d'ovulation ou autre, si ce n'est des cycles longs et plutôt irréguliers.

Je vis donc tout cela très mal, et mon mari, qui parle peu de cela, encaisse, en plus de tous ses problèmes de fertilité, une nouvelle mauvaise nouvelle qui ne lui laisse aucun espoir de traitement puisque tout est lié depuis sa naissance. Voilà notre état d'esprit actuel.

Nous en avons quand même parlé à ma famille, à défaut de ma belle-famille. ça soulage et ça donne des pistes pour essayer de se dire qu'on n'est pas les seuls : ma mère connait comme par hasard un grand nombre de gens qui ont adopté ou été aidé médicalement, et elle était très encourageante sur le sujet de la FIV. Mes beaux-parents ont juste compris que ce n'était plus la peine de poser la question du bébé.

Le médecin nous a conseillé d'envisager un début de traitement au printemps. Mais j'en suis encore à la réflexion personnellement, car la FIV me fait très peur : je suis au chômage depuis un an et demi, je suis déjà passée par des hauts et des bas avec ce bébé qui ne venait pas, malgré des rencontres " programmées " pour le "faire " (quelle poésie pour désigner nos rencontres stressées de couple), et une angoisse de trouver du boulot alors qu'en fait je n'en voulais pas vraiment : j'espérais toujours en arrière-pensée que " si j'étais enceinte, je ne terminerais pas ma période d'essai… ". Sans parler des copines qui vous disent : " tu verras c'est miraculeux : tu trouves du boulot et tu tombes enceinte juste alors que ce n'était pas le moment ! "

FIV pour moi veut dire examens très astreignants, échec avant même d'avoir commencé, RV prévus à heure fixe avec un emploi du temps qui est calqué et bercé par ça, une obsession psychologique presque pire que le manque de grossesse sans savoir pourquoi, et pour mon mari qui a une forte pression au travail, je vois mal comment il va pouvoir régulièrement s'absenter discrètement et régulièrement le moment venu… et je retrouve tout juste un peu d 'équilibre en bossant en associatif bénévolement.

Autre chose, j'ai comme beaucoup de couples, demandé de la documentation en parallèle pour l'adoption : même si nous ne sommes pas encore prêts, je n'éloigne aucune piste et me dis qu'un espoir peut prendre la relève sur l'autre, pour nous changer les idées le moment venu. De toute façon nous adorons tous les enfants et envisageons d'en adopter plus tard.

Mon mari a toujours du mal à encaisser le choc, résigné, il m'a laissé le libre choix des directives à prendre et du coup c'est moi qui prend la relève pour l'instant : RV pris avec une psychothérapeute le 21 mars prochain, pour vider un peu mon sac, RV début avril pour mon mari avec un urologue pour le diagnostic définitif de son souci de santé de naissance, et moi en parallèle, je vais en réunion d'information sur l'adoption; et j'ai RV avec un clinicien de FIV sur Paris le 7 avril prochain, pour commencer à aborder le douloureux problème de la FIV, même si je me pose encore des tas de questions et que j'appréhende toujours : il vaut mieux avancer de toute façon. Et mon mari m'a dit qu'il était prêt à me faire lui-même des piqûres si c'était nécessaire.

J'ai rappelé ma gynéco, qui m'a conseillé de laisser du temps au temps, pour encaisser la douleur doucement d'ici le printemps... et elle a déposé une demande prise en charge de notre dossier auprès de l'hôpital dans lequel elle travaille.
Comme elle n'est pas sûre que notre dossier sera pris, elle m'a conseillé un autre hôpital : je rencontre donc le 7 avril un médecin que je ne connais pas et qui ne nous a pas suivi.

Je vous tiendrai au courant des démarches.

Merci d'avance de vos réponses, de vos encouragements à franchir le cap médical sans trop d'appréhension, et de vos témoignages sur les aménagements que cela a dû occasionner pour vous : je souhaite que le remède ne devienne pas pire que l'hypofertilité à soigner. Mon médecin a trouvé que j'exagérais et que beaucoup d'espoir restaient encore.… Qu'en pensez-vous ? Excusez-moi d'avoir été un peu longue, mais ça soulage.

