La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Agnès - (France - février 2003)

On dit que l'écriture est thérapeutique. Pourtant j'ai longtemps hésité à apporter mon témoignage mais je trouve que ce site est formidable. Depuis 3 ans et demi, date à laquelle mon mari et moi essayons d'avoir un enfant, je puise dans ce site beaucoup de réconfort et un immense soutien. Je crois que ce site m'a beaucoup aidée à surmonter cette épreuve et à me sentir moins seule. Je serai particulièrement heureuse de pouvoir échanger avec vous mes expériences et mes impressions car autour de moi, je ne supporte plus cette solitude et surtout la pitié dans le regard de mes proches.

J'ai 32 ans déjà et mon mari 34. Le temps passe très vite, trop vite et je me dis parfois que ce désir de grossesse n'est qu'un beau rêve qui n'est peut-être pas pour moi.

Dès la fin 1999, à l'arrêt de la pilule, j'ai eu la chance d'être suivie tout de suite par un endocrino qui m'a tout de suite fait faire une série de dosages hormonaux. Je savais que les choses ne seraient pas simples car j'ai longtemps souffert de règles très douloureuses et irrégulières et puis ma mère avait pris du Distilbène... Mais je ne m'attendais pas à ce qui allait m'arriver.

Les dosages ont été tout de suite le premier coup de massue : apparemment ils révélaient des ovaires polykystiques mais ce n'était pas tout. Mon médecin, grand spécialiste de cette maladie, m'avait également demandé de faire un dosage d'Inhibine B et là je reçois le résultat et je m'effondre : celui-ci était très bas (18) et je venais de tomber sur un article spécialisé disant qu'un taux d'Inhibine bas était synonyme de stérilité définitive... Pourtant mon médecin me rassure, me dit que la FSH étant normale, ce taux ne signifie rien. Malgré cela, j'ai passé un an à me convaincre de ma stérilité, inconsciemment.
Quant à mon mari, son spermogramme n'était pas terrible mais encore acceptable.
Malgré une série de stimulations au Clomid puis au Gonal 75 qui semblaient donner à chaque fois un ou deux follicules (toujours de l'ovaire gauche), aucune grossesse. De toute façon, je pensais inconsciemment que ces follicules étaient vides et qu'il n'y avait plus rien à faire. Ensuite j'ai lu d'autres articles médicaux qui confirmaient, comme mon médecin, que ce taux devait être corrélé à une FSH haute pour être convaincant mais le mal était fait dans mon esprit, même si je répondais bien aux stimulations.

Les stimulations ne donnant aucune grossesse, mon médecin me demande de faire une coelioscopie. Nous sommes en janvier 2001. Et là deuxième coup de massue : un col malformé (merci le Distilbène...) et la trompe gauche bouchée : précisément le seul côté où j'ovulais sous stimulation. Le chirurgien pratique un drilling ovarien qui me fait ovuler par la suite naturellement. Mais toujours pas la moindre grossesse et puis mon esprit est toujours bloqué par la conviction que je suis totalement stérile. Entre-temps, mon mari et moi entamons une procédure d'adoption qui me fait un bien fou. J'arrive à me projeter enfin dans l'avenir, avec mes enfants. Dans mes rêves, ces enfants ne me ressemblent pas mais je suis parfaitement heureuse et je m'engage dans ce processus le coeur léger. Mais là rien n'est simple non plus. La demande d'agrément est longue et complexe. Et ce n'est que le début du parcours puisqu'ensuite il faut se tourner vers les associations, attendre encore et toujours...
Je fais une pause à ce moment-là. Je me sens bien mieux depuis que j'ai commencé ce processus d'adoption. Et puis j'ai consulté un psy une ou deux fois, à qui j'ai pu parler de choses que je ne peux pas transmettre à ma soeur, ma mère en dépression depuis quelques années ou une amie...

