La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Adeline & Yann - (France - septembre 2007)

Comme ces témoignages peuvent me faire du bien et me touchent ! A la lecture de tous ces récits, je me sens moins seule et cela me donne du courage. C'est pourquoi j'ai décidé à mon tour de vous rapporter notre histoire.

J'ai 28 ans et mon conjoint 30. Nous nous sommes rencontrés très jeunes. (J'étais encore au lycée, c'était en 1995). Nous savions que nous formerions une famille mais nous voulions prendre notre temps : faire nos études, profiter de la vie, sortir, voyager, faire du sport à haut nivea. Bref, former une grande et belle famille était un projet, mais pas tout de suite.

Février 2005 :
Nous arrêtons tout moyen de contraception et nous décidons de laisser faire la nature. J'ai des cycles très longs qui peuvent aller jusqu'à 60 jours. Nous attendons sans focaliser dessus car comme le disent si bien l'entourage : " Il ne faut pas y penser ". Nous n'informons personne de notre désir d'enfant. Nous laissons le temps faire. Mais rien.

Mai 2005 :
Je vais consulter un homéopathe pour régulariser mes cycles, les raccourcir et augmenter ainsi nos chances.

Août 2006 :
Je vais consulter mon gynécologue qui me demande de faire mes courbes de températures. Elles sont normales. Nous ne nous inquiétons toujours pas. Mais le désir grandit de jour en jour. J'achète des tests d'ovulation pour maximiser nos chances.

Février 2007 :
Mon gynécologue me prescrit alors toute une batterie d'examens que nous connaissons toutes. Premier examen le test de Hühner. Résultat anormal : il n'y a aucun spermatozoïdes ! Je panique, je me demande ce que cela signifie. Je me retrouve seule face au résultat. Je téléphone à mon gynécologue. Il ne me reçoit pas, il me demande juste de passer au cabinet récupérer une ordonnance pour un spermogramme. Je suis plus que surprise, je commence à m'inquiéter. Yann aurait un problème ? Nous n'avions jamais envisagé cette possibilité. Il prend difficilement la nouvelle et accepte d'aller le faire. Moment difficile pour lui. Trois semaines plus tard, nous recevons les résultats dans notre boîte aux lettres. Notre formation scientifique et Internet nous permettent de comprendre les résultats (merci Internet). Yann souffre d'une oligoasthénospermie sévère ! Et alors ? Nous sommes toujours aussi seuls, chez nous avec ces deux bouts de papier qui tombent comme un couperet. Nous passons une nuit détestable ! Le lendemain, je me rends au cabinet de mon gynécologue. Je lui demande ce qui se passe. Il me dit froidement et maladroitement : "Il faut prendre rendez-vous à l'hôpital X voir M.Y " Fort heureusement, en prenant une consultation privée, nous obtenons un rendez-vous assez rapidement. Nous l'attendons avec impatience. Qu'on nous explique !

Avril 2007 :
M.Y nous reçoit et nous explique que nous n'aurons qu'une solution la FIV ICSI. Ok, on encaisse tant mal que peu. J'essaie de ne pas m'effondrer dans son cabinet, je garde la tête droite, je pose des questions, Yann est silencieux, il ne me regarde pas. Pour en comprendre la cause, il lui prescrit d'autres examens : spermogramme, prise de sang, caryotype et analyse génétique. On monte dans la voiture et on s'effondre ! Nous sommes confrontés à la dure réalité. Nous n'étions pas au bout de nos peines.

Mai 2007 :
Analyse et nouveau spermogramme. C'est long ces rendez-vous !

Juin 2007 :
Rendez-vous à nouveau pour les résultats. De mon côté, je consulte le gynécologue du centre qui va me suivre. Yann retourne voir son spécialiste et nous rencontrons pour la première fois la biologiste. Les résultats du caryotype ne sont toujours pas arrivés. Mais tout le monde a l'air si confiant. " Vous êtes jeunes" Mais la biologiste préfère congeler des spermatozoïdes avant de commencer la FIV, car l'oligoasthénospermie est devenue extrême ! Ils n'ont trouvé que 13 spermatozoïdes ! Ok, si toutes les chances sont de notre côté, OK. Encore une fois, j'essaie de ne pas fondre en larme. La situation s'aggrave mais la FIV est encore possible. Donc, on retient une plage pour la fin de l'année. On sort confiants à notre tour, si tout est possible, alors on ira jusqu'au bout ! Quelques jours plus tard, nous nous rendons à l'anniversaire d'un ami. J'apprends dès mon arrivée que deux de mes copines sont enceintes. (de leur deuxième qui plus est) Ouah ! Là, il faut faire face, sourire, se réjouir…mais c'est tellement dur ! Je culpabilise, je m'en veux. La journée se passe difficilement, j'encaisse. Ce n'est pas de la jalousie mais tout a l'air si facile. Ma sœur me traîne chez une voyante pensant me rassurer. Résultat, je suis effondrée : elle m'annonce que je n'aurai pas d'enfant de mon doudou mais qu'il faudra faire appel à un donneur ! Je ne suis pas prête. Que d'âneries !

