La passerelle, Informations et Recueil de témoignages sur la stérilité

Caroline - (Suisse - Janvier 2008)

Janvier 2005 

Après deux ans de vie de couple épanouie, ça y est, c’est décidé, j’arrête la pilule. J’ai alors 28 ans et mon compagnon 30. Je ne doute pas une seconde que je serai rapidement enceinte : combien de fois ma mère m’a raconté que le délai le plus long qu’elle ait dû attendre pour concevoir était de deux mois !!! En février, mes règles ne reviennent pas. Comment, déjà, serais-je enceinte ? En avril, mes règles ne pointant toujours pas leur nez et mon ventre restant toujours aussi plat (creux, plutôt, ayant eu la fâcheuse idée de perdre 5 kg depuis janvier…), je me décide à consulter mon gynécologue, persuadée que ce problème de règle est mineur et qu’il se réglera en un mois ou deux. C’est alors la douche froide ! Il m’annonce que le problème est dû probablement à mon excès d’activité sportive et mon poids un peu faible, mais qu’il sera loin d’être évident à régler. Même en bougeant moins et en mangeant plus, il n’est pas garanti que mes règles reviennent un jour, dit-il, en ajoutant avec une ahurissante absence de tact qu’il me reste toujours la FIV. Moi qui venais avec l’idée que mon problème était bénin et qu’il suffirait d’un bon médicament pour que tout rendre dans l’ordre, je tombe des nues, d’autant plus que je ne connaissais rien de rien aux FIV ; ce terme évoquait pour moi de vagues et sinistres images d’embryons flottant dans des bocaux, c’est à peu près tout. Une telle ignorance peut après coup paraître consternante évidemment, mais voilà quel était le degré de mes connaissances sur le sujet… J’ai eu bien sûr depuis maintes occasions de combler ces lacunes…. Il me renvoie chez moi sans autre conseil que de manger plus, de stresser moins et de courir encore moins, en me disant qu’on fera à nouveau le point dans 6 mois.

Juin 2005

M’étant décidée à prendre conseil auprès de ma sœur, pharmacienne, j’apprends avec consternation que je dois être laissée le moins longtemps possible en état d’aménorrhée, d’une part parce que, plus le système hormonal est laissé « endormi » longtemps, plus il sera long à « réveiller », et d’autre part parce que le risque d’ostéoporose est élevé pour une femme sans menstruations et sans traitement substitutif. J’insiste donc pour prendre rendez vous rapidement chez le gynécologue, dont (je vous passe les détails) l’absence de tact et l’attitude désinvolte me sidèrent à nouveau. J’en ressors toujours sans solution, bien décidée à changer de médecin. Cherchant au hasard dans l’annuaire, j’ai alors la chance de tomber sur la doctoresse B, une femme compétente et spécialisée dans le traitement de l’infertilité. Après différents examens, nous décidons de commencer une stimulation par Clomid en août, histoire de voir si mes règles reviennent. Enfin on me propose une solution concrète. Je suis à nouveau optimiste, persuadée que, dans deux mois, je serai enceinte.

Septembre 2005

La stimulation par Clomid n’ayant rien donné, on décide de commencer une stimulation plus sérieuse, par injections de Fostimon. Je suis très impressionnée de devoir me faire des piqûres pour tenter d’avoir un enfant, mais persuadée que ce traitement va avoir un effet rapide. C’est irrationnel (et un peu curieux dans ma situation) mais j’ai l’intime conviction d’être une femme fertile et faite pour enfanter. Il me suffit juste d’un petit coup de pouce. Tandis que je commence mon cycle de Fostimon, mon mari « passe » un spermogramme, dont les résultats ne seront connus que plus tard. Nous ne sommes pas particulièrement nerveux, ne doutant pas une seconde que son sperme sera excellent. Après 12 jours de stimulation, la gynécologie me renvoie chez moi en me disant d’avoir des rapports sexuels fréquents pendant les 5 jours suivants et me donnant rendez vous 15 jours plus tard pour un test de grossesse. Quinze jours plus tard, mes règles n’étant pas arrivées, je débarque dans son cabinet pleine d’un optimisme béat, d’autant plus que, pendant les derniers jours, j’avais eu l’impression d’être affectée par toutes sortes de symptômes : fatigues, nausées légères, tiraillements dans les seins… Et là, le choc est rude : non seulement la gynécologue m’annonce que, si je n’ai pas eu de règles, c’est parce que mon système hormonal est très loin d’être rétabli et il n’y a donc pas eu ovulation, mais en plus elle m’annonce que le spermogramme de mon mari a été très décevant : 1% de formes normales et en plus des spermatozoïdes peu vigoureux ! Dans notre cas, m’explique-t-elle avec tact, il n’y a que la FIV qui puisse fonctionner. Après discussion avec mon mari, on convient d’attendre le mois de février, le temps de passer une batterie de tests et de digérer un peu la nouvelle.