En janvier 2002, je reprends les choses en main et mon médecin me propose la FIV. Et là à nouveau j'ai peur, peur de l'échec et de refaire des dosages hormonaux qui m'interdiront l'accès à ce traitement, un taux d'Inhibine B très bas étant considéré comme très préjudiciable pour la réussite d'une FIV. J'attends les résultats avec une angoisse qui me ronge et un matin, je reçois la lettre : j'attends une demi-heure avant de l'ouvrir, je suis terrorisée. Et puis je prends mon courage à deux mains : sur la première page tout est dans la norme : FSH, LH, Estradiol. L'inhibine B est sur la seconde page. Je regarde et là le choc : l'Inhibine qui était à 18 en 1999 est remontée à ...113 ! Un taux parfait pour la FIV. Je ris, je pleure d'émotion, et je me dis enfin que si les stimulations ne marchaient pas, ce n'était peut-être pas pour des raisons hormonales mais parce que ma trompe gauche était bouchée et je ne réussissais à ovuler que de ce côté. Et puis le premier dosage avait été fait après 6 mois de l'arrêt d'une pilule prise pendant 12 ans, ce qui pouvait expliquer ce premier résultat.
Un mois après ce second dosage, mes règles qui depuis deux ans arrivaient au bout de trente jours sans le moindre retard, se font attendre pendant 15 jours de plus. J'ai peur, je ne veux pas faire de test et puis je pars en vacances à l'étranger. Mais deux jours après, catastrophe, des douleurs énormes et des caillots de sang. Au fond de moi je sais que j'ai fait une fausse couche mais je ne pourrai jamais en être sûre...
La première tentative de FIV a eu lieu en juillet 2002 : malgré 13 ovocytes, dont 9 embryons et 6 de bonne qualité, elle a échoué mais je garde espoir. Trois mois plus tard, 1 seul embryon sur les 4 congelés résiste à la décongélation. Là aussi, c'est l'échec.
Aujourd'hui, je devrai refaire une tentative en mars ou avril 2003. Il faut attendre encore et toujours. Les délais d'attente entre deux FIV sont très longs (presque un an dans mon cas) et j'envisage à l'avenir de passer dans le privé.

Aujourd'hui, pourtant, je ne sais plus trop quoi penser. Je réussirai peut-être à donner la vie un jour mais avec le Distilbène, je ne suis pas non plus à l'abri d'une fausse-couche. Je ne dis pas que j'ai renoncé à ce rêve mais je m'accroche davantage à l'adoption, qui me semble bien plus réelle. Autour de moi, toutes mes amies en couple, sans la moindre exception, ont des enfants, même cette amie qui a fait deux FIV-ICSI car elle et son mari avaient des problèmes pour concevoir et qui a fini par tomber enceinte naturellement.
Je ne sais pas si je dois trop m'accrocher à ce rêve ou me dire qu'il n'est pas pour moi pour éviter d'autres déceptions. Grâce à ce projet d'adoption, je n'ai jamais sombré dans la dépression. Je ne suis certes pas patiente mais je me sens forte. Je dois dire que j'ai la chance d'avoir un travail que j'adore. Et par dessus-tout, j'ai un mari extraordinaire, que j'aime passionnément depuis 11 ans et qui m'a donné la force d'avancer. C'est lui qui m'a parlé tout de suite d'adoption, qui a toujours été optimiste même si je sais qu'il a dû souffrir aussi.

Je me dis que j'ai beaucoup de chance de l'avoir. Aussi loin que je me souvienne, c'est lui qui m'a donné le désir de fonder une famille. Je ne suis pas comme ces femmes qui sont prêtes à faire un enfant toutes seules. Chez moi, le désir d'enfant est venu de l'amour, de notre couple. Je ne dis pas que je ne souffre pas de ne pas pouvoir être enceinte mais au fond de moi, même si à l'heure où j'écris ces lignes ces simples mots me font pleurer, je crois que j'arriverai à faire le deuil d'une grossesse... Je ne crois pas en revanche, que je serai un jour capable de faire le deuil de la maternité.

Alors je continuerai les FIV, mais jusqu'à un certain point, jusqu'à ce que mon corps et surtout mon esprit me diront d'arrêter. Mais quand mon enfant venu d'ailleurs arrivera, quelque chose me dit que ce combat n'aura plus lieu d'être.

Agnès


Juin 2004

Plus d'un an et demi s'est écoulé depuis mon témoignage et tant de choses se sont passées ! En février 2003, je venais en effet de subir une réimplantation d'embryons congelés qui avait une fois de plus échouée et le moral était tout de même bas, malgré notre procédure d'adoption qui semblait avancer. Peu de temps après, mon médecin m'a proposé une nouvelle technique de PMA, appelée la MIV qui devait soi-disant convenir à des femmes comme moi qui n'ovulent pas ou souffrent d'une dysovulation. Il s'agit de prélever plusieurs ovocytes directement dans l'ovaire tant qu'ils sont immatures et donc, ce protocole présente l'avantage de ne pas avoir à subir de stimulation ovarienne. Mais le rendez-vous médical se passe mal : il y a deux étudiants dans le cabinet de ce ponte et j'ai l'impression d'être un cobaye de laboratoire. Mais je finis par accepter tout de même. On est prêt à tout quand on veut un enfant. Le traitement débute et là, à la 2ème échographie, le médecin m'apprend que je suis en train d'ovuler naturellement. Naïvement, j'en éprouve de la joie et puis j'apprends que cette ovulation signifie la fin de la procédure de MIV. La tentative est donc transformée en FIV sur cycle spontané. On me ponctionne ce malheureux ovocyte, trop tard de surcroît puisqu'on m'annonce qu'il est trop mûr. C'est un échec de plus. Le point positif est que pendant cette tentative, je me rends compte que mon médecin, ce grand ponte qui fait des "miracles", ne me convient plus. Il lui manque cette humanité qui fait qu'on continue à y croire et moi, je suis plutôt tentée de baisser les bras, car lui ne semble pas vraiment se préoccuper de mon cas.