Juillet 2007 :
Yann a rendez-vous pour ces premiers prélèvements. Bon, on va en mettre de côté, c'est une étape de franchi. On va revenir encore deux fois et ce sera terminé ! Yann est mal à l'aise, la salle d'attente est remplie d'hommes. On se rend compte du nombre de patients que peut compter ce service. C'est incroyable ! Entre les deux prélèvements (du même jour), nous passons par hasard au secrétariat. La secrétaire nous interloque " Ah, je devais vous téléphoner " Et pourquoi donc ? Que se passe-t-il ? " Et bien, nous dit-elle, votre caryotype a une anomalie, je ne peux vous en dire plus. Je vais voir si le professeur Y peut vous recevoir " C'est la meilleure ! Nous sommes surpris, mais tout compte fait rassurés. S'ils ont trouvé la cause, ils vont pouvoir donner un traitement et terminé la FIV ! Non, la FIV est encore plus d'actualité et qui plus est, elle est compromise ! M.Y nous explique la maladie génétique de Yann : il s'agit d'une microdélétion du chromosome Y, le gène AZFc. Il n'y a aucun traitement. Les scientifiques n'en savent pas plus, juste que la pathologie empire au fil du temps ! Certains hommes ont quelques millions de spermatozoïdes et d'autres aucun. Voilà. Il nous annonce que si nous réussissions à avoir un enfant et que ce soit un garçon, il porterait à coup sûr cette microdélétion. S'en suit, la question " Voulez vous continuer ? "Nous sommes abattus. Je fonds en larme dans son cabinet, c'est trop pour nous. Nous ne venions que pour un prélèvement et voilà que tout le processus est remis en cause. Bien sûr que nous voulons continuer. La semaine suivante, nous retournons à l'hôpital faire ces fameuses paillettes. Nous apprenons dès notre arrivée qu'aucun spermatozoïde n'a pas être cryoconservé ! Aucun ! Nous n'avons aucune paillette. Nous sommes encore une fois détruits ! Alors gentiment, la biologiste, la responsable du CECOS nous expliquent que cela peut arriver, qu'il ne faut pas s'arrêter sur un prélèvement, qu'il faut persévérer, que les prélèvements suivants peuvent être plus concluant. Mon bon, le deuxième n'aura rien donné non plus. Toujours pas de paillette ! Nous retournons tout de même au laboratoire, la semaine suivante pour le dernier prélèvement. En effet, nous avions rendez-vous avec la biologiste. Elle nous reçoit dans son bureau et nous apprend à notre grande surprise qu'il y a 14 spermatozoïdes. Chouette, ils sont revenus ! Malheureusement, ils sont trop " sales " et ils ne peuvent les congeler. Optimiste et elle-même surprise de ce nouveau résultat, elle nous fixe à nouveau trois nouveaux rendez-vous pour trois autres prélèvements. Entre-temps, nous allons prendre des vacances.

Août 2007 :
Nous partons en Corse en amoureux. Nous passons d'excellentes vacances. Nous discutons beaucoup et nous essayons d'anticiper les évènements de l'année à venir. Sur la plage, nous croisons beaucoup de couples avec des enfants adoptés. Nous sommes décidés : en parallèle, nous allons lancer une procédure d'adoption. Nous rentrons, plus amoureux que jamais et décidés à nous battre jusqu'au bout ! Nos prochains rendez-vous vont suivre dans les trois semaines à venir. Je n'attends plus rien et à la fois j'espère tellement. A vrai dire, plus rien ne peut nous étonner maintenant. On sait que notre parcours sera véritablement très difficile. Mais, nous allons tout tenter, tout faire pour mettre toutes les chances de notre côté (pour un jour, avoir notre petit nœud !).

Je vous écrirai pour vous faire part de la suite de notre parcours. Nous croisons les doigts !

Adeline & Yann


Novembre 2007

Suite finAoût 2007 :
Nous allons au rendez-vous. Yann va effectuer son prélèvement. En sortant, nous décidons de rencontrer la biologiste pour savoir ce qu'il est advenu de nos 14 spermatozoïdes du mois de juillet. Elle va consulter son fichier informatique et nous annonce à notre grand étonnement que nous avons deux petites paillettes. Nous n'en revenons pas. En effet, le deuxième prélèvement avait été meilleur et moins sale. Résultat : 2 paillettes. Quelle joie ! Nous ne pouvons nous empêcher de sourire bêtement. C'est ainsi que reviennent les projets : la FIV serait-elle possible ? Nous voulons y croire. Nous sommes aussi certains que le prélèvement d'aujourd'hui sera bon. Toutes les conditions semblent remplies : on revient de vacances, Yann est bien reposé, il a pris son traitement sérieusement, on s'aime plus fort que jamais. Bref, nous nous projetons dans l'avenir, nous imaginons cette FIV à laquelle nous ne croyions plus. Nous sommes heureux et confiants : les spermatozoïdes sont revenus ! Le lendemain, je téléphone au laboratoire pour connaître les résultats de la veille. A son ton très grave, je comprends très vite que le résultat ne sera pas à la hauteur de nos espérances. En effet, elle n'a rien pu congelé. Je suis déçue mais je ne suis pas trop abattue. S'ils sont venus une fois, ils vont bien revenir. Et puis, nous avons déjà deux paillettes. Alors attendons un peu et comme elle me dit très gentiment " courage ". Yann ne le prend pas comme moi. Il est très déçu. Et comme à chaque fois, il me repousse. Il pense arrêter les traitements mais parle sur le coup de la colère. C'est pas facile tous les jours de soutenir l'autre, quand soi-même, on est très atteint. C'était trop beau et tout aurait été trop facile pour nous. Nous n'avons plus qu'à attendre les deux prochains prélèvements (enfin 2 fois 2). En attendant, nous n'avons pas oublié notre projet d'adoption et j'ai écrit une lettre au conseil régional pour une demande d'agrément. Voilà, la nature est capricieuse. Croisons les doigts !