Février 2006

Après de nombreux tests, et une période psychologiquement difficile, nous voilà partis pour un cycle de FIV-ICSI. Je suis très optimiste, comme toujours. Après tout, ma cousine et son mari, dont les problèmes me semblent lourds aussi, viennent de tenter leur première FIV, qui a réussi. Alors pourquoi pas moi ? Je suis devenue une obsédée d’internet, parcourant inlassablement les forums (sans participer), avalant et mémorisant des kilomètres de statistiques et de détails techniques. D’après mon calcul personnel, vu mon âge, les indications du traitement et tout le dispositif que j’ai mis en place (Acupuncteur, ostéopathe, éthiopathe, psychologue…), mes chances de succès doivent avoisiner les 40%. La période des piqûres est stressante, je pense que beaucoup connaissent ça… concilier travail à plein temps et rendez vous au labo, chez le gynécologue, le tout pendant 20 jours, c’est loin d’être facile. Quand à la FIV elle-même, là aussi, il y a plus agréable, d’autant plus que, chez nous, ces désagréments se greffent à des angoisses financières : en Suisse, la FIV n’est pas remboursée par les assurances et, le jour de la ponction, je ne peux m’empêcher de songer aux milliers de francs que cela va me coûter…. Attitude qui n’aide guère à la sérénité. Le résultat de la ponction est décevant : seuls 6 ovules sont extraits dont 4 sont fécondables. On congèle donc deux embryons et on décide de m’en implanter deux. Le moment de l’implantation est pénible. Très pudique, je vis assez mal le fait d’être nue, dans une position humiliante, sous le regard de mon mari et de plusieurs personnes. Je suis très stressée et la gynécologue a du mal à passer le col de l’utérus. En même temps, mon mari et moi avons le regard fixé sur les images des embryons qui sont affichées sur un écran TV et nous imaginons déjà nos enfants… étrange sensation. Mais le pire reste encore l’attente, la longue attente, qui sera meublée par le premier de l’interminable défilé d’annonces de grossesse dans mon entourage. On dirait que tout le monde s’est donné le mot cette année 2005, sauf que chez les autres, ça marche, et plutôt rapidement ! Cette première annonce de grossesse, je la vis très bien, persuadée que moi aussi je suis sans doute enceinte… Mais patatras, au bout de 11 jours, alors que je promène mon chien, je sens mes règles qui arrivent. Le désespoir est intense. Je n’aurais jamais cru ressentir une douleur aussi profonde. C’est même difficile à expliquer : une sensation de vide terrible, d’impuissance, de vacuité… c’est comme un brouillard gris et terne qui m’enveloppe et qui va mettre plusieurs semaines à se dissiper. Comme un malheur n’arrive jamais seul, mon mari se bloque le dos et doit rester alité trois semaines. Heureusement, j’ai encore deux embryons congelés, avec lesquels j’espère tenter un transfert dès que possible. Pendant des semaines, je ne vis que suspendue dans cette attente : recommencer, vite, le plus vite possible ! Il faut alors supporter les remarques de ceux qui me disent « Ce n’était pas un peu tôt ? », « Tu devais être trop stressée, il faut lâcher prise », « De tout de manière, c’est quand on y pense plus que le bébé vient.. » et l’annonce, durant ce seul mois de mars, de 5 grossesses dans mon entourage, dont celle de ma belle-sœur, obtenue à la première IAC.