Je décide donc de prendre RV avec un autre médecin du centre que j'ai rencontré lors d'une échographie. Ce rendez-vous a certainement provoqué un déclic. C'est un homme formidable, humain, attentionné à mon cas. Je ne suis pas un simple numéro mais j'ai un profil particulier qu'il étudie minutieusement avant de m'annoncer que je n'étais pas la candidate idéale à la MIV et qu'il faut revenir à un protocole plus classique en changeant simplement de produit et de dosage. Que de temps perdu ! Il est optimiste, me regarde droit dans les yeux et me dit que ça va marcher. Et je ne sais pas pourquoi mais cette fois-ci, j'y crois. Il m'inscrit pour un protocole en septembre-octobre, le temps pour moi de faire une pause bien méritée.

Pendant ce temps, la procédure d'adoption avance. Nous sommes convoqués par deux associations qui nous acceptent sur leurs listes. Je me sens mieux mais je sens aussi que j'ai besoin d'un petit soutien psychologique. Je vais donc consulter pendant quelques séances une psy qui m'aide à y voir plus clair dans mes idées et mon désir d'enfant. Dans mon esprit, je sens toutefois que je progresse. Ces rendez-vous sont parfois douloureux et me font beaucoup pleurer mais j'ai aussi l'impression que grâce à eux, j'évacue beaucoup de blocages et de tensions en moi. L'été se passe sereinement. Je me plonge dans un projet professionnel qui occupe beaucoup mes pensées et me fait oublier tout le reste.

A la rentrée de septembre, l'une des associations pour l'adoption nous annonce que nous sommes désormais inscrits en vue de l'adoption d'un enfant coréen de moins d'un an. Nous sommes fous de joie même si, la mort dans l'âme nous devons donc renoncer à l'autre association. Nous avons l'impression que le bout du tunnel n'est plus très loin. Nous constituons le dossier très vite et en octobre, tout est prêt. Pendant ce temps, j'ai commencé ma 3ème FIV et je me sens infiniment mieux. Je n'y pense pas : je suis occupée par mon projet professionnel et le dossier d'adoption si bien que les piqûres et les analyses quotidiennes passent comme une lettre à la poste ! Je me sens d'autant mieux que le traitement est beaucoup moins pénible et je ne ressens pas d'effet secondaire comme pour la première FIV. Je reprends immédiatement une activité normale et le jour de la fameuse prise de sang approche. Je ne ressens aucun signe particulier de grossesse alors que la première fois, j'avais les seins très tendus. La veille de la prise de sang, j'ai cependant un gros coup de blues car j'apprends que cette fois-ci, aucun de mes embryons n'a pu être congelé. J'appelle le centre qui ne me fournit pas d'explication convaincante mais essaie juste de me réconforter. Je n'y crois pas mais ce n'est pas grave car je sais maintenant que je serai maman très bientôt !

Je fais ma prise de sang comme on va chercher son pain et je vaque à mes occupations. Deux heures après, la sage-femme du centre me téléphone et me demande si je me sens bien. Dans mon esprit, je me dis qu'elle a dû être informée de mon appel désespéré de la veille et je trouve ça réconfortant. Mais son coup de fil a un autre but : elle m'annonce sereinement que la prise de sang est positive et que le taux est parfait. Je manque de m'évanouir. Je hurle et je pleure de joie et la sage-femme garde son calme olympien !! Je cherche à joindre mon mari qui n'est pas dans son bureau. Je finis par l'avoir au téléphone et la nouvelle lui fait l'effet d'un coup de massue.