Septembre 2007 :
Aujourd'hui, je n'ai pas trop le moral. Et oui, on fait face et certains jours. Bref, Yann est retourné la semaine dernière faire un prélèvement. C'est idiot mais nous n'avons pas voulu téléphoner pour connaître le verdict. Nous nous préservons. Du moins, c'est ce que nous croyons. En vérité, je suis pessimiste et assez abattue. Je suis persuadée qu'ils n'ont rien pu conserver. Alors, je préfère faire l'autruche et ne pas savoir que d'affronter la dure réalité. Ignorante des faits, une petite lueur d'espoir peut survivre. J'apprends autour de moi des nouvelles grossesses toutes les semaines : deux encore en peu de temps. Alors, j'évite, je n'ai pas envie d'en discuter, je n'ai pas envie de faire semblant de partager leur bonheur. Non, je suis vraiment pas d'humeur. Alors j'esquisse, je fuis, je m'enfuis. Je fais semblant : semblant d'aller bien, semblant d'encaisser, semblant d'y croire ! Je mens à mon entourage, à ma famille, à mes proches, à Yann. Je suis en colère, j'ai la rage, j'ai envie de pleurer, de craquer, de dire merde à toutes les bonnes attentions. Je suis terrifiée, je me sens moche. Je ne veux rien lâcher mais c'est si dur. Si dur d'admettre que nous en sommes qu'au début et que c'est déjà compromis.

12 septembre 2007 :
Aujourd'hui j'avais rendez-vous chez l'anesthésiste. Ce rendez-vous était prévu depuis le mois de juin. Je ne savais pas trop pourquoi j'y allais. Mais bon, je ne travaillais pas, nous sommes mercredi. Ma maman, toute jeune retraitée, m'a accompagnée. En sortant de son cabinet, je n'ai pu m'empêcher d'aller au laboratoire demander les résultats de la congélation. Et là, bonne nouvelle, ils ont pu congeler. Elle n'a pas pu me dire s'il y avait une ou deux paillettes mais qu'importe ! Nous avançons. Quel bonheur, quelle joie retrouvée, de l'espoir renaît à nouveau. C'est magnifique ! Je me remets à croire que la FIV sera peut-être possible à la fin de l'année (comme c'était prévu). C'est merveilleux. Aujourd'hui est une très belle journée. Je suis véritablement d'humeur changeante. Mais j'en profite. Aujourd'hui, le moral est au beau fixe, je savoure, je patiente, je suis sereine. Pourvu que ça dure !

15 septembre 2007 :
Yann est allé faire son sixième prélèvement. Malheureusement, il n'a pas pu s'entretenir avec la biologiste pour programmer la suite. En effet, elle était débordée. La salle d'attente était pleine à craquer. Le va et vient des " boîtes ", des " glacières ", quel joli bazar ! Donc, nous n'en savons pas plus. Des nouveaux rendez-vous doivent être pris, mais pour quand ? Alors, nous attendons, pas trop longtemps, elle doit téléphoner lundi. Alors on recommence, à y croire très fort, à s'imaginer nous aussi avec notre glacière le jour de la FIV. Et puis, j'ai rendez-vous mercredi en 19, avec le professeur qui me suit. Va-t-il me donner le traitement ? Va-t-il être OK pour qu'on tente cette FIV ? J'espère bien que oui. Sinon, je monte sur son bureau, je lui arrache ses lunettes et je le mets K.O. Bref, je ferai comme tout le monde, je subirai et j'acquiescerai bien gentiment. Une idée a germé aujourd'hui : Cette histoire nous rapproche vraiment. Si nous réussissons, je pense que cette aventure va nous rendre véritablement plus fort. Nous avons du travail, une maison, une famille aimante, de l'argent pour payer le crédit et partir en vacances, des amis. Dans la vie, il faut avoir des objectifs, des envies, des désirs. Pour cela, il faut rencontrer des obstacles. Grâce à eux, nous réalisons la chance que nous avons. Sinon, tout paraît normal et dû. Je vois trop souvent des amis fonder une famille, se plaindre de leurs enfants, de ci, de ça. Bref, ces chanceux qui peuvent nous pondre un gosse en claquant des doigts. Ceux-là même qu'on envie et qu'on déteste à la fois. (Ceux qui sont confronté à la stérilité voient tous autour d'eux des gens comme ça, y'en a pleins, hein ?) Donc, vous les entendez se plaindre à longueur de temps : qu'il leur reste des kilos des grossesses, que leur gamin ne veut pas manger, dormir, qu'il crie tout le temps (et j'en passe), que seuls eux peuvent être fatigués, tu comprends des gamins, c'est fatigant, mais toi, tu ne peux pas comprendre. Bien sûr que non, tout dépend de quel point de vue tu te places. Et bien nous, nous avons un point de vue bien différent du leur. Moi, j'aimerai goûter aux joies d'une petite nausée. Je l'écris pour mémo : je ne me plaindrai pas ! Je ne le ferai pas, car je l'aurai tellement désiré, qu'il sera comme un cadeau, que si même il y aura des jours difficiles, je me souviendrai de ce chemin parcouru. Je serai consciente qu'un enfant n'est pas l'objet d'un caprice mais d'un réel désir et d'un vrai combat. C'est ainsi que je suis persuadé que la vie m'a fait ce cadeau. Elle m'a ouvert l'esprit. Je me sens bien et confiante, je suis consciente. Yann aussi. Nous évoluons ensemble et nous avons les mêmes armes pour cette bataille. Nous formons un camp. Nous serons à ce titre une famille et non un truc qui veut faire semblant de, un couple qui s'affronte autour d'un enfant, et qui finit par se perdre. On se rassure comme on peut, mais cette réflexion me fait le plus grand bien.