Amélie


Mai 2003

Bonjour à tous,

Nous avons commencé nos démarches vers l'hôpital d'une part : après un premier rendez-vous avec le médecin, nous devons rencontrer un médecin responsable de l'Assistance médicalisée en juin prochain, pour voir avec lui si "notre cas en vaut la peine" ! (dit par le médecin du service) : je ne suis pas sortie très rassurée du rendez-vous, un peu démoralisée même, mais bon. Nous avons raté les FIV de juin, il n'y aura de nouvelle possibilité qu'en décembre prochain.

Côté adoption, nous allons pouvoir envoyer notre dossier avant la fin du mois, ouf : je me dis que la démarche de lancer les deux en même temps peut toujours redonner espoir à un moment ou un autre, et nous donne le sentiment d'avancer dans notre projet d'enfants. Après, je sais que plus de 9 mois de démarches et de temps nous attendent avant quoi que ce soit. L'année va être longue ! Nous n'en savons pas plus pour l'instant, et nous ne suivons donc aucun traitement tous les deux : que faire en attendant ? Nous partons faire un petit voyage tous les deux en mai, histoire de fêter ma trentaine en nous aérant la tête.

Au fait, pour celles qui redoutent l'hystérosalpingographie, c'est vrai que c'est un peu douloureux (comme des "méchantes règles", )mais je suis tombée sur une infirmière et un médecin de labo très sympas, compréhensifs et surtout explicatifs : du coup ça s'est bien passé... et je n'ai rien qui bloque... c'est déjà ça.

Bon courage en tout cas à ceux qui, comme nous, sont en attente ou en plein démarrage de démarches : la décision est dure à prendre, mais il faut se dire qu'il ne peut y avoir que des solutions, quelles qu'elles soient, pour construire en couple notre désir d'enfant. Même si ça prend du temps, beaucoup de temps. C'est le couple qu'il faut soigner en attendant, et ça demande au moins autant d'énergie.

Amélie


Octobre 2003

Nos démarches depuis la rentrée en sont presque au point mort : RV à l'hôpital pour un examen ce mois-ci et on ne sait toujours pas si notre dossier est admis ou non pour décembre... et premier interrogatoire de trois heures avec l'assistante sociale pour parler de notre projet d'adoption début septembre : nous sommes sortis un peu secoués de cet entretien, surtout que j'avais un entretien de boulot l'après-midi : bref, nous croisons les doigts pour le RV avec le psychologue du Conseil général d'ici fin octobre et le 2e RV à domicile avec l'assistante sociale, pour affiner notre projet d'adoption et obtenir au moins l'agrément... J'ai eu l'occasion de parler un peu avec des mères qui ont adopté, ça mûrit doucement dans notre tête, mais tant que nous ne saurons rien côté traitement, je ne pourrai pas complètement concrétiser cet enfant adopté dans ma tête... et puis il est question de temps, toujours de temps!

La nouvelle qui m'a fait mal cet été, même s'il faudra bien que je me réjouisse pour eux, c'est que mon petit frère et ma belle-soeur attendent leur premier enfant pour janvier-février 2004 : sans problème aucun, bien sûr! Les parents comprennent bien notre souffrance et nous soutiennent beaucoup, même s'ils sont ravis de l'arrivée prochaine de leur premier petit enfant.

Voilà, la vie continue, les espoirs reprennent mais comme je me plonge dans une recherche assidue d'emploi, j'ai moins de temps pour y penser... Merci pour tous les mots que j'ai reçus, ça fait du bien d'échanger aussi. Merci pour les pistes de livres à lire pour avancer.

Bon courage à Viviane et Vincent aussi pour le courage qu'ils ont à maintenir ce site, et merci à eux aussi.

Je vous tiendrai au courant les prochains mois : j'en suis à lancer ma famille en prière pour être exaucée avant début 2004 : on y croit!!!