Savourant mon bonheur, je réalise ma toute première échographie à 4 semaines de grossesse et là je vois un tout petit point blanc qui clignote sur un fond noir, petite étoile d'espoir qui me comble de joie. Mais je n'ai pas non plus cessé de stresser pendant toute ma grossesse car mon col, fragile et hémorragique, ne s'est presque pas arrêté de saigner. Suivie dans ma ville, j'ai tout de suite évoqué le Distilbène avec mon gynéco qui, inquiet que je ne fasse une fausse couche, met en place un système de suivi presque hebdomadaire. Il me dit que j'ai en effet un ectropion au col qui menace donc à tout moment de s'infecter ou de s'ouvrir. J'ai une échographie du col toutes les semaines et malgré des saignements parfois très abondants (qui me valent même un séjour de 15 jours à l'hôpital à 4 mois de grossesse), celui-ci ne bouge pas. Pendant ce séjour, je reçois un appel sur mon portable de l'association adoptive qui m'annonce calmement qu'un petit garçon né un mois plus tôt va nous être attribué. La mort dans l'âme, je lui annonce ma grossesse sachant que cette nouvelle signifie la suspension de la procédure d'adoption. J'éclate en sanglots : nous allons devoir renoncer à cet enfant venu d'ailleurs et vivre dans la crainte constante de perdre l'enfant que je porte dans mon ventre. Dès lors, la peur ne me quitte plus jusqu'à la fin de mon septième mois de grossesse où je commence enfin à respirer. Mon médecin craint toujours un accouchement prématuré et me fait prescrire des injections de cortisone pour accélérer la maturation des poumons du bébé. Mais tout se passe bien.

Me voici aujourd'hui à 2-3 semaines de mon accouchement. Tout risque de prématurité est désormais écarté. Avec le Distilbène, je n'aurais jamais pensé arriver à ce terme et depuis 10 jours, je ne me suis jamais sentie aussi bien. Bien sûr, il subsiste les petites peurs classiques à l'approche du jour J. Quand on attend un enfant si longtemps, on ne peut pas s'empêcher d'imaginer le pire peut-être pour exorciser ses angoisses. Bien sûr, j'espère encore de toutes mes forces que tout se passera bien pour le bébé mais, au fond de moi, je suis sereine.

La vie réserve tellement de surprises qu'il ne faut jamais baisser les bras. Non seulement, je n'aurais jamais cru pouvoir tomber enceinte mais je ne pensais pas non plus pouvoir mener cette grossesse à terme. C'est pourquoi, il faut continuer à se battre tant qu'on a encore suffisamment de forces et d'espoir.

Malgré cette grossesse, nous n'avons pas renoncé à l'adoption. La procédure est suspendue le temps nécessaire mais nous savons que nous la reprendrons ensuite. Notre infertilité nous a permis de nous tourner vers un projet magnifique auquel nous n'aurions jamais songé autrement et nous n'avons pas envie d'y renoncer. Grâce à cette épreuve, notre vie s'est enrichie et s'enrichira encore à un point que nous n'aurions pas imaginé si nous n'avions pas dû nous battre pour avoir un enfant...

Agnès


Novembre 2005

Je reviens vers vous après tous ces mois passés avec notre petite Elsa, née le 25 juin 2004 après une grossesse difficile mais un accouchement de rêve. Depuis l'arrivée de notre princesse, nous ne touchons plus terre au sens propre comme au figuré. Notre rythme a certes beaucoup changé et l'arrivée d'un enfant est un bouleversement que nous ne pouvions imaginer. Mais pour nous, c'est un rêve éveillé que parfois nous avons encore du mal à réaliser. Elsa est un amour de petite fille, un miracle qui nous fait oublier tous les soucis que nous avons pu connaître pendant presque cinq ans.

Mes problèmes gynécologiques n'ont pas pour autant guéri avec la grossesse. Il m'a fallu cinq mois pour avoir mon retour de couches alors qu'en temps normal, les règles reviennent au bout d'un mois et demi. En janvier 2005, j'ai donc pris rendez-vous avec mon gynécologue, celui qui m'a suivie pendant ma grossesse et qui est aussi le chef du service obstétrique et de PMA du CHU de ma ville. Il m'examine puis dans la conversation, je lui fais part de mon désir d'avoir un autre enfant rapidement, sachant qu'il m'aura fallu 8 cycles de stimulation ovarienne et 3 FIV pour avoir Elsa. Mon mari et moi décidons que nous ne voulons plus perdre de temps. Mon médecin me prescrit alors toute la batterie d'examens nécessaire et la réalisation d'une nouvelle FIV dans son centre et m'inscrit pour une tentative en juin avec le même protocole que celui qui m'avait permis d'être enceinte. Je suis toute impatiente à l'idée de recommencer si vite mais j'appréhende l'idée de recommencer dans cet hôpital de province dont les résultats sont moins bons que le centre en région parisienne qui m'a permis d'avoir ma fille. Je sais aussi que les voyages ne seront plus possibles alors je me lance.