17 septembre 2007 :
La biologiste a téléphoné hier pour nous donner les résultats de la semaine dernière. Comme toute attente, il n'y a eu aucune paillette. En somme, nous avons 4 toutes petites paillettes au CECOS. Donc, elle veut faire la tentative. Demain, je vois le professeur qui va me faire la FIV. Yann a pris trois nouveaux rendez-vous pour des congélations et c'est reparti ! En effet, elle voudrait pour plus d'assurance encore quelques paillettes. Nous sommes tout à fait pour. Voilà, alors le moral semble être là, les événements se précisent, on se prépare, tout se chamboule, on patiente et tout s'accélère. Super, nous avons encore l'espoir que ça marche. Nous sommes à la veille d'une tentative et tous les espoirs sont permis. Profitons-en, il y aura des jours plus fastes.

Fin septembre 2007 :
Le rendez-vous s'est bien passé. Il a été vraiment très à l'écoute. Mais lorsqu'il m'a demandé tout bêtement si ça allait car il me trouvait tendue. Alors, je ne sais pas pourquoi mais je me suis mise à pleurer ! (Ils vont me prendre pour une vraie fontaine là-bas !!) C'est idiot, je n'aurai pas pensé. Bref, il m'a expliqué le protocole à suivre pour la FIV : les injections, les rendez-vous, les coups de téléphone. Tout m'a semblé très compliqué. Alors, voilà, à l'heure qu'il est, j'ai acheté mon traitement, j'attends mon prochain cycle. En résumé, la tentative aurait lieue fin novembre (selon mes calculs), pour mon anniversaire. Serait-ce un bon présage ? Je n'essaie de ne pas trop y penser, de ne pas me focaliser, de ne pas calculer mais voilà c'est plus fort que moi ! Yann reprend ses séries de trois semaines de congélation, la semaine prochaine, ça deviendrait presque de la routine. En parallèle, nous n'abandonnons pas notre projet d'adoption et nous avons pris rendez-vous chez un médecin accrédité. Il va peut-être falloir se marier. En ce moment, je suis fatiguée, à cran. Je ne suis plus abattue car tous les espoirs s'offrent à nous. Deviendrai-je aigrie ? J'espère juste que non.

15 ocotbre 2007 :
Je suis à j38 et je n'ai toujours mes règles. Cela m'aurait étonnée ! Je stresse, je les attends de trop alors voilà je me suis bloquée. J'attends plus ou moins patiemment : décidément, rien ne fonctionne comme on le souhaiterait. Au centre PMA, ils veulent que je fasse un test de grossesse ; mais je sais bien que je ne suis pas enceinte ! Bref, j'attends, cela repousse à mi-décembre.

17 octobre 2007 :
Bien sûr que le test Clearblue serait négatif, je le savais d'avance. J'ai l'impression que le sort s'acharne contre nous. On ne veut pas qu'on y parvienne. Ca m'agace terriblement ! J 40, toujours rien et j'ai le ventre gonflé, plein d'eau. Je deviens exécrable, irritable, je suis pleine d'eau. Encore une fois, je me sens moche et grosse. Combien de temps vais-je attendre ? Je peux aller jusqu'à 60 jours.

19 octobre 2007 :
Hier, j'ai pris la décision d'appeler l'hôpital. Les sages-femmes m'ont conseillé de prendre Utrogestan. Effectivement, mes règles sont arrivées ce soir. Je suis trop contente mais je suis un peu perdue : je ne sais pas si je dois continuer au non le traitement (elle m'avait dit de le prendre pendant 10 jours). Bref, je suis dans l'embarras. On est vendredi soir, personne à qui téléphoner,pas de centre PMA ouvert, je ne sais pas quoi faire et je ne sais plus ce qu'elle m'a dit. Je suis encore une fois, vraiment trop nulle ! Yann va me détester. Et si, je ne prenais pas la bonne décision ce soir ? Dois-je prendre ou non, ce comprimé ? Tout doit désespérément être compliqué !

29 octobre 2007 :
Et bien, je ne l'ai pas pris ce comprimé. J'ai laissé faire, je ne voulais pas me bourrer de médicaments, je vais déjà suffisamment en prendre. Et je pense avoir bien fait, j'ai eu des règles tout à fait normales. A l'heure qu'il est, j'attends avec impatience : la date de la première injection de Décapeptyl, la date de l'échographie, la date de la prise de sang. Bref, on attend. C'est un peu long, mais je suis très occupée en ce moment (heureusement !). Yann a refait sa série de trois prélèvements. Résultats : encore deux petites paillettes ! Nous en sommes à 6 !!! C'est inespéré ! La biologiste veut tout de même qu'il continue avant la FIV. Nous sommes d'accord et voulons mettre toutes les chances de notre côté. Si mes calculs sont bons et si je réagis bien, la FIV aurait lieue mi-décembre !!! Pour Noël, serait-ce un bon présage ? Si, si, si, ça fait beaucoup de si mais si ça marchait ?

Adeline.