Amélie


Novembre 2003

Bonjour

Je suis toujours à mon nouveau poste (premier emploi salarié depuis 2 ans et 4 mois), tranquille, avec un patron qui a parfaitement compris que je m'absente pour deux après-midis de RV pour l'agrément d'adoption : il a lui-même adopté ses enfants.
Donc, entre fin octobre et début novembre,nous avons rencontré une psychologue, très positive à notre sujet, qui nous a même dit que nous étions le couple idéal pour adopter, qu'elle nous appuyait et qu'on ne se revoyait plus pour ne pas retarder les délais de l'agrément : première bonne nouvelle depuis 3 ans! Du coup l'entretieen avec l'assistante sociale s'est mieux passé début novembre, et nous attendons de pouvoir relire notre dossier une fois tapé... Nous espérons un agrément d'ici janvier-février 2004.

La mauvaise nouvelle, c'est que sentant bien que notre dossier FIV n'avançait pas comme nous le voulions, j'ai fini par harceler le corps médical depuis septembre, pour essayer de savoir où nous en étions : spermogramme, congélation de sperme, et toujours pas de nouvelles à une semaine qui correspondrait normalement à un RV pour moi chez le gynéco pour commencer un traitement.
La secrétaire du gynéco m'a carrément jetée une première fois au téléphone, en m'expliquant que je m'y prenais trop tard (je n'avais aucune info et personne ne m'avait conseillé de prendre ce RV), puis a carrément bloqué l'appel en me disant que notre dossier n'était pas encore validé en interne : heureuse de l'apprendre de cette façon là.

Du coup nous avons dû attendre le RV fin octobre (jour de mon retour de règles) pour décider avec le médecin biologiste de renoncer à une tentative de FIV ICSI début novembre : si j'avais vraiment voulu, nous "pouvions" bien sûr forcer les portes, coller un RV dans la journée avec le gynéco (moi en période d'essai, je m'y voyais bien, tiens) etc. mais c'était plus raisonnable: il n'y avait qu'une seule paillette de sperme congelé...
Le hic, c'est que ce n'est pas de la faute du patient (encore heureux), c'est simplement que dans le cas viral sanguin de mon mari, la recherche a besoin de beaucoup plus de sperme congelé et de paillettes à décongeler, pour faire avancer la recherche : eh oui, ne l'oubliez pas, vous êtes aussi des rats de laboratoire.
Donc pour tester la décongélation, la réimplantation, l'évolution du virus etc., il va falloir faire de la congélation toute l'année 2003-2004, puisqu'évidemment notre principal "problème" tient dans le manque de quantité pour pouvoir avoir un bébé, entre autres.

Voilà où nous en sommes avec l'assistance publique et nos projets de bébé AMP : le plus beau, c'est que, énervée, je me suis renseignée auprès de cliniques privées, et que le secteur privé ne prend plus les cas viraux, le matériel et le processus d'isolation coûtant trop cher. Donc, pas d'espoir de ce côté-là pour avancer dans le temps. Dommage, j'avais de bonnes adresses et une bonne mutuelle.

Si je vous dis en plus que le problème viral sanguin de mon mari qui nous bloque tant dans nos démarches, est dû à une transfusion sanguine dans les années 80, pour un petit bobo sans gravité, vous en déduisez quoi : elle pas belle la vie ?

C'est sur ces bonnes nouvelles que je termine : j'avais prévu en janvier 2003 que cette année serait TRES longue, je n'imaginais pas que cela irait jusqu'en 2004, voire plus.
Le point positif, c'est qu'on ne va plus s'obnubiler sur ce projet d'AMP avant cet été, sauf quelques RV de congélation pour mon mari espacés dans le temps, que nous avons donc tout le temps de "mûrir" un projet d'adoption, de profiter de mon petit filleul et de trouver un rythme de croisière au boulot d'ici juin.

Je ne sais toujours pas ma réaction par contre quand je vais voir ma jeune belle-soeur enceinte de 8 mois...

Bon courage à tous ceux qui commencent le "parcours du combattant" en AMP, comme nous l'avait gentiment désigné le psychiatre que nous avons rencontré à l'hôpital cet été : il avait raison...

Merci aux témoignages que je reçois, je suis toujours ravie de pouvoir échanger des infos et des encouragements.

Bon repos à Viviane, et merci de tenir ce site à jour.