Avril 2006

Jour du transfert : déception. Les embryons ne semblent pas avoir repris leurs divisions. Ce sont deux gros embryons unicellulaires, alors qu’ils devraient être au moins au stade de deux ou de quatre cellules. La gynécologue me dit de ne pas m’en faire, que tout ira bien. Après 15 jours d’attente et encore 1000 euros de moins dans notre porte-monnaie, les règles reviennent…. Le jour même où ma sœur, qui avait toujours proclamé ne pas vouloir d’enfants, annonce à toute la famille réunie qu’elle est enceinte de quatre mois !

Juin 2006

Encore une tentative de FIV. A nouveau un cycle complet. On veut y croire. Après une ponction qui se déroule dans des conditions affreuses (l’assistante de la gynécologue s’étant trompée dans les horaires, je suis arrivée en retard pour découvrir que tout le monde me cherchait depuis une heure et que les salles d’opération n’étaient plus libres…), un seul embryon vivant m’attend au moment du transfert. (Alors qu’entrant dans la salle de transfert, je restais encore sur l’idée qu’il y en avait trois : imaginez le choc en découvrant cet unique, et plutôt fractionné, embryon sur l’écran TV !) Je pleure comme une madeleine et, malgré les exhortations de la gynécologue, je n’y crois déjà plus. Et effectivement, après 15 jours d’attente, les règles reviennent. Cette fois, ce ne sont plus des idées noires mais des envies de suicide. Ma vie me semble grise et terne. Je compense dans la nourriture, je prends 4 kg, et en plus de me sentir vide et inutile, j’ai l’impression d’être une baleine. Suite à l’impressionnante succession de petites erreurs commises par l’assistante de ma gynécologue, et ne parvenant toujours pas à me remettre du fait que cette dernière ne m’ait pas du tout préparée au fait qu’un seul embryon était survivant, je me décide à changer de gynécologue encore une fois. Je veux quelqu’un de plus carré, plus organisé, avec qui des problèmes d’horaires ne pourraient pas arriver.

Novembre 2006

Bien pris en charge par Mme F, un modèle de rigueur, de compétence et d’efficacité, nous tentons une nouvelle FIV. Nous sommes ruinés mais têtus. Tout se passe à merveille, Mme F. sait nous rassurer et nous encadrer de façon exceptionnelle. Mais cela ne fait pas tout et, à l’arrivée, encore un échec. A nouveau, la douleur est intense. Je ne crois plus pouvoir supporter d’autres échecs de ce type. Nous décidons de nous octroyer une pause de deux ans, pour penser à autre chose, vivre d’autres projets. On recommencera à l’automne 2008. De tout de manière, on n’a plus le choix : payer nos factures devient impossible. En un an, on a dépensé plus de 18000 euros, plus que nos capacités financières ne le permettaient. Cela paraît trivial de parler d’argent pour avoir un bébé, mais, vous heureux couples de France pour qui les traitements sont gratuits, vous n’imaginez pas combien ces soucis financiers ont pu nous envahir. 2007 La décision de s’arrêter deux ans n’est pas facile à prendre. Deux ans ! Quelle éternité ! D’autant plus que, parmi nos couples d’amis, nous commençons gentiment à être les derniers sans enfants. Au travail, même chose. Mais petit à petit, on mesure combien notre décision a été salutaire : penser à autre chose, faire du sport, vivre pleinement nos projets et reléguer notre désir d’enfant au second plan ; profiter aussi de notre liberté, que nous envient nos amis qui ont charge de famille. Apprécier la vie pour ce qu’elle nous offre sans vouloir autre chose dans l’immédiat. Oh, il ne faut pas imaginer que la « relégation » du désir d’enfant au second plan a été facile ! Combien de pleurs, de ruminations, après avoir assisté à des dîners où le seul sujet de conversation était la progéniture de nos amis ; Combien de discussions sur le thème « Quand on aura des enfants » ou encore « Quand on reprendra le traitement ». Mais, bon gré malgré, les mois passent, avec un avantage : au cours du printemps et de l’été, mes règles reviennent progressivement à la normale. Jusqu’alors, je n’avais eu de cycles qu’à la faveur de traitements. A la mesure où mes cycles deviennent de plus en plus réguliers, je me sens progressivement redevenir une femme « normale » : jusqu’alors, c’est stupide mais je ressentais un terrible sentiment d’infériorité, je me sentais « incomplète », comme un puzzle à qui il manquerait une pièce. Je n’ai par contre pas le moindre espoir qu’un enfant vienne naturellement. Nous ne calculons rien, avons des rapports sexuels quand ça nous chante, sans du tout tenir compte des périodes d’ovulation. Je commence à m’intéresser à l’adoption et tente de convaincre mon mari, qui n’est pas très motivé. En novembre, on déménage. Après trois ans de travail acharné, notre vieille grange achetée en 2004 est enfin devenue plus ou moins habitable, même si c’est encore loin d’être fini (On fait tout nous-mêmes). C’est une grande étape de notre vie. Maintenant que nous sommes installés, je souhaite accélérer les choses en ce qui concerne l’adoption et me promets de tenter de motiver plus « intensément » mon mari dès début 2008, une fois les démarches et l’agitation du déménagement passés.