Le bilan hormonal montre que je suis toujours OPK. Rien n'a changé de ce côté-là et je prends du Duphaston pour avoir mes règles. Pour mon mari, tout va bien et nous recommençons en mai 2005. Tout se passe bien car je n'ai aucun stress. Je sais que ça peut marcher du premier coup mais je sais aussi que ça peut prendre plusieurs années. Je suis détendue car je n'ai plus aucune pression. Les contrôles au CHU se passent bien et la ponction se fait cette fois-ci sous anesthésie générale. C'est très agréable car je ne sens rien. Je me repose en attendant le verdict de la sage-femme. Celle-ci m'apprend que seuls 7 ovocytes ont été recueillis. C'est beaucoup moins que ce que j'avais auparavant. Serait-ce dû à mon âge ? Je n'ai que 34 ans mais je me rends compte que le temps passe vite. Je reste tout de même confiante. Deux jours plus tard, on nous annonce 6 embryons dont 2 vont m'être transférés et 2 congelés. Le transfert se fait sous échographie dans ce nouveau centre. C'est mon gynécologue qui le réalise et comme il m'a suivie pendant ma grossesse et qu'il connaît bien la forme de mon col, le transfert se passe bien sans saignement cette fois-ci . Je peux voir sur l'écran les deux petits point blancs doucement déposés dans mon utérus, deux petites étincelles d'espoir dans mon nid que j'espère douillet et accueillant. Cette vision me fait couler les larmes aux yeux , à mon mari aussi. Le moment est très émouvant mais je me dis que du coup l'échec doit en être plus dur...

Dès le lendemain, je reprends ma vie en main. Je ne veux pas me reposer car je sais maintenant que cela n'a pas d'influence sur la réussite de la FIV. Huit jours après, ma fille tombe alors malade et je dois l'amener chez le pédiatre. L'ascenseur est en panne et je me vois la porter sur trois étages avec la poussette dans une main. Je ne peux pas faire autrement et je me dis que tous ces efforts ne vont pas favoriser la nidation. Et pourtant, j'ai des douleurs de règles, sans saignement comme pour Elsa. J'ai un fort pressentiment... La veille de la prise de sang, j'achète un test en pharmacie qui devient immédiatement positif. Je suis enceinte, du premier coup cette fois-ci. J'ai du mal à réaliser, tout s'est enchaîné si vite. Je suis sous le choc mais je ne veux pas non plus crier victoire trop vite. La prise de sang m'annonce que je suis très enceinte : le taux est le double de celui que j'avais eu pour ma fille au même moment. Mon mari est persuadé que ce sont des jumeaux et là, je suis de nouveau inquiète. Mon antécédent Distilbène rendrait très difficile une grossesse gémellaire. L'attente est interminable jusqu'à la première échographie qui me montre finalement qu'il n'y a qu'un embryon et qu'il va très bien. Je suis soulagée. Aujourd'hui me voilà enceinte de 5 mois. Ma grossesse se déroule à merveille cette fois-ci sans saignement ni contraction, malgré la fatigue car ma fille ne marche pas encore toute seule. Je continue à travailler. Je suis extrêmement sereine, d'autant plus que l'échographie du 5ème mois nous a révélé que tout allait bien et que nous attendions un garçon. Le choix du roi ! J'ai l'impression que le rêve continue et que je suis enfin récompensée de ma patience. A d'autres moments, j'ai du mal à y croire et j'ai peur que le rêve ne se transforme en cauchemar, comme si tout ceci était trop beau pour moi, pour nous.... La PMA m'a fait prendre conscience de la fragilité de l'existence et du bonheur. On se dit que rien n'est jamais acquis quand on a connu cette épreuve. Mais en même temps, on sait mesurer la chance qu'on a : le bonheur prend une dimension insoupçonnée. Quelqu'un m'a dit une fois, on ne peut connaître le bonheur total que lorsque le vrai malheur nous l'a fait voir. C'est ce que j'éprouve aujourd'hui, un bonheur total, absolu et je prie tous les jours pour qu'il dure. Toujours.

Agnès


Mars 2006

Chers Viviane et Vincent,

Après Elsa née le 25 juin 2004, j'ai l'immense plaisir de vous annoncer la naissance de Julien le 9 mars 2006 ! Un magnifique bébé de 51 cm et 3 kg 590 qui se porte à merveille : nous sommes comblés et souhaitons du fond du coeur à tous les "combattants de la PMA" comme nous de connaître ce bonheur ! Amitiés,

Agnès.


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