Février 2008

15 novembre 2007 :
Les piqûres de Décapeptyl ont débutées vendredi 9. Je suis trop contente que le protocole soit lancé ! Yann me semble plus distant, moi impliquée. En effet, il retournera au laboratoire qu’à la fin du mois pour des nouvelles congélations. J’ai hâte d’être à la fiv. Je ne pense qu’à ça. Cela m’obsède parfois. J’ai du mal à me concentrer au travail, je suis moins patiente avec les enfants , plus irritable. Quand je suis comme ça, je me déteste. Je me sens grosse ; j’ai tout le temps faim. Je mange n’importe quoi. J’ai l’impression de gonfler, il faudrait que je fasse attention, mais je n’ai pas le courage. Ca m’enerve ! C’est ça, je suis irritée, voilà juste un peu ! Et pourquoi, je suis heureuse de faire cette FIV prochainement. Ca m’enerve, ma meilleure amie attend une petite fille. Elle m’a téléphoné hier pour me le dire.

6 décembre 2007 :
Les piqûres de Décapeptyl se sont super bien passées, pas d’effets secondaires mis à part une libido inexistante. Le 4, j’ai débuté la stimulation. A l’heure d’aujourd’hui, je croise les doigts, tout l’espoir est devant nous. Donc le meilleur ! Je suis impatiente, j’ai hâte de faire la FIV. J’ai pleins de questions dans la tête. J’espère que je vais bien réagir au traitement, j’espère que la FIV aura bien lieu, j’espère qu’ils ne décongèleront pas toutes les paillettes, j’espère. Cela fait tellement de conditions. J’ai du mal à croire que ça puisse être possible. Et bizarrement, j’y crois si fort. Je redeviens un peu aigrie. Je ne supporte plus qu’on m’annonce de nouvelles grossesses. Je suis jalouse à nouveau. Je suis en colère devant cette facilité qu’ils m’exposent, ces chanceux, à la figure ! Oui, je suis en colère ! Ca fait du bien de l’écrire et du coup, les larmes emplissent mes yeux. Je suis en colère.

18 décembre 2007 :
Aujourd’hui, c’est le grand jour : le jour de la ponction. Il fait froid, la Saône est montée et elle est gelée. Nous nous levons à 4h30 et filons tout droit à l’hôpital. En chemin, nous ne réalisons pas que nous touchons ce jour tant attendu du bout des doigts. Bref, nous arrivons en avance. Nous ne savons pas trop où nous adresser. Et, nous retrouvons dans un hall sombre, un couple avec un petit sac de voyage, comme nous. Nous y sommes. Les visages sont tendus, le silence est pesant. Et les couples se succèdent, ça m’effraie ! Nous serons les deuxièmes, et il y aura 7 FIV ce jour-là. Soit 1 ou 2 couples parmi nous (selon les statistiques) seront parents à l’issue de cette épreuve. Qui seront les gagnants. Tout le monde espère. Une aide-soignante nous oriente vers nos chambres respectives. Nous la partagerons avec le premier couple rencontré. Et tout s’accélère très vite. Il faut dire que la machine est très bien huilée. La douche à la Bétadine, les bracelets d’identification et Yann qui blanchit de minutes en minutes, qui ne supporte pas de m’infliger tout ça, qui culpabilise et moi, qui flippe comme une dingue. Les brancardiers viennent me chercher vers 7h45. Ils me font traverser les couloirs très sordides de l’hôpital. Et voilà, je ne peux plus faire machine arrière. Tant mieux. Ils me montent au bloc, c’est coloré, et je suis très vite prise en charge par l’infirmière anesthésiste. Je pleure. De joie, de trouille. A 8h30, ils m’installent, je pleure à nouveau, ils me shootent et je me réveille près de trois quart d’heures plus tard. Ca va, j’ai survécu ! Je pleure de nouveau. De soulagement, les nerfs qui lâchent. Ca passe et ils me ramènent à ma chambre. Yann n’est pas là, ma voisine qui est passée la première dort. Je m’endors, je somnole, je réfléchis avec les quelques neurones frais qui survivent. Yann revient vers 11h : il m’annonce qu’ils m’ont ponctionné beaucoup d’ovocytes ! Chouette, ça valait le coup ! Il a fait le pied de grue une heure au CECOS pour récupérer ces paillettes. On attend, on déjeune, ça va de mieux en mieux. Vers 13h00, le temps me paraît long. On attend la visite du biologiste. Il arrive avec toute son équipe et il commence par ma voisine en lui annonçant qu’ils ont prélevé 6 ovocytes et fécondé 4. C’est leur quatrième tentative. Ils les laisseront évolué jusqu’à lundi pour ensuite les lui aient réimplantés. Puis viens mon tour. Ils ont prélevés 29 ovocytes, 25 étaient mâtures et ont été microinjectés !!!! C’est génial !!! Quel score, on a fait péter la baraque. Jeudi, nous avons rendez-vous pour la réimplantation et pour discuter de la congélation (ils espèrent qu’il y en aura). J’ai du mal à me réjouir, je culpabilise face à ma voisine. Mais, au fond de moi, je bouillonne, j’explose de joie, c’est merveilleux. Yann file au labo récupérer ces paillettes afin de remonter le restant au Cecos. Merveilleuse nouvelle suivante, ils n’ont utilisé aucune paillette !!! Aucune !!!Il rapporte alors ces 8 paillettes intactes au Cecos. C’est inimaginable, c’est trop beau pour être vrai. Alors le doute, s’installe : comment ont-ils fait ? Yann qui a des difficultés à en avoir ne serait-ce qu’une dizaine, aurait réussi à en avoir 25 le jour J ? Pourrait-il y avoir mauvaise manipulation ? On se monte la tête ! Bref , aujourd’hui 19 décembre, je me réveille avec cette idée dans la tête : je ne veux pas d’enfant d’un autre mais de mon Yann. Alors on se dispute. Yann m’en veut de douter autant. Le ton monte. Je téléphone alors au laboratoire qui me rassure. Je vais mieux. Nous avions une bonne étoile qui veillait sur nous hier, peut-être veillera-t-elle encore sur nous les jours et les suivantes prochaines ? Il faut saisir la chance et le bonheur quand ils se présentent. Mais après, toutes ces désillusions, j’avoue avoir douté de cette bonne étoile. Mais cela peut être beau et être vrai. Attendons demain, pour savoir combien d’embryons se sont bien développés et combien seront cryconservés. La suite au prochain épisode.