Amélie


Février 2004

J'espère que l'année 2004 commence bien pour vous également.

Bonne nouvelle pour ce mois de février 2004 : nous avons notre agrément depuis le 11 février, valable 5 ans au national et à l'international! ça n'a l'air de rien, mais on a bien stressé pour ce petit papier, et nous avons enfin le droit d'envisager d'être parent, avec ce certificat de "bonne conduite parentale" délivré après de nombreux entretiens difficiles psychologiquement : c'est vrai, quand on conçoit un enfant, on ne vous demande pas toutes ces justifications de revenus, de repères familiaux et éducatifs etc. Après tout!
Bref, pas champagne, mais le déclic se fait doucement dans notre tête et nous allons dès maintenant nous renseigner le plus largement possible pour les pupilles d'Etat et sur les différnets pays à l'international : ça fait des ^projets pour 2004 et des parents adoptants et des assoc à rencontrer...

Côté hôpital, nous avons un RV en mars, dans 3 semaines, pour préparer la suite d'ici mai-juin... là, je mesure la chance d'avoir un patron compréhensif (qui commence des démarches pour une troisième adoption!) : je n'hésiterai pas à négocier un arrangement d'emploi du temps le moment venu, même si c'est lourd pour la boîte (nous ne sommes que trois)...

Evidemment le temps est toujours long, mais ce papier mine de rien nous délivre de trop longues et usantes tentatives de FIV le cas échéant (vu les délais dans le public, ça n'est pas rien), et le fait que chaque démarche avance à son rythme, cela nous permet d'avancer clopin-clopant d'ici 2004-2005, voire plus si l'adoption reprenait le dessus.
Et puis quand on parle adoption, on coupe l'herbe sous le pied de l'entourage maladroit : adoption = projet "courageux"= respect. Pas mal, on n'est même plus obligé de parler de difficultés biologiques et d'hôpital...

Je me remets au boulot avec plus de facilité, et je m'apprête à aller rencontrer ma première nièce (née le 4 février dernier) prochainement, plus sereinement...

Merci pour les mails et témoignages que je reçois, bon courage à toutes et à tous pour cette longue année 2004 (366 jours pour concrétiser nos projets!)"

Amélie


Mai 2004

Bonjour à tous,

Avec le printemps les choses avancent : je commence le traitement de F.I.V I.C.S.I que j'attends depuis juin 2003, début juin 2004 : j'ai vu l'anesthésiste, un cardiologue, j'ai tout bloqué par une piqûre ce mois-ci, avec une copine infirmière : ça fait bizarre de se dire que "ça y est" : je peux vous dire qu'après tout ce temps d'attente, il n'est pas question que ça ne marche pas !

Nous avons rendez-vous mi-mai avec le médecin-biologiste pour parler de tout ça, le dernier prélèvement de mon mari est entièrement dédié à notre cause : rien pour la recherche, extraordinaire, non? Eux qui ne nous laissaient que les miettes... donc + de paillettes congelées, et + de chances... Je me prépare à avoir un mois de juin lourd et fatiguant (j'ai prévenu discrètement mon patron), on part pour le pont de l'Ascension au bord de la mer avec des copains (qui ont des enfants) et qui nous soutiennent, histoire de s'aérer la tête avant.

Les vacances cet été seront les bienvenues; en attendant, si juin est un échec, il paraît qu'on peut refaire une tentative en septembre (et non décembre 2004)avec "ce qu'il restera". Sinon, on fait une pause (et on change d'hôpital au besoin).

Côté adoption, nous nous posons doucement sur notre lettre de motivation de 6 pages à envoyer avec notre dossier complet à différentes oeuvres d'adoption; vu les délais là aussi, il va falloir qu'on le fasse avant l'été; à gérer en parallèle de notre démarche en hôpital : quelle année.

On a été à une réunion pour les futurs parents de pupilles d'état fin avril : pas deséspérant mais presque : aucune réponse sur les délais réels, nous faisons partie des "jeunes couples " (31 et 33 ans) : avis aus couples de plus de 35 ans, ça devient plus dur pour eux, surtout pour des enfants de moins de 5 ans, et s'ils sont cadres sup sup; s'ils sont trop exigeants "intellectuellement", ils peuvent ne pas être à même d'accueillir des enfants un peu déficients ou fragiles : bref, une piste comme une autre mais vive l'international...