Fin décembre 2007-début janvier 2008

Après 7 semaines sans règles et 3 semaines pendant lesquelles je suis barbouillée du matin au soir, je me décide à concevoir l’inconcevable : et si j’étais enceinte ? L’idée me paraît tellement ridicule que je me refuse à faire un test. C’est bête, mais je n’ai pas envie d’être déçue. Après une semaine d’hésitations, je finis par faire un test de grossesse : il est positif ! Je n’arrive pas à y croire. Maintenant, j’attends avec impatience de voir un gynécologue qui me confirme ce merveilleux événement et je suis partagée entre joie et terreur d’une fausse couche. Je n’arrive pas à m’empêcher d’avoir peur qu’avec les spermatozoïdes fragiles de mon mari, l’embryon ne soient pas viable. Après tout, les médecins disaient que mes chances d’être enceinte tenaient du miracle. Bref, au lieu de me réjouir, je vis dans un état de stress terrible. Je remercie ceux qui m’ont lu et je vous tiendrai au courant de la suite.

Caroline.


Mai 2008:

Je suis actuellement enceinte de 26 semaines et (à peu près) rassurée sur mes chances de donner, dans 3 mois, la vie à un enfant bien portant. Mais je reste profondément marquée par mon parcours de stérilité. Contrairement à plusieurs amies à moi qui, une fois enceintes, ont souhaité faire une croix sur le sujet, je continue à lire tout ce qui se rapporte à l'infertilité et à me sentir extrêmement proche de toutes celles qui encore ce douloureux parcours. Je me sens même parfois coupable car je garde encore quelques réflexes émotionnels - et pas forcément les meilleurs -passés, ainsi, chaque grossesse que l'on m'annonce dans mon entourage me cause encore, sur le moment, un douloureux petit choc. Je suis aussi toujours étonnée de m'apercevoir que, visiblement, beaucoup de gens pensent que, parce que enceinte, ma blessure s'est complètement refermée, et se permettent de me dire un peu tout et n'importe quoi, sans vraiment de tact. Sans vouloir en faire le florilège, voici ce que j'entends maintenant couramment: -"Ah oui, 3 ans, c'est long... c'est sûr que je ne me rends pas bien compte puisque, moi et mon mari, il nous suffisait d'y penser pour que le bébé arrive.." -"C'était un peu dans la tête tout ça, non? Vous voyez, il a suffi de relâcher la pression pour que cela vienne tout seul.." -"Tu vois, il faut laisser faire la nature! Vous vous êtes certainement trop pris la tête."

Je voulais terminer ma mise à jour en disant à vous toutes qui traversez encore cette douloureuse période d'incertitude que je vous souhaite de garder espoir et confiance, même si c'est parfois très difficile.

Je vous tiendrai au courant pour la suite des événements.

Caroline


Novembre 2008

Je suis heureuse de vous annoncer la naissance de ma petite Ève, née le 21 août 2008.


Juillet 2007

Quand Ève est née, j'ai rapidement commencé à avoir peur de ne pas pouvoir avoir d'autre enfants. J'avais beau tenter de me raisonner, de me dire que je pouvais déjà m'estimer heureuse d'avoir un enfant, de me dire qu'il fallait que j'en profite chaque seconde au lieu de penser déjà au 2e, rien n'y faisait. J'ai conscience que pour certains qui me lisent, cela peut paraître presque indécent, mais c'était plus fort que moi, je ne pouvais m'imaginer avec un enfant unique. Etant donné les spermogrammes très médiocres que mon mari avait effectué lors de nos traitements passés (Entre 1% et 4% de formes normales), je commençais à me dire qu'Ève avait été un "bébé miracle" et qu'il allait nous falloir passer à nouveau par un traitement.