18 décembre 2007 :
C’est jeudi, il fait toujours aussi froid. Nous nous levons aux aurores. Nous ne voulons pas rater le rendez-vous du transfert. J’ai très mal à l’abdomen, il est gonflé, cela m’appuie sur tous les organes et je suis constipée. Le trajet en voiture me semble interminable. Nous nous garons de l’autre côté de l’hôpital et le moindre pas me procure une douleur aigue. Bref, la biologiste nous reçoit. Nous avons 11 embryons à ce jour. Ils ont utilisé le premier prélèvement, sans attendre le second (qui était meilleur !) Donc pour résumé, 13 ovocytes ont été microinjectés avec le premier prélèvement et un seul a survécu. Les 12 autres ont été microinjectés avec le second prélèvement et 10 ont survécus. Bref, ils ne sont pas tous de bonne qualité, deux sont très beaux et m’ont été transférés. Cette étape est vraiment très symbolique mais c’est très rapide et vraiment indolore. On doit téléphoner le 26 pour savoir si nous avons des embryons congelés. Je suis aussi retournée faire une prise de sang car ils avaient que je fasse une hyperstimulation. Mais non, tout va bien, il faut juste que ça passe. Le retour a été très long et très douloureux ! Je n’ai pas bougé de l’après-midi : je veux qu’ils s’accrochent ces petits !!!! Je suis pleine de bonheur et aussi pleine d’inquiétude, je veux bien faire et surtout ne rien compromettre. Si seulement. Allez les deux petits, du courage, il faut tenir, on vous attend avec tellement d’amour. Le verdict sera le 3 janvier !!!

26 décembre 2007 :
4 embryons ont pu être congelés. C’est génial ! J’attends, je guette les symptômes. J’ai un peu mal aux seins : est-ce dans ma tête ? Je dors très mal la nuit : je me réveille sans cesse et n’arrive plus à dormir après 5 heures du matin. Heureusement, que je suis en vacances. Je ne bois pas, je ne fume pas. Et pourtant, rien ne me prouve que je sois enceinte. Nous allons partir au ski et c’est vraiment très bien comme ça. On va arrêter d’y penser. On va vivre sans focaliser dessus. Encore une grosse semaine à attendre et ça va passer vite. Je suis impatiente d’être fixée. Aujourd’hui, je n’ai pas peur. J’ai plus envie de savoir. Je ne tiendrais peut-être pas le même discours la semaine prochaine.

2 janvier 2008 :
Veille de la prise de sang : je suis paniquée, défaitiste et franchement j’ai le moral à zéro. Malgré tout, j’ai encore envie d’y croire. Alors non, je ne ferai pas ce test pipi, comme je l’avais prévu. Je vais encore me laisser ce jour d’espoir. Je vais espérer que tout est encore possible, qu’ils se sont bien accrochés, qu’ils sont en bonne santé. Je m’imagine le jour du résultat : l’immense chagrin qui va m’envahir si le résultat est négatif. Comme l’annoncer à nos familles sans craquer ? Comment allons-nous nous soutenir dans cette épreuve si difficile, comment notre amour et notre couple va-t-il sortir vainqueur de cette épreuve ? Aurais-je la force de cesser de pleurer ? Aurais-je le courage de me réjouir à nouveau, de supporter les grossesses successives qui s’annoncent autour de moi ? En même temps, je n’ose imaginer l’immense et l’infinie joie qui remplira mon cœur et celui de Yann, si le résultat est positif. La fusion, la réalisation, l’aboutissement de ce long parcours si douloureux ! Les deux scénarios me font couler quelques larmes : ce serait tellement beau. Nous le méritons tellement ! Je me sens si faible aujourd’hui, si vulnérable, si attachée à ce résultat. J’ai tellement peur. Je ne peux occuper mon esprit à autre chose. Je suis focalisée. Cela fait plusieurs mois que nous sommes focalisés, que nous attendons le jour que sera demain. Cela fait si longtemps, le toucher du bout des doigts est alors si impressionnant et si terrifiant. Le verdict va influencer tous les prochains mois : soit on repart en traitement, en aller-retour à l’hôpital, en examens, en absence à justifier, en doute, en espoir, en doute. On sait déjà ce que c’est et l’idée de recommencer m’anéantit. Soit on s’occupe de ce petit être pendant neuf mois, qui va profiter, pousser et faire notre plus grande joie !!!!