Voilà pour le point du jour : prochaines nouvelles fin juin, et au mieux à la rentrée : bonnes, j'espère.

Merci à Viviane et Vincent de leur gentillesse en tenant le site, et de leur courage de continuer : site et démarches.
Courage à toutes et à tous, je continue d'échanger avec plaisir avec tous ceux qui envoient des nouvelles ou des questions.

Amélie


Octobre 2004

Bonjour,

Je viens vous faire une petite mise à jour sur le site, puisque malgré mon silence, l'aventure continue...

Depuis mes espoirs pour juin, il y a eu des hauts et des bas : en juin la FIV ICSI n'a pas marché : un traitement lourd et fatiguant avec une période stressante au boulot : 1 piqûre de Decaptyl début mai pour tout bloquer, puis une stimulation au Ménopur début juin sur 12 jours, des piqûres à 8 h du soir avec une infirmière qui attendait que je rentre du boulot, des chassés-croisés entre l'hôpital pour les prises de sang et les échographies dans le quartier avant de repartir au boulot le matin, bref, tout pour ne pas trop arriver sereine le jour J. Pourtant, il paraît que j'ai bien réagi au traitement : après la ponction, on nous comptait le nombre d'ovocytes recueillis sur un tableau, comme pour un concours ! j'en ai "gagné" 6, dont 4 qui ont été fécondés, 2 réimplantés et 2 "au congélo" malgré 2 jours de repos, j'ai repris très vite le rythme du boulot, les trajets et la fin du mois a été douloureuse, d'abord parce que je refusais la prise de sang négative au 20è jour (on espère toujours un mois positif au bout de 40 jours) et ensuite parce que les maux de ventre sont réellement douloureux... comme une fausse couche.

Un été tristoune, avec quelques jours passés en famille (et ma petite nièce de 6 mois que nous avons gardé quelques jours sans ses parents : une façon de se "l'approprier") et un énorme spleen de retour au boulot fin août, quelques cachets d'Oméga 3 durant 1 mois et j'étais prête à repartir sur septembre, pour les 2 embryons congelés.
Cette fois, une organisation d'enfer, je préviens mon patron (compréhensif), j'annonce que je pose de toute façon 15 jours d'arrêt maladie, je prévois un recrutement de remplacement en CDD, je prévois la présence de ma mère pour m'accompagner (mon mari est en déplacement), bref, tout va bien, le traitement se passe, les piqûres de Fostimon font mal mais le jour J approche : Rendez-vous à 11h, repoussé à 16h. Et là, surprise, pas de médecin, juste un mec du laboratoire qui m'annonce un peu gêné qu'il vient d'appeler mon portable pour me prévenir (celui de mon mari en déplacement) : les 2 embryons n'ont pas résisté à la décongélation, il n'y aura donc rien aujourd'hui, désolé, au revoir Madame. J'encaisse la claque, je ressors déconfite et ma mère me traîne ulcérée auprès du gynécologue, à défaut du médecin de laboratoire pour comprendre : et oui, on ne gagne pas à tous les coups, par contre ils savent la mauvaise nouvelle normalement depuis la fin de matinée : alors pourquoi ils ne m'ont pas prévenue et préparée avant ?

Il a fallu appeler le patron, le prévenir que finalement je casse toute l'organisation, que je vais reprendre le boulot, bref il a fallu trois bons jours pour encaisser, avec ma mère qui ne savait plus si elle devait rester ou partir pour nous laisser pleurer avec mon mari.

Depuis, je vais réattaquer pour une demande FIV ICSI, pour décembre, même si pour Noël, on annule tout déplacement vers la famille. Mais entre temps mon mari a compris qu'à l'hôpital on jouait un peu au loto, et que ça valait le coup de se repencher sur l'adoption. On a donc posté 5 dossiers de candidature auprès d'OAA (oeuvres d'adoption) : 10 pages de lettre manuscrite (fois 5), un maximum de photos prises cet été en famille et après 3 semaines c'est parti.