Je pense que j'ai dû trop me torturer car mes régles ne sont pas revenues et ma gynécologue m'a diagnostiqué des Ovaires Polykistiques et m'a dit que cette pathologie pouvait, dans ses versions mineures, être provoquée par un trop fort désir d'enfant. Je suis allée voir un homéopathe uniciste et, 40 jours après, le problème était réglé ! Mes cycles sont redevenus réguliers. Alors qu'au mois de juin, après 4 mois de tentatives sur des cycles relativement normaux (ce qui n'est finalement pas long du tout, comparé à nos 3 ans de galère), aucune grossesse ne pointait son nez, j'ai commencé à perdre espoir dans une grossesse naturelle (toujours les fameuses statistiques qui me plombaient le moral) et à me dire que j'allais éviter de perdre du temps et passer rapidement à un traitement. Dans mes rêveries (nombreuses), je commençais à remplacer le scénario "Je vais faire le 2e rapidement, sous la couette" par un scénario "Le traitement va marcher du premier coup et j'aurai des embryons nombreux pour faire encore facilement le 3e". La veille du jour où mes règles devaient arriver, certaine qu'elles allaient arriver j'ai téléphoné à ma gynécologue pour prendre rendez vous pour discuter d'un éventuel traitement et elles ne sont pas arrivées. Me voilà maintenant enceinte de 7 semaines. Tout ça pour dire qu'entre les statistiques (1% ou moins de concevoir à chaque cycle) et la réalité (A chaque fois que j'ai eu des cycles normaux, enceinte en quelques mois), il y a parfois un fossé. Voilà, j'écris ceci pour donner un peu d'espoir à toutes celles que les statistiques vouent à l'infertilité. Je suis maintenant convaincue qu'un peu de lâcher-prise peut faire des miracles mais suis aussi convaincue que ce fameux "lâcher-prise" est extrêmement difficile à obtenir (Personnellement, je me suis cramponnée désespérément à l'envie de tomber enceinte pendant des années et des années, tout en ayant la ferme intention de lâcher un peu pris et ce n'est que pendant les périodes (très éphémères) où j'ai effectivement perdu l'espoir qu'une vie nouvelle est survenue dans mon ventre.)

Bon courage à ceux qui traversent des moments difficiles.

Caroline


Décembre 2009

A neuf semaines de grossesse, je me suis rendue chez ma gynécologue pour un contrôle et j'ai appris que le coeur de mon "bébé" s'était arrêté de battre à 7 semaines, environ. Anomalie chromosomique, comme pour la plupart des fausses-couches précoces. Le choc a été terrible. Pendant 2 mois, j'étais bien enceinte, à la fois physiquement (boutons, seins tendus, ventre qui s'arrondissait et appétit féroce) et surtout dans ma tête (on ne cessait de parler de l'enfant qui naîtrait en mars, des arrangements qu'il faudrait faire vis à vis de ma petite Ève, de faire plein de projets..) et tout à coup, patatras, tout s'écroule et il ne reste rien, qu'un ventre vide et une immense déception.

Avec quelques semaines de recul, je mesure la chance immense que j'ai d'avoir déjà une petite fille en pleine santé et je réalise aussi que si une 2e grossesse a elle aussi débuté naturellement, alors on peut se permettre de concevoir quelques espoirs que je retombe enceinte bientôt. Cela dit, c'est vrai que se retrouver à nouveau plongée dans l'incertitude est assez douloureux, douleur avivée à chaque fois que je pose mon regard sur une femme enceinte. Je vais "profiter" de cette épreuve pour essayer de progresser dans ce fameux "lâcher-prise" que tout le monde conseille aux malheureux qui vivent une expérience d'infertilité et qui est si difficile à maîtriser. Si je m'observe en ce moment, je vois qu'il y a du boulot.


Leur écrire

Tous les mots colorisés en orange ou mauve vous renvoient au dico.