3 janvier 2008 :
Hier soir, je n’ai pu m’empêcher d’aller acheter un test de grossesse. Ce matin, au réveil, avec mon chéri, j’ai fait ce test : il est positif !!!!!! Un joli + s’est inscrit dessus !!!! Quel joie, quel espoir nous a alors envahit. Mais nous voulons nous montrer prudents même si nous explosons de bonheur et de soulagement. Je suis donc allée beaucoup plus sereine au laboratoire ce matin. Maintenant, il reste à connaître le taux : sera-t-il bon ? Annoncera-t-il un bon présage ? La, la, la, c’est si bon quand même. A 11h30, je pourrai aller chercher les résultats : j’attendrai que Yann soit rentré pour le découvrir ensemble ! C’est OK ! Le taux est excellent (453), l’hôpital m’a téléphoné. Je dois faire un contrôle le lundi 7 et ensuite (si tout va bien), ils me fixent la date de l’échographie. Je suis trop heureuse. Je suis enceinte et nous allons être parents. C’est tout simplement merveilleux, formidable, génial, super, incroyable. Je mesure la chance que nous avons. Je pense aussi à tous ceux qui n’ont pas notre chance. Je ne sais pas quoi ajouter, je suis tout simplement comblée, c’est un jour merveilleux, je suis plus qu’heureuse, je savoure la joie !!! Je pense aussi à tous ceux qui nous ont soutenus, qui nous ont aidés, qui nous ont envoyés toutes leurs ondes positives, qui y sont (et j’en suis sûre) pour beaucoup. Je pense à eux et je les remercie tous. Mon cœur est rempli d’amour, je vole, je souris bêtement, je pleure encore, c’est inespéré ! Une bonne étoile veille sur nous, merci, merci, merci à la vie.

15 janvier 2008 :
Première étape, la prise de sang de lundi dernier a confirmé que tout se passsait bien (taux à 2742) ouf ! Une étape de passer. Cela fait 4 semaines aujourd’hui que la FIV a eu lieue : cela me paraît si proche et à la fois très loin. Bref, un mois présumé de grossesse. Je souffre d’insomnies mais ce n’est pas grave. Le mal le plus génant est l’angoissed ! L’angoisse qui me serre quand j’ai mal au ventre, l’angoisse que tout s’écroule. Mais il ne faut pas y penser. Ce n’est pas toujours facile, c’est si abstrait ! Mais bon, samedi j’ai la première échographie qui j’espère me rassurera. Plus que 4 jours. Allez les petites crevettes, il faut s’accrocher et profiter , on vous attend !

17 janvier 2008 :
Hier, j’étais vraiment très stressée : j’avais mal au ventre j’étais pas tranquille. Bref, j’ai téléphoné à l’hôpital où les sages-femmes m’ont rassurée. Mais c’est difficile d’attendre, je suis si impatiente si le résultat était certain, ce serait plus facile. Mais forcément, on ne fait jamais dans le plus facile, nous. J’aimerai tellement me sentir enceinte, que tous le voient, de pouvoir le clamer sans crainte mais ça viendra, j’ai hâte alors d’être cette future mère complètement épanouie et investie dans sa grossesse. Je me vois déjà ! Et puis, parfois, je me dis qu’on a rêvé, est-ce bien vrai ? Ca a vraiment marché ? Nous, on va être parents ? Parce qu’on se fait à l’idée d’être différents, de subir de nombreuses épreuves, on se tient prêts et voilà…le plus grand des bonheur, l’aboutissement premier surgit. C’est tellement merveilleux que ça en deviendrait presque irréel. C’est pour cela qu’on a besoin de concret : de gros ventre, de nausées, d’envie. Pour se rappeler tous les jours : « ce n’est pas un rêve, c’est bien vrai, soyez sereins, vous allez être parents ! ». Alors oui, chaque jour suffit sa peine. L’attente, ce cercle dans lequel nous sommes rentrés quand nous avons poussé la porte de cet hôpital, cette attente ne nous quitte pas. Je n’aurai pas imaginé, mais si. Même après un résultat positif, on attend toujours le suivant et ainsi de suite jusqu’à ce que l’on serrera ce petit bout de nous entre nos bras. Voilà, je viens de prendre conscience de toutes ces étapes qu’il nous reste à franchir. L’attente et oui l’attente, il se sera bien fait attendre. Et ce n’est pas tant l’attente le plus pénible mais l’angoisse qui l’accompagne.

20 janvier 2008 :
Hier grand jour l’échographie. Nous sommes arrivés au cabinet du gynécologue, j’étais complètement stressée. Vraiment méconnaissable, encore plus que le jour de la FIV. Le gynécologue était lui en colère et assez speed car une patiente avait oublié son rendez-vous et cela lui décalait toute sa matinée. Bref, ce n’était pas les conditions idéales. Lui, de nature pas très bavard et pas très doué pour les discours rassurants alors là on a été servis ! Le rendez-vous a du duré 10 minutes en tout et pour tout : « voilà madame, il n’y en a qu’un, ça clignote, c’est tout petit 5 mm, on se revoit pour une échographie dans 2 semaines, reposez- vous, n’en faites pas trop, ça fait 65 euros, merci, au revoir. » Et moi qui pose les questions dans le temps qu’il veut bien me laisser : « Est-ce normal ? Comment ça va ?....bref, rassure-moi, c’est toi le médecin ! Comment je fais pour me reposer alors que je bosse. Et bien, voilà, nous sommes repartis tout penauds. Tout cons, parce qu’on est bien élevé, qu’on fait ce que l’on nous dit, qu’on ne veut pas déranger…parce qu’on est trop c... Est-ce une bonne nouvelle ? Pourquoi vouloir vérifier dans 15 jours. Est-il inquiet ? Serait-ce le présage d’un éventuel arrêt ? Et voilà, l’angoisse continue, ne s’ar rête pas, s’amplifie même…c’est de pire en pire…. Même si cela échoue, il pourrait nous dire qu’il y croit que tout se passera bien, ça ne coûte rien et franchement, cela nous aurait fait le plus grand bien. Au lieu de cela, je me pose pleins de questions : que dois-je faire pour ne pas compromettre le déroulement de ma grossesse ? Dois-je aller pleurer devant mon médecin traitant et lui demander un arrêt ? Franchement, il ne m’en faut pas beaucoup pour que j’éclate en sanglots : je suis une vraie fontaine. Ma famille se fait du soucis pour moi, Yann n’aime pas me voir comme ça….alors je suis forte et je prends sur moi, j’encaisse…je vais attendre le prochain résultat et voilà, puis le suivant et j’attendrai jusqu’au bout. Je m’en veux de me faire autant de soucis, mais il y a des moments où je positive et d’autres où je stresse vraiment. J’ai aussi une très grosse pensée pour ma copinaute Marie, pour qui sa grossesse s’est arrêtée vendredi 6 semaines après sa FIV.