On a déjà reçu 3 réponses négatives, dont 2 pour surcharge de courrier et 2 autres ont envoyé un questionnaire. Inquiets, nous avons rencontré un couple de l'association qui accompagne les couples adoptants. On s'est fait remonter les bretelles tellement pour eux c'est positif ! Il y a des gens qui ne reçoivent jamais de réponse, et nous tout le monde a répondu en moins de trois semaines. On va donc apprendre à regarder le "verre à moitié plein" et non "à moitié vide" et répondre à ces fichus questionnaires sereinement. ...

Voilà les nouvelles. C'est perturbant d'avancer deux projets à la fois, mais l'essentiel c'est que ça avance. La question du choix se posera plus tard. Je continue l'aide médicale plus pour mon mari et parce que dans l'immédiat ça donne des échéances et que je sais que je suis en bonne santé, c'est dommage de ne pas continuer. Mais le côté humain qui accompagne un projet, je ne l'ai vraiment trouvé pour l'instant que du côté de l'adoption. Même si je sais que ça risque d'être plus long.

J'apprends toujours avec un serrement au coeur les troisièmes grossesses en cours chez nos copains ou nos cousins, mais on y arrivera bien un jour nous aussi.

Bon courage à tous ceux qui témoigent sur ce site et qui nous lisent, merci à nos chers webmasters pour leur suivi, je suis prête à discuter de traitement et adoption avec ceux qui le souhaitent.

Amélie


Avril 2005

Bonjour à tous,

Petit compte rendu de l'année 2004, "annus horribilis" côte hôpital : donc en décembre, phénomène de "hyper-stimulation" (septembre+décembre) = 24 ovocytes ponctionnés, 12 fécondés, pour en avoir seulement 2 réimplantés et 2 congelés : arrêtée 15 jours, ventre gonflé, mal partout pour marcher, 4 allers-retours au urgences pour voir ce qui ne va pas... et test négatif au 42 jour. C'était la goutte de trop.

Du coup je n'ai pas repris Rendez-vous avec l'hôpital, et nous nous sommes activés sur l'adoption en janvier, après un NOEL AFFREUX : heureusement, un courrier de 10 pages supplémentaires à une Oeuvre Agréée pour l'Adoption (OAA) nous a permis de toucher une association en région parisienne : nous l'avons rencontrée et le rendez-vous était positif pour... la Chine.

Seul hic, notre enquête sociale était très mal faite, il fallait la faire revoir pour enlever ou corriger des éléments.

En février nous avons repris rendez-vous pour réactualiser notre dossier auprès du Conseil régional et corriger les dites choses, et nous espérons les rapports tapés ces jours-ci (j'ai relancé 4 fois en un mois et demi et fini par redicter au téléphone les modifications vues en entretien 1 mois plus tôt) pour recontacter l'OAA... On vous tient au courant : j'ai décidé que je serais maman à 32 ans de toute façon...

Côté hôpital, j'en suis à me demander si je dois leur faire signe, leur dire m...de ou recontacter le médecin qui m'avait dirigée vers cet hôpital, pour comprendre pourquoi c'est l'usine et que personne ne se préoccupe vraiment de ce qu'on devient. Vive l'APHP! Merci si vous avez 2-3 conseils...

Amélie


Janvier 2007

Bonjour,

Notre petite fille, Amaya, est née le 10 décembre 2005, nous avons la joie de l'adopter et revenons de Chine où nous avons vécu des moments forts en 15 jours.

Depuis, il faut trouver un rythme à trois, avec une puce prête à galoper partout et à affronter l'hiver, après ses 30 degrés quotidiens. Mais quel bonheur ! et quel cadeau de Noël.

Bon courage à toutes et à tous, qui continuez à espérer : quel que soit le projet, il faut de la ténacité, du courage et de l'espoir pour construire cette petite famille, mais c'est possible.

Merci à Viviane et Vincent de tenir ce site pour nous tous.

Amicalement.

Amélie

 


Pour des raisons personnelles, Amélie ne souhaite pas être contactée.

Pour les termes médicaux, nous vous invitons à consulter le lexique.