27 janvier 2008 :
Ca va beaucoup mieux. J’ai décidé de moins stresser et ça fait un bien fou ! J’attends patiemment la prochaine échographie et je n’ai pas forcément hâte. J’en profite, je mange comme un ogre, je n’ose pas monter sur la balance, j’exagère vraiment, il va être tant de se reprendre en mains ! Hier, j’ai appris que ma sœur aînée était elle aussi enceinte, elle n’a que trois semaines de moins que moi. Je suis heureuse pour eux mais je n’ai pu m’empêcher d’être aussi déçue. Ce n’est pas très sympa mais cela fait vraiment très proche de nous ! Je n’ai pas envie de subir continuellement les comparaisons de nos grossesses respectives, et de nos futurs petits. Bref, c’est comme ça et on verra bien comment cela se passera. Egoïstement, je ne voulais ce moment que pour nous. Mais bon, il faut voir aussi les bons côtés et il y en aura. J’espère aussi aller au bout de ma grossesse. Si cela n’est pas le cas. Bref, j’ai dit que j’arrêtais de penser de manière négative. Aujourd’hui, c’est dimanche et Yann détapisse la chambre du futur premier : c’est trop cool !

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4 février 2008 :
Ouf ! On souffle ! C’est trop merveilleux ! L’échographie s’est très bien passée. Il est trop beau, ce jeune premier ! Le gynécologue avait une heure de retard, Yann a du partir avant et n’a pas assisté à l’échographie. Je n’avais pas trop peur. Il faut dire qu’après une journée de travail, on a pas trop le temps d’y penser : et c’est mieux ainsi. Bref, tout va bien, ce petit être pousse, grandit, se développe et profite. Nous, on rêve, on est aux anges…je n’arrive pas préparer mes cours pour demain, j’ai envie de le crier à la Terre entière, de sourire bêtement, de vivre ce moment de joie intense pour toujours, je plane, je vis.

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{...) 14 février 2008 :
Tout va bien. J’ai l’impression que mon ventre s’arrondit (serait-ce les kilos pris ou la grossesse qui débute ?!!) Bref, nous sommes sereins et bien. Comme cela fait du bien. Nous attendons la prochaine échographie du 5 mars, j’ai pris tous mes rendez-vous : pour les échographies pour les visites mensuelles, et pour la préparation à l’accouchement. Quel bonheur ! Sauf, que j’ai la crève, que je vais aux toilettes deux fois dans la nuit, et pour finir que je n’arrive pas à me rendormir. Mais bon, c’est les vacances et le ski vendredi. Cool, la vie est si paisible.

23 février 2008 :
Je vous laisse un dernier message car je vais envoyer ma mise à jour. Je tenais à remercier Viviane et Vincent pour ce site formidable. Merci pour tous les messages que nous avons reçu. Merci de prendre le temps de lire notre histoire. Je lis les vôtres. Partager nos histoires toutes si différentes, nous fait nous sentir moins seuls et nous donne des forces. Nous avons tous la même quête : fonder une famille quelqu’en soit les procédés, la finalité reste la même : partager, transmettre et donner. Voilà, aujourd’hui, tout va bien pour nous. Nous approchons de notre but et nous n’en oublions pas moins le chemin parcouru. Je pense à vous tous et je me dis que nous sommes si nombreux, c’est terrifiant. J’espère que mon échographie du 5 mars va confirmer notre petit bonheur à naître. Courage.

Adeline


Septembre 2008

11 avril 2008 :
Forcément quand tout va bien, on a moins envie d’écrire et je ne pensais pas que cela faisait si longtemps que je n’avais pas écrit. Tout va bien, l’échographie du 5 mars s’est bien passée et j’ai même eu le droit à une échographie supplémentaire le 4 avril (visite du 4ème mois). C’est un petit garçon et nous sommes très heureux !

8 juin 2008 :
Tout se passe bien, voici quelques semaines que le petit me donne des coups. C’est merveilleux ! Mon ventre s’arrondit vraiment, nous préparons la chambre (la tapisserie sera bientôt posée). Nous commençons à l’attendre avec impatience ! Encore trois mois à tenir (ou deux et une petite semaine suffira !!hihi !!) On verra bien. Nous sommes très heureux. Cette nuit j’ai rêvé de mon petit : il était très calme et très beau. Dans quelques mois, notre vie sera chamboulée à jamais. C’est excitant.

5 octobre 2008 :
Je viens annoncer la naissance de Louison né le 18 septembre 2008. Il pèse 4kg 530 et mesure 52.5 cm. Voilà, nous sommes les plus heureux et remercions tous les jours la médecine du plus cadeau qu’elle ait pu nous offrir.

Adeline


Leur écrire

Tous les mots colorisés en orange ou mauve vous renvoient au